31 décembre 2013

Marvel Universe #1 : l’Ascension de Thanos



Ah, Thanos !
La simple apparition de son visage si caractéristique à la fin du film Avengers a suscité tant d’enthousiasme (teinté de beaucoup d’appréhension) qu’il a aussitôt ravivé les glorieux souvenirs que je conservais du personnage développé sous la plume et les pinceaux de Jim Starlin (auquel la saga Thanos rising est d’ailleurs dédié respectueusement). 
Bien davantage que les aventures de « l’Araignée », de « l’Homme de fer », des anciens « X-Men » ou encore de Daredevil, c’est avant tout la saga du Cube cosmique qui m’avait fasciné et ébloui à l’époque des premiers Strange édités par Lug : l’irrésistible ascension d’un être aussi puissant que retors, sans aucun scrupule, que seule une poignée de héros terriens parviendra à contrer, et en particulier ce Captain Marvel qui demeurera à jamais comme mon personnage favori de la galaxie Marvel.
Partageant bon nombre de caractéristiques avec l’intriguant DarkSeid de l’univers DC, Thanos n’en a pas moins conservé une aura propre et particulière au point que, bien après sa « mort », ses créateurs aient cru bon de le faire revenir pour des sagas cosmiques d’une envergure jamais atteinte jusque lors, le bonhomme allant jusqu’à conquérir de belle manière le pouvoir absolu en s’emparant des Joyaux de l’Infini avant de se débarrasser un par un des êtres suprêmes gouvernant notre réalité. Rien ne pouvait se mettre en travers de sa route, pas même cette fois une coalition des plus puissants de nos héros. Seule une faille, infime et insoupçonnable, a permis de le défaire et de le rejeter pour un temps à l’écart des conflits galactiques : cette faille était simplement en lui.


Thanos rising permet de remettre cet amoureux de la Mort au premier plan éditorial, sans doute pour mieux préparer le terrain à son irruption dans le domaine cinématographique. Jason Aaron choisit de s’appesantir sur son enfance où, déjà, il était mis à l’écart, rebut génétique enfanté dans la douleur, maintenu en vie par son père Mentor, chef des Eternels de Titan, mais définitivement rejeté par sa mère Sui-San qui a perçu « la mort dans ses yeux ». Surdoué mais solitaire, il finira par aller chercher dans des expériences de plus en plus morbides de quoi apporter un sens à son existence et calmer le vide qui grossit en lui, encouragé par la seule personne qui accepte de le fréquenter, une étrange jeune fille qui désire que Thanos s’accomplisse en tant que tel. Rebut génétique mais tellement surdoué qu’il dépasse tous ses professeurs, Thanos finira par quitter Titan en quête de ce qui lui échappe sans cesse, devenant mercenaire et pirate, acquérant des pouvoirs terrifiants, jusqu’à ce que, au bout du chemin, il ait l’illumination sur sa raison d’être et le fruit de sa passion. Dès lors, nul ne pourrait plus oser l’affronter.


Ces 5 épisodes étaient-ils nécessaires ? Non. Ils contenteront les profanes et rassureront sans doute les amateurs du personnage, mais n’apportent aucune véritable explication quant aux motivations de Thanos, risquant même de les banaliser par une approche très académique et un manque flagrant de prise de risque, d’autant que le choix de Simone Bianchi a tendance à figer les postures et à ôter au susnommé cette forme de majesté terrible qu’il nous offrait auparavant. 
Thanos apparaît dans son enfance comme quelqu’un d’incompris au physique ingrat, assez proche d’un avatar d’Apocalypse. Il ne tuera d’abord que par vengeance, puis seulement par curiosité avant que d’y prendre définitivement goût, dans une sorte de spirale déjà traitée dans d’autres récits de serial killers. L’histoire s’achève alors qu’il revient sur sa planète natale pour parachever sa quête létale, à l’aube des sagas qui l’ont vu naître. Eros, son frère, n’est pas encore mentionné, Captain Marvel est encore loin.
On se satisfera de cette mini-série  pour nous offrir au moins une ouverture complète sur le futur de celui qui accéda à la divinité et voua toute son existence un culte passionnel à la Mort. Graphiquement réussi mais froid, sans émotion ni suspense. Une curiosité.


+ Thanos !
+ des origines complètes et détaillées
+ des planches superbes
- c’est froid
- c’est assez inutile
- c’est assez maladroit

21 décembre 2013

Hard Boiled

L'une des nombreuses rééditions de l'année nous permet de nous intéresser à Hard Boiled.

Ce comic, datant du début des années 90, rassemble deux grands noms de la BD, à savoir Frank Miller au scénario et Geof Darrow au dessin. Difficile de faire un pitch de l'intrigue car elle est quasiment inexistante, ou plutôt, elle tient sur un timbre-poste : un type se rend compte qu'il est en réalité une machine.
C'est cette vague idée qui sous-tend les quelques 120 planches rassemblées par Delcourt dans cette belle édition, bénéficiant d'un grand format, de papier glacé et d'une hardcover. Et si ce comic tient la route - et possède même une réputation plutôt honorable - c'est donc qu'il faut chercher ses qualités ailleurs que dans l'histoire, somme toute simpliste, qu'il raconte.

