Affichage des articles triés par pertinence pour la requête fables. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête fables. Trier par date Afficher tous les articles

23 juin 2010

Fables : Les Fils de l'Empire

L'Adversaire met sur pied sa contre-attaque dans le tome #10 de l'excellente série Fables.

Fableville a marqué un point en détruisant la réserve de bois magique de Geppetto, même si l'action est avant tout symbolique. Le menuisier, qui dirige en fait l'Empire d'une main de fer, prépare une riposte à la mesure de l'affront qu'il a subi.
Les dignitaires de l'Empire sont réunis dans le but de trouver une solution finale au problème des rebelles exilés chez les communs. Lumi, la reine des Neiges, le roi des Nomes, le chevalier Point-du-Jour ou encore Hansel, le Grand Inquisiteur, mettent sur pied un plan terrible qui tient en quatre phases : la pestilence, le feu, l'hiver et la famine. Une fois abattus sur le monde, ces quatre fléaux doivent en précipiter la fin. La terre, stérile et vidée de ses habitants, pourrait même devenir une gigantesque prison pour les rares résistants encore présents dans les Royaumes...

Encore un excellent arc issu de la série écrite par Bill Willingham et dessinée par Mark Buckingham. Les préparatifs de la guerre sont mis en scène avec une rare intelligence, l'auteur se permettant même de décrire les dissensions existant au sein de l'état-major ennemi avec un certain réalisme. Tout comme d'ailleurs la partie dédiée à l'arrivée des plénipotentiaires de l'Adversaire, qui dépeint avec justesse les ressorts, parfois pervers, du jeu diplomatique. Rarement des contes auront été si proches de la réalité historique (et même actuelle).
Outre cet aspect martial et politique, ces quatre épisodes permettent d'introduire de nouveaux personnages, comme Raiponce ou le très inquiétant mais charismatique Hansel. L'on assiste également à un relookage - très réussi - du Chaperon Rouge. Les Fables se font décidemment très bien à notre époque. ;o)
A la fin de chaque chapitre, un bref récit vient apporter des renseignements supplémentaires sur l'un des protagonistes ou offrir un petit interlude sympathique. Mention spéciale pour "Le fin limier" et sa conclusion brillante, ainsi que "La route du paradis", fort drôle métaphore sur les apparences trompeuses et les conclusions hâtives.

Après plus de 50 épisodes, la qualité ne faiblit pas. Difficile de trouver le moindre défaut à cette saga passionnante qui allie souffle épique et émotion.


Les précédents articles sur Fables :

19 août 2009

Hit the road Jack !

Sortie aujourd'hui du premier volume de Jack of Fables, spin-off de la mythique série Fables.

Jack Horner est ce que l'on appelle un Fable. Il a bâti sa réputation autour d'un haricot magique et de quelques géants mais c'est surtout à Hollywood qu'il s'est révélé au monde en produisant une trilogie basée sur sa légende et, accessoirement, en faisant fortune. Fableville ayant ses règles, Jack est retrouvé par la Bête - remplaçant Bigby Wolf dans le rôle de shérif - qui lui confisque ses biens et lui signifie qu'il est banni du petit monde abritant secrètement les siens dans New York.
Une peine bien légère pour Jack, habitué à n'en faire qu'à sa tête et à parcourir le monde. Sauf que cette fois, Jack de tous les Contes risque de tomber sur plus fort que lui. Enlevé par une mystérieuse organisation, il découvre une prison, dirigée par Revise, que l'on appelle également le Bibliothécaire en Chef. L'homme s'est donné pour mission d'éradiquer toute magie de la surface de la terre. Pour cela, il retient captifs les Fables qui tombent entre ses mains et les condamne à l'oubli. Privés de la croyance populaire, les êtres mythiques perdent ainsi avec le temps leurs pouvoirs...
Voici un défi à la hauteur de Jack : s'évader de là où personne n'a jamais réussi à s'enfuir. Il va lui falloir déjouer bien des pièges et affronter une armée de gardes, les étranges bagmen.

