27 janvier 2014

Before Watchmen : Minutemen

Les mini-séries Before Watchmen sont rééditées en librairie à partir de ce mois, c'est l'occasion de se pencher aujourd'hui sur celle consacrée aux Minutemen.

L'annonce de DC Comics, dévoilant le projet de préquelle à Watchmen, l'œuvre mythique d'Alan Moore, avait fait à l'époque grand bruit (cf. cette chronique). Après une première publication VF en kiosque, sous forme d'une revue bimestrielle, les différentes séries sont maintenant regroupées dans des ouvrages librairie thématiques. Celui centré sur Rorschach sortira en février, puis ce sera au tour du Spectre Soyeux en mars et d'Ozymandias en avril. Pour le moment, ce sont les Minutemen qui débarquent en force.
Rappelons qu'il s'agit du premier groupe de Masques, fondé à la fin des années 30, alors que l'Europe plonge dans la guerre. Il est composé de huit justiciers, à savoir le Juge Masqué, le Hibou, premier du nom, Spectre Soyeux, alias Sally Jupiter, le Comédien, dans une version plutôt jeune mais déjà violente, Byron Lewis, l'homme volant, Bill Dollar, Silhouette et Captain Metropolis.

Bien entendu, tout est loin de se passer, en coulisse, de la manière dont les médias décrivent les actes héroïques du groupe. Entre les erreurs pures et simples, les opérations lancées dans un but mercantile, les dissensions internes et les petits secrets inavouables, la véritable histoire des Minutemen s'avère explosive.
C'est d'ailleurs Hollis Mason qui nous la révèle, alors qu'il est à l'époque en train de rédiger son ouvrage, "Sous le Masque". Inutile de dire qu'il va subir des pressions de la part de ses anciens compagnons, afin de rendre la "vérité" plus supportable.
Les six chapitres regroupés dans ce comic forment une histoire complète et sont écrits et dessinés par Darwyn Cooke (qui avait déjà fait un excellent boulot sur Catwoman par exemple). Son style graphique convient fort bien à l'époque décrite, avec une touche de naïveté qui contraste d'autant plus avec la dureté de certaines scènes.
C'est cependant dans le traitement de l'histoire que Cooke va exceller.

Tout d'abord, pour ceux qui craignaient une profanation, qu'ils se rassurent, l'esprit de Watchmen est clairement conservé. L'on retrouve des personnages faillibles, violents, désabusés et très éloignés d'un manichéisme rigide. L'envie de bien faire et les grands idéaux s'effritent face à une réalité cruelle qui impose subrepticement sa loi. Le groupe échappe de peu à divers scandales et se délite jusqu'à une fracassante vérité qui fait vaciller même ceux qui pensaient être restés à peu près droits dans leurs bottes. Sous les masques, les sourires se figent et se transforment en amères grimaces alors que le drame qui se joue n'épargne personne.
Tout cela se lit avec plaisir et empressement. Si certains protagonistes que l'on connaissait bien, comme le Comédien, conservent leur personnalité, d'autres, plus obscurs, acquièrent profondeur et charisme. 
Du très grand art, habile et émouvant.
L'intrigue gagne bien entendu à être lue sous cette forme plutôt qu'en épisodes étalés sur une année entière.

Le recueil contient les covers alternatives et une petite galerie sur les personnages. Urban n'oublie pas les nouveaux lecteurs et resitue également le contexte dans un très utile texte de présentation.
La traduction est correcte bien que l'on puisse déplorer quelques problèmes de ponctuation et une ou deux phrases dont la tournure n'est pas très heureuse. 

Une excellente histoire, largement à la hauteur du mythe.