Attention donc à ceux qui apprécient Miller pour son run sur Daredevil, son Batman : Year One ou même 300, nous sommes ici dans quelque chose de très différent.
C'est Darrow (déjà évoqué ici à l'occasion de la sortie de Shaolin Cowboy) qui imprime clairement sa marque sur cette oeuvre atypique, notamment grâce à son style bien particulier. Chaque scène grouille de détails et noie le lecteur sous une fantastique masse d'informations à décoder. Tout devient complexe et sur-détaillé, que ce soit le tableau de bord d'une voiture, un trottoir bondé de passants ou un simple flingue en gros plan. De nombreuses pleines pages offrent ainsi des fresques à la densité impressionnante, rendant parfois la lecture peu aisée. 

La deuxième caractéristique principale de cet ouvrage est son extrême violence. Du sang, des coups, des flingues, des décapitations ou des membres arrachés, sans parler des chocs monstrueux et de la tôle froissée lors des collisions entre engins mécaniques ; les auteurs font le choix délibéré de verser dans la surenchère et l'excès. 
Le texte est minimaliste, le sexe présent en filigrane, la perversion et l'absurdité abondent. Un malaise, totalement voulu, commence à naître et fait de Hard Boiled un comic à la portée artistique certaine et non un simple défouloir décérébré. Le seul élément que l'on peut lui reprocher est sans doute le fait qu'il soit difficile d'accès. Car avouons-le, l'ambiance graphique, tout comme le propos, génèrent plus répulsion et déprime qu'un franc emballement si l'on en reste à une approche premier degré.

Les personnages ne sont nullement sympathiques (Nixon est tout sauf un "héros" au sens classique) et l'Amérique décrite est un mélange de folie futuriste et de démesure surréaliste. Les immeubles sont oppressants, la faune franchement bizarre, la circulation ultra-dense... tout est fait pour générer un violent sentiment de rejet. Le lecteur est ainsi projeté dans un monde déshumanisé et presque incompréhensible, qui broie ses habitants et permet les pires dérives. La métaphore peut être simpliste, elle n'en demeure pas moins incroyablement efficace, même si l'approche reste froidement clinique et nuit aux personnages. 
Hard Boiled est à la limite de cet art égocentré qui rebute souvent tant il semble faire d'abord plaisir à ses auteurs et mettre à l'écart le lecteur, composante pourtant essentielle pour que la magie opère (et il est plus difficile et honorable de s'adresser à tous que d'être élitiste). Néanmoins, le talent et l'habileté de Miller et Darrow parviennent à générer une réelle fascination pour ce déluge de corps et de ferraille, entrecoupé par seulement quelques références presque invisibles au milieu des planches surchargées.

Un comic au concept étrange, qui place le scénario et les dialogues dans un rôle très secondaire et repose presque entièrement sur un impact visuel torturé et transgressif.
A expérimenter.

+ des planches ahurissantes de détails
+ l'univers décrit 
+ le pari artistique osé
- un manque de fond clairement perceptible
- un style et une narration qui ne facilitent pas l'immersion


  


Les conseils du Geoker pour les fêtes


Amis cinéphiles, bonjour ou bonsoir si vous êtes à table !

Cette année, Papa Noël a pensé aux fans de ciné et de pop-culture. Aux fans d'odyssées spatiales et temporelles où les forces du mal sont combattues par de valeureux résistants. 
Deux très beaux livres consacrés respectivement à Star Wars et Terminator viennent de paraître.



Commençons par les hors-d'œuvre.
Terminator, Anatomie d'un mythe, écrit par Ian Nathan et disponible chez Huginn & Muninn.

Ian Nathan avait déjà eu les faveurs de cet éditeur il y a deux ans avec la traduction du making-of du Alien de Ridley Scott. 

Ce sont les mêmes qualités que l'on retrouve ici : un texte clair, explicatif, soucieux de couvrir le plus d'aspects possibles et la présence de nombreux goodies comme des fac-similés de pages du script, etc.
Un beau livre doublé d'un bel objet. 
Mais un peu cher (45€) pour moins de 200 pages. 

Certes, les goodies sont appréciables mais cela reste, à mon sens, un prix trop élevé. J'ai par contre bien conscience que des petites structures comme Huginn & Muninn ont besoin de pratiquer des prix de cette sorte pour rester à flots : petit éditeur donc petit tirage donc moins de ristournes sur le prix du papier, de l'encre... Logique mais dommageable pour votre portefeuille.






Chez Akiléos, sort le Making-of de L'empire Contre-attaque écrit par J.W. Rinzler.
Ce livre, massif, s'insère dans un triptyque : le making-of de Star Wars sortira à l'automne prochain suivi de celui du Retour du Jedi un an plus tard. Pourquoi commencé avec celui sur L'empire ? Sans doute parce que c'est l'épisode préféré d'un trèèèès grand nombre de fans mais aussi un film apprécié par beaucoup d'amateurs de SF. J'imagine que cela devrait jouer sur son succès et peut-être influer sur celui des futurs ouvrages.



Ce livre, d'environ 55€, fait le double de la pagination du livre Terminator. Dénué de goodies, il est par contre riche. Très riche. En photos d'archives jamais publiées jusqu'ici. Des photos de tournages, des dessins préparatoires, etc. Une véritable bible écrite avec un souci du détail presque obsessionnel. Vous saurez tout, absolument tout sur la création de ce film qui nécessita de monter des structures comme Lucasfilm ou ILM.
Un travail minutieux, parfois trop, surtout au début : l'avalanche de noms est plus importante sur les 100 premières pages que dans deux tomes du Trône de Fer. Mais un formidable document qui prouvera encore, si besoin était, que monter un film est souvent miraculeux tant le processus de fabrication semble destiner à se casser la gueule à la moindre occasion. L'engouement pour l'univers de Lucas ne faiblissant pas (et la nouvelle trilogie, prévue pour dans deux ans maintenant, ne devrait pas faire faiblir le mouvement), ce genre d'ouvrages devrait continuer de paraître chez divers éditeurs.