Voici donc la série dérivée du riche univers de Fables (l'un des excellents titres Vertigo) et accordant la tête d'affiche au roublard Jack Horner. Ce dernier avait déjà pris son indépendance il y a quelques temps, dans le tome #8 en VF de la série régulière. Après qu'il ait été banni, la tentation était grande de suivre les pas de l'ex vedette hollywoodienne, voilà qui est fait avec toujours Bill Willingham au scénario, épaulé par Matthew Sturges. Pas de grande surprise donc sur le ton du récit qui reste aussi moderne et percutant.
Si l'on retrouve quelques scènes drôles ou osées, les auteurs conservent également ces petits moments d'émotions qui éclairent d'un jour nouveau les figures légendaires que nous connaissons tous au moins un peu. Pour ce premier arc de cinq épisodes, Boucle d'Or - toujours aussi délicieusement haïssable - fait notamment son grand retour mais l'on pourra également découvrir des personnages issus du Magicien d'Oz ou la célèbre Alice du pays des merveilles. Et même le lièvre et sa non moins célèbre adversaire, la tortue !

Question dessin, c'est Tony Akins qui se voit chargé de donner consistance aux mythes. Le style est tout à fait comparable à celui de la série mère, là encore le lecteur ne sera donc pas traumatisé par un grand changement. Un petit carnet de croquis, à la fin de l'ouvrage, permet d'ailleurs de profiter plus longuement du style simple, mais efficace et expressif, de l'artiste.
Les covers, elles, sont toujours signées James Jean.
Au final, ceux qui sont déjà conquis par Fables adoreront les aventures de Jack, palpitantes et gentiment épicées. Pour les nouveaux venus, il est tout de même préférable de commencer par la série principale si l'on veut saisir toutes les allusions et les rapports installés de longue date entre certains protagonistes (notamment ici la rancoeur de la jolie "bouclette" à l'égard de Fableville et de ses habitants).

Plus qu'une façon d'exploiter un filon, cette série est un ajout de qualité à l'univers de Fables. Il faut dire que les contes sont suffisamment nombreux et le talent de Willingham suffisamment grand pour pouvoir supporter encore de nombreuses ramifications.
Autant de raisons pour emboiter le pas au vieux Jack.

22 mars 2010

Fables : où il est question de Loups et de sentiments

Suite de la série Fables avec le tome #9 qui sort ce mois en VF et contient le déjà mythique épisode #50.

Il y a bien des séries de qualité publiées sous le label Vertigo, mais Fables fait assurément partie des incontournables, comme nous avions déjà pu nous en rendre compte à l'occasion de cette petite présentation ou encore pour la sortie du spin-off Jack of Fables.
Nous sommes arrivés maintenant à un moment charnière de l'aventure (attention, petits spoilers pour ceux qui n'auraient pas lu le début). Nous connaissons l'identité de l'Adversaire, Fableville a montré qu'elle pouvait soutenir un assaut de la part de l'Empire, et les remous internes consécutifs à la révolte de la Ferme sont en passe de s'apaiser. Et malgré tout, Bill Willingham, génial scénariste de cette saga, est loin d'avoir épuisé toutes les ressources du riche univers qu'il a su créer. Que ce soit par des intrigues diplomatiques, amoureuses ou policières, l'auteur parvient toujours à se renouveler et nous surprendre.

Ce tome commence avec un récit centré sur l'ennemi, et même plus particulièrement un soldat de bois qui s'éprend de l'une de ses semblables et va tenter de reproduire les gesticulations amoureuses des êtres de chair. A la fois drôles et émouvants, ces deux épisodes permettent non seulement de ne pas figer les sbires de l'Adversaire dans une position trop monolithique mais, en plus, ils débouchent sur une conclusion inattendue qui sert parfaitement l'histoire et aura sans doute des répercussions importantes.
On peut difficilement faire mieux au niveau de l'écriture.
La suite est tout aussi excellente, avec un Mowgli sur les traces de Bigby, ancien shérif de Fableville. Ce dernier est en effet rappelé par l'actuel maire afin d'accomplir une mission de représailles de la plus haute importance, non seulement pour l'ensemble des Fables mais pour son propre avenir (rappelons qu'il est en exil et ne peut rejoindre sa femme et ses enfants). L'heureux évènement de l'épisode #50 vaut à lui seul le détour tant on l'attendait avec impatience. Là encore on notera les nombreux détails sympathiques - et souvent drôles - dont est parsemé le récit. La gaffe du petit Spectre sur les "trucs d'amoureux" par exemple. ;o)

