09 juillet 2009

X-Men : le point sur les Mutants et leurs séries

La sortie ce mois du 50ème numéro de la revue Astonishing X-Men, ainsi que du 150ème X-Men, nous permet de faire un petit point sur les toujours nombreuses séries X du Marvelverse.

Débutons par Astonishing X-Men, série phare du mensuel éponyme. La nouvelle équipe créative en est au troisième épisode de l'arc Ghost Box. Le scénario est l'oeuvre de Warren Ellis et les dessins sont de Simone Bianchi. La petite bande a déménagé sur la côte Ouest, non loin de San Francisco (l'on a parfois l'occasion du coup d'apercevoir le fameux Céleste Rêveur qui fait maintenant partie des curiosités du coin, cf Les Eternels). Cyclope est le patron de l'équipe et est entouré de sa compagne, Emma Frost, ainsi que de Wolverine, Beast ou encore Armor. Notons également le retour de Tornade qui, visiblement, ne semble pas avoir un calendrier bien rempli malgré son statut de reine du Wakanda.
Le groupe enquête sur un meurtre et des mutants assez étranges, le tout en collaboration avec les autorités de San Francisco. La piste les mènera jusqu'en Chine où ils découvrent une zone fantôme imperméable à tout type de scanner mais ayant pourtant subi les effets du Jour M.
Cette première histoire d'Ellis est fluide, intéressante et bien dialoguée, ce qui n'était pas toujours le cas des récits de l'époque Whedon. Graphiquement, c'est assez beau malgré parfois une petite impression de fouillis sur certaines cases, peut-être due à une colorisation un peu trop uniforme. Enfin, l'on a droit à des relations entre les personnages plutôt bien développées, et le tout avec une pointe d'humour. Bref, une barque bien menée, ce qui n'a rien d'étonnant de la part d'un type de la trempe d'Ellis.

Alors, vous serez peut-être surpris de découvrir sur la cover d'Astonishing un logo She-Hulk. En fait, il s'agit simplement d'un épisode indispensable à l'arc He Loves You, qui commence et se termine dans X-Factor. Toujours Peter David aux commandes, secondé ici par Larry Stroman pour la partie dessin. Evidemment, vu le titre, vous vous doutez qu'il s'agit d'un tie-in Secret Invasion. La rencontre entre l'équipe de Madrox et Jennifer Walters est plutôt explosive, la cousine de Banner se battant tout d'abord avec la jolie - et caractérielle - Monet, puis avec Madrox et des dizaines de ses doubles.
Malgré leurs différends, ils parviennent tout de même à mettre une raclée au skrull de service, une sorte de Talisman vivant. Notons la présence de Darwin, le mutant évoluant suivant son milieu ou les menaces auxquelles il doit faire face.
Le mensuel se termine par le retour des Exilés, une série relativement répétitive à l'intérêt limité, surtout en comparaison de Cable et X-Force, aux abonnés absents pour ce mois.

Nous passons ensuite à la revue X-Men avec Uncanny X-Men. Toujours la côte Ouest donc, mais avec cette fois un peu plus de monde dont Rocket, Mirage ou encore Karma. Les X-Men se battent contre un groupe de fanatiques anti-mutants (oui, encore !) qui comptent Empath dans leurs rangs. Quelques scènes parfois très dures, comme le passage à tabac de la douce Megan Gwynn, alias Pixie, qui se fait briser les ailes par une bande d'abrutis sans cervelle au courage inversement proportionnel à l'intelligence (oui, je sais, c'est une BD, mais ce genre de très gros cons existe malheureusement aussi dans la vraie vie, l'un de mes voisins en ayant fait récemment la cruelle expérience... trois contre un pour mettre un sexagénaire dans le coma, et pas une ligne dans le journal local... mais où sont nos X-Men ? Bon, revenons à la fiction, c'est moins triste).
Le scénario est le résultat du travail commun de Matt Fraction et Ed Brubaker, les dessins sont à porter au crédit de Greg Land. Bien écrite et bien illustrée, cette saga permet également de découvrir un peu mieux le nouvel environnement de l'équipe, Scott ayant décidé de créer à San Francisco un complexe communautaire accueillant les mutants du monde entier (rappelons qu'ils ne sont plus très nombreux et qu'ils ont toujours été plutôt assez mal vus partout ailleurs).
Le ton est moderne, positif, parfois un peu osé (une petite touche de sado-maso) et l'ensemble est rafraîchissant et dépaysant.

Deuxième partie de Walkthrough ce mois dans X-Men : Legacy. Le professeur Xavier, toujours aussi arrogant et à la morale géométriquement variable, y est confronté à ses vieux démons et à ses actes passés grâce à une Emma Frost plus classe que jamais. Le plus puissant télépathe du monde a trouvé son maître. Enfin, sa maîtresse.
Scénario de Mike Carey et dessin de Phil Briones. Plutôt pas mal comme résultat, et puis il était temps de rabattre le caquet de cet insupportable professeur X. Qu'il aille se faire voir chez les skrulls ! Cyke Rules ! ;o)
On enchaîne avec Secret Invasion : X-Men, donc un autre tie-in lié à l'évènement du moment. Toujours Mike Carey qui fait cette fois équipe avec Cary Nord. Les mutants sont en fâcheuse posture, d'autant qu'un écran psi empêche Frost et les Cuckoos de prendre part à l'affrontement. Et un seul skrull demande pas mal d'énergie et de X-Men pour être abattu...
Carey consacre une part non négligeable du récit à Diablo qui a mis la main sur une sorte de bible skrull interactive. Plutôt original comme concept.
Enfin, l'on termine avec les Young X-Men, les ex élèves de l'institut devant faire face à un Krakoa (la célèbre île n'étant pas unique en son genre) et aux tensions internes qui minent le groupe.