19 décembre 2013

Côté Comics, saison 02 - épisode 09


Episode #9 de la deuxième saison de Côté Comics.
Comme d'habitude, tout sur les news et sorties comics, suivi cette fois d'une sélection de Noël (avec notamment de très jolies figurines) et d'un point sur quelques-unes des excellentes séries Vertigo ! Largement de quoi trouver des idées si vous n'avez pas encore acheté vos cadeaux de fin d'année. ;o)

Côté Comics : s02e09




17 décembre 2013

Superior Spider-Man : Otto enfin seul !

On se penche aujourd'hui sur le Spider-Man (v4) #6, dernier numéro arachnéen de l'année.

On l'a vu le mois dernier, la situation a évolué pour notre brave Spidey. On sait que depuis quelque temps, Otto Octavius et Peter se partageaient le corps du Monte-en-l'air (cf. cette chronique). Cette involontaire cohabitation a pris fin quand Octopus s'est rendu compte qu'une partie de l'ancien Peter était encore présente dans son esprit. Il s'est alors arrangé pour le réduire à néant et rester, en apparence, seul maître des lieux.
Bien entendu, l'on sait déjà que Peter reviendra (comment pourrait-il en être autrement étant donné la position actuelle des éditeurs ? cf. cet article) mais il faut reconnaître que sa "fin" a été particulièrement bien mise en scène, avec des moments émouvants et même parfois surprenants (Peter mettant en jeu, l'espace d'un instant, la vie d'une innocente par crainte de disparaître pour de bon, par exemple). Contre toute attente, du très bon Slott donc. 

Les deux numéros de ce mois sont toujours écrits par le même scénariste, à savoir Dan Slott, aidé cependant par Christos Gage. Les dessins sont de Ryan Stegman et Giuseppe Camuncoli.  
Le comportement de Spider-Man commence à susciter des soupçons chez un peu tout le monde, des Vengeurs à Mary Jane, en passant par Carlie Cooper. Otto parvient néanmoins à passer entre les gouttes et même à démarrer apparemment une relation sentimentale. Il va cependant devoir faire face au Bouffon-Roi mais aussi à l'Anti-Araignée, qui prépare une évasion du Raft où doit avoir lieu son exécution.
Ce Superior Spider-Man continue sur sa lancée, le récit est bien mené, agréablement innovant et permet de mettre en exergue les défauts de l'ancien Tisseur tout comme les qualités (ou au moins le côté humain) du nouvel Octopus/Spidey.
Très bon.

Avenging Spider-Man n'a jamais été une série passionnante mais l'on peut se réjouir de deux faits : cette on-going est enfin terminée (elle sera toutefois remplacée par un truc du même genre, on aura l'occasion de voir ça) et, surtout, l'un des deux épisodes du mois est plutôt pas mal. Il s'agit du deuxième, avec un nouveau Mysterio et le Punisher en guest.
Voir Spider-Man utiliser la manière forte pour tenir tête à Castle est plutôt rare et, finalement, assez amusant. Et cela colle très bien à la thématique générale de ce Spidey "supérieur". 

Enfin, on termine par Scarlet Spider, de Chris Yost (scénario) et Khoi Pham (dessin).
Il s'agit d'un épisode de transition, plutôt calme et bien fichu, Kaine s'autorisant même à sortir de son rôle de héros maudit pour s'accorder le droit de céder aux avances d'une charmante demoiselle (et mettre KO son ex par la même occasion). 
Un simple mais efficace mélange de muscles et de larmes (avec un Tatou finalement plus touchant que ridicule).

Le bilan de cette fournée de décembre est plus que positif, avec des épisodes intéressants et bien réalisés. La période "Superior" du Tisseur est sans doute la meilleure depuis Civil War et la fin du run de Straczynski, quant à Kaine, il parvient sans problème à faire oublier le précédent Scarlet Spider.
Une bonne période pour les araignées.

+ un Otto/Spidey certes sombre mais aussi étonnamment humain
+ un bon équilibre entre combats, réflexion et vie privée
+ la série Avenging apporte enfin un réel plus
+ un Scarlet Spider toujours aussi charismatique
+ ... et une traduction très correcte, wow !
- pas de cadeau de Noël ? Moi qui attendais impatiemment ma peluche Rhino ou mes lunettes MJ...    





Votes pour les Tops et Flops de MDCU

Petite pub pour l'excellent site MDCU qui met à disposition, pour les membres de son forum, un vote permettant de désigner les tops et flops comics pour l'année 2013.

Alors, pour faire simple, vous pouvez désigner, jusqu'au 15 janvier, 5 tops et 5 flops. Si les flops ne posent pas trop de problème (ce qui est vraiment immonde est heureusement finalement rare), les tops génèrent une véritable douleur, car choisir seulement cinq titres dans toute une année reste une gageure. Cela pourrait être aussi un gage de qualité mais un aspect technique semble de suite fausser les rapports entre on-goings et one-shots : des titres comme The Boys, Runaways, Locke & Key, Courtney Crumrin, sont présents plus d'une fois, aussi les votes des lecteurs seront donc éparpillés (entre ceux qui votent pour le dernier numéro ou le premier tome par exemple, alors que l'ensemble de la série est plébiscité). 