+ Cooke, qui a le courage de s'attaquer à un monument et l'intelligence de l'enrichir
+ des personnages bien développés, crédibles et touchants
+ un style graphique simple, "doux" et efficace
+ du Watchmen qui, même sans Moore, reste de haute volée    





22 janvier 2014

Côté Comics, saison 02 - épisode 10



On retrouve l'équipe de Côté Comics pour le dixième épisode de la saison 2 avec un point complet sur les news et sorties comics, un "j'ai lu pour vous" consacré à la mythique série Sin City, et enfin un gros plan sur Daredevil.
Voilà de quoi bien commencer l'année ! ;o)

Côté Comics : s02e10




21 janvier 2014

Metropolis

Nous embarquons aujourd'hui pour Metropolis, cité uchronique ayant donné son nom à la nouvelle série de Serge Lehman. 

La première guerre mondiale n'a jamais eu lieu. Au lieu de s'entretuer, français et allemands ont édifié une immense ville dans l'Interland, symbole de la réconciliation. La mégapole n'est cependant pas exempte de crimes. Après un attentat particulièrement meurtrier, l'inspecteur Faune découvre des cadavres dans les sous-sols de la ville. De "vieilles choses mortes", déshumanisées et abandonnées. 
Pour mener à bien cette enquête, Faune va devoir faire équipe avec le commissaire Lohmann, sous la supervision du docteur Freud. Un psychiatre ne sera en effet pas de trop car, outre le fait que les deux flics ont eu des problèmes psychologiques par le passé, d'étranges évènements commencent à survenir dans Metropolis : la statue d'un soldat remplace celle d'un philosophe, des livres étranges apparaissent dans les librairies... quelque chose est en train de modifier l'Histoire.

Romancier, auteur de nouvelles et d'essais, Serge Lehman avait déjà fait montre de ses talents de scénariste avec La Brigade Chimérique, œuvre qui se penchait sur les super-héros européens et commentait leur quasi absence dans notre culture. Cette fois, l'auteur reprend le concept de Metropolis mais, au lieu d'en faire un nid de surhumains, il la présente comme le lien entre deux nations ennemies ayant grandement contribué à façonner l'Europe moderne.
Metropolis, littéralement "ville mère", devient ainsi un élément central du récit. Elle vit, parle, cache des secrets dans ses entrailles tout en pointant ses tours vers le ciel... 
Avec Lehman, comme souvent, il faut s'attendre à ce que tout fasse sens. L'inspecteur Faune, par exemple, est ainsi lié à la cité de manière presque charnelle, la ville étant présentée comme sa "grande mère". 
Mais tout ne se limite évidemment pas aux ruelles et aux immeubles.

Après une première touche de fantastique, l'on plonge dans un thriller sombre, aux références nombreuses et aux non-dits subtils. Churchill, Freud, Fritz Lang ou Briand sont de la partie, ancrant l'intrigue dans un passé fragile, malmené et habilement revisité. 
Techniquement, Lehman fait preuve d'une rare virtuosité dans la narration. Les personnages principaux prennent peu à peu de l'envergure alors que des pans de leur passé sont dévoilés. L'exploit est triple puisqu'il faut dans le même temps installer l'intrigue policière, donner de l'épaisseur aux protagonistes et rendre crédible et intelligible une utopie hors du temps, uniquement rattachée à nous par quelques noms célèbres.
Graphiquement, le travail de Stéphane De Caneva est tout simplement exemplaire, tant pour ses plans spectaculaires sur la ville que dans la manière de traiter les personnages, avec une touche rétro qui ne verse jamais dans le "vieillot". La colorisation, de Dimitris Martinos, est également pour beaucoup dans la réussite de cette ambiance visuelle.

L'histoire est prévue en quatre tomes, chez Delcourt qui signe ici probablement la plus belle opération éditoriale de ce début d'année.
Démesurée, multigenre, addictive, cette BD bénéficie de la maîtrise d'un auteur qui a les moyens, intellectuels et techniques, de son ambition, ce qui n'est finalement pas si courant que ça.
A posséder absolument.

+ ambiance rétro sans codes narratifs éculés
+ une vraie tension qui s'installe avec pourtant fort peu de complaisance envers le sordide et le gore
+ une Metropolis fascinante
+ le savoureux mélange entre polar, thriller psychologique, uchronie et fantastique
+ des planches élégantes et efficaces
- le prix, un poil élevé (par comparaison, les Girls, du même éditeur, sont moins chers et contiennent bien plus de pages)





18 janvier 2014

Hero Worcheap

Un nouveau personnage fait ses débuts chez Panini dans le comic intitulé Hero Worship. Zénith, car c'est son nom, parviendra-t-il à s'imposer sur le déjà encombré marché super-héroïque ?