Eh bien le bilan est plutôt positif. Bien entendu, le grand nombre de séries parallèles, de personnages, ainsi que le poids de la continuité font que les titres X ne sont pas les plus facilement accessibles. Néanmoins, la plupart des arcs actuels peuvent se suivre relativement aisément et de louables efforts de présentation (intégrée aux récits) sont régulièrement faits par les auteurs afin de ne pas laisser les nouveaux lecteurs dans le noir complet. Le changement de décor, et même de philosophie, pour les X-Men se révèle plutôt une bonne chose, apportant un souffle d'air frais aux différents comics qui en bénéficient.
La présence de noms prestigieux, comme Ellis ou Brubaker, n'est pas étrangère à la qualité globale et au regain d'intérêt qui se dégagent de l'ensemble. Au final, pour une espèce en voie de disparition, les mutants se portent bien.

ps : je l'avais déjà signalé mais je précise que le X-Men #150 est vendu avec un portfolio de 16 pages consacré aux changements de look apportés par Bianchi sur AXM.

- Oserais-je demander comment le sujet X a accepté de donner son sang ?
- Il s'est suicidé.
- Sans l'aide de Logan ?
Henry McCoy et Scott Summers, sous la plume de Warren Ellis.

06 juillet 2009

Marvel Deluxe : Return of the King

Le troisième Marvel Deluxe consacré à la série Ultimate X-Men est l'une des grosses sorties de ce mois. Tout de suite, le détail du contenu.

Un immense attentat sur le pont de Brooklyn fait plus de 800 morts. La Confrérie des Mutants vient de nouveau de passer à l'attaque. Pire encore, Magneto, que tout le monde pensait mort, est en fait bel et bien vivant et plus pressé que jamais d'en finir avec les sapiens.
Le président est amené en lieu sûr, le SHIELD et l'armée sont en état d'alerte, la traque au mutant peut commencer. Même les X-Men sont obligés de fuir pour tenter d'échapper à Captain America et ses Ultimates. Le rêve de Xavier, sur une possible coexistence pacifique, s'éloigne à mesure que les explosions se rapprochent. Le citoyen lambda, terrorisé, est prêt à tout accepter pour en finir avec les terroristes. Quitte à mettre tous les porteurs du gêne X dans le même sac.
Et pendant ce temps là, Cyclope manque cruellement à l'équipe. Il agonise en Terre Sauvage, abandonné par un Wolverine rendu fou par la jalousie. L'amour de Jean valait-il vraiment la mort d'un homme ? Dans un monde où même les plus nobles sentiments sont pervertis, ou le mal surgit des coeurs les plus purs, peut-on encore croire que Magneto se méprend sur l'espèce humaine ? Et si il leur fallait vraiment un Roi ? Un pouvoir pour les faire plier... un homme pour les gouverner tous.

Voici donc une nouvelle fournée d'Ultimate X-Men avec en fait la mini-série Ultimate War et les épisodes #26 à #33 de la série régulière, autrement dit l'arc Return of the King. Le scénario est signé Mark Millar (Old Man Logan, 1985, Wanted, Kick-Ass) et s'inscrit dans un univers très réaliste (la base de Guantanamo ou diverses personnalités réelles, comme Condoleezza Rice, sont évoquées). Evidemment, impossible de ne pas faire le parallèle avec l'Amérique post 11 septembre. Le discours se veut humaniste, il est surtout empreint d'une grande naïveté mais est plus mesuré que d'habitude, un fait rare chez Millar qui a, comme Moore, la réputation d'avoir plus peur du flic que des criminels. C'est un genre quoi...
L'auteur place également ses habituelles blagues sur les français, voilà qui est plutôt de bonne guerre et même assez drôle. Par contre, si je devais choisir un met répugnant typiquement franchouillard, j'aurais plutôt pris les escargots et non les grenouilles (de la viande de grenouille, c'est très bon et ça a un aspect correct quand c'est cuit, alors qu'un escargot, même carbonisé, ça reste une grosse limace). ;o)
Toujours dans la rubrique humour, l'on peut noter un moment assez étonnant avec un simulateur de salle des dangers qui se dérègle et mélange programmes de combat et étude de la Torah, ce qui donne, en guise d'adversaires, des juifs orthodoxes armés de sabres ninja !

Ces deux sagas ne sont pourtant pas franchement axées sur la rigolade. Magneto y est effrayant et certains moments, comme le calvaire de Cyclope en Terre Sauvage, sont assez éprouvants. La radicalisation des différents camps et l'implication du gouvernement et des media renvoie un peu, par certains côté, au Civil War de l'univers 616. L'on va d'ailleurs aller, à un moment, du côté de Stamford. Autre clin d'oeil, peut-être volontaire, la présence de Detonator, un mutant aux pouvoirs identiques à ceux de Nitro.
Passons à l'aspect graphique. Les dessins sont l'oeuvre de Chris Bachalo, David Finch, Adam Kubert et Ben & Ray Lai. Du beau monde donc pour un résultat franchement séduisant. Scènes d'action, paysages, persos, tout est léché et dénote un grand soin apporté à la réalisation de ces superbes planches. J'ai d'ailleurs illustré cet article avec quelques photos des pages intérieures afin de donner un petit aperçu du rendu.

La traduction reste correcte dans l'ensemble à part quelques maladresses dans la concordance des temps et une faute dès la première planche (sur "Brooklyn", écrit ici avec un "i"). L'on peut noter aussi, à titre plus anecdotique, une erreur lors de la transcription de termes relevant de l'alphabet phonétique utilisé, entre autres, par les militaires ou les aviations civiles du monde entier. Le "Foxtrot November", faisant référence à Nick Fury, est alors traduit par "Foxtrot Novembre", ce qui, outre l'aspect un peu ridicule, est une faute, les codes internationaux ayant la particularité de ne pas se traduire d'une langue à l'autre... sinon, il ne sont plus "internationaux" justement. Enfin, bon, on a vu bien pire en VF, donc effectivement, je chipote.
Niveau bonus, ben y'a rien à part les covers, comme ça c'est clair. Ceci dit, l'on est habitué à la sécheresse dans ce domaine depuis quelques temps. Cela n'empêche pas Panini de clamer, sur le repli de la jaquette, que "chaque album rassemble la production d'une année agrémentée de bonus divers et variés". Culotté non ? ;o)

Un très bel album, qui plus est bien plus accessible que les sagas X-Men de l'univers classique.
A conseiller à tous, petits nouveaux compris.