On termine sur une mission, diplomatique cette fois, menée par la belle et débrouillarde Cendrillon, toujours heureuse de pouvoir mener son ex mari à la baguette. Une bonne occasion également de découvrir un peu les Royaumes des Nuages et leurs habitants. L'ouvrage se termine sur une carte de la Ferme (plutôt jolie) et un plan de Fableville (fonctionnel mais laid).
Les dessins sont assurés par l'habituel Mark Buckingham ainsi que Jim Fern et Shawn McManus. Graphiquement, le style reste assez commun, ni moche, ni franchement exceptionnel (au contraire des magnifiques covers de James Jean).
Je ne peux en tout cas que vous inciter à plonger dans cette série, même si le concept vous paraît étrange, même si les planches ne vous attirent pas plus que ça, soyez certains qu'il s'agit là de l'un des meilleurs moments de lecture de ces dernières années, proposant une réécriture moderne des personnages de contes, de l'humour, quelques drames et romances, une lutte épique - politique et militaire - contre un ennemi original et... l'union magnifique du Grand Méchant Loup et de Blanche Neige.
Comme quoi, les méchants au grand coeur gagnent parfois à la fin.
Dans les comics en tout cas.

Enorme et addictif.

01 décembre 2011

Fables : War and Pieces

Le quatorzième tome de Fables est disponible depuis hier et met un terme à la guerre contre l'Adversaire.

Le moment est enfin arrivé, pour Fableville, de lancer un large assaut contre l'Empire et ses armées. La libération des Royaumes dépend de plans audacieux menés simultanément.
Alors que le vaisseau "Gloire de Bagdad", avec à sa tête le Prince Charmant et Sinbad, est chargé de bombarder les portails reliant l'Empire à la Terre, Bigby, lui, doit tenir une position stratégique, essentielle en cas de repli, autour d'un haricot magique. Pendant ce temps, la Belle au bois dormant, au coeur même de la capitale impériale, doit profiter d'une réunion des sorciers de combat pour les mettre hors d'état de nuire.
Enfin, les Fables peuvent compter, en plus de leur propre magie, sur les armes à feu des communs. Un élément que l'Empire n'a jamais souhaité intégrer à ses propres troupes.
Pour tous, c'est maintenant le moment de vérité.

Ce tome sonne comme une fin, non de la série mais au moins d'un cycle. Aux commandes, toujours Bill Willingham au scénario, accompagné cette fois, pour les dessins, de Mark Buckingham, Steve Leialoha, Niko Henrichon et Andrew Pepoy.
Ces six épisodes commencent plutôt sur le ton de l'humour, avec un Boy Blue quelque peu déconcerté par la psychologie féminine (également complexe chez les Fables !). L'on passe ensuite à une mission de sauvetage impliquant Cendrillon, une charmante espionne ayant eu des siècles pour peaufiner ses techniques d'infiltration et de combat. Enfin, l'on en arrive au conflit proprement dit. Depuis le temps que cela couvait, on s'attendait à une bataille monstrueuse, mais l'auteur parvient encore à nous surprendre. Et pas forcément de la meilleure des façons.