Adam est un jeune homme vouant un culte inconditionnel à Zénith, un surhumain très populaire et unique en son genre. Aussi, le jour où il est sélectionné pour visiter sa fondation, il est au comble du bonheur.
Pourtant, la visite ne se passe pas très bien. Victime d'un malaise, Adam est évacué et finit à l'hôpital. Les examens ne donnent rien et, alors qu'il est de retour chez lui, le voilà qui développe à son tour des super-pouvoirs. Rapidement, Adam est pris en charge par la fondation qui s'occupait déjà de Zénith. Les conférences de presse et les séances de dédicaces s'enchainent. Sous le nom d'Apex, Adam devient lui aussi une célébrité.  
Pressé d'utiliser ses pouvoirs pour sauver des vies, Apex précipite la mort d'une vieille dame à qui il tentait de porter secours. Suite à ce drame, Adam commence à se poser des questions. Il ne devra cependant pas seulement faire face à ses responsabilités, car au sein de la fondation, un complot se trame...

Hero Worship est scénarisé par deux auteurs ayant l'habitude de travailler pour le cinéma et la télévision : Zak Penn et Scott Murphy. L'éditeur présente cela comme une sorte de gage de qualité, mais signalons que dans le lot des films sur lesquels Penn a travaillé, l'on retrouve ElektraHulk ou Avengers, donc clairement pas des chefs-d'œuvre pour rester gentil. 
La partie graphique est signée Michael DiPascale. Le boulot est correct bien que les dessins soient un peu lisses et très statiques. 
Mais voyons un peu comment Penn et Murphy s'en sortent pour leur première expérience BD.

Tout d'abord, malgré ce que prétend le texte de présentation de l'ouvrage, l'on est loin d'être en présence d'une série "à sensation, insolite et innovante". Bien au contraire, les premiers épisodes sont très convenus : que ce soit l'acquisition des pouvoirs, les manipulations médiatiques ou encore les déboires et maladresses du héros, tout cela ne sent pas foncièrement le neuf.
Par contre, ce qui est nouveau, c'est que tout est bâclé et survolé, et ce malgré les six épisodes de cette histoire. Adam est parfaitement lisse et creux, Zénith à peine moins. La phase "découverte des pouvoirs" est tout aussi rapide et insipide (avec un passage rappelant fortement une scène de Chronicle, en moins bien). Il faut attendre quasiment la fin pour ressentir un début d'intérêt, alors que la véritable nature de la fondation est dévoilée. Mais là encore, tout est trop vite expédié pour être efficace.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, lorsque l'on tourne la dernière page et que le mot "fin" apparaît, on a l'impression d'avoir assisté à une simple introduction tant tout reste à faire. Aucun des personnages n'est attachant, leurs revirements sont loin d'être justifiés et le fameux complot fait "pschitt". 
Est-ce complètement nul ? Même pas, c'est juste mou, fade et inutile. Hero Worship s'ingénie à scrupuleusement passer à côté de tout. Sans réel enjeu dramatique, sans humour, sans réflexion, sans même une manière nouvelle ou juste agréable d'aborder des sujets radotés mille fois, le scénario de ce comic est un exemple d'amateurisme qui pourrait à la rigueur passer pour un premier jet maladroit, à retravailler longuement.

Une histoire d'une grande indigence, sans doute pas la pire jamais écrite mais dénuée du moindre intérêt.

