24 mars 2014

Nouveaux rédacteurs & nouvelles rubriques

Le staff s'agrandit avec l'arrivée de nouvelles plumes !

Comme j'avais pu le laisser entendre récemment, Univers Marvel & autres Comics accueille maintenant deux nouveaux membres à son bord. Une petite présentation s'impose donc. ;o)

Honneur à la gent féminine avec Cindy, alias Didizuka. Artiste ô combien talentueuse, expatriée en Belgique et experte en manga, Cindy nous proposera diverses chroniques, avec parfois un volet un peu technique, axé sur le dessin évidemment. 
Vous pouvez la retrouver et découvrir son univers sur son site personnel.


Enfin, vous risquez également de connaître le deuxième larron si vous vous intéressez aux comics puisqu'il s'agit de Jeff, membre fondateur de MDCU que l'on retrouve également dans l'émission Côté Comics. Ce voisin (mosellan comme moi (ah ben, je ne les recrute pas uniquement à l'étranger...)) se propose de vous tenir en haleine avec une fiction feuilletonnante. 

Tout cela se mettra en place tranquillement, au rythme de chacun. 
Je suis en tout cas heureux et fier d'accueillir ces amis dont j'apprécie non seulement le travail mais aussi les qualités humaines. 

J'espère qu'avec l'ensemble du staff (six personnes maintenant tout de même), nous réussirons à ouvrir une nouvelle page pour ce blog, tout en conservant ce qui fait sa particularité.

Guns & apple pie !  

ps : l'illustration utilisée est de Didizuka.





22 mars 2014

The Sword : la nouvelle saga des frères Luna

Une nouvelle série, mélangeant polar et fantastique, sort ce mois chez Delcourt. Voyons tout de suite ce que donne le premier tome de The Sword.

Dara Brighton est une jeune étudiante en art qui a perdu l'usage de ses jambes depuis quelques années. Elle mène une vie paisible, entourée de ses parents et de sa sœur, jusqu'à ce qu'un groupe d'individus fasse irruption chez elle, un soir. Ceux-ci exigent une épée que son père aurait apparemment volée. La situation s'envenime et, alors que sa famille est massacrée sous ses yeux, Dara est laissée pour morte, abandonnée au milieu de son foyer, en flammes.
Dara découvre alors la fameuse épée, dissimulée sous le plancher de la maison. Contre toute attente, cette arme ancienne va lui permettre d'échapper à l'incendie, de guérir de ses blessures et même de marcher à nouveau. 
La jeune femme souhaite maintenant retrouver les tueurs, mais non seulement elle ne sait rien sur eux mais se retrouve très vite en mauvaise posture par rapport aux autorités...

Tomber sur un comic signé Jonathan & Joshua Luna engendre toujours un sentiment positif de curiosité mêlée d'intérêt. Les deux frangins, outre une incartade chez Marvel aux côté de Bendis (cf. Spider-Woman Origin), ont jusqu'à présent signé des œuvres plutôt réussies, comme Girls, à l'époque décrite comme flirtant avec une ambiance à la Stephen King (ce qui est amusant puisque le romancier écrira Dôme, bien des années après, en reprenant un élément central de l'histoire) ou Ultra, une série super-héroïque à la fois moderne et très féminine.
L'on est cette fois plongé dans une trame fantastico-policière qui débute fort bien. Les personnages sont bien campés, les dialogues sonnent juste et l'action est percutante. Le seul petit bémol au niveau de l'intrigue pourrait concerner l'aspect mythologique, asséné d'un bloc, d'une manière peu vraisemblable. Mais bon, là n'est pas l'essentiel, les évènements importants se déroulant de nos jours. 

Le dessin, bien qu'ayant un certain charme, notamment grâce à une colorisation pastel douce et esthétisante, reste le point faible des Luna. Toujours le récurrent problème des visages, tous strictement lisses et identiques (seules la longueur et la couleur des cheveux permettent de distinguer les personnages dont le sexe et l'âge resteraient, sans cela, un mystère). Quelques petits défauts sont également disséminés dans les planches, que ce soit au niveau des postures et proportions, ou par exemple lors de la représentation, très enfantine, des véhicules
Pourtant les scènes fonctionnent bien la plupart du temps, grâce notamment à une tension due à de bons cadrages et une écriture aussi nerveuse qu'habile. 

Ces six premiers épisodes sont réussis malgré des défauts graphiques évidents et des révélations mal amenées. Si les personnages sont attachants et l'émotion palpable, ce comic reste sans doute pour l'instant le moins original des frères Luna. Peut-être aussi l'un des plus violents (pas mal de scènes de "découpage"), même si cela n'égale en rien les excès et la complaisance d'un Luther Strode ou d'un No Hero
L'ensemble est prévu en quatre tomes. Reste à voir si l'aspect mythologique sera suffisamment bien manié par la suite pour se mettre au niveau de la partie polar, ce qui n'est pas impossible étant donné que la force des Luna réside plus dans l'écriture que le maniement des crayons. La preuve, même lorsqu'ils sont seulement "bons", ils parviennent à se maintenir bien au-dessus de la majorité de la production récente (entre Hero Worship, X-O Manowar, Dan the Hunarmable ou même Happy, ce ne sont pas les médiocrités qui manquent depuis quelques mois).

Assurément à tester.

