18 janvier 2014

Hero Worcheap

Un nouveau personnage fait ses débuts chez Panini dans le comic intitulé Hero Worship. Zénith, car c'est son nom, parviendra-t-il à s'imposer sur le déjà encombré marché super-héroïque ?

Adam est un jeune homme vouant un culte inconditionnel à Zénith, un surhumain très populaire et unique en son genre. Aussi, le jour où il est sélectionné pour visiter sa fondation, il est au comble du bonheur.
Pourtant, la visite ne se passe pas très bien. Victime d'un malaise, Adam est évacué et finit à l'hôpital. Les examens ne donnent rien et, alors qu'il est de retour chez lui, le voilà qui développe à son tour des super-pouvoirs. Rapidement, Adam est pris en charge par la fondation qui s'occupait déjà de Zénith. Les conférences de presse et les séances de dédicaces s'enchainent. Sous le nom d'Apex, Adam devient lui aussi une célébrité.  
Pressé d'utiliser ses pouvoirs pour sauver des vies, Apex précipite la mort d'une vieille dame à qui il tentait de porter secours. Suite à ce drame, Adam commence à se poser des questions. Il ne devra cependant pas seulement faire face à ses responsabilités, car au sein de la fondation, un complot se trame...

Hero Worship est scénarisé par deux auteurs ayant l'habitude de travailler pour le cinéma et la télévision : Zak Penn et Scott Murphy. L'éditeur présente cela comme une sorte de gage de qualité, mais signalons que dans le lot des films sur lesquels Penn a travaillé, l'on retrouve ElektraHulk ou Avengers, donc clairement pas des chefs-d'œuvre pour rester gentil. 
La partie graphique est signée Michael DiPascale. Le boulot est correct bien que les dessins soient un peu lisses et très statiques. 
Mais voyons un peu comment Penn et Murphy s'en sortent pour leur première expérience BD.

Tout d'abord, malgré ce que prétend le texte de présentation de l'ouvrage, l'on est loin d'être en présence d'une série "à sensation, insolite et innovante". Bien au contraire, les premiers épisodes sont très convenus : que ce soit l'acquisition des pouvoirs, les manipulations médiatiques ou encore les déboires et maladresses du héros, tout cela ne sent pas foncièrement le neuf.
Par contre, ce qui est nouveau, c'est que tout est bâclé et survolé, et ce malgré les six épisodes de cette histoire. Adam est parfaitement lisse et creux, Zénith à peine moins. La phase "découverte des pouvoirs" est tout aussi rapide et insipide (avec un passage rappelant fortement une scène de Chronicle, en moins bien). Il faut attendre quasiment la fin pour ressentir un début d'intérêt, alors que la véritable nature de la fondation est dévoilée. Mais là encore, tout est trop vite expédié pour être efficace.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, lorsque l'on tourne la dernière page et que le mot "fin" apparaît, on a l'impression d'avoir assisté à une simple introduction tant tout reste à faire. Aucun des personnages n'est attachant, leurs revirements sont loin d'être justifiés et le fameux complot fait "pschitt". 
Est-ce complètement nul ? Même pas, c'est juste mou, fade et inutile. Hero Worship s'ingénie à scrupuleusement passer à côté de tout. Sans réel enjeu dramatique, sans humour, sans réflexion, sans même une manière nouvelle ou juste agréable d'aborder des sujets radotés mille fois, le scénario de ce comic est un exemple d'amateurisme qui pourrait à la rigueur passer pour un premier jet maladroit, à retravailler longuement.

Une histoire d'une grande indigence, sans doute pas la pire jamais écrite mais dénuée du moindre intérêt.

+ une nana sexy, à la garde-robe bien fournie, dans les persos secondaires (on se raccroche à ce que l'on peut)
+ vers la fin, il commence à se passer quelque chose...
- le plus grand pouvoir de Zénith et Apex réside dans leur capacité à se faire oublier instantanément dès la dernière page tournée
- c'est très lent à démarrer et, bizarrement, on a l'impression que tout va trop vite quand même, de ce point de vue, c'est effectivement innovant
- une ou deux maladresses dans la VF, mais pour du Panini c'est quasiment excellent