+ une nana sexy, à la garde-robe bien fournie, dans les persos secondaires (on se raccroche à ce que l'on peut)
+ vers la fin, il commence à se passer quelque chose...
- le plus grand pouvoir de Zénith et Apex réside dans leur capacité à se faire oublier instantanément dès la dernière page tournée
- c'est très lent à démarrer et, bizarrement, on a l'impression que tout va trop vite quand même, de ce point de vue, c'est effectivement innovant
- une ou deux maladresses dans la VF, mais pour du Panini c'est quasiment excellent 




08 janvier 2014

Astonishing Spider-Man & Wolverine : Une erreur de plus




Cette mini-série en 6 épisodes, sortie fin 2013 dans la collection "100% Marvel", a tout pour être "culte" : un duo d'artistes plus que compétents, une histoire fondée sur les voyages et paradoxes temporels prétexte à de très nombreux clins d’œil au passé de nos héros et deux personnages parmi les plus charismatiques de l'univers Marvel.
Il faut préciser au lecteur que ces épisodes étaient déjà parus en France en kiosque en 2011 (dans le magazine Spider-Man à partir du n° 133). Vous pouvez en lire un aperçu avec l’article de Neault.

Ca devrait être suffisant pour plaire, voire fasciner. Pourtant, on s'y ennuie, malgré des situations hénaurmes, un humour permanent et des idées à la pelle. Jason Aaron enchaîne les situations saugrenues en limitant les explications et balance notre duo à travers les époques avec une nonchalance assez déstabilisante. A chaque fois, Logan et Peter devront s’adapter à leur environnement, y perdre tout espoir de retour à leur présent et s’établir plus ou moins durablement. Au Mésozoïque, Spider-Man, tout en cultivant une passion pour une femme inconnue, scrute les étoiles et sculpte les falaises, tandis que Wolverine enseigne aux hominiens locaux le culte de… la bière. Autre temps, autre lieu : le monde est au bord du gouffre, Fatalis est devenu tout-puissant au point de s’incarner dans une planète vivante revenant régulièrement consommer ce que la Terre a encore à offrir. Parker se morfond dans un musée des super-héros, Logan se la joue rebelle magnifique. L’un d’entre eux osera-t-il tenter le tout pour le tout avec l’arme de la dernière chance (un pistolet chargé avec la force Phénix) ? Puis les voilà séparés, plongés dans le passé de leur partenaire respectif (Logan va affronter le Spider-Man catcheur – et poseur – avant que l’oncle Ben soit tué, tandis que Parker se retrouvera face à un Wolverine à l’état bestial). Et ainsi de suite, avec, de temps à autre, l’irruption d’un duo de mercenaires temporels sillonnant les époques pour y récolter femmes et trésors divers, payés par un commanditaire dont l’identité, finalement, n’est pas une si grosse surprise pour les lecteurs aguerris.
Et achève d’enfoncer le récit.


Sous cet enrobage complexifié à outrance, jusqu'à plus soif, avec des retournements permanents et la volonté de ne dispenser que quelques éclaircissements épars, le récit s’enlise dans un entrelacs pervers mêlant quête héroïque et grande histoire d’amitié éternelle parsemées de péripéties abracadabrantes et de dialogues surréalistes. En outre, le traitement légèrement caricatural de Wolverine et Spider-Man (l'un est taciturne, boit comme un trou et défonce tout ce qu'il trouve, l'autre prend tout à la légère, aligne plaisanterie sur plaisanterie, avant de s’enfoncer dans le désespoir) a tendance à fatiguer, même s'il induit, au final, un questionnement mutuel qui leur permet de passer outre leurs différences. On perd très vite ses repères entre l’humour souvent féroce et les scènes apocalyptiques où nos héros n’arrêtent plus de sauver le monde, d’autant que rien ne nous dit pourquoi ils se mettent soudain à partager les pensées intimes de chacun. Et malgré les invraisemblances, la sacro-sainte continuité Marvel ne sera pas lésée puisque l’épilogue enchaîne sur l’intrigue lisible actuellement dans le magazine Wolverine (série Wolverine & the X-Men, où Logan entraîne ses élèves en Terre sauvage).

 
Pour ceux qui s’amuseront de voir Wolverine et Spider-Man ballottés à travers les ères grâce à des diamants temporels incrustés sur… des dents, c’est à recommander. Je dois avouer avoir connu beaucoup de bons moments mais avoir été désarçonné par un ensemble chaotique et, au final, désagréable.