Dans la même collection :

Portail Illuminati



Un petit mot pour vous signaler l'ouverture du Portail Illuminati que vous trouverez dorénavant à cette adresse :

Il s'agit en fait d'un site qui permet d'avoir une vision d'ensemble des derniers articles postés par les membres ainsi que des évènements un peu inhabituels comme les crossovers inter-blogs ou les concours. Outre les comics, VO et VF, voire la BD en général, certains d'entre nous proposent régulièrement des sujets sur l'actualité cinéma, les séries TV ou encore des publications plus underground. Ce portail vous permettra donc de piocher selon vos envies du moment ou vos centres d'intérêt.
Notez qu'un outil vous offrira la possibilité, à partir de mots clés, d'effectuer une recherche globale sur l'ensemble des blogs Illuminati (il suffit de cliquer sur l'onglet "lien" dans la fenêtre qui s'affiche après votre requête).

Enfin, outre nos propres articles, nous essaierons de vous faire part, de temps en temps, de ce que nous avons pu lire au hasard de nos pérégrinations sur le Net et qui nous a plu. Il ne s'agit pas, bien entendu, de faire concurrence aux agrégateurs et autres sites spécialisés mais de proposer une sélection qui, nous l'espérons, sera basée sur la qualité du contenu et non l'étendue du réseau social, comme c'est trop souvent le cas sur les digg-likes.
N'hésitez donc pas à aller découvrir notre première sélection traitant d'un roman plutôt original et au titre surprenant. ;o)

05 juillet 2009

Marvel Max : War is Hell

Un titre prometteur, dans la collection Max, tente de nous plonger dans le conflit aérien de la première guerre mondiale. Heu... parachute obligatoire !

Normalement, ici, je commence par un résumé de l'histoire. Et si je déroge à la règle, ce n'est pas vraiment bon signe. Si l'on se réfère à la quatrième de couverture de War is Hell, nous sommes en présence d'une palpitante saga s'inscrivant dans les combats aériens de la première guerre mondiale. En fait, pour être plus précis, un jeune pilote tente de cacher son passé afin d'en découdre avec les fritz... il est un peu foufou, il va apprendre son métier sur le tas et à la dure, il va respecter les types qu'il n'aimait pas et comprendre que la guerre c'est pas de la chevalerie, même dans les cieux, mais bien du malheur...
Et puis il y a aussi les généraux, qui s'en foutent bien des pauvres types qu'ils envoient à la mort. Mais bon, heureusement, les pilotes dignes de ce nom finissent toujours par en réchapper ou laisser un héritage limpide et chatouilleux, du genre à vous laisser les poils hérissés un peu partout, au garde-à-vous et sans morpions !

Alors, première grande surprise, le scénario est de Garth Ennis (Punisher, Preacher, The Boys, La Pro). Pour ceux qui connaissent le type, va falloir un peu digérer la nouvelle tant, ici, il est en dessous de tout. C'est bien simple, il n'y a rien. Les persos : zéro. Les combats aériens : zéro. Le conflit en général, avec ses éléments historiques : zéro. Bien entendu, l'on peut retrouver quelques tics ultra-violents qui font la signature de l'auteur, comme un officier trébuchant (assez mal d'ailleurs) pour se foutre la gueule la première dans une putain d'hélice. Mais même la scène la plus efficace est assez mal rendue visuellement.
Le message de l'auteur ? Difficile à trouver dans un fourre-tout désagréable qui ne permet que rarement de se faire une idée, souvent stéréotypée, des pilotes en présence. En comparaison, même un Top Gun des années 80 finit par avoir son charme. Ennis, lui, pond cette série en 2008...

Ok, ça arrive de n'être pas tout à fait au top. Sauf que là, au dessin, c'est Howard Chaykin (cf ses saloperies ici).
Pfff, par où commencer ? Y'a pire hein, en fait, je pense que Kuhn était pire que ce mec, sauf que Kuhn, il n'a jamais été vraiment très utilisé. Chaykin, bizarrement, il se place partout. Bon, l'on peut reconnaître qu'il ne se débrouille pas trop mal avec les avions et que, au niveau des postures des persos dans cette série (étant donné que ce sont des gens normaux et non des super-héros), il parvient à rendre une impression un peu plus réaliste que d'habitude. Par contre, niveau tronches, c'est toujours aussi moche et toujours aussi semblable. Machin, Wolvie, le Punisher, no problemo, tous égaux !
C'est vraiment laid mais, en fait, ce sont ici les plus belles planches de ce... "stagiaire". Et peut-être même qu'un jour, il apprendra à ne plus frisotter les sourcils. En attendant, merci tonton Joey pour ce boulot d'été qui s'éternise ! ;o)

Il se trouve que, pour une fois, il y a une tentative de bonus avec une page censée donner quelques infos sur les forces en présence. Et, forcément, c'est la foire à la connerie dès le début. On nous dit par exemple que le RFC (Royal Flying Corps) a adopté les couleurs françaises inversées parce que, à l'origine, la Croix de Saint Georges se confondait avec la croix... gammée allemande ! Evidemment, les appareils de la Luftstreitkräfte arboraient tous la Croix de Fer, symbole encore actuel des avions ou des chars de la Bundeswehr, et non le svastika dextrogyre aux relents bien plus sulfureux mais à la présence totalement incongrue à cette époque.
Je ne sais si la faute revient au bonus original, mais force est de constater que la traductrice française, au minimum, n'a pu la corriger. Tant pis pour l'Histoire, les plus jeunes et les habitués des usines à news... au final, le lecteur aura autant de mal à s'instruire qu'à vibrer pour des pilotes en manque flagrant de charisme.