Malheureusement, si l'on se réfère aux sorties de l'année, il est difficile de faire autrement. Structurellement, les séries "fleuve" partent donc avec un désavantage certain. Néanmoins, l'exercice est suffisamment épineux pour qu'il soit intéressant. Je ne puis donc que vous conseiller de vous y prêter, d'autant qu'un classement des lecteurs, même avec ses défauts, sera intéressant.

Je dévoile ici mes choix, encore une fois très difficiles par rapport au grand nombre d'oeuvres proposé, mais je vais aussi tenter de les expliquer brièvement.



Les TOPS

- Justice League : Crise d'identité
Une petite merveille mainstream, au parfum de whodunit, une manière adulte de gérer les rapports entre surhumains, et en plus, un récit totalement compréhensible, même si l'on ne connait rien du DCU. Incontournable.

- Neonomicon : la meilleure adaptation à ce jour de l'oeuvre de Lovecraft, avec un Alan Moore efficace qui parvient à ne pas se caricaturer ou verser dans l'excès. Magistral.

- Locke & Key : j'ai choisi le tome #4 mais l'ensemble de la série est vraiment beau, intelligent et furieusement addictif.  

- Courtney Crumrin : ça fait partie de ces univers oniriques, enfantins mais cruels, auxquels vous pouvez accrocher rapidement.

- Top 10, tome #3 : le meilleur tome d'une série déjà excellente. De nouveau Moore, dans un genre différent mais maîtrisé et ultra-orgasmique. Une référence, un moment de lecture extatique.   

Les FLOPS

- Chapeau Melon & Bottes de Cuir : pas la pire merde de l'année, c'est clair, mais typique de la surexploitation de licences censées toucher des quarantenaires. La nostalgie ne suffit malheureusement pas, il faut aussi du savoir-faire.

- Mikros (x2) : j'estime tellement ce truc que je l'ai cité deux fois dans les flops, mais ce qui est ahurissant, c'est qu'il soit réédité. 
Franchement, c'est presque une insulte à l'intelligence du lectorat, et cela prouve à quel point les décisions éditoriales sont parfois étranges. Car cette "chose" n'est évidemment en rien représentative d'un genre, ni même simplement agréable à lire. Tout ici respire l'amateurisme, sans le côté agréablement juvénile de certains auteurs américains des années 60. A croire que Mitton n'a retenu que le pire du genre, pour le recracher dans un sursaut épileptique aussi pénible que vain. 
De l'action décérébrée et ennuyeuse pour gamins peu exigeants. 

- Kamandi : alors là, si ce n'était pas du Kirby, qui trouverait ça bien ? Personne. Pourquoi ? Parce que c'est naze de bout en bout ! C'est ultra-répétitif, les dialogues sont misérables, le personnage principal est ahurissant de crétinerie (même Nicolas, de Hélène et les Garçons, est mieux écrit, c'est dire), c'est totalement survendu (sans le côté décalé du Silver Age Marvel), et il vaut mieux ne pas parler des incohérences ou des ellipses à l'arrache !
J'ai rarement lu pire.
Bonne idée cadeau néanmoins pour les gens que vous détestez. Petit plus : obligez-les à vous faire un bilan du truc quelques semaines après, en les relançant subtilement sur le sujet : "alors, t'en as pensé quoi ?" etc.
Soyez salauds, c'est fait pour.

- X-O Manowar : la vaste blague des séries Valiant. Est-il nécessaire d'en dire plus ?  


Alors, peut-on se friter sur des histoires de goût et d'inclination personnelle ? Ce serait dommage mais c'est possible et même presque souhaitable, car l'on défend alors avec nos tripes un auteur ou une série.
Le reste, sinon totalement objectif, du moins presque autoptique, est là non pour scinder le lectorat mais pour s'émerveiller de ces comics incroyables qui nous surprennent et nous passionnent. Et aussi pour montrer du doigt (ou de la bite, ça dépend des gens) ce qui est à l'évidence moins bon. Quand les manques techniques sont prouvables, prouvés et évidents, il est alors normal de ne pas les laisser passer. Non seulement pour éduquer le possible futur lectorat mais aussi pour montrer que la très complexe relation auteurs/éditeurs/lecteurs doit se penser régulièrement afin que personne ne soit lésé et, mieux, que tous en ressortent bénéficiaires.  

Qui cependant va tenir compte d'un top & flop, ou même de quelques articles argumentés ? 
Personne, seules les ventes vont permettre de dessiner les choix éditoriaux de demain.
Aussi, il est plus que temps d'acheter au lieu de télécharger, mais aussi de décliner au lieu de se jeter sur des saloperies. 
Nous avons tous, auteurs, éditeurs et lecteurs, un rôle à jouer.
Ce rôle est essentiel, il commence maintenant. Car à la fin, nous serons tous, à des degrés divers, responsables de notre paysage éditorial. Et de notre Imaginaire, embelli ou brisé.  

Bonnes lectures à tous.
Guns & Apple Pie ! ;o)




15 décembre 2013

Le Secret : même pas peur !

Avec Le Secret, nouveau titre de la collection Urban Indies, les auteurs font le pari de la peur. Mais les frissons sont-ils au rendez-vous ?