+ Spider-Man & Wolverine : ensemble !
+ des clins d’œil en pagaïe au passé de chacun
+ des dessins dynamiques de Kubert
+ de l’humour, parfois féroce

- l’escalade dans le portnawak décrédibilise le script
- la gestion des sentiments très « fleur bleue »
- saoulant, à la longue

04 janvier 2014

Une "spidercave" pour Superior Spider-Man ?

Le Spider-Man (v.4) #7 ouvre le bal des aventures arachnéennes de 2014. Tout de suite, le point sur le contenu.
(attention, cet article contient quelques spoilers mineurs)

On commence par deux épisodes de Superior Spider-Man, écrits par Dan Slott & Christos Gage et dessinés par Giuseppe Camuncoli
Le Tisseur se trouve toujours au Raft, la prison de haute sécurité, et tente de faire échouer la tentative d'évasion d'Alistair Smythe alias l'Anti-Araignée. Ce dernier s'est offert les services du Scorpion, du Vautour et de Boomerang pour l'appuyer, notamment en menaçant les civils venus assister à son exécution...

Une occasion de plus pour Otto (qui remplace Peter Parker, cf. cet article si vous n'avez pas suivi) de montrer sa supériorité intellectuelle mais aussi son inclination pour les solutions violentes et radicales. Rien de bien neuf ou excitant toutefois, si ce n'est un déménagement amusant qui pourrait permettre de développer quelques bonnes idées : Otto a en effet obtenu le Raft pour son usage personnel, le transformant ainsi en QG. Ce projet, purement "octopussien", montre bien les différences d'ambition et de philosophie qui existent entre ce Monte-en-l'air "supérieur" et sa version historique. 
Espérons cependant que Slott va aller jusqu'au bout du concept et ne pas se contenter de combats répétitifs et sans grand intérêt (c'est un peu un spécialiste du genre). 

L'on en vient ensuite à un nouvel arc de la série Scarlet Spider. Là encore, on a droit à deux épisodes. Le scénario est de Chris Yost, les dessins de Carlo Barberi & Ale Garza.
Kaine a passé un marché avec la Guilde des Assassins. Afin que ceux-ci s'engagent à ne plus intervenir à Houston, et à laisser ses proches en paix, il a accepté de remplir un contrat pour eux. La guilde lui dévoile donc sa cible : Wolverine. Ah, pas de bol. Devoir buter un type possédant un facteur auto-guérisseur n'est tout de même pas ce qu'il y a de plus facile...
Kaine s'embarque donc pour New York en compagnie d'Aracely. Celle-ci apporte une petite touche de fraicheur et d'humour qui sauve ce début d'intrigue, tout de même très convenu. 
Baston et guests prestigieux, mais rien d'époustouflant.

Enfin, on termine par l'annual d'Avenging Spider-Man. Pfff... je m'étais réjouis le mois dernier (cf. cette chronique) de la fin de cette série insipide mais évidemment, quand il n'y en a plus, il y en a encore ! Nous voilà avec l'annual maintenant ! Et en plus, figurez-vous qu'il paraît que des lecteurs écrivent à Panini pour demander si les épisodes manquant d'Avenging (ah ? il en manquait ?) seront publiés...
Alors, là, je n'en reviens pas. Il y a des gens qui écrivent à Panini ?? Pour réclamer du Avenging en plus !? Mais enfin, pourquoi ces individus ne sont-ils pas traqués et abattus ? Ne serait-ce que par humanisme, il est odieux de les laisser ainsi souffrir inutilement. Alors, si vous voulez, je peux m'en charger. Toutefois, comme cela va m'occasionner des frais, j'accepte bien entendu vos dons. Et n'hésitez pas à y aller franchement, je ne vous cache pas que je préfèrerais m'acheter un AA-12 plutôt qu'une arbalète.
Ah ben tiens, on me dit que le fameux lecteur masochiste est en fait une lectrice (véridique). Bon, ben... je me demande si c'est bien charitable de la descendre comme ça, juste pour un courrier. Il faut être tolérant, accepter la différence, lui expliquer patiemment pourquoi Avenging est indigeste... je pourrais tenter de la convaincre à l'occasion d'un dîner, c'est plus moderne qu'une traque. Qu'elle n'hésite pas à me contacter (du coup, j'ai quand même besoin de vos dons, et allez-y franchement, je ne vais pas l'emmener au MacDo pour un premier rendez-vous !).
Alors, trêve de conneries, l'annual est aussi nul que le reste de la série. Oui, c'est court mais c'est bien suffisant. Et mes histoires de traque et de dîner ont pris beaucoup de place.
Tiens, on me signale maintenant que, peut-être, Panini invente les courriers de toutes pièces. Alors si c'est pour me retrouver avec Christian Grasse portant une perruque, le tout dans une ambiance feutrée, avec chandelles et compagnie, je vous le dis tout net, ça ne fait pas tellement partie de mes projets pour 2014 ! Ou alors, à la limite, si c'est lui qui paie... 