+ la touche Luna
+ bonne construction des personnages
+ dialogues bien fichus
+ ensemble efficace et tendu
- des défauts graphiques parfois déroutants et frisant l'amateurisme
- une partie mythologique pour le moment peu convaincante







No comment

Comme certains ont pu s'en rendre compte, il n'est plus possible depuis quelque temps de poster des commentaires sur ce blog. Cette décision me trottait dans la tête depuis de nombreuses années, j'en avais d’ailleurs déjà parlé à plusieurs reprises.
Je me suis décidé à volontairement me couper des échanges (parfois intéressants, d'autres fois moins, parfois musclés, souvent cordiaux) avec les internautes pour plusieurs raisons personnelles. Je ne juge donc pas ce qui se passe ailleurs, j'explique simplement ma démarche, libre à d'autres de suivre des convictions différentes.

Tout d'abord, c'est le travail d'analyse et d'écriture (fourni par les autres rédacteurs comme, je l'espère, par moi-même) que je souhaite mettre en avant. Le reste, les discussions, qu'elles soient ou non pertinentes ou agréables, me semblent plus à leur place sur un forum, pour ceux qui apprécient ce genre de lieu, ou autour d'un verre, entre amis.
Ensuite, j'ai à ce sujet une approche assez radicale : j'ai déjà dit tout ce que je pensais, pour les revues comics, des pages de "courrier des lecteurs", de la même manière, en tant qu'auteur (d'articles ou de fictions), je suis attaché à la publication de textes travaillés, réfléchis, si possible même didactiques dans une certaine mesure. C’est cela que j’ai envie de rendre public : un travail, et non des échanges qui, finalement, n’ont d’intérêt que pour les personnes concernées.
Alors, les « personnes concernées », plus ou moins, car il m’était revenu aux oreilles, à une époque, une discussion « de forum » assez nauséabonde dans laquelle un intervenant – que je ne connaissais évidemment pas – proclamait que je me « révélais » dans les commentaires de mon blog.
Sous-entendu, évidemment, quand je m’énervais.

Faut-il être abruti pour proférer des âneries pareilles…
Je ne vois pas en quoi quelqu’un serait plus « vrai » quand il est énervé que lorsqu’il est calme. Quand je serre la main ou souris à quelqu’un, je le fais de bon cœur. Et quand je mets ma main dans la gueule d’un imbécile, c’est de bon cœur aussi. Ceci dit, dans le domaine qui nous intéresse, construire un propos ne l’a jamais rendu plus fade ou hypocrite. Juste plus efficace, donc plus représentatif (si je dois juger un auteur, pour ma part, je préfère lire ses livres qu’écouter son téléphone ou ce qu’il a pu déblatérer à l’anniversaire de son meilleur pote, mais bon, à chacun ses pratiques).  
Seulement, je ne cherche de toute façon pas à être « vrai ». Je ne suis pas le participant d’une télé-réalité, ou d’une « net-réalité ». Je cherche à produire un travail, motivé par une passion. Ce travail, comme tout article de magazine ou de journal, comme tout roman, comme tout travail finalement, peut être critiqué, c’est même franchement salutaire, mais il me semble plus sain que cette critique se fasse sans la participation de l’auteur de ce travail. Cela évite d’une part les éventuels dérapages liés à une possible flagornerie, mais aussi bien sûr les dérives liées à l’absurdité d’une « critique d’une critique ». Et puis, il faut bien le dire, je ne suis pas fait, du tout, pour la diplomatie ou la gestion de « communautés ».

Enfin, dernier point, me lancer dans de longues joutes verbales était relativement chronophage. Surtout à un moment où j'ai de moins en moins de temps pour rédiger des articles (j’espère à ce sujet vous annoncer l’arrivée d’un ou plusieurs nouveaux rédacteurs d’ici quelque temps, on travaille sur des trucs assez sympa a priori, mais bon, rien n’est encore totalement décidé).
Voilà, je me doute que cette suppression de la possibilité de commenter (que j’ai toujours voulue de toute façon dissuasive, notamment grâce à la modération et à l’obligation de s’enregistrer) ne concerne que peu d’entre vous (peu de gens commentaient par rapport au nombre de visites), néanmoins, je voulais clarifier les choses et remercier tous les intervenants, en particulier les habitués, pour leurs avis, leurs infos, leur présence amicale et même parfois leurs coups de pied au cul. ;o)

Le net est un outil très efficace si l’on s’en sert bien. Dans des tas de domaines. Il apporte néanmoins une illusion de proximité qui, je le pense, nuit aux rapports tout autant que l’illusion d’anonymat (le véritable anonymat, pas celui qui consiste à conserver et assumer un pseudo) permet de graves dérives. J’ai testé un grand nombre de lieux d’échanges (notamment l’IRC il y a très longtemps), et j’ai toujours fait le même constat : il s’agit de discussions. Parfois sympa, d’autres fois houleuses, mais il ne s’agit que de ça. Ai-je envie de m’enregistrer et de publier mes échanges avec des proches ? Non. Pourquoi alors le ferais-je avec des inconnus ? 
J’ai mis très longtemps à me rendre compte de l’inutilité, voire de l’obscénité de la chose. Sans doute aussi que je souhaitais me conformer aux « habitudes » du net. Toute chose publiée sur le net se devant d’accepter les réactions immédiates, même lorsque l'on s'éloigne franchement du sujet.
Eh bien, non, ici, on va faire différemment.