Pam et ses amis se livrent un soir à une mauvaise blague : ils appellent des numéros au hasard, balancent cette simple phrase : "je connais ton secret", et invitent la personne à se rendre à minuit dans un parc. Pas forcément très malin mais un jeu innocent en apparence.
Pourtant, alors que le petit groupe continue la soirée dans le fameux parc, Tommy, récent petit ami de Pam, aperçoit un type à l'allure effrayante. L'homme est venu au rendez-vous ! Ce dernier patiente un peu puis disparait.
Le lendemain, les jeunes gens ne pensent déjà plus à l'étrange apparition quand Pam reçoit un appel qui la fait paniquer. C'est apparemment cet homme, appelé la veille, qui veut savoir comment une inconnue peut connaître son... secret.
La situation dérape ensuite franchement quand Pam devient introuvable. La police s'en mêle mais rien n'y fait, la jeune fille a disparu. Et Tommy va tout faire pour la retrouver.

Le thriller horrifique, s'il fonctionne très bien au cinéma, est toujours plus risqué en BD. Rappelons-nous les peu inspirés Freddy ou Vendredi 13, transpositions graphiques pas franchement abouties des célèbres licences. Cette difficulté à rendre l'ambiance effrayante des récits d'épouvante tient non seulement à la qualité des auteurs, au talent de l'illustrateur, mais aussi aux spécificités du support. La musique, très présente au cinéma pour amener certains effets et stresser le spectateur, ne peut évidemment être utilisée par exemple. Et surtout, à l'inverse d'un film, le lecteur d'un comic ne reste pas uniquement dans le "présent" du récit, le simple fait de tourner une page lui dévoile une partie du futur des évènements, avant même qu'il n'ait eu le temps de les lire. Cela oblige à inventer de nouvelles astuces narratives ou à être particulièrement attentif aux moments clé, en les faisant par exemple intervenir systématiquement sur la dernière case des pages impairs afin de préserver le suspense.
L'équipe créative est ici composée de Mike Richardson (surtout connu pour être le producteur de films tels que Hellboy ou Alien vs Predator) au scénario et Jason Shawn Alexander au dessin.

Graphiquement, aucun problème, Alexander parvient à créer une ambiance oppressante suffisamment convaincante tout en s'inspirant de certains codes très connus (la maison isolée un peu cradingue, le type louche au look rappelant celui de I know what you did last summer...). 
Au niveau du scénario, il y a du bon et du moins bon. L'idée de départ est originale et les premières planches très efficaces. Par contre, tout va un peu trop vite, au point que l'on a du mal à s'attacher aux personnages. Ceux-ci restent pour la plupart des caricatures sans profondeur. Si cela peut convenir pour le "méchant" de l'histoire (en renforçant son aspect lugubre, presque irréel), cela nuit grandement aux protagonistes pour qui l'on est censé craindre le pire.
Et si la deuxième partie du récit (dans la maison) est traditionnelle mais bien faite, la première semble trop vite expédiée. L'on n'a pas le temps de profiter de la (supposée) lente montée de l'angoisse, la situation se radicalisant trop vite. Même l'aspect téléphonique (une voix sortie de nulle part qui menace et peut vous suivre partout) est sous-exploité. Et le coup du "on n'a qu'à se séparer en deux groupes" est trop usé (et même involontairement comique) pour être encore employé ! 

Le résultat final est franchement mitigé. Le comic n'est pas mauvais, loin de là, mais il passe probablement à côté de sa principale ambition : effrayer, ou au moins installer une certaine tension. Ce qui fonctionnerait à l'écran est ici largement amoindri à cause d'une narration trop rapide et de personnages survolés. Quant au fond, il n'est guère surprenant et n'apporte rien de neuf à un genre dont il s'ingénie à respecter scrupuleusement les principes mais aussi les clichés. 
Une semi-déception, à lire par curiosité.

+ ambiance graphique
+ idée de départ
- personnages lisses peinant à générer de l'empathie
- narration trop compressée






13 décembre 2013

eBooks : avantages et inconvénients

On jette un oeil aujourd'hui à un type de support plutôt qu'à une oeuvre précise : la liseuse électronique. Est-ce bon marché, pratique, agréable ? Les réponses sont parfois... surprenantes.

Attention, l'on parle bien ici de liseuses, ou e-readers, dédiées donc aux romans et non aux BD. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'une BD est aussi un bel objet. Le roman, même si l'on peut s'y attacher, est déjà esthétiquement moins intéressant : à part parfois la couverture, le reste n'est pas foncièrement très joli. Et quand on lit beaucoup, et un peu partout, l'on en vient forcément à se poser la question : une liseuse est-elle faite pour moi ?
Je n'aborderai pas ici un comparatif entre les différents modèles du marché mais plutôt des généralités. Le modèle utilisé, que je teste depuis plusieurs mois, est le Kindle Paperwhite d'Amazon*

Alors, tout d'abord, est-ce que la lecture est agréable ? Car c'est tout de même l'élément principal. Ceux qui ont déjà essayé de lire de longs textes sur un PC, ou pire, un téléphone portable, savent déjà que ces machines ne sont pas conçues pour cela. Une liseuse, elle, n'est pas polyvalente, elle est conçue dans un seul but, du coup, la lecture est évidemment optimisée. Et j'avoue que c'est bluffant. Ce modèle dispose d'un éclairage particulier qui ne diffuse pas la lumière vers vous mais vers la page. C'est donc bien plus confortable, même en pleine nuit. En plein jour, là encore c'est surprenant : les pages sont parfaitement lisibles avec la luminosité à zéro et reproduisent quasiment parfaitement l'apparence du texte imprimé. Et même après plusieurs heures de lecture, aucune fatigue visuelle. 
Je ne sais pas si toutes les liseuses sont aussi performantes sur cet aspect, mais le Kindle s'en sort haut la main, d'autant que même au toucher, la sensation, douce et satinée, est agréable.