Bilan assez moyen pour cette première fournée de l'année, même si Otto et Kaine apportent un nouveau souffle indéniable.

+ Otto, aussi implacable que brillant
+ le charme, l'innocence et l'humour d'Aracely
- beaucoup de scènes de combat manquant d'intérêt
- intrigues sans surprises, ressorts éculés
- Avenging qui n'en finit plus de finir...
    





02 janvier 2014

Rêves Hyperboréens... et bonne année 2014 !

Il existe plusieurs manières de décrire une aurore boréale. C'est sans conteste la rencontre de particules lointaines venant se frotter à notre haute atmosphère. C'est aussi le ciel qui s'illumine et dessine des formes que bien des anciens ont pris pour des dragons ou d'improbables bestioles. C'est sans doute aussi une forme de dessin primaire. 
Voire même une forme de littérature céleste.
Car, après tout, qu'est-ce que la littérature si ce n'est une modification de l'état d'esprit par l'apport d'un signe, d'une forme extérieure ?

En suis-je à voir des romans dans le ciel ? Ou des dessins ? Non... tout de même pas.
Car la différence entre la nature (aussi jolies que puissent être ses créations) et l'art, c'est que l'art est maîtrisé, a un but, procède d'une technique. Même le "simple" divertissement est plus complexe et ambitieux que la spectaculaire et éphémère ionisation de certains de nos gaz (et en parlant de gaz, j'évoque ici un réel état de la matière, et non simplement les écrits de Christine Angot).

L'aurore boréale n'a pas de but mais sa beauté procède d'une technique. On sait l'expliquer. 
L'artiste, lui, met la technique au service d'un but. Ce but peut être noble, commun, idiot, vain, mais il existe. La technique qui l'appuie peut être évidente, cachée, désagréable, putassière, éculée ou novatrice, mais elle a un effet.
Et le rêve boréen, commun à tout artiste, est de faire passer l'artifice pour du naturel, le totalement fabriqué pour du spontané. Les saloperies pour du tragique. 

Ainsi, une explosion nucléaire lointaine donne parfois une "aurore" aux très jolis reflets verts. 
Ce qui compte, c'est l'effet. La manière dont cela est perçu. La part de rêve insufflé dans le quotidien ou les pires dangers. 
Qui aurait peur d'une aurore boréale, les pieds sur Terre et à l'abri d'une atmosphère encore consistante ?

J'ose le rappeler, les mots sont de confortables manteaux mais ils cachent des réalités abruptes. 
Ils font parfois passer les pires fournaises pour de jolis tableaux et des pratiques iniques pour de simples avancées sociales. A nous de faire la distinction entre ce qui est tolérable et ce qui doit être combattu. Ou simplement clairement nommé.

A tous ceux qui participent activement à ce blog, à tous ceux qui le lisent, je souhaite une bonne et heureuse année 2014. ;o)
Meilleurs Vœux ! 

Guns & Apple Pie