La surprise vient tout d'abord de jolies trouvailles, comme le vaisseau arabe à base de tapis volants, ou les bombes artisanales guidées avec l'aide de ces mêmes tapis. Malheureusement, le reste tombe un peu à plat. Si l'on parvient à s'expliquer l'écrasante supériorité des Fables grâce aux armes à feu et à l'approvisionnement continu assuré par des moyens magiques, les forces de l'Empire, que l'on nous avait pourtant montrées comme terrifiantes (à juste titre puisque responsables de l'écrasement de centaines de royaumes), paraissent ici bien dérisoires.
Même le duel final est (trop) vite expédié, enlevant à l'ensemble le côté épique que l'on espérait pourtant. Pire encore, les pertes, bien que minimes, sont très mal gérées et les personnages qui tombent au champ d'honneur le font dans l'indifférence générale. C'est, à n'en pas douter, une petite déception, et donc une première pour cette série qui nous a habitué à du haut de gamme depuis si longtemps.

Il serait exagéré de parler de ratage complet, mais après nous avoir préparé, pendant plus de 70 épisodes (sans compter les spin-offs ou les romans), à un affrontement titanesque, cette conclusion a de quoi désappointer. Où sont les épouvantables hordes de l'Empire ? La perfidie de ses chefs ? Les morts déchirantes ? Les sacrifices héroïques ? L'aspect dramatique ? Le suspense ? Nulle part. Willingham a fait le choix, difficilement compréhensible, de ne pas donner aux lecteurs ce qu'il les avait pourtant préparés à recevoir.
Bien entendu, décontenancer le lectorat peut être une bonne idée, mais pas au détriment de l'histoire. Or, ici, l'on a l'impression que le scénariste, après avoir réussi à nous envoûter grâce à l'humour, l'émotion, la force de son récit (cf cette chronique), rate totalement son grand final, en en faisant une bataille aseptisée et fade. Une fadeur d'autant plus évidente qu'elle peut être comparée avec la maestria de Willingham quand celui-ci parvenait à nous émouvoir du sort d'un simple soldat de bois (cf tome #9)... au lieu de cela, il faut se contenter d'une reine des Neiges qui s'endort paisiblement, de centaines de dragons qui périssent sans faire aucune victime (et sans que l'on s'intéresse à leur sort), etc.
Heureusement, ce n'est pas la fin de la série, cela n'aurait pas été lui rendre justice que de l'arrêter sur cet arc.

Notons également que, contrairement à ce que fait Panini d'habitude sur cette série, l'on ne trouve dans ce tome ni le petit résumé de la situation, ni la traditionnelle présentation des personnages principaux. 

On s'attendait au Jour le plus long, on a Martine à la plage.
Difficilement compréhensible de la part d'un écrivain aussi talentueux. D'un autre côté, comme les creux de Willingham correspondent aux sommets de pas mal d'autres auteurs, il lui sera beaucoup pardonné.

21 avril 2012

Fables : L'Age des Ténèbres

La suite de la série Fables vient de sortir et quitte Panini pour rejoindre Urban Comics.

Le dernier tome en date contait la chute de l'Adversaire et la fin du conflit menaçant Fableville, avec d'ailleurs une conclusion qui manquait singulièrement de panache. Ce quinzième volume renoue heureusement - et de quelle manière ! - avec les qualités qui ont fait la réputation et le succès de ce titre.
Aux commandes, toujours Bill Willingham au scénario, accompagné au dessin par Michael Allred, Mark Buckingham, Peter Gross et David Hahn. C'est sans doute Buckingham qui s'en sort le mieux, bien que globalement, l'aspect graphique reste le point faible de cette série qui aurait méritée des planches plus léchées et moins enfantines, à l'image des magnifiques covers.

Mais intéressons-nous plutôt au récit. Les sept épisodes (Fables #76 à #82) regorgent de surprises et de bons moments. L'on assiste tout d'abord aux réactions des habitants découvrant Gepetto se promenant libre parmi eux après son amnistie. Une source de tensions, mais rien en comparaison d'une nouvelle menace, terrifiante, qui fait son apparition.
A peine remis d'une guerre, les Fables doivent maintenant encaisser une terrible attaque aux conséquences dramatiques. Contrairement à l'Adversaire, dont l'identité était restée cachée longtemps, l'auteur nous dévoile tout de suite ce nouvel ennemi, plutôt charismatique.
Comme toujours, les histoires sentimentales se mélangent aux missions d'espionnage ou encore à la gestion politique des crises, le tout avec une grande fluidité et une parfaite maîtrise narrative.