Et pour ceux qui n’avaient même pas remarqué le fait, rassurez-vous, une vraie chronique arrive dans très peu de temps. Sur une série publiée par Delcourt.

« Il y a peu de différence entre un homme et un autre, mais c’est cette différence qui fait tout. »
William James

ps : si vous trouvez que la photo d'illustration n'a rien à voir avec ce post... heu... c'est sans doute vrai. Bon, on savait déjà que j'appréciais les tartes aux pommes et les flingues, je me "dévoile" encore plus ici que dans les commentaires en avouant ma passion pour les lunettes de soleil. Ben si, qu'on vienne pas me raconter de salades, quand c'est bien porté, ça fait son petit effet.  




20 mars 2014

le Punisher : Au commencement...




En rédigeant cette chronique sur le beau Marvel Deluxe que je viens de refermer, je m’aperçois qu’en fait je n’avais pas lu grand-chose du Punisher, du moins dans sa série, en dehors de quelques one-shots dispensés au compte-gouttes dans certains magazines et des épisodes récents liés à Dark Avengers (le cycle FrankenCastle, assez jouissif au début). Pourtant, j’étais familier du personnage, sans doute à cause du fait qu’il s’est souvent retrouvé dans les basques des super-héros « mainstream », les aidant à sa manière, quand et comme ça l’arrangeait (Spider-Man en a fait les frais plus qu’à son tour). Allié précieux mais vite encombrant, sa hargne, ses méthodes expéditives, sa résistance impressionnante et ses contacts ont permis aux héros traditionnels de s’en sortir plus d’une fois, quand bien même il se soit retrouvé régulièrement du mauvais côté de la légalité : ce qui n’embarrassera pas vraiment un Wolverine a fait tiquer DareDevil ou Peter Parker, voire Captain America.
Au commencement… était donc pour moi l’occasion de me plonger dans les origines de ce personnage singulier, remis sur le devant de la scène à l’occasion des récents events Marvel (de Civil War à Secret Invasion) avant de se retrouver inextricablement lié au fils de Logan, qui en a fait de la chair à pâté dans un duel délicieusement violent. Mais c’est surtout les noms de Garth Ennis et Darick Robertson (c'est-à-dire les créateurs de the Boys) qui ont achevé de me décider : après tout, un Marvel Deluxe n’est pas donné, même s’il fait joli sur une étagère.

Le précieux volume, donc, est constitué de trois parties, toutes écrites par Ennis.
On a d’abord droit à la mini-série Punisher : Born, se situant exclusivement au Viêt-Nam, fin octobre 1971. Le conflit vit ses dernières heures, la guerre est devenue complètement impopulaire et davantage un fardeau pour le gouvernement US, qui ne sait pas comment s’en tirer sans honte et pertes considérables. Dans cet incroyable merdier, le capitaine Frank Castle se fait remarquer par les résultats exceptionnels qu’il obtient dans un milieu pourtant résolument hostile : ses supérieurs las se reposent sur son implacable volonté d’en découdre, qui vire déjà à l’obsession, ses hommes le craignent  pour ses prises de risques et l’admirent pour son dévouement à leur survie.


Même si ce conflit bouffe l’Amérique de l’intérieur, divise ses villes, jette le discrédit sur ses chefs, on ne peut pas perdre. Car lorsque les braves petits guerriers nous mettront dehors et que nous n’aurons plus les tripes de poursuivre cette guerre ubuesque, personne en Asie ou ailleurs ne pourra regarder ce qui reste du Viêt-Nam sans penser qu’il ne fait pas bon jouer au con avec les Américains.

Sous le regard des plus jeunes de ses subalternes (dont quelques-uns ont encore assez de lucidité pour jeter un regard amer sur le conflit), Castle est en train de livrer un combat que le haut-commandement ne veut plus justifier. Déjà, un démon est tapi dans l’ombre de sa conscience ; déjà, l’enfer l’appelle. Ennis raconte la lente et progressive mais implacable damnation de Castle en utilisant assez adroitement les codes des films de guerre déviants (on n’est jamais loin de Platoon), ne nous épargnant aucune des turpitudes auxquelles se livrent des soldats désœuvrés, bien aidé par un Robertson s’en donnant à cœur joie dans la tripaille et la violence viscérale. Le concept est osé : le Punisher n’est pas né au moment de la mort de sa famille, mais Frank Castle avait déjà entamé au front la métamorphose qui ferait de lui une machine de mort.  Fidèle à ses habitudes, l’auteur parsème la descente aux enfers de Castle de propos acerbes sur la politique et achève de donner une couleur nihiliste au récit, dans une ambiance de fin du monde.

On a ensuite droit à l’arc the Beginning qui occupe les 6 premiers épisodes de la série Punisher : Max. Exit Robertson, c’est LaRosa qui prend les pinceaux. Le Punisher est désormais une cible, une course-poursuite entre les Fédéraux et la Mafia s’est engagée pour le capturer, dans laquelle l’intervention de Micro-chip, ex-fidèle assistant de Castle, s’avèrera décisive. Pour Ennis, pas de demi-mesure : l’ancien (et seul) ami va le trahir, mais pour le livrer à qui ? Et pourquoi ? Passons sur l’encrage peu agréable, qui a le mérite de conférer à l’ensemble un ton perpétuellement crépusculaire, et concentrons-nous sur un récit complexe, mené en parallèle avec des personnages troubles au langage ordurier. Pas facile à suivre, mais le ton est souvent jubilatoire, la violence omniprésente et on attend impatiemment le moment où Castle passera du statut de victime à celui de chasseur (parce que c’est le Punisher, tiens !). Le découpage en épisodes a tendance à hacher un peu le récit, qui n’est pas aisé à suivre, mais le chapitre final vaut son pesant de bastos et d’hémoglobine.