Une histoire qui s'essouffle en bout de piste avant même de décoller. Les approximations historiques et le dessin peu engageant n'incitent pas à monter à bord, même lorsque l'on est un amoureux du Ciel.

"Encore merci et bonne chance, nous sommes avec vous !"
Y a-t-il un pilote dans l'avion ? sous la direction de David Zucker, Jerry Zucker, Jim Abrahams

03 juillet 2009

Spider-Man : Naissance de l'Anti-Venom

Toujours des skrulls ainsi qu'un Norman Osborn omniprésent au menu de ce Spider-Man #114, débarqué en kiosque ce matin.

On commence par Amazing Spider-Man avec la suite de New Ways to Die. Parker doit faire face aux Thunderbolts qui débarquent directement dans son salon ! Leur chef, Norman Osborn, a été engagé par Randall Crowne, candidat à la mairie de New York, afin de se débarrasser de Spider-Man. Bien sûr, Osborn a, comme tout le monde, "oublié" la véritable identité du Tisseur mais il sait tout de même qu'il est lié avec un certain photographe...
Menace est de nouveau de la partie mais ces deux épisodes se distinguent surtout par l'introduction d'un nouveau personnage, dont on ne sait pas encore clairement s'il sera un héros ou un vilain : l'Anti-Venom. Une bonne occasion également de remettre Eddie Brock (récemment guéri de ses ennuis de santé) dans la course sans pour autant l'associer aux meurtres et aux excès récents de son symbiote originel.
Le scénario est de Dan Slott, les dessins sont assurés par John Romita Jr. L'espèce de méta-intrigue, commencée depuis plusieurs arcs, continue d'être développée par les auteurs et donne une grande cohérence à l'ensemble. Une bonne fournée donc, avec action, vannes et style "à l'ancienne".

Le troisième épisode de la revue est bien sûr tiré du tie-in Secret Invasion consacré aux proches de Spidey. Jackpot est aux prises avec un super-skrull particulièrement hargneux qui semble renifler l'odeur de Spider-Man jusque sur ses amis. Il n'a pourtant jamais fait de gros câlins à la jolie Jackpot. ;o)
Essentiellement des scènes de course-poursuite ici, avec en prime une nouvelle intervention de Menace. Une petite mention spéciale pour le court résumé du début, conté par Spider-Man en personne alors qu'il se bat encore en Terre Sauvage, une astuce de narration originale qui permet de rappeler du même coup les derniers évènements et l'absence du Monte-en-l'air.
C'est Brian Reed qui est responsable du scénario et les dessins sont l'oeuvre de Marco Santucci.

Enfin on termine avec nos chers Thunderbolts. Ceux-ci ont fait une arrivée remarquée à Washington où ils se sont distingués en mettant une bonne raclée aux skrulls locaux. Norman Osborn - encore lui - passe du coup pour un sauveur providentiel, d'autant qu'il ne rate pas l'occasion de faire son petit numéro devant les journalistes en rappelant, l'air de rien, que si ses troupes ont pu réagir, c'est qu'elles n'utilisent pas la technologie Starktech mais des équipements fabriqués par Oscorp. Il se permet même d'avoir la larme à l'oeil devant les caméras en évoquant les victimes qui auraient pu être sauvées si le gouvernement avait eu la prudence d'utiliser ses produits. Bref, un Osborn délicieusement odieux, comme on l'aime.
Aux commandes l'on retrouve Christos Gage (scénario) et Fernando Blanco (dessin), un duo qui fonctionne plutôt bien.

Signalons que le mensuel contient une autre superbe lithographie de Marko Djurdjevic (voir la photo ci-dessous). Après les X-Men (dans Secret Invasion), c'est donc Spider-Man, Daredevil, Luke Cage et un tas d'autres persos qui sont mis à l'honneur. Et en parlant de mutants, sachez que ce mois de juillet est vraiment celui des bonnes idées chez Panini puisque l'éditeur, à l'occasion de la sortie du 150ème numéro de X-Men, a joint à la revue un portfolio de 16 pages. Le supplément est axé sur les croquis de Simone Bianchi qui commente les petites modifications qu'il a apportées aux costumes de Cyclope, Wolvie, Emma Frost ou encore Colossus.

De bonnes séries à l'intérêt évident encore rehaussé par l'ajout de petits suppléments de qualité. Si ça continue comme ça, je vais vraiment être obligé de me l'acheter ce t-shirt "I love Panini" ! ;o)

01 juillet 2009

Secret Invasion : de New York à Asgard

Héros, Dieux ou simples humains doivent faire face au séisme qui secoue l'univers Marvel dans Secret Invasion #6 et Secret Invasion Hors Série #2. Le point sur ces deux revues sorties aujourd'hui en kiosque.

Commençons par la sixième partie de Secret Invasion par Brian Michael Bendis (scénario) et Leinil Francis Yu (dessin). C'est peu de dire que les équipes terriennes ou les organismes officiels ont morflé : le SHIELD et le SWORD sont hors d'état de réagir, tous les dispositifs à base de technologie Starktech sont out, le Baxter Building dérive dans la zone négative, Captain Marvel est mort et, pour couronner le tout, des terriens, convaincus par la propagande skrull, sont déjà prêts à collaborer avec l'envahisseur.
Heureusement, il reste encore quelques lignes de défense. Nick Fury et ses Secret Warriors, les Young Avengers, quelques cadets de l'Initiative et même les super-criminels dirigés par The Hood. La bataille s'annonce d'une férocité épouvantable, les skrulls disposant de guerriers génétiquement modifiés pouvant chacun reproduire les pouvoirs de trois ou quatre super-héros terriens...