L'on se demandait si l'intérêt n'allait pas retomber après la chute de l'Empire (qui d'ailleurs est plus décapité que réellement balayé), voilà de quoi dissiper nos inquiétudes.  On assiste notamment à quelques scènes choc qui auraient bien pu devenir cultes si elles avaient été plus portées par les dessins.  Seule la petite partie centrée sur Mowgli est un peu en dessous, tout le reste étant aussi passionnant et profond qu'aux débuts de la série.
Willingham continue de mener son petit monde avec talent, et il en faut pour mettre en scène des personnages de contes, des bestioles douées de parole, des êtres aussi fantastiques que parfois improbables, tout en ne laissant aucun doute au lecteur sur la réalité de leurs sentiments, de leurs souffrances, de la moindre de leur joie ou de leur peine. Cela représente beaucoup de travail, de savoir-faire, et un peu de cette magie sans laquelle les conteurs ne seraient que des bonimenteurs de plus. Ici le mensonge devient un enchantement. Et il fait bon d'y croire, au moins un instant.

Notons que Urban a laissé ici de côté son habituelle hardcover pour conserver le format souple initié par le précédent éditeur, ce qui permet, pour les collectionneurs un peu pointilleux, de ne pas avoir un ensemble trop dépareillé. Enfin, Urban a également rétablit le petit résumé de la situation et la présentation des personnages.

Un excellent comic, à classer parmi les grandes réussites de la BD américaine.

08 décembre 2008

Fables ou la cruelle légende du Merveilleux réfugié chez nous

Coup de projecteur sur Fables, une extraordinaire série puisant dans les mondes merveilleux de l'enfance pour nous en offrir une vision moderne et passionnante.

Les Fables quittent leurs royaumes magiques. Les peuples fabuleux fuient l'Adversaire et ses hordes. Ils aboutissent dans le monde commun, à New York précisément, où ils fondent Fableville, éloignant les curieux à coups de sortilège. Certains réfugiés, ne pouvant prendre une apparence humaine, sont contraints d'habiter à la Ferme, lieu où sont également expédiés les habitants qui ne suivent pas les règles.
Le chef de tout ce petit monde est le maire de Fableville mais, en réalité, c'est son adjointe, Blanche-Neige, qui fait le plus gros du travail. Bigby Wolf a, lui, le poste de shérif. Intrigues politiques, révolution, meurtres : de nombreuses menaces vont démontrer que le destin réservait un peu plus à nos célèbres icônes qu'un "... et ils vécurent heureux."

Nous voici donc devant une nouvelle série Vertigo. J'avoue n'avoir pas été du tout attiré par cet univers quand j'ai commencé à en entendre parler. Sans doute parce que les Cendrillon et autres Grand Méchant Loup ne m'inspiraient que moyennement. Et pourtant, passer à côté de Fables serait pure folie, surtout lorsque l'on aime les grands moments de lecture.
Tout d'abord, précisons bien qu'il ne s'agit pas d'une relecture des contes les plus connus mais bien d'une histoire globale - et originale - dont les protagonistes évoquent sans doute des souvenirs à la plupart d'entre-nous mais qui sont ici traités d'une manière profondément différente. Fini le symbolisme subtil des contes et les grands idéaux, la réalité a rattrapé la magie ! Le Prince Charmant en est à son troisième divorce, Boucle d'Or est une maoïste révolutionnaire (!), Blanche-Neige ne veut plus entendre parler des Sept Nains et la Belle et la Bête ont des problèmes de couple.