Avec les huiles, on se fait toujours poignarder dans le dos. On mène les guerres qu’ils alimentent, on tue les monstres qu’ils créent. On cane pendant qu’ils se sucrent.

Reste the Cell, un numéro spécial datant de 2005, qui commence par une présentation pleine de morgue de 5 parmi les mafieux les plus tordus qui soient, vivant comme des princes dans un pénitencier où les trafics sont permanents et la corruption généralisée. Jusqu’à ce qu’arrive le Punisher, qui raconte son histoire : on apprend donc qu’il s’est lui-même livré afin d’accomplir une mission dont on ne comprendra les tenants et aboutissants qu’à la toute fin. Dense, sombre, brutal, le récit est maîtrisé de bout en bout, avec un découpage très cinématographique. Bien que constamment maltraité, Castle y apparaît plus sûr de lui, droit dans ses bottes, impressionnant de résistance et de charisme. Bien que le finale soit attendu, le mystère sur les motivations profondes du Punisher peut en surprendre plus d’un. Ennis, totalement dans son élément, n’épargne personne : un pénitencier s’avère chez lui la pire concentration de perversité, de sadisme et de toutes sortes de déviances qui soit – et les membres de l’administration pénitentiaire ne sont pas les plus innocents.
3 histoires glauques magnifiées par la morgue, l’acuité et la virulence d’un Garth Ennis maître de son sujet. Ca se déguste, mais non sans quelques grimaces de dégoût. Ajoutons à cela une sélection de superbes couvertures de Bradstreet et Walkuski, dans deux genres presque opposés mais somptueux. 

+ quelle classe, ce Punisher !
+ des révélations et des parti-pris intéressants sur son passé
+ du sang, des tripes et de la cervelle
+ comment se débarrasser d’un supérieur obtus, en 1 leçon
- le prix ?
-  parfois confus (the Beginning)

17 mars 2014

Iron Man : Extremis (collection Hachette)

Le troisième volume de la collection Marvel Comics de Hachette est consacré à Iron Man, avec les six épisodes de l'arc Extremis.

Extremis a été publié aux Etats-Unis en 2004 et a même bénéficié, en France en 2006, d'une édition en Graphic Novel. Il s'agit du relaunch de la série Iron Man (vol. 4), qui redéfinit les origines du personnage et introduit un nouveau procédé de contrôle de l'armure.
Tony Stark, riche industriel tourmenté par son passé de marchand d'armes, vient en aide à l'une de ses amies, chercheuse, qui a mis au point une drogue permettant d'agir un peu comme le sérum du super-soldat qui fit de Captain America le guerrier qu'il est devenu. La scientifique s'est toutefois fait dérober le produit par un extrémiste qui souhaite s'en prendre aux institutions fédérales.
Pour combattre cet adversaire, rapide et incroyablement puissant, Stark va devoir utiliser une version modifiée de cette drogue...

Le scénario est l'oeuvre de Warren Ellis (Freakangels, Black Summer, Ocean, Ministry of Space, Transmetropolitan, Nextwave, Fell, New Universal), les dessins sont de Adi Granov.
Le scénariste modernise le personnage en tirant un trait sur son passage au Vietnam pour situer sa détention en Afghanistan, cette "mise à jour" permettant de ne pas vieillir le héros en l'ancrant dans un passé trop lointain. Le procédé est utile mais nécessitera l'emploi d'une forme de double pensée pour les plus anciens lecteurs. L'intrigue a l'avantage de parfaitement présenter Tony Stark tout en reposant sur une histoire mélangeant divers thèmes (technologie, politique, drogue...). 
Les planches de Granov, à base de peinture numérique, sont splendides, son style, bien qu'un peu froid et très "jeu vidéo", convenant parfaitement à l'univers futuriste de Tête de fer, présenté ici de manière très esthétique.

Pas de point sur la situation en introduction cette fois, puisqu'il s'agit d'un relaunch et que tout est fait pour faciliter l'immersion des lecteurs novices. Les bonus sont un peu légers mais présents. Deux pages de présentation de Warren Ellis et de son travail, deux autres pages d'interview de Granov, le tout largement illustré. Une galerie de deux pages, consacrée aux armures Iron Man, complète le tout. Suffisant pour faire un rapide tour d'horizon des différents modèles, mais un peu juste en comparaison, par exemple, du bien plus exhaustif travail que l'on peut trouver dans les handbooks Marvel (qui listaient 36 modèles, contre seulement 11 ici).
La traduction, de Khaled Tadil, est sans défaut, ce qui est un véritable soulagement après les inepties du volume précédent.
Malheureusement, ce comic souffre d'un autre problème : un défaut d'impression assez énorme sur deux pages (cf. cette image). Le texte est quasiment illisible et les planches sont lacérées par de profondes coupures, visibles sur la photo. Dommage, reste à espérer que ce souci n'est pas présent sur tous les exemplaires.

Une bonne histoire, faisant office de parfait point d'entrée dans l'univers d'Iron Man.
Quelques pages de plus sur les armures auraient néanmoins été appréciables.