Deuxième point important : est-ce facile d'utilisation ? 
Là encore, oui, puisque très spécialisé. L'on peut choisir différents réglages basiques (taille et type de police, interlignes), insérer des signets (servant donc de marque-pages) ou créer des "collections" (des sortes de dossiers en fait), il y a un mode avion comme sur les smartphones et l'on peut brancher le tout directement sur un PC à l'aide d'un câble USB, la liseuse est alors reconnue comme un disque externe quelconque et un simple cliquer-déposer permet d'ajouter des ebooks. 
La boutique en ligne est elle aussi plutôt complète et propose bien entendu les habituelles oeuvres (gratuites) tombées dans le domaine public, les romans les plus récents (payants) et des extraits (gratuits) de romans, en général le premier chapitre, permettant de se faire une idée avant l'achat.
Le téléchargement est évidemment quasiment instantané en raison du faible poids des ebooks. 

Est-ce pour autant bon marché ? Là on en vient au sujet qui fâche, avec (encore !) une spécificité franco-française : le prix abominable des ebooks. Un exemple ? Le roman 22/11/63, de Stephen King, est à 17,99 euros au format kindle (pour 24,61 euros au format papier) alors que la VO numérique est à... 5,99 euros, la version italienne à 6,99 euros et la version allemande à 7,36 euros. La baisse de prix est substantielle partout sauf chez nous. D'autres livres, d'auteurs moins connus, sont proposés à 18 euros en version papier et 14 euros en Kindle. Autant dire une baisse misérable qui ne reflète en rien les économies pourtant générées par le format numérique et qui constitue le plus sérieux frein à l'achat à l'heure actuelle (bien qu'en réalité, les ventes de liseuses explosent).
Si encore la différence de prix allait dans la poche de l'auteur (qui ne touche en général que 8 à 10 % du prix du livre, hors taxe), mais l'on sait bien que non. Ce n'est pas la première fois que l'on génère artificiellement, par des barrières économiques, un retard technologique en France. Rappelez-vous le prix du net à ses débuts, histoire de grappiller jusqu'aux derniers milliards de la juteuse machinerie Minitel...

Voyons un peu, en vrac, le reste.
L'un des très gros avantages de la liseuse est la lecture en anglais. Non seulement vous bénéficiez des prix VO plus économiques, mais vous pouvez aussi avoir une très utile et intuitive aide à la lecture. En installant un dictionnaire anglais/français (payant mais bon, l'investissement est vite rentabilisé), une simple pression sur un mot vous en donne la définition. Mieux, le Kindle gère intelligemment les dictionnaires installés : si votre dico anglais/français ne trouve pas un mot, la liseuse interroge alors votre dictionnaire anglais, qui vous en fournit une définition, certes en anglais mais claire et très souvent évidente.
Attention, si vous n'avez pas des connaissances au minimum basiques de l'anglais, vous n'arriverez à rien avec ce système, cela ne dispense pas de l'apprentissage de la langue, simplement, lorsque vous tombez sur un terme méconnu, au lieu de vous farcir une recherche dans votre énorme Robert & Collins, vous effleurez le mot rebelle du doigt et il se livre alors à vous sans vergogne. Magique ! (et très utile lors de la lecture d'ouvrages se déroulant dans un univers non-contemporain, ce qui multiplie les chances de tomber sur des expressions exotiques)    

Un autre des aspects pratiques est la somme d'ouvrages embarqués : plusieurs centaines, au minimum. Evidemment, pour juste un voyage, ça ne sert à rien d'avoir autant de livres avec soi, mais si vous revendez vos stocks papier pour faire le plein de romans numériques, le gain de place sera vite énorme. 
La possibilité de faire des recherches ou d'insérer des notes peut éventuellement servir aux étudiants ou dans le cadre de certaines professions. 
D'un point de vue plus pragmatique, pour les lecteurs qui sont en couple, voilà le moyen de lire tardivement sans gêner le conjoint (car certains conjoints ont parfois l'audace de s'endormir avant vous !).
L'autonomie est très bonne. Certainement pas huit semaines (même à raison d'une petite demi-heure de lecture par jour, comme le clame Amazon), mais au moins une (petite) semaine en lisant bien (deux heures par jour ou un peu plus), ce qui est déjà fort pratique.
Signalons que, techniquement, il est possible d'afficher de la BD (même des trucs gratos si l'on cherche bien), mais vraiment, vraiment, ce n'est pas fait pour.
Enfin, le Kindle dispose d'un petit navigateur internet pour masochistes ou "en cas d'obligation absolue" (c'est à dire si votre PC est en rade, votre téléphone portable out, si vous n'avez pas de tablette tactile, qu'aucun de vos proches ne veut vous prêter un binz vaguement relié au net et que vous devez absolument vous connecter dans la minute, alors, oui, peut-être que là, vous penserez au navigateur Kindle... ça n'arrivera donc jamais, on est d'accord, mais bon, il est présent).

Par contre, toujours pour ce Kindle Paperwhite, il faut savoir qu'il est livré sans coque de protection et sans même l'adaptateur secteur (pour ce dernier, c'est un peu du foutage de gueule, la recharge via PC n'étant pas forcément pratique ni même toujours possible). Pour la protection (très bien faite et permettant l'allumage et la mise en veille de la machine dès qu'on l'ouvre ou la ferme), il vous faudra compter un "petit" investissement en plus, plutôt indispensable si vous souhaitez vraiment utiliser votre Kindle partout et pas juste dans le confort de votre lit. 