Le scénario est l'oeuvre de Bill Willingham qui frappe ici un grand coup en nous démontrant, en plus d'une grande imagination, une parfaite habileté dans la narration. Le premier épisode est à ce titre exemplaire tant il permet à la fois d'installer rapidement les personnages principaux et de mettre en place une première intrigue, tout cela avec une grande liberté de ton et un humour des plus jouissifs. Car évidemment, puisque l'on ne s'adresse plus à des enfants, il n'y a plus nécessité d'édulcorer les dialogues ou de remplacer une scène de sexe par un chaste baiser. ;o)
Le plus grand tour de force de l'auteur reste tout de même d'avoir su insuffler chez le lecteur un sentiment de proximité avec les personnages par le biais de noms connus tout en parvenant à construire son propre monde. En plus des noms déjà évoqués, l'on peut citer Pinocchio, le Petit Chaperon Rouge, Barbe-bleue, Sinbad ou encore Mowgli, la seule limite imposée à Willingham étant un problème bassement terre-à-terre de droits car, évidemment, il faut qu'un personnage soit tombé dans le domaine public pour pouvoir l'utiliser.

Les dessins sont assurés, dans un premier temps, par Lan Medina. C'est ensuite Mark Buckingham qui va lui succéder. Le graphisme est un peu passe-partout mais ce qui pourrait passer pour de la fadeur sur un autre titre va ici donner aux personnages un côté intemporel plutôt positif. Et, s'il est difficile de s'extasier sur les planches de la série, il est tout aussi difficile de franchement être rebuté. Certaines scènes valent tout de même le coup d'oeil, comme la découverte, très bien amenée, du bureau de Blanche-Neige dans un "plan" large qui fait son petit effet. Les personnages bénéficient également d'un traitement sympathique et inspiré qui correspond, peu ou prou, au respect de certaines "grandes lignes" obligatoires mâtinées d'une mise à jour relativement douce. Bigby par exemple a un côté inquiétant correspondant à son mythe mais il pourrait aussi bien être un privé un peu glauque du Los Angeles des années 30 qu'un pur produit de 2008.

La série est bien sûr traduite en français. Les deux premiers volumes, parus chez Semic, se trouvent encore facilement. Les suivants ont été édités par Panini, le sixième, Cruelles Saisons, venant de sortir récemment (le mois dernier). Le format 100% Vertigo permet de s'offrir régulièrement une bonne fournée d'épisodes pour un prix raisonnable. Les covers, de James Jean, sont presque devenues cultes également tant elles s'éloignent volontairement (à l'image de celles de Sandman) du style des pages intérieures. Elles donnent aux recueils un style à part à l'esthétisme envoûtant. Et un livre étant aussi un bel objet que l'on aime admirer, c'est un plus indéniable.

Une série magnifique qui ne peut être cantonnée à une simple variation sur des personnages connus tant elle couvre plusieurs genres et possède un pouvoir d'addiction hors du commun. L'essayer, c'est d'abord se rendre service à soi-même. Tout est réuni pour que la rencontre soit un coup de foudre. A vous de ne pas rater le coche. ;o)

12 avril 2011

Best Of des Séries et Graphic Novels Hors Marvel

Nouveau dossier dans la section Zoom (permettant, à gauche du blog, un accès rapide à diverses rubriques facilement identifiées par un visuel adapté) avec le Best Of Hors Marvel.
Il existe bien sûr déjà une rubrique best of, mais celle-ci n'est finalement qu'un libellé parmi tant d'autres et, surtout, certaines séries finissent par y apparaître plusieurs fois, noyant un peu les publications plus rares ou particulières.
Partant de ce constat, et tenant compte des demandes répétées que je reçois régulièrement par mail, j'ai pensé qu'il serait intéressant et pratique, notamment pour les lecteurs un peu perdus et en quête d'ouvrages de qualité, de faire un récapitulatif de ce que l'on peut trouver de mieux en comics ou même BD au sens large en dehors des titres phare du Marvelverse.

Pour chaque oeuvre listée ci-dessous, vous trouverez : le titre, une illustration, le genre (souvent accompagné de précisions permettant de mieux situer l'oeuvre), l'éditeur français, les liens vers la ou les chroniques détaillant la série ainsi qu'un bref commentaire qui, évidemment, ne peut remplacer la lecture des articles complets. Cette liste n'est bien sûr pas exhaustive et évoluera dans le temps.