La seconde partie du mensuel accueille la suite des désormais célèbres Front Line. Ambiance crépusculaire qui rappelle des heures sombres tristement réelles avec, notamment, des civils cherchant à s'échapper d'une tour en descendant des escaliers sans fin. Ici ils ne luttent pas contre les flammes mais un tueur skrull, cependant, difficile de ne pas faire le parallèle avec le 11 septembre.
Le scénario de Brian Reed (Ms. Marvel, Secret Invasion : Spider-Man) s'attache à suivre des gens simples, sans pouvoirs, et à montrer leurs craintes, leurs moments de doute, leur héroïsme aussi. Que ce soit un Ben Urich vieillissant et songeant à son épouse qu'il ne peut contacter ou un simple flic se sacrifiant pour sauver les occupants d'un bus, le destin de ces anonymes nous fait vibrer tout autant, sinon plus, que celui des Masques. Les skrulls paraissent d'ailleurs dans ces pages bien plus effrayants et monstrueux. L'ambiance graphique est assurée par Marco Castiello du GG Studios et la colorisation, dans des tons joliment pastel, est l'oeuvre de Barbara Ciardo.
Enfin, signalons que la revue est vendue avec une très belle lithographie X-Men de Marko Djurdjevic (reproduite ci-contre). Un cadeau qui fête dignement les 70 ans de Marvel Comics. Si même Panini se met à avoir bon goût... ;o)

Nous continuons dans l'invasion massive de gros bouseux verts avec le deuxième hors série consacré à Secret Invasion. Le premier (cf cet article) se penchait sur les Fantastic Four, les Runaways et les Young Avengers, celui-ci se focalise entièrement sur Thor. Matt Fraction (Punisher War Journal) se charge du scénario et Doug Braithwaite signe de fort belles planches.
L'histoire, en trois parties, est assez courte et conte la lutte d'Asgard contre l'ennemi skrull. Si le Dieu de la foudre et du tonnerre est bel et bien présent, il partage l'affiche avec son alter ego Donald Blake qui, lui, va essentiellement essayer de mener à bien un accouchement au milieu de la tourmente. Le parallèle entre la douleur de l'enfantement et la violence des combats est assez bien mené, le tout donnant l'impression d'un gigantesque maelström de vie et de mort s'abattant sur la petite ville de Broxton, Oklahoma.
Notons également le retour de Beta Ray Bill qui prend lui aussi part aux combats.
Cet hors série est complété par un one-shot au goût égyptien, The Truth of History, écrit et dessiné par Alan Davis (Fantastic Four : The End). Rien de bien extraordinaire si ce n'est la rencontre des dieux nordiques avec les adorateurs de leurs homologues du panthéon d'Héliopolis.

Ce chaud mois de juillet commence avec une série principale toujours magnifiée par les Front Line et un tie-in sympathique mais loin d'être indispensable. Le prochain HS risque d'être bien plus délirant puisqu'il sera consacré au toujours déjanté Deadpool !

29 juin 2009

Witching Hour : Pour toujours et un jour !

Fin de la série "rétro/Semic". Après Jay et Silent Bob, Les Mystères du Meurtre et Spawn : Simonie, voici venir L'Heure des Sorcières.

Fais attention à ton voeu car l'on doit tous répondre à l'heure des sorcières...
Pour certains, la partie commence avec un cadavre dans le coffre de leur bagnole, d'autres ont une valise pleine de billets ou un père absent. Les cartes sont distribuées. Il va falloir les abattre. Gérer son jeu. Comme dans la vraie vie, l'on peu tricher, mais pas trop.
Il y a longtemps, Amanda White a dû quitter l'Irlande pour traverser l'Atlantique. Il y a un peu moins longtemps, elle est morte, brûlée vive sur un bûcher en échange d'une promesse : celle de stopper, après sa mort, la chasse aux sorcières. Depuis, le temps a passé. Le rite wiccan a fait son oeuvre. Mademoiselle White est de retour et une autre promesse est en passe d'être tenue. Celle de Gray. Un esprit ouvert. Un homme sage de 600 ans d'expérience. Un gentleman comme l'on n'en fait plus. Sa promesse ? Veiller sur Amanda. Pour toujours et un jour...

Alors, pour ceux qui ont été un peu attentifs, j'aurais dû publier ce sujet ce week-end, je n'ai pas eu le temps et, aujourd'hui... j'ai oublié (puisque normalement, il devait prendre place avant les deux articles Marvel). Du coup, hop, je fais comme si de rien n'était et je poste le troisième sujet de la journée, ce qui consacrera ce jour comme l'un des plus prolixes lundis de l'année ! ;o)
Mais revenons à L'Heure des Sorcières. J'aimerais, pour une fois, adresser un avertissement aux lecteurs. Le comic dont je vais parler risque, si vous vous lancez dans sa lecture, de vous surprendre voire de vous décevoir. Personnellement, je l'ai trouvé subtil, beau, original mais terriblement confus dans sa narration. Et c'est tout de même passé, dans mon esprit, comme une lettre à la poste (enfin, même mieux que ça si l'on tient compte des performances réelles de notre Poste). Pourquoi me direz-vous ? Et je reconnais que ça m'arrange bien que vous me demandiez pourquoi parce que j'avais un peu prévu de continuer l'article comme ça, bref, pourquoi ? Eh bien sans doute parce que la magie, Loeb et Bachalo, c'est un cocktail qui me convient bien.