+ accessible
+ agréable à lire
+ style Granov
+ gratuit ! (offert avec le volume 2) 
- bonus qui auraient pu être plus étoffés
- défaut d'impression très gênant







15 mars 2014

Uncanny X-Men : Le Phénix Noir (collection Hachette)

Point complet sur la réédition de la saga du Phénix Noir, tirée de la série Uncanny X-Men.

La particularité de la collection Marvel Comics récemment lancée par Hachette (cf. cet article) réside essentiellement dans le fait d'avoir sélectionné des sagas récentes, publiées dans les années 2000 ou à la fin des années 90. Il y a toutefois quelques exceptions, comme le numéro qui nous intéresse aujourd'hui et qui se situe au tout début des années 80. Ce volume n'est donc pas représentatif de ce que l'on pourra découvrir par la suite, mais il est révélateur de certains points, positifs et négatifs, qu'il semble utile d'évoquer.
Voyons tout d'abord brièvement l'histoire, plutôt connue.
Jean Grey est investie de la puissance du Phénix, une entité qu'elle parvient à peine à contrôler. Après diverses intrigues impliquant le Club des Damnés, notre gentille Jean se tape un trip cosmique, butant dans la foulée la pacifique populace d'une lointaine planète et s'attirant ainsi les foudres des Sh'iars et de quelques autres races extraterrestres. Cyclope et les autres mutants vont devoir défendre l'amie qu'ils connaissaient, tout en s'interrogeant sur la menace qu'elle abrite maintenant...

Cette saga, écrite et dessinée par le tandem Chris Claremont & John Byrne, est souvent qualifiée de "culte", pire encore, Marco Lupoi, imperator paninien, nous clame en introduction qu'il s'agit même peut-être de "la plus grande saga jamais racontée au sein d'un comic book". Toujours le sens de la mesure chez Panini. Alors, disons-le tout net, si c'était vrai, si c'était là le dessus du panier de la BD américaine, je n'en lirais pas. Parce que bien qu'il y ait des éléments sympathiques dans cette histoire, elle est également plombée par de nombreux défauts, certains liés au temps, d'autres aux auteurs ou encore à la VF, misérable.
Commençons par le temps, que l'on peut aisément condamner sans fâcher personne.
Depuis 1980, de l'encre a passé sur les planches, et ça se voit, tant au niveau de la colorisation que de la narration. L'ensemble est tout de même très daté, même si les dessins en eux-mêmes n'ont rien de désagréable. Le papier glacé ne fait aucun cadeau aux couleurs flashy, et nos yeux de lecteurs du 21ème siècle n'en font guère plus à la manière verbeuse et emphatique de "raconter" l'action. 
Voilà pour les douces mais inexorables blessures des Horloges.

Même en leur temps, Claremont et Byrne n'ont pas eu que des coups de génie, loin de là. Certaines scènes relèvent de la maladresse pure, comme lorsque les auteurs doivent faire passer des infos aux lecteurs et qu'ils se servent alors de Cyclope pour apprendre aux autres personnages ce qu'ils savent déjà. Pour un conteur, c'est techniquement la pire manière de procéder. C'est un détail, certes, mais qui saute aux yeux et évacue toute prétention au chef-d'œuvre.
Le scénario souffre également de longueurs, notamment dans les combats, rarement épiques, même contre la Garde Impériale. Fort heureusement, l'on trouve aussi des éléments intéressants, notamment l'aspect métaphysique du Phénix, un début de conflit entre Xavier et Summers, le dilemme moral des X-Men ou le refus de céder à la rédemption, synonyme de trop facile happy end, mais bien souvent, les bonnes idées restent à l'état embryonnaire. Ainsi, du choc psychologique résultant, pour Jean, du fait d'être responsable de milliards de morts, l'on ne sait presque rien. L'énormité du fait est complètement disproportionnée par rapport à son traitement, bien trop rapide et superficiel.

Enfin, après le Temps et les auteurs, il reste la traduction. De Coulomb.
Toutefois, avant de prélever des preuves coupables sur le texte, je voudrais préciser une chose. Cette traductrice, qui a certes un... style particulier, n'est à mon sens pas la première responsable du désastre, et c'est bien Panini, qui a validé ce ramassis de conneries, qui se doit d'être mis en cause. Ce sont les responsables éditoriaux qui doivent avoir honte de leur impéritie, pas une femme seule qu'il serait trop pratique de désigner comme la parfaite coupable. 
Ceci dit, voyons d'un peu plus près la fameuse VF.
Tout d'abord, c'est blindé de fautes en tout genre : accords hasardeux, mauvaise concordance des temps, ponctuation absurde, absence des adverbes de négation (ce qui donne, notamment à Wolverine, l'aspect d'un parfait abruti, cf. l'effet d'association expliqué dans cette chronique), presque tout y passe. Au niveau de la dégradation volontaire du texte et de l'élision sauvage, on a par exemple un très joli "peut-être" transformé en "p't'êt'". Trois apostrophes seulement ? Peut mieux faire.
Le pire, c'est cette zone étrange, ce no man's land littéraire où Panini nous convie si souvent, qui transforme un propos pourtant simple en un mauvais assemblage de mots, déposés presque au hasard dans la phrase : "Que ça arrête !", "Vous êtes eux ?", "Tu t'enfiles dans une impasse.", "Elle a fait tout cela comme en se jouant.", "La peur, c'est normal, le tout est de pas y céder, Cyclope m'a dit.", "J'ai assumé ma forme d'acier organique...", etc.
Je passe sur un "quant" employé à la place de "quand" ou encore sur le fait que Kitty Pryde soit considérée à un moment comme un homme. Et le tout est bien entendu saupoudré des expressions typiquement "coulombiennes", du style "les gonzes", "la môme Pryde", "fortiche", "rachtèque"... on s'attend à chaque page à voir surgir Edith Piaf au bras de Jean Gabin. 
Bref, l'ensemble du texte est d'une nullité crasse.

