29 juin 2014

Step Back in Time #4 : Métamorphoses

Nous revoilà à bord de notre Logan, modifiée en module d'exploration temporelle, pour cette fois une séance de transformations, qu'elles soient agréables ou franchement horribles.

Sur les écrans

Premier arrêt en 1992. Pas d'Amstrad ou de PC cette fois mais une bonne vieille Megadrive et, surtout, un excellent jeu de plateformes : Kid Chameleon.
Si Nintendo a bien évidemment les Mario, Sega pouvait largement rivaliser avec ce jeu à la difficulté progressive et aux niveaux nombreux et variés. 
Malgré les classiques blocs à détruire pour récupérer différents items, Kid Chameleon va surtout se montrer innovateur au niveau du gameplay grâce à un personnage pouvant revêtir plusieurs apparences.

En effet, le jeu est basé sur des masques, ou des casques, que l'on trouve tout au long des niveaux. Ces derniers permettent à notre jeune Kid à Ray-Ban de changer de tenue et d'acquérir les capacités spéciales qui vont avec.
Votre personnage peut ainsi devenir un samouraï (armé de son sabre), une sorte de Rhino (qui peut défoncer les murs), un juggernaut (un tank à casque à pointe qui tire des crânes !) ou encore une toupie. 
Inutile de dire qu'il était assez jouissif de pouvoir ainsi changer aussi radicalement de personnage, d'autant que les références étaient sympathiques : l'on pouvait incarner un "maniaxe", ressemblant furieusement au Jason de Vendredi 13 ou utiliser un hoverboard en provenance directe de Retour vers le Futur. Il y avait même une tenue ressemblant un peu au Cyclope de Marvel (mais en vert).

Si l'on pouvait jouer à deux joueurs (en alternance, il ne faut pas rêver, le deuxième reprenant la manette après que le premier se soit fait buter), le jeu avait tout de même un défaut irritant : il était impossible de conserver sa progression. Pas de sauvegarde ni même de mot de passe, il fallait donc être particulièrement motivé pour tout finir en une seule fois (ou ne pas éteindre la console...).
Les différentes incarnations jouables constituaient évidemment l'intérêt essentiel de Kid Chameleon. Certaines permettaient de détruire ou faire apparaître des blocs, d'autres d'adhérer aux murs ou d'inverser le sens de gravité, ou encore d'augmenter vos points de vie.

Les lieux à traverser étaient également variés : jungle, grotte, désert, monde de glace ou environnement urbain. Quant aux ennemis, ça allait du dragon au robot en passant par des trucs liquides ou gluant, ou même de grosses têtes en brochette, crachant des saloperies, en guise de boss. Les mecs ne s'étaient pas trop embarrassés avec la vraisemblance, mais ce n'est pas en général ce que l'on demande à ce genre de jeu.
Pour l'anecdote, Kid Chameleon sera même adapté en comics, dans le magazine anglais Sonic the Comic, magazine qui comptera dans son staff quelques noms célèbres, comme Mark Millar ou Andy Diggle.
Oh, au fait, je vous ai dit que le Kid pouvait aussi se transformer en mouche ? Eh bien c'est fait, et, ô art subtil de la transition, cela nous amène à considérer une transformation du même ordre mais beaucoup moins agréable.


Quelques-unes des 10 transformations possibles.



Dans les salles

Notre Logan nous amène cette fois jusqu'en 1986, année de sortie de La Mouche, film de David Cronenberg et remake d'un vieux classique des années 50. 
L'on retrouve Jeff Goldblum dans le rôle principal, celui de Seth Brundle, un scientifique ayant mis au point une technique de téléportation révolutionnaire à base de pods. C'est en apparence très simple : on place un objet ou un être vivant dans l'un des pods et, hop, il réapparait dans l'autre. 
Alors, c'est comme les "sièges de transport" de Kaamelott, ça n'a d'intérêt véritable que si les deux pods sont éloignés l'un de l'autre. Ben oui, se téléporter à deux mètres, c'est classe au début, mais ça devient vite idiot. Et dangereux !

Bien entendu, tout ne se passe pas très bien pour notre ami Seth. Après avoir effectué un test sur un singe, il n'écoute que son courage et se lance lui-même dans l'expérience. Mais comme son labo est un nid à merdes et qu'il n'a même pas pris le temps d'acheter du barrage à insectes au téléshopping, Seth se retrouve avec un invité-surprise à l'intérieur du pod : une mouche. 
Et voilà notre Seth qui fusionne, au niveau génétique, avec l'insecte. Sans le savoir.
Au début, tout se passe bien. Les effets sont même plutôt cool. Seth est plus fort, plus agile (c'est le syndrome Peter Parker)... malheureusement, son ADN dégénérant de plus en plus, la suite va être beaucoup moins fun, et au lieu d'un super-héros, le scientifique va lentement devenir un monstre.

C'est peu de dire que le film était impressionnant visuellement. Les effets dévastateurs de la fusion étaient lentement dévoilés (Seth commence à perdre ses ongles, ses cheveux...) jusqu'à l'horreur finale. Mais surtout, l'on assistait à un drame humain qui était finalement assez éloigné des films d'épouvante habituels.
Oups... quelqu'un aurait un kleenex ? 
De héros, Seth se transforme en menace, pour finalement retrouver in extremis la parcelle de lucidité qui fait de sa mort une véritable tragédie.
Ce classique donnera naissance à une suite, avec le fils de Seth dans le rôle principal, ainsi qu'à... un opéra. La première eut lieu à Paris en 2008. Howard Shore en signa la musique, Placido Domingo la direction artistique, et Cronenberg himself en assura la mise en scène (ce n'est pas un opéra-rock ou une comédie musicale, c'est de l'opéra classique, donc heu... il faut aimer).

Et en bonus, puisque j'ai dévoilé dans le précédent Step Back in Time que nous utilisions non pas une DeLorean mais une Logan, et suite aux demandes nombreuses (au moins deux), nous vous montrons notre engin. 
Alors pour la couleur... il y a eu un petit souci. Pour faire quelques économies, nous avons commandé notre véhicule directement en Roumanie. Or, il s'avère que Vance - qui m'avait pourtant assuré parler couramment le roumain - n'a visiblement pas bien réussi à traduire "bleu métallisé"...