Tout d'abord, le scénario. Il est signé Jeph Loeb et se révèle pour le moins complexe. De nombreux destins sont entremêlés, des personnages dont on ne sait rien débarquent et se mettent au service de dialogues parfois fort peu évidents, bref, l'on s'accroche aux premières planches sans vraiment comprendre grand-chose ni voir vers quoi ce vieux briscard d'auteur veut nous amener. Et à un moment - et c'est un peu pour cela que je vous ai mis en garde un peu plus haut - on lâche la rampe. On ne cherche plus à comprendre, on est dedans, comme dans un joli rêve confortable et ouateux à souhait. Cela n'a en soi rien d'inquiétant sauf que cette totale confiance, cette immersion dans la fiction, dépend en général tout autant de vos centres d'intérêt que de l'habileté de l'auteur. Et ce qui, chez certains, va passer pour une récréation d'une rare poésie peut fort bien, chez d'autres, n'être qu'un long et déchirant parcours du combattant. C'est typiquement le genre de livre où il ne faut surtout pas essayer de se raccrocher aux branches mais, au contraire, accepter de tomber.

Evidemment, la chute n'est pas inconditionnelle. On a beau mettre du sien, il est rare de se précipiter dans le vide juste sur l'hypothétique valeur accordée à un conteur. Heureusement, Loeb est ici admirablement secondé par Chris Bachalo. On connaît bien l'artiste, il a notamment oeuvré sur Brand New Day Extra, Amazing Spider-Man ou encore Ultimate X-Men. Son style est en général très facilement reconnaissable. Ses personnages dégagent une impression de puissance et un esthétisme musclé. A l'instar d'un Humberto Ramos, il joue souvent la carte de la disproportion, comme le prouve son Captain America dans Homeland, une série ou Steve Rogers est particulièrement charismatique mais inhabituellement massif.
Cependant, ici, il n'y a pas de gros bras à mettre en scène. Ni de flingues. Ce qui donne à l'artiste l'occasion de montrer une facette plus mesurée, moins attendue, de son talent. Gray et White étant, sans conteste, les personnages les plus réussis : à la fois humains et mystérieux, tour à tour séduisants ou inquiétants. Et que dire des décors... Bachalo réussit à imposer des ambiances feutrées et idéalement magiques, sans esbroufe et avec une simplicité au charme exceptionnel. Son New York de nuit est tout simplement fabuleux.

Mais le charme, nous le savons, n'est pas une science exacte. Je suis trop conscient des milliers de petites choses personnelles qui me font aimer cette histoire pour l'encenser sans nuances. Elle aurait pu être plus limpide, c'est certain, mais elle a le goût et l'odeur du thé chaud lorsqu'il fait froid dehors et que l'on peut admirer la neige tomber, bien à l'abri derrière une fenêtre mince mais efficace. Et la saveur du thé chaud en hiver, c'est sans doute ce qu'il y a de plus dur à exprimer en BD après la douceur d'une Guinness en été. ;o)

Une oeuvre à part, qui ne convaincra pas tout le monde mais qui offrira de précieux et jolis moments pour peu que l'on soit disposé à se laisser envoûter.

"J'ai regardé la Lune levée toute la nuit et j'ai souri quand elle était encore là le lendemain même si le soleil ne voulait pas qu'elle se couche. Et quand le soleil s'est couché, je suis allé dans ce petit night-club à Harlem et j'ai écouté les souvenirs d'Armstrong, Basie et Hampton. J'ai rencontré une jeune femme que je ne connaissais pas et j'ai léché de la sauce au chocolat dans son nombril et d'autres endroits qu'un gentleman, même un fripon comme moi, ne peut divulguer. J'ai demandé à Amanda, et je l'ai appelée Amanda non pas par manque de respect mais par amour pour une époque qui était plus innocente... quand les wiccans n'avaient pas à prendre les noms des couleurs des saisons pour cacher leurs véritables identités [...]
Je ne pus m'empêcher de sourire, car elle était ainsi. Et comme promis, je resterai à ses côtés et veillerai à ce que rien ne lui arrive.
Maintenant.
Pour toujours.
Et un jour."
Gray, sous la plume de Jeph Loeb.

Marvel : du crossover classique aux "events" modernes

Les lecteurs vivent maintenant, en ce qui concerne la Maison des Idées, au rythme des évènements, souvent importants, qui s’enchaînent fort rapidement, année après année. Comment a évolué le concept de "crossover" ? Quels sont les risques à trop tirer sur une corde réputée fragile ? Petite analyse d’un phénomène incontournable pour les géants de l’édition.

Un crossover, précisons-le, est une rencontre organisée entre des personnages ou des univers de séries, voire même d’éditeurs, différents. Le procédé n’est pas tout jeune (Spider-Man a déjà rencontré Superman il y a très longtemps) et se décline même dans d’autres media, que ce soit au cinéma (avec par exemple Aliens vs Predator) ou encore dans les séries TV (citons au hasard NCIS/JAG).
Chez Marvel, l’on considère en général les fameuses Guerres Secrètes (récemment rééditées en France) comme le premier crossover historique de l’éditeur. Il est vrai que la mini-série accueille de nombreux personnages et permet donc de ratisser large au niveau des fans. Pourtant, il s’agit d’un titre publié à part et non d’un crossover "transversal" (et plus classique dans sa conception).
Par transversal, j’entends "publié dans des revues différentes". L’avantage pour l’éditeur est dans ce cas évident puisque cela lui permet de forcer gentiment la main aux lecteurs qui avaient pour habitude de se focaliser sur un seul titre. Les exemples de ce type de crossover ne manquent pas. L’on peut citer Onslaught qui, dans les années 90, va se dérouler dans un très grand nombre de séries : The Avengers, Amazing Spider-Man, X-Men, Wolverine, X-Force, Fantastic Four et j’en passe ! Et si un fan du Tisseur tombe accro du Griffu au passage, la manœuvre n’aura pas été vaine.