Au final, pour un inconditionnel du papier, je dois dire que le côté pratique du Kindle et son écran ultra-confortable m'ont convaincu. Le prix des livres numériques n'est malheureusement pas encore suffisamment attractif (ce qui va forcément encourager les pratiques illégales) mais si l'on arrive rapidement à se rapprocher des tarifs logiques et légitimes pratiqués partout ailleurs, les liseuses devraient avoir un bel avenir devant elles. Et une place de choix dans notre barda numérique.

+ des centaines de livres en poche
+ possibilité de lire de nuit sans gêner votre voisin(e)
+ très bon rendu grâce au procédé e-ink
+ réglages faciles
+ excellente autonomie
+ la plupart des classiques en téléchargement gratuit car libres de droits
+ utilisation intelligente des dictionnaires embarqués 
- le prix encore ridiculement élevés des ebooks en France
- matériel pourtant essentiel (adaptateur secteur, coque de protection) non fourni avec le Kindle Paperwhite de base
- impossibilité d'avoir la version numérique gratuite d'un livre "papier" déjà acheté sur Amazon 







* Il n'est peut-être pas inutile de revenir sur Amazon, une société souvent injustement attaquée.
Tout d'abord, dans la sombre affaire qui oppose les librairies traditionnelles à Amazon, sur les frais de port gratuits, il convient d'expliquer qu'un lecteur, lambda ou passionné, préférera toujours une librairie physique à un vague site internet. Et le fait de ne pas attendre 48h pour pouvoir se jeter sur ce que l'on souhaite lire fait évidemment pencher la balance du côté des librairies "physiques". Cependant, tout le monde n'habite pas à Paris. La situation est fort différente en province. Pendant longtemps, en Moselle, là où j'habite, n'étaient disponibles que les livres que l'on pouvait dénicher dans un rayon de quelques kilomètres. Les librairies étaient petites, les rayonnages peu fournis, et si certaines sont mortes, elles ont été tuées bien avant l'arrivée du net, par la présence de Fnac et autres centres culturels de supermarché (Leclerc par exemple).
Amazon a permis une diffusion extraordinaire des livres, français ou étrangers. Et le fait de ne pas payer le port n'est pas perçu par le lectorat comme une concurrence déloyale mais comme un accès enfin égalitaire à la source littéraire. Pourquoi, parce que certains habitent loin de tout, devraient-ils payer plus, et donc être sanctionnés ? Surtout, alors que certaines librairies se plaignent, pourquoi ne mettent-elles pas leurs particularités en avant au lieu d'essayer de briser celles des concurrents ? Voilà bien la mentalité française : un modèle réussit, on tente de lui mettre des bâtons dans les roues plutôt que de chercher à proposer autre chose en tirant profit d'avantages que le concurrent n'a pas.
Et j'ajoute qu'en ayant vu les pratiques de certains libraires ou bouquinistes, je suis très content de commander régulièrement sur Amazon, qui d'ailleurs m'a toujours renvoyé mes commandes quand la Poste parvenait à les perdre (ou à les voler, je ne sais pas s'ils sont plus incompétents que malhonnêtes).
Etre du côté des libraires, oui, mais quand ils le méritent (j'ai notamment déjà cité, dans la région, le cas d'Hisler BD bis, à Thionville, dont les vendeurs me semblent être aussi sympathiques que compétents et patients) et pas juste par idéologie venue de je ne sais quel lobby poussif.
Attention donc à ne pas aller trop vite dans l'amalgame qui consiste à penser qu'une grosse société n'a que des effets pervers, Amazon a fait plus pour la littérature (en province au moins) que tous les ministres de la culture ou tous les conseils régionaux depuis 50 ans. Non par altruisme, mais parce que, parfois, le business rejoint l'art, la morale et la justice.   

08 décembre 2013

Best Comics - Lionheart of Avalon

Les Vengeurs sont sur le sol britannique dans l'arc Lionheart of Avalon, réédité il y a quelques semaines dans la collection Best Comics de Panini.

Captain America et Hawkeye traquent les Démolisseurs, venus commettre quelques méfaits sur le sol anglais. Aidés par Janet van Dyne, alias la Guêpe, alias Giant Girl, ils affrontent la bande mais sont rapidement en mauvaise posture. Cap notamment tombe sous les coups d'Eliot Franklin, connu sous le gentil sobriquet de "Boulet" (ou Thunderball en VO).
C'est à ce moment qu'une jeune mère de famille intervient. N'écoutant que son courage, elle se saisit du bouclier de Cap et s'interpose, lui sauvant ainsi la vie. Malheureusement, elle est gravement touchée et va succomber à ses blessures. Pourtant, ce n'est pas encore la fin pour cette exceptionnelle femme qui va devoir faire un choix crucial afin de déterminer son destin mais celui du royaume tout entier également...

La collection Best Comics est un joyeux fourre-tout, proposant des rééditions à petit prix. Celles-ci sont parfois incontournables (Green Lantern : Origine Secrète), d'autres fois peu adaptées à une publication isolée (Spider-Man : La Grande Alliance) et parfois carrément dispensables (Avengers : Où va le Monde ?). L'on se trouve ici devant un tome qui fait plutôt partie des sélections intéressantes.
Lionheart of Avalon est un arc constitué de cinq épisodes datant de 2004. Le scénario est de Chuck Austen, les dessins sont réalisés par Olivier Coipel et Sean Chen. Outre le fait que le personnage de Lionheart fait ici sa première apparition, cette histoire possède d'indéniables qualités. Tout d'abord, malgré la grosse castagne (She-Hulk ou les Démolisseurs ne font pas dans la dentelle), l'aspect psychologique des personnages est plutôt habilement creusé. Les bourdes de Hawkeye, le côté un peu trop rude de Cap ou encore les problèmes relationnels entre Janet et son ex, Hank Pym, donnent à l'ensemble un côté très humain, voire même une ouverture sur certains problèmes sociétaux (la violence envers les femmes notamment).