Du coup, sans remettre en cause la qualité de la collection Hachette, le fait que les anciennes traductions paniniennes soient reprises sans les corriger de A à Z quelques aménagements laisse un petit goût d'amateurisme dans le portefeuille. 
Il y a tout de même de bonnes surprises. Le nombre de pages est plus important pour ce deuxième volume (qui contient les Uncanny X-Men #129 à #137) et, malgré cela, des bonus sont encore présents : deux pages de présentations des personnages (pouvoirs, noms, plus quelques petites infos secondaires) ainsi que trois pages sur les auteurs (parsemées d'anecdotes éditoriales). On peut également signaler la présence d'une cover bonus, par Ross (en plus de celles des épisodes originaux) et, bien entendu, le récit est introduit par un point sur la situation.
Si vous avez opté pour l'abonnement, le troisième volume (Iron Man : Extremis) est offert (et accompagné de cadeaux ; un mug et un DVD).

Une saga qui a vieilli et qui subit en plus les affres des approximations paniniennes.
Le travail propre à Hachette reste tout à fait correct.

+ saga "historique"
+ un style graphique qui conserve son charme
+ des bonus sympathiques
+ petit prix
- une narration lourdingue, typique de l'époque
- colorisation criarde
- de bonnes idées peu développées
- une VF d'un amateurisme désespérant




  

12 mars 2014

Côté Comics, saison 02 - épisode 14



En route pour un nouvel épisode de Côté Comics !
Au sommaire : les news et sorties comics, un "j'ai lu pour vous" consacré à Captain America : la légende vivante, et enfin un point complet sur le Joker, avec une sélection de comics mettant en scène le célèbre taré vilain.

Une petite nouveauté également pour la prochaine émission, les news seront remplacées par une rubrique dans laquelle Julien répondra aux questions, en tout genre, que vous pouvez lui soumettre à cette adresse : questions@cotecomics.fr


Côté Comics : s02e14






08 mars 2014

Superior Foes of Spider-Man (collector !!)

Attention, Panini nous offre un numéro collector à l'occasion de la sortie du Spider-Man (v.4) #9. Du jamais vu. Exceptionnel on vous dit.

Bon, tenez-vous bien, la nouvelle va en renverser plus d'un : Panini s'est fendu d'une page de rédactionnel dans ce numéro...
Ah ben j'avais prévenu, ça me l'a fait aussi. Reprenez votre calme, respirez profondément, relisez calmement le début de cet article. Je vous attends ici.
C'est bon ? 
Alors, explications.
La revue accueille ce mois une nouvelle série (très bonne d'ailleurs, nous verrons cela plus loin) intitulée Superior Foes of Spider-Man. Elle regroupe des vilains de seconde zone. Jusqu'ici, rien de bien affolant, sauf que Panini a ajouté une page d'explications pour présenter les fameux personnages !
Oui, ça veut dire que quelqu'un s'est intéressé à ce qui était publié et même que quelqu'un a... bossé. Chez Panini.
J'en ai les larmes aux yeux putain.

Je comprends maintenant ce que ressentaient ces orpailleurs venus affronter l'hostilité des lointaines terres du Klondike ou du Dakota lorsque, harassés de fatigue, les yeux brillants, ils découvraient ce petit scintillement au fond d'un tamis tenu par des mains tremblantes et crevassées. Tout à leur joie, ils en oubliaient les brûlures du froid ou l'âpre baiser du soleil, ils n'entendaient plus leurs muscles, fourbus, hurler sous une peau fragile et parsemée de stries sanglantes, andrinoples souvenirs laissés par quelque rocher à la caresse acide. Fous de ce bonheur qui n'appartient qu'à ceux qui ont durement cherché, une vie durant, un Graal inaccessible qu'ils saisissent enfin, ils cédaient, fiévreux mais ravis, à l'appel du métal jaune qui tourne les têtes et remplit les portefeuilles. 
Eh bien nous sommes un peu dans ce cas, avec un numéro collector qui, jusqu'à présent, est unique dans la pourtant nombreuse production paninienne : un signe de travail a été décelé chez cet éditeur. 
Ouais, il y a de quoi être sur le fion ma bonne dame. On a vu des foules de mécréants se convertir pour moins que ça. 

Du coup, on oubliera les maladresses de traduction, on ne citera même pas cet édifiant extrait, "cinq petits mots, Phil : je ne suis pas le super-bouffon", qui est symptomatique d'un laisser-aller évident (la traductrice est en mode automatique et ne se rend pas compte que la phrase compte un mot de plus en français, l'éventuel correcteur qui passe derrière s'en tape royalement aussi), on fera l'impasse sur les genres hasardeux ("une deal"), et il n'est pas question que j'ergote sur le manque de fluidité de certaines répliques ("Je sais. Et aussi que tu utilises une armée de robots géants."), encore moins en prétendant qu'il existait au moins deux manières différentes de rendre cette simple phrase plus agréable à lire, faisons fi pour une fois de ces littéraires considérations pour nous plonger dans le recueillement et la célébration : alléluia et tutti quanti !
Oui noble lecteur, tu n'étais peut-être pas là lors de la découverte de la pénicilline, tu n'étais pas témoin de l'invention de l'imprimerie, mais tu pourras te vanter d'avoir vu le géant paninien sortir de son pesant sommeil en bougeant un orteil.  