Parfois, les crossovers voient tout de même leur champ réduit à un domaine plus précis. La fort longue Saga du Clone par exemple va se contenter de monopoliser les titres consacrés à Spider-Man (à l’époque Web of Spider-Man, Spectacular Spider-Man ou Peter Parker : Spider-Man). Là encore, si certains puristes en étaient resté à Amazing, les voilà invités à faire un petit détour occasionnel par les autres publications.
De ce fait, la démarche est parfois considérée comme vénale. Il est évident que Marvel a pour but de vendre ses comics, tout comme le boulanger a pour but de vendre son pain ou ses croissants. Sur le fond, il n’y a donc rien de honteux. Sur la forme, le procédé fait encore aujourd’hui râler, et pas toujours à juste titre. Pour parler de ce qui se passe de ce côté-ci de l’atlantique, signalons que la VF (parfois fortement mise en cause ici même pour sa qualité) a un avantage indéniable : celui d’absorber, parfois totalement, le surcoût éventuel d’un crossover.
Prenons l’exemple, toujours arachnéen, de The Other. L’histoire est publiée, en 2005/2006, dans Amazing Spider-Man, Friendly Neighborhood Spider-Man et Marvel Knights : Spider-Man. Pour bénéficier d’une saga complète, le lecteur américain doit donc tripler son budget mensuel s’il n’achetait habituellement que la série historique du Monte-en-l’air. En France, le lecteur gaulois, prompt à ronchonner, ne verra pourtant aucune différence financière puisque l’ensemble est publié dans la revue Spider-Man (vendue alors 3,90 €).

Mais ce genre de crossover classique, bâtissant une trame se déroulant dans de nombreux comics différents, tend à se raréfier. Aujourd’hui, bien que le terme crossover soit souvent employé, la mode est à "l’évènement". La subtilité n’est pas que sémantique puisque, techniquement, la différence de traitement est notable. Il s’agit en fait de conter l’histoire principale dans une mini-série indépendante sur laquelle vont s’articuler des tie-ins. Ces derniers n’étant pas forcément indispensables à la compréhension globale du récit, le surcoût éventuel pour le lecteur est donc minime. La démarche est de surcroît plus élégante, le lecteur ayant alors l’impression justifiée que l’on ne lui force plus la main pour l’achat de titres qu’il délaisse d’habitude.
Pour l’éditeur, le pari est un peu plus risqué. Il ne s’agit plus de découper simplement une histoire en chapitres disséminés aux quatre vents mais de susciter un réel intérêt permettant non seulement de vendre la série phare mais, si possible, le maximum de récits liés.

Dans les exemples modernes, l’on commence avec House of M. Le risque est minime, la série étant courte et ses répercussions mineures bien que réelles. La vitesse supérieure est enclenchée avec Civil War. La série principale dure plus longtemps, les tie-ins sont bien plus nombreux et, surtout, les conséquences vont être importantes et durables (l’éditeur met également en place à cette occasion son concept des Front Line, une déclinaison plus « humaine » des évènements à travers le point de vue des journalistes et des quidams).
Le sujet étant particulièrement riche, la mayonnaise prend et, très vite, les fans vont se lancer dans des joutes sur le Net pour défendre « leur » camp. Cap ou Iron Man, la rébellion ou la loi, le concept du super-héros à l’ancienne ou les réalités sociales et politiques appliquées aux surhumains. Faire s’approprier un sujet par le lectorat, c’est le stade ultime d’un scénario réussi. Les ventes étant au rendez-vous, la recette va se décliner.
Marvel poursuit par World War Hulk. L’intérêt de la série est bien moindre mais elle est précédée de petites perles comme Planet Hulk qui, finalement, s’inscrivent dans le concept d’évènement et non de crossover bien délimité dans les séries et le temps.
A l’heure actuelle, nous sommes, en France, en plein dans Secret Invasion, un autre vaste évènement qui devrait avoir des conséquences importantes. C’est ici que prend place une autre nouveauté par rapport au crossover classique : les séries labellisées.
En effet, si Civil War a donné naissance a des titres estampillés The Initiative, nous savons déjà que Secret Invasion engendrera Dark Reign. Il ne s’agit plus alors de saga, de crossover ou de tie-in mais d’une appellation censée définir l’ambiance générale du titre ou son "époque".
Une manière aussi de prolonger l’évènement, encadré qu’il est par les prologues et ces suites à la paternité clairement revendiquée. L'on rencontre tout de même deux limites à cette enivrante globalisation : celles du pouvoir d’achat et des horloges. Car pour avoir une vision totale de cette vaste aire de jeu où scénaristes et dessinateurs s’épanouissent, un considérable investissement en temps et en argent demeure nécessaire...

Reste à savoir si l’enchaînement rapide de sagas souvent survendues à coups de superlatifs ne va pas finir par lasser le lectorat. Les ventes semblent pour l’instant prouver le contraire et, surtout, le risque de l’immobilisme serait sans nul doute bien plus grand.
La Maison des Idées a passé un cap (sans mauvais jeu de mots). Et nous avec elle.
Là où naguère la rencontre entre deux héros était relativement rare, le marvelverse est aujourd’hui suffisamment dense et solide pour que de très nombreux personnages soient présents dans quasiment toutes les séries. Plutôt qu’une confrontation entre figures phares ou un petit tour de passe-passe pour écouler des titres moins vendeurs, le crossover est aujourd’hui, dans son acceptation moderne, une promesse : celle de faire trembler les bases de fondations souvent considérées comme éternelles. La promesse est souvent tenue, même si, par réflexe, l’éditeur a tendance à revenir dessus au bout d’un certain temps.
Ces dernières années nous avons vu Spider-Man se démasquer, Cap mourir, la plupart des mutants disparaître (oui, enfin, ceux que l’on ne connaissait pas, faut pas rêver) et toutes les organisations terriennes se faire infiltrer par des skrulls. Pas si mal pour un genre réputé conservateur.
Bien sûr, Spidey a retrouvé son anonymat, tout le monde se demande quand Steve Rogers va réapparaître et nous savons bien que, sur la terre 616, les retournements de situation et les revirements sont nombreux. Et malgré tout, il reste des traces de tous ces évènements auxquels nous avons accordé de l’importance. La loi sur le recensement des surhumains, le rôle central de Tony Stark, la chute des X-Men et la montée en puissance de X-Factor… et puis des baisers, des regards, des alliances brisées ou renouvelées, des naissances même (grâce au mariage, inattendu, de Jessica Jones et Luke Cage). Bref, ce qui fait l’attrait, depuis des décennies, d’un univers et, au-delà, d’un genre.
Et puis, quels que soient le rythme des évènements futurs, leur importance ou leur durée, nous ne demandons finalement qu’une chose : nous laisser convaincre. Et tant que des artistes de talent seront aux manettes, nous serons nombreux à faire notre partie du chemin pour aboutir au plus magique des crossovers qui soit, celui de la rencontre entre un auteur et un lecteur.