L'aspect féérico-historique (ça se dit ça !?) d'Avalon possède également un charme réel, même si finalement - et malgré une émouvante scène finale - l'on n'en saura pas beaucoup, pour cette fois, sur le devenir de la nouvelle incarnation de Britain. On sent toutefois là le lent virage des années 2000 qui a progressivement amené plus de maturité dans les séries mainstream de la Maison des Idées.
L'ouvrage est complété par les covers et un épisode spécial qui n'a franchement aucun rapport avec l'intrigue précédente. Il s'agit du Avengers (vol. 1) #1.5, datant de 1999 mais censé se dérouler entre le premier et le deuxième épisode de la série (dans les années 60 donc). Les styles graphique et narratif sont à l'avenant, donc très vieillots, mais bon, c'est fait exprès... notons que pour cette dernière partie, Panini n'a pas réussi à écrire correctement 1,5 (c'était pas évident en même temps, ils avaient le choix entre la manière US ou la manière française, ils ont finalement opté pour le style paninien avec un très joli 1/2, qui signifie donc 0,5 et pas 1,5) et que le style de notre traductrice préférée, à savoir Geneviève Coulomb, est un peu moins mauvais que d'habitude (bien que l'on retrouve des tournures de phrase franchement poussives et son penchant pour l'argot franchouillard des milieux interlopes de l'après-guerre).

Au final, pour moins de 10 euros, l'on se retrouve avec un comic sympathique, aux sous-intrigues intéressantes, et un bonus pas terrible mais qui a au moins le mérite d'être là.
A conseiller.

+ un mélange plutôt bien dosé entre action, émotion et réflexion
+ la légende arthurienne intégrée au marvelverse
+ un graphisme moderne, agréable et efficace
- un épisode bonus inintéressant et sans rapport avec l'histoire principale
     




Bad Ass tome 2 : the Voice



1e de couverture
C’est avec le premier volume de la série que je suis entré sur ce blog (un peu comme on entre en religion, la rédaction et la publication de l’article devenant une forme de rite initiatique destiné à m’extirper du commun des mortels), un volume édité par Delcourt qui surfait allègrement sur la vague des parodies du monde super-héroïque.

Bad Ass se concentrait sur Dead End, de ses origines bourrées de cliché à sa volonté d’en finir avec la toute-puissante American Justice Federation. Un personnage était évoqué, presque à demi-mots : « the Voice » mais n’apparaissait jamais. Ce tome-ci répare l’oubli puisqu’il place cette femme hors du commun sur le devant de la scène. On est donc davantage dans un épisode secondaire par rapport à l’intrigue principale, dont les lignes directrices auraient tendance à rapprocher la série d’une œuvre de longue haleine comme the Boys (dont Neault vous a longuement vanté les mérites ici-même). Ce qui engendre un certain malaise quant à la position des auteurs qui, tout en continuant dans la veine comico-gore, cherchent à construire un univers cohérent et, partant, un background plus sérieux. On retrouve donc des situations connues, les mêmes épreuves, les mêmes adjuvants et adversaires, le tout surexposé, exagéré et dilaté dans des proportions parfois franchement drôles : la galerie de patients de l’Hôpital psychiatrique de Beltran est déjà réjouissante, mais ce n’est rien à côté des pensionnaires du Centre d’Etudes de l’Evolution de Californie qui vaut à elle-seule le coup d’œil (à coups de références directes à la culture populaire – j’adore le Robot mixeur maléfique !). C’est justement dans l’asile cité que l’un des internés va attirer l’attention d’un visiteur, qui demandera au Dr Benson des précisions sur cette jeune femme cloîtrée dans une cellule de confinement :
« Je vous présente « the Voice », la chose la plus horrible qu’il m’ait été donné d’entendre. Sans cet imposant dispositif de sécurité, Dr McComb, je serais en train de dévorer mes propres testicules… et probablement les vôtres. »


Tout le volume nous retracera l’évolution de cette femme – pendant psychopathe de Jean Grey - avec des allers retours constants entre son passé où ses pouvoirs mentaux se révèleront dans sa prime jeunesse jusqu’à ce qu’un Dr Sirit (orthographié parfois « Spirit » - le lettrage laisse à désirer) la recrute dans son Centre pour jeunes pleins de potentiel (suivez mon regard), et un présent où une rébellion se prépare avec en toile de fond l’intervention attendue de Dead End. Si le premier tome s’amusait à pasticher l’univers de Batman et de la JLA, celui-ci s’oriente clairement vers les X-Men, tout en interpellant le lecteur de Watchmen (la section où Rorschach est enfermé et examiné par un psychiatre).  
 
Divertissant en diable, ultra-référentiel et agréablement mis en page (seule la gestion des combats nécessiterait des améliorations pour les rendre plus lisibles), la série d’Hanna & Bessadi, avec ce volume, mérite le détour.

+ des références à la pelle aux comics mutants et au cinéma d’horreur
+ des personnages hilarants ou fascinants
+ un sens de l’humour frais
+ c’est dynamique, parfois violent
- une certaine complaisance
- des noms qui changent d’orthographe
- pourvu qu’ils ne se prennent pas au sérieux !