Passons rapidement sur Superior Spider-Man et Scarlet Spider, dont les épisodes sont plutôt sympa (avec en prime le retour de Miguel O'Hara, de l'univers 2099) et dans la droite ligne des derniers numéros, pour nous concentrer sur Superior Foes of Spider-Man
Il était légitime d'éprouver une certaine appréhension étant donné le niveau de certaines séries secondaires récemment publiées (l'inutile et indigente Avenging Spider-Man par exemple), aussi la surprise n'en est que plus grande à la lecture de ces deux premiers chapitres. Le scénario est de Nick Spencer (Ultimate X-Men, Morning Glory Academy), les dessins de Steve Lieber.
En gros, l'on suit les tribulations des nouveaux Sinister Six, composés de vilains relativement ringards. Graphiquement, on a déjà vu bien plus joli, mais le style de Lieber est efficace et comprend même quelques idées fort bien trouvées. L'histoire est aussi drôle qu'originale, avec une ambiance comparable à celle de certains films de Guy Ritchie (ses bons films, comme Snatch ou Arnaques, crimes et botanique). Pas de Tisseur dans ces intrigues, mais une excellente et innovante virée dans le milieu interlope des seconds couteaux.
Tout simplement la meilleure série du mensuel et ce que l'on a pu lire de mieux chez Marvel depuis un sacré moment. 

Une série très bien écrite, Panini qui présente les personnages et le contexte, c'est la fête !

+ Panini at work !!
+ un Spencer très inspiré
+ humour et originalité
+ une rencontre bien amenée entre le Tisseur supérieur et le Monte-en-l'air de 2099
- VF toujours très largement perfectible mais bon, de la bonne volonté quand même


  

     

05 mars 2014

Places à gagner pour le Salon du Livre de Paris

N'habitant pas Paris, je reçois souvent des invitations alléchantes qu'il m'est difficile d'accepter, comme celle pour le Salon du Livre, qui aura lieu du 21 au 24 mars.
Cette année, j'ai néanmoins la possibilité de vous faire gagner cinq places pour cet évènement, au travers d'un concours.

On va faire simple. Bien que ce blog soit consacré aux comics, il m'est déjà arrivé de chroniquer des romans. Si une entrée gratuite vous intéresse, envoyez un mail à cette adresse : comicsmarvel@laposte.net en citant au moins un roman ayant été chroniqué (et non simplement cité) sur ce blog.
Vous pouvez également en citer plusieurs. 
Un classement sera établi par rapport au nombre de romans cités, en cas d'égalité, un tirage au sort aura lieu.

Vous avez dix jours, soit jusqu'au 14 mars inclus, pour participer.

Surtout, n'oubliez pas de préciser dans votre mail vos coordonnées complètes (nom et adresse) pour recevoir votre invitation.







Infinity

Coup d'envoi de la nouvelle saga cosmique Marvel avec la sortie hier du premier numéro de Infinity.

Alors que les Avengers ont recruté de nouveaux membres, parmi lesquels Hyperion ou Captain Universe, une sérieuse menace se profile à l'horizon. Les Bâtisseurs, une race extraterrestre très ancienne, s'en prennent à différents mondes et empires. S'ils sont encore loin de la Terre, leur trajectoire laisse à penser qu'elle se trouve sur leur route, obligeant ainsi Captain America et Iron Man à prendre des mesures pour sécuriser la planète.
Pendant ce temps-là, un autre danger, peut-être plus grand encore, pèse sur l'humanité. Thanos et son Ordre Noir sont en effet bien décidé à profiter de la désorganisation des héros terriens pour réclamer un tribut...

Les sagas cosmiques tiennent un rôle à part dans le marvelverse. Foisonnant de personnages exotiques, de races bizarres et de créatures métaphysiques, ces récits laissent en général une place importante à l'imagination débridée des auteurs. De nombreuses sagas modernes, comme Annihilation, Silent War ou encore War of Kings, ainsi que certaines séries, comme Nova, Captain Marvel ou Guardians of the Galaxy, ont montré le potentiel du genre il n'y a pas si longtemps.
Cette nouvelle épopée est laissée aux bons soins de Jonathan Hickman, ce qui tombe plutôt bien étant donné que le scénariste est plus doué pour utiliser les personnages Marvel (cf. Secret Warriors ou Fantastic Four) que pour bâtir ses propres univers (cf. East of West). Difficile cependant de déjà juger du résultat sur cette seule introduction. Certains éléments sont néanmoins intéressants (l'Ordre Noir par exemple) et le grand nombre de protagonistes (Avengers, Inhumains, Skrulls, Bâtisseurs, sbires de Thanos, Illuminati, Chevaliers de l'Espace...) laisse augurer d'une confrontation épique et à grande échelle.