Annuals de Ultimate Captain America & Hulk

Le Ultimates hors série #8 qui vient de sortir contient une partie des premiers annuals consacrés à Cap et Hulk.

En attendant l'imminent Ultimatum censé bouleverser la terre 1610, les fans de cet univers parallèle vont pouvoir patienter avec trois courts récits tirés de Ultimate Captain America Annual #1 et Ultimate Hulk Annual #1. Le tout est scénarisé par Jeph Loeb (Spider-Man : Blue, Batman : The Long Halloween) qui se fera accompagner, au dessin, par Marko Djurdjevic (Thor, covers de Daredevil), Rafa Sandoval, Ed McGuinness et Dexter Vines.
En fait, la première partie nous renseigne surtout sur les origines de Black Panther et la raison pour laquelle, après avoir quitté son pays d'origine, le Wakanda, il se retrouve parmi les Ultimates. Magouilles à la Nick Fury et petits gadgets à la Tony Stark sont au menu.

La deuxième partie, moins sérieuse, met en scène une rencontre très improbable entre Zarda, alias Power Princess (échouée sur cette terre à la suite de Ultimate Power), et cette grosse brute de Hulk. La belle guerrière a du mal à se faire aux mortels et à la mansuétude des Ultimates. Elle va néanmoins pouvoir passer ses nerfs sur un Hulk qui réclame simplement quelques pancakes dans un restaurant mais se voit opposer un refus de service sous le prétexte qu'il est... nu (en même temps des endroits qui acceptent de vous servir alors que vous êtes à poil, ça ne court pas les rues) !
Deuxième degré obligatoire donc et un final "chaud" et surprenant. Cette Zarda aime visiblement les expériences extrêmes (j'aimerais voir la tête de son gynécologue après cette séance de jambes en l'air). ;o)

La revue arbore un gros "saga complète" sur la couverture, le terme "saga" est sans doute un peu fort étant donné que l'on a plus ici de brefs et anecdotiques récits plutôt qu'une réelle histoire indépendante.
A réserver aux lecteurs habituels des séries Ultimate.

24 juin 2009

Spawn entre les mains des frenchies

Suite de cette série rétro consacrée aux productions Semic avec Spawn : Simonie, un comic à la sauce gauloise.

Depuis près de 2000 ans, de nombreuses organisations tentent de mettre la main sur des lambeaux d'une tuniques sacrée possédant un pouvoir immense. Ces morceaux d'étoffe permettent notamment de convoquer un Hellspawn, autrement dit un puissant guerrier des Enfers.
A Paris, de nos jours, d'étranges expériences ont lieu dans un laboratoire secret. Il se murmure que des scientifiques, protégés par les plus hautes autorités, se livreraient à d'obscures manipulations. Pour le commissaire Losfeld de la DST commence alors une lente descente dans l'occulte qui le conduira à faire équipe avec un Cardinal et... à rencontrer Spawn lui-même.

Nous avions déjà eu l'occasion de parler de Spawn lors de la sortie des intégrales publiées par Delcourt (cf cet article). Dans le cas de ce Spawn : Simonie, il s'agit d'une courte saga indépendante confiée aux bons soins d'une équipe 100% française. Le pitch de départ est signé Jean-François Porcherot, le scénario est l'oeuvre d'Alex Nikolavitch et le tout est supervisé, à l'époque, par Thierry Mornet (avant que ce dernier ne soit responsable de la ligne comics chez Delcourt, cf cet entretien).
L'on peut regretter la brièveté du récit et un scénario qui n'est pas sans faiblesses (persos traités un peu superficiellement, affrontement final vite expédié), toutefois, l'auteur parvient tout de même parfois à nous faire sourire grâce à des dialogues bien ciselés. Le fameux commissaire, aux réparties souvent drôles, aurait d'ailleurs mérité d'être creusé. Mais la force de cette oeuvre tient surtout dans son aspect graphique.

En effet, aux dessins l'on retrouve Aleksi Briclot, un artiste talentueux, et pourtant accessible, qui avait notamment eu la gentillesse de s'exprimer longuement sur ce blog lors d'un entretien. Les habitués des productions Marvel ont déjà pu admirer son travail sur les covers de New Avengers ou de Annihilation : Conquest. Pour ce passage dans l'univers de McFarlane, il est peu de dire qu'un soin particulier a été apporté aux planches. C'est tout bonnement magnifique, avec un Spawn plus esthétique que jamais, une très belle représentation de Paris (n'hésitez pas à jeter un oeil sur la photo ci-dessous) et une fort habile colorisation.
Semic ne s'y est pas trompé et a bien fait les choses en accordant à ce livre hardcover, grand format et papier glacé. Du coup ça fait un peu européen mais c'est joli quand même.

Un titre qui réconcilie les mots "french" et "comics", une association un peu mise à mal ces derniers temps. ;o)
Le prochain article clôturera, pour le moment, cette série Semic avec un petit Jeph Loeb de derrière les fagots (avant de retourner ensuite, bien sûr, vers notre chère Maison des Idées).

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