14 juin 2014

Spider-Man : Darkest Hours

Une nouvelle fournée de comics arachnéens avec le Spider-Man (v.4) #12.

Pour commencer, pas de bol, je suis tombé sur la cover 12A qui est quand même d'une rare laideur. On dirait que Spidey a des escarpins, la position de ses bras n'est pas terrible, quant à la fille avec l'éclair... enfin, bref. 
Toujours le gros "Infinity" pour faire croire à un rapport avec l'event du moment (cf. cet article), mais dans les faits, un seul épisode sur cinq y est lié, et encore, d'une manière totalement anecdotique.
Mais rentrons tout de suite dans le vif du sujet.


On commence avec Superior Spider-Man. Un seul épisode ce mois-ci. 
Otto/Peter inaugure en grande pompe les Industries Parker. Pour cette occasion, il a bien sûr rassemblé ses proches, à savoir la tantine et sa nouvelle "petite amie", dans tous les sens du terme. C'est surtout l'entrée en jeu de l'agent Venom, alias Flash Thompson, qui va marquer cet épisode d'ouverture de l'arc Darkest Hours. La rencontre qui en résultera s'avère plutôt musclée, ce qui n'est pas très surprenant lorsque l'on connaît le caractère du Spider-Man "supérieur".

Petite remarque technique ; si c'est bien Dan Slott qui scénarise ce chapitre, les dialogues sont signés Christos Gage. Bon, ce n'est pas une première, on a déjà vu des tandems de scénaristes se partager le boulot pour des raisons d'emploi du temps serré. Cependant, cette pratique nuit probablement un peu au récit. Déjà que scénariser à deux à tendance à "lisser" les histoires, le fait de refiler la partie dialogue à un autre est, à mon sens, une très mauvaise idée d'un point de vue d'auteur. Puisque l'on est en pleine coupe du monde, je me risquerai à une comparaison footballistique : c'est un peu comme si un type sélectionnait les joueurs et qu'un autre décidait de la stratégie de jeu à adopter. Mieux vaut que ce soit le même bonhomme. 
Et dans ce cas précis, l'on ne comprend pas trop Slott. Etant donné que Superior Spider-Man est tout de même une série phare et qu'en plus c'est incontestablement le meilleur moment de son run concernant le Tisseur, il aurait pu s'arranger pour la privilégier...

On passe ensuite à Superior Spider-Man Team-Up. Deux épisodes mais qui, malheureusement, ne se suivent pas. Un comble. Avec autant de titres différents pour le mensuel, la publication n'est certes pas simple, mais les choix de Panini sont parfois complètement absurdes. L'on reviendra sur le sujet plus bas, avec Scarlet Spider.
Le premier épisode de ces Team-Up est la conclusion du truc soporifique du mois dernier (cf. cet article). Cela n'a strictement pas le moindre intérêt. Les personnages sont insipides, l'action prévisible, il n'y a ni humour, ni suspense, et même la thématique est ridicule. Bravo à Robert Rodi, ça s'appelle un strike.
Heureusement, c'est Christ Yost qui est en charge de l'écriture du second épisode. C'est déjà bien plus sympa, avec en guest le Spider-Man 2099 et, surtout, une nouvelle idée de l'ami Otto qui crée une team - en rapport direct avec son passé de criminel - appelée les "Superior Six".

On passe ensuite à Scarlet Spider. C'est là que ça devient débile. Cet épisode est le deuxième d'un arc commencé il y a deux mois. Pourquoi ne pas avoir simplement interverti cet épisode avec le team-up du mois dernier ? Vu le délai entre la publication VO et la VF (on est loin des exploits de Delcourt au temps des Chroniques de Spawn !), c'était tout à fait jouable et cela permettait d'avoir un arc team-up complet dans cette revue, et du Scarlet tous les mois (à la place du team-up de Yost, si vous suivez toujours). Il y avait même d'autres façons possibles de faire, mais comme d'habitude avec Panini, c'est à la pire que l'on a droit.
Pour ce qui est des péripéties de Kaine, c'est assez moyen ce mois. Un ennemi vu et revu (Kraven) et du combat pratiquement non-stop et sans grand intérêt.

On termine par Superior Foes of Spider-Man, LE poids lourd actuel des séries arachnéennes. Graphiquement, on l'a déjà dit, ça ne casse rien (encore qu'on a déjà vu pire et qu'il y a toujours de bonnes idées de mise en scène), mais Nick Spencer accomplit des merveilles sur le titre, en faisant preuve d'humour et d'inventivité. 
Une nouvelle preuve que les pépites Marvel se cachent globalement de nos jours chez les "seconds couteaux" en termes de personnages.

Au final, l'ensemble est mitigé mais le positif l'emporte : trois bons épisodes sur cinq. Pour ce qui est de Panini, l'on retrouve les habituelles coquilles (plus dans le rédactionnel que les BD d'ailleurs) mais aussi un louable effort pour apporter un petit plus avec une page dédiée à Venom et aux Symbiotes en général (rappelez-vous, la Maison aux Autocollants avait commencé à se bouger au mois de mars, mieux vaut tard que jamais).
Malheureusement, l'on sait que le retour de Parker (et la remise à zéro qui s'ensuivra) approche à grands pas. Christian Grasse nous annonce même déjà, tout joyeux, une... "nouvelle" relecture des origines de Spider-Man. Par Slott. Eh bien voilà qui fera une bonne porte de sortie. Oui, on parle toujours de "point d'entrée", mais pensons aussi à ceux qui suivent ces aventures depuis des années, des décennies parfois, et qui se désespèrent du surplace narratif engendré par une frilosité que rien n'impose. 
Il y a trop de bons livres à lire pour s'imposer inutilement un énième radotage quand l'envie n'y est plus. 

+ un Superior Spider-Man toujours aussi agréable à lire
+ les Superior Six  
+ Spencer et ses Superior Foes, qui devraient ouvrir la revue
+ un frémissement rédactionnel qui se poursuit : dans 20 ans, Panini sera au top
- un épisode de Team-Up totalement inutile
- du Scarlet Spider très en dessous des débuts de la série
- un ordre de publication pas très heureux