Les dessins seront réalisés par Jim Cheung, Jerome Opeña et Dustin Weaver. C'est Cheung qui ouvre le bal avec de superbes planches. Beau et impressionnant.
D'un point de vue plus pragmatique, la revue est vendue au prix "découverte" de 2 euros. Heureusement d'ailleurs parce que ce n'est pas bien épais. Panini explique un peu le contexte dans l'introduction, mais c'est vraiment un service minimum, en quelques lignes, sans beaucoup de détails. Autant dire que les nouveaux lecteurs (ou ceux qui ont décroché depuis un moment) risquent fort de se sentir perdus, d'autant que le casting est impressionnant. 
On a droit également à une checklist d'une rare laideur (sans doute l'exploit technique d'un collégien en stage de découverte), une présentation succincte des intervenants (uniquement leurs noms et leurs portraits en fait) ainsi qu'à cinq planches de croquis et deux variant covers.
Enfin, il faut savoir qu'outre ce mensuel, l'histoire devra se suivre également dans la revue Avengers. Les tie-ins seront, eux, dispersés un peu partout, de Spider-Man à Iron Man, en passant par Marvel Knights ou Uncanny Avengers

Un event ambitieux qui débute de belle manière et devrait convenir aux amateurs de cosmique.

+ Thanos !!
+ gros casting
+ superbes dessins
+ petit prix
- une présentation du contexte et des personnages qui manque de détails
- l'achat du mensuel Avengers semble, si ce n'est obligatoire, du moins très conseillé pour suivre l'intégralité de la saga  






Spider-Man & Black Cat : l’Enfer de la violence



The Evil than men do est une mini-série en 6 épisodes écrite par Kevin Smith, le créateur de films comme Clerks et Dogma, autant dire un « geek » (interprète de Silent Bob qui plus est) connaissant son petit Marvel illustré sur le bout des doigts mais n’hésitant pas à réinterpréter les personnages avec un ton iconoclaste et des préoccupations très actuelles en faisant appel à tous les ingrédients de la pop culture. J’avoue ne pas connaître ses scénarios pour DC (pour les séries Green Arrow et Batman) mais je n’avais pas été conquis outre-mesure par son travail sur Daredevil (Neault en parle ici)– qui lui a pourtant valu une nouvelle notoriété.
Ce qu’il nous propose ici m’a profondément décontenancé, m’agaçant souvent, me laissant parfois perplexe et parvenant même de temps en temps à me surprendre. C’est vrai que je n’avais pas eu d’histoire complète avec le Tisseur depuis un bon moment déjà, mais la manière de faire évoluer ses personnages, de placer les punchlines, d’enchaîner les situations scabreuses m’a pris à froid ; j’avais par moments l’impression de lire un script d’ado en mal de sensations : haché, maladroit, poseur et caricatural constellé de dialogues faussement acérés avec un humour en porte-à-faux. En d’autres termes, je n’ai pas du tout adhéré au style. Pourtant, dans la manière dont il faisait interagir les deux héros, tiraillés entre leur devoir, leur mission et leur attachement respectif pour l’autre, il y avait quelque chose de subtil, ténu mais persistant, qui permettait de passer outre les lourdeurs de l’exposition et de l’enquête proprement dite.
Parlons-en de l’exposition : 3 pages sur Felicia Hardy avant de passer au vrai tenancier de la série, mais 3 pages où elle se déshabille, se douche, se rhabille, histoire de glorifier ses formes pulpeuses pour la mise en valeur desquelles Dodson était sans aucun doute l’artiste idéal. Je dois aussi confesser que c’est davantage son nom sur la couverture qui m’a convaincu (il faudra peut-être que je pense à soigner ma fixation sur les bonnets C et les tailles fines...). Le problème est qu’on est bien loin du remarquable rendu de Songes : c’est souvent grossier, les visages au second plan sont caricaturaux, les décors sont anecdotiques et le dynamisme des scènes d’action est inexistant. La faute peut-être à la colorisation et à l’encrage (réalisés ici par Rachel Dodson) ou à une finition moins soignée…

Reste que, si la première moitié est vraiment poussive, sauvée uniquement par quelques piques bien senties que s’envoient les anciens tourtereaux, histoire de faire monter la tension sexuelle inévitable entre eux, la seconde, clairement plus adulte, plus osée, moins « mainstream », se permet quelques passages très sombres, des aveux et des témoignages lourds de sens mal servis par une intrigue qui part à vau-l’eau et surtout des guests très mal gérés. Certains choix, décisions et traumatismes ressurgiront alors du passé de nos héros en une catharsis touchante, comme pour envisager d’un œil neuf leur destin héroïque. Pour y arriver, Smith aura mené sa barque de manière bien chaotique. A cause de cela, d’un bad guy inconsistant et d’un traitement graphique décevant, ce Marvel Deluxe est loin d’être incontournable, mais il peut ravir les inconditionnels de la Chatte noire.


Cette mini-série a été publiée en France en plusieurs épisodes notamment dans des Spider-Man hors-série. A l’époque de la sortie du dernier (décembre 2006), Neault avait eu semble-t-il la même appréciation que moi (lire son article).

+ la Chatte noire sous la douche !

+ des révélations intéressantes sur le passé des protagonistes

+ la Chatte noire dans une combi moulante !

+ un chassé-croisé amoureux plutôt réussi
+ Daredevil et Diablo en guests
-  c’est mou

- l’intrigue est maladroite, les personnages secondaires fades

- les guests ne servent à rien