Walking Dead

Genre : post-apocalyptique à base de zombies

Editeur : Delcourt 

Lien(s)tome #13 (+ liste des articles consacrés au sujet)
Quand les morts marchent (article de fond sur les premiers tomes)

En résumé : la lutte d'un groupe de survivants après une invasion de zombies ayant entrainé la chute de la civilisation. Suspens et scènes choc. Psychologie des personnages très développée. Excellent.



Bone 

Genre : Heroic-Fantasy Fantasque (personnages à gros nez, humour et une pincée d'émotion)

Editeur : Delcourt

Lien(s) : L'étrange périple des cousins Bone (série)
Le projet Bone (artbook)

En résumé : les péripéties de trois cousins confrontés à un monde étrange au bord de la guerre.



Preacher

Genre : road comic trash (violence, humour et perversions)

Editeur : Panini

Lien(s) : tomes #1 - #5 - #7 - #8

En résumé : une oeuvre détonante et intelligente qui mérite bien la note de 7 coups de pied au cul sur l'échelle ouverte de Custer.



Fables

Genre : Urban Fantasy (terme quelque peu barbare pour dire que ça se passe de nos jours mais qu'il y a de la magie)

Editeur : Panini

Lien(s) : Fables (présentation de la série)
tomes #9 & #10
Jack of Fables (spin-off)
Peter & Max (roman tiré du même univers)

En résumé : les personnages des contes de notre enfance réactualisés dans un récit mélangeant combats épiques, romance, humour et enquêtes.



Girls

Genre : Thriller paranormal

Editeur : Delcourt

Lien(s) : Les filles de Pennystown

En résumé : un petit village de la campagne américaine dont la tranquillité est bouleversée par l'arrivée d'étranges filles dénudées quelque peu psychopathes et par la présence d'un dôme isolant les habitants de Pennystown du reste du monde.


The Unwritten

Genre : Harry Potter-Like

Editeur : Panini

Lien(s) : Entre les Lignes

En résumé : le fils d'un romancier à succès qui porte le même nom que l'un des personnages de son père se voit entrainé dans une rocambolesque aventure remettant en cause jusqu'à sa propre existence.



C'est un Oiseau

Genre : Indéfinissable. Ou alors du genre qui vous rend meilleur.

Editeur : Panini

Lien(s) : C'est un oiseau

En résumé : un écrivain à qui l'on propose de prendre en main la série Superman doit faire face au manque d'inspiration et à un douloureux secret de famille. Emouvant, brillant, magistral.
 


Logicomix

Genre : de la science passionnante, avec un brin de philosophie

Editeur : Vuibert

Lien(s) : Logicomix

En résumé : la quête, historique, de la logique mathématique. A conseiller à tout le monde et spécifiquement aux professeurs souhaitant démontrer à leurs élèves que l'aventure scientifique est l'un des plus passionnants thriller qui soit.



We3

Genre : action & bestioles (avec grosse charge émotionnelle)

Editeur : Panini

Lien(s) : We3

En résumé : d'innocents animaux de compagnie, utilisés comme cobayes pour mettre au point de nouvelles armes, s'enfuient et cherchent à retrouver leur maison. Poignant.



Loveless

Genre : western, yep !

Editeur : Panini

Lien(s) : Loveless

En résumé : des brutes et des flingues, habilement mis en scène.






Strangers in Paradise

Genre : action/émotion/humour/filles sexy (strike !)

Editeur : Kymera

Lien(s) : SiP

En résumé : la douce et romantique Francine et la pétillante Katchoo sont confrontées à divers problèmes qui vont du petit ami indélicat à des règlements de compte avec une faune interlope. Très loin des clichés, l'écriture de cette série trop peu connue est un exemple de savoir-faire.



Légendes de la Garde

Genre : heroic-fantasy à base de souris pour les grands

Editeur : Gallimard

Lien(s) : tomes #1 & #2

En résumé : complot et lutte pour la survie dans un monde hostile où la Garde constitue l'élite du petit peuple des souris. Efficace.




