11 avril 2015

Ladyboy VS Yakuzas – l’île du désespoir

Une bimbo balancée sur une île isolée est attendue par une horde de pervers en rut. Leur but : la violer pour s'en sortir quitte à s’entre-tuer. La jeune femme aux formes généreuses, dans une tenue légère, chaussée de talons aiguilles, doit à tout prix survivre le plus de temps possible... sous les caméras d'un richissime Yakuza qui n'a pas lésiné sur les moyens pour l'humilier. 
Ce jeu cruel, coûteux, n’est pas une énième émission de TV-réalité décadente, mais la vengeance trash d’un mafieux ! La poulette se trouve être un de ces anciens sous-fifres qui a trahi sa confiance. Transformé par son patron en femme, le voyou va en voir… de toutes les couleurs.

Ce qui pourrait être un concept graveleux de survival sexiste à destination de spectateurs téléphages s'avère être les représailles d'un homme bafoué qui n'a pas su plaire à son épouse ni à sa fille. Son jeune subordonné, qui avait pourtant de quoi réussir dans le milieu, a commis une faute grave ! Il a couché plusieurs fois en cachette avec les deux femmes. Kôzô Kamashima, un queutard pourvu d’un membre énorme, fornique avec tout ce qui possède un vagin. Lorsqu’il prend la parole, c’est pour étaler la bêtise crasse de son cerveau. Afin de savourer sa vengeance, se délecter de son humiliation, le vieil homme claque un fric monstre pour transformer le larbin en transsexuel, acheter une île et y séquestrer les 100 pires criminels sexuels nippons privés depuis des années d’une présence féminine.
Subissant le harcèlement quotidien qu'endurent certaines femmes, mais à la puissance 1000, le héros chasseur-tombeur se retrouve à la place de la proie. Une surprise de taille l'attend parmi les pourritures insulaires en slip : son propre père ! Les lubriques, quant à eux, ne sont pas au courant de la métamorphose corporelle de la jeune personne en question. Qu’importe, elle a des seins, de longs cheveux, des vêtements qui en dévoilent trop...

Premier volume d'une série de manga qui en compte déjà 4 au Japon, Ladyboy VS Yakuzas oublie la finesse. L'humour est graveleux, outrancier, les dessins de Toshifumi Sakurai faussement mal fichus. Les tronches des protagonistes, les situations en deviennent délectables. La narration est dynamique, sans temps mort ; le mangaka n’hésite pas à aller dans la surenchère. Le récit nie la notion de politiquement correct et aborde des sujets délicats : viols, pédophilie, sodomie… l’auteur ne se fixe aucune limite. Tout est assumé et voulu. Ce vrai faux survival démonte les clichés du genre. Son principe qui pourrait donner lieu à une émission de TV [1]  nous sert de belles tranches de rire gras, de parodie, mais nous propose aussi des personnages plus fouillés qu'on ne le pense avec une réelle intrigue. Cette vengeance hors de prix est malgré elle un juste retour de bâton pour le héros et on se prend au jeu. Utilisera-t-il la capacité de ces neurones pour tenter de s’en sortir ? Va-t-il coucher avec les vieux libidineux ? Prendra-t-il sa revanche sur le Yakuza ? À moins qu'il ne comprenne ce qu'il a fait endurer à certaines demoiselles...

Beaucoup d’interrogations, de rire, pour une série qui ne s’annonce pas trop longue, avec une très bonne adaptation graphique et des dialogues tordants. Ce manga n'est pas à mettre devant tous les yeux, surtout si ceux-ci ne manient pas l’humour au 36000e degré et se révèlent incapables de se creuser la cervelle pour y lire les véritables enjeux et sujets  profonds abordés. 


Ladyboy VS Yakuzas – l’île du désespoir, de Toshifumi Sakurai, Seinen 
Sorti dans la collection WTF !? des éditions Akata


Le pitch délirant et outrancier
La surenchère dans le politiquement incorrect
Une intrigue ficelée
+ Un rythme trépidant
L’adaptation graphique et la traduction


 [1] Les différents programmes de télé-réalités se livrent à une telle débauche de racolage qu'on n'est pas loin de la caricature Viol Island dans les Guignols de l’info avec le désanusseur de Montargis…