20 avril 2015

Marvel Now : New Avengers

Sortie du premier tome librairie de New Avengers (v.3), prophétiquement intitulé Tout meurt

La pluie de "numéro #1" liée à Marvel Now continue avec cette fois une nouvelle série Avengers écrite par Jonathan Hickman et dessinée par Steve Epting
Le récit se concentre en fait sur le fameux groupe des Illuminati, créé par Bendis. Alors qu'à l'époque Black Panther avait décliné l'invitation et refusé d'en faire partie, il est cette fois à l'origine de la convocation de ses membres (Black Bolt, Dr Strange, Reed Richards, Tony Stark, Namor et même Captain America) qui vont devoir faire face à une menace concernant l'ensemble du multivers.

Le problème avec Hickman, sans doute l'auteur le plus surestimé du moment [1], c'est que l'on sait maintenant d'avance ce qu'il va faire, ou plutôt ce qu'il va rater.
Intrigues parfois incompréhensibles (que certains qualifient magnanimement de "complexes"), personnages totalement interchangeables et à la psychologie défaillante (cf. Avengers ou Red Wing), dialogues répétitifs... Au style Hickman s'ajoute cette fois un gros sentiment de déjà-vu lié aux ingrédients qui composent cette histoire : le pseudo-dilemme moral des Illuminati, la menace cosmique, le Gant de l'Infini, Cap en père-la-morale, bref, rien de neuf dans la Maison des Idées (épuisées).

Quelques points positifs tout de même. L'aspect métaphysique, concernant les univers parallèles, est assez intéressant. Même l'aspect scientifique est quelque peu documenté [2], bizarrement plus en tout cas que le récent Nowhere Men qui mettait pourtant soi-disant la science au cœur du récit.
Graphiquement, c'est très agréable à l'œil, le travail d'Epting étant parfaitement mis en valeur par la magnifique colorisation de Frank D'Armata.
La VF est de qualité et l'intro de Panini permet aux nouveaux lecteurs de faire un minimum connaissance avec les Illuminati. C'est très loin d'être superflu étant donné les références aux sagas passées, même si là encore l'on aurait souhaité un topo sur chaque membre des Illuminati.

Malheureusement, c'est un peu faible pour contrebalancer les faiblesses flagrantes d'un scénario poussif et manquant cruellement d'audace. Même si l'on pourrait encore passer sur l'action insipide ou les dialogues maladroits [3], c'est surtout le manque d'âme, d'émotion et de profondeur qui plombe tout, un peu comme si la plume d'Hickman était aussi morte et desséchée que la Terre parallèle qu'il met si péniblement en scène... finalement "tout meurt", même l"intérêt des plus passionnés pour une maison Marvel qui est en roue libre depuis déjà trop longtemps.

Très pénible à lire.
Pas mieux écrit qu'une série AB sauf que là, il n'y a même pas l'humour involontaire.

+ dessins et colorisation
+ un petit (mais louable) effort de documentation de la part de l'auteur
- intrigue convenue et ennuyeuse
- dialogues fades et mal fichus
- personnages lisses, sans personnalités ni émotions





[1] Et très employé par Marvel, ce sera notamment l'un des auteurs aux commandes du remake de Secret Wars.
[2] Il est notamment ici question des sphères de Dyson. Une telle sphère est une hypothétique et gigantesque sphère creuse, emprisonnant une étoile pour en capter le rayonnement à des fins énergétiques. A la base, le physicien Freeman Dyson exposait l'idée d'une recherche de rayonnements infrarouges artificiels dans l'espace afin de prouver l'existence d'éventuelles traces de vie extraterrestre. Il suggérait donc, plutôt que de rechercher une "intelligence", de rechercher une activité industrielle massive.
Il est à noter que la science a ici emprunté un concept à la fiction puisque, selon son propre aveu, les sphères de Dyson devraient en réalité s'appeler "sphères de Stapledon". Olaf Stapledon est un romancier connu pour sa saga SF Les Derniers et les Premiers, publiée en 1930. Ce roman était très largement précurseur en matière de concepts aujourd'hui courants, comme la terraformation ou le génie génétique.
[3] En gros, pendant 120 planches, c'est du "on doit le faire", "non, on ne peut pas", "on est bien obligé", "je te dis que non", "il faut qu'on en discute"... on a déjà vu même des tickets de caisse plus inspirés.