VHB

Genre : uchronie mi-SF mi-horrifique et totalement addictive

Editeur : Phylactères

Lien(s) : Vampires Hunters Brigades (tomes #1 à #4)
VHB #5

En résumé : dans un monde futuriste dans lequel les peuples de la nuit ont quitté les ténèbres pour faire partie intégrante de la société, des brigades spécialisées s'occupent des affaires impliquant vampires et lycanthropes. Styles graphiques divers et bien souvent magnifiques servant une intrigue bien fichue. Ambiance radicalement différente selon les épisodes mais un vrai liant donne au tout un charme indéniable.



Locke & Key

Genre : thriller paranormal

Editeur : Milady

Lien(s) : tome #1

En résumé : suite à l'assassinat de leur père, trois gamins déménagent pour une demeure pleine de secrets et de surprises. Savoureux cocktail mélangeant maison hantée et serial-killer. Servi frais et sanglant.



FreakAngels

Genre : post-apocalyptique/fantastique

Editeur : Le Lombard

Lien(s) : tomes #1 - #2

En résumé : dans un Londres recouvert par les eaux, 12 enfants aux capacités spéciales protègent un petit quartier.





The Boys

Genre : super-héroïque réaliste/trash/intelligent

Editeur : Panini

Lien(s) : tomes #1 - #7

En résumé : dans le monde réel, les super-héros ne se comportent pas toujours bien. Pour les encadrer, des barbouzes aux méthodes musclées n'hésitent pas à trancher dans le vif ! Une réussite à la Ennis, épicée mais sensée.



Rex Mundi

Genre : Uchronie historique (à fort relents religieux)

Editeur : Milady

Lien(s) : tomes #1 - #2 - #3

En résumé : le monde et la géopolitique présentés ici prennent rapidement le pas sur des personnages un peu fades. La richesse de l'univers et le suspens présent permettent néanmoins de s'immerger totalement dans une France des années 30 sous la coupe de l'Inquisition.



From Hell

Genre : sublimation de fait divers

Editeur : Delcourt

Lien(s) : From Hell

En résumé : 1888. Dans le quartier de Whitechapel, Jack va bientôt devenir une légende. Un travail absolument monumental, peut-être le plus impressionnant d'Alan Moore.



Block 109

Genre : uchronie (suspens/action)

Editeur : Akileos

Lien(s) : Block 109

En résumé : aux confins de plusieurs influences, une histoire brutale et intelligente, aux graphismes séduisants.





Identity Crisis

Genre : super-héroïque accessible et bien fichu

Editeur : Panini

Lien(s) : IC en DC Deluxe

En résumé : tuer un héros, c'est une chose. S'en prendre à sa famille, c'en est une autre. La JLA est en danger. Une enquête classique mais maîtrisée qui débouche sur de fort jolies scènes. Un très bon moment parmi les Masques.



Chew

Genre : polar déjanté (humour/pouvoirs bizarres)

Editeur : Delcourt

Lien(s) : tome #1 (VO) - tome #2 (VF)

En résumé : l'agent Tony Chu est cibopathe. Il peut voir ce qui est arrivé à un aliment (ou à... autre chose) lorsqu'il le goûte. Original et agréable.



Powers

Genre : polar super-héroïque

Editeur : Semic puis Panini

Lien(s) : Powers

En résumé : des flics enquêtent sur des affaires impliquant des encapés. Multiples références, clins d'oeil et bons moments. Culotté et profond.




Blankets

Genre : regard sur l'adolescence et les premières émotions

Editeur : Casterman

Lien(s) : Blankets

En résumé : banal en apparence mais terriblement prenant. Une réflexion douce-amère à aborder au chaud sous la couette.



Courtney Crumrin

Genre : fantastique féminin original et impertinent (le contraire de la Bit-Lit ?)

Editeur : Akileos

Lien(s) : Courtney Crumrin

En résumé : une écriture d'une rare qualité qui décrit l'enfance telle qu'elle est et non telle que les adultes la fantasment une fois qu'ils en sont sortis. Meurtres et petites perfidies. Tout public.



Le Fluink

Genre : expérimental accessible

Editeur : Le Cycliste

Lien(s) : Le Fluink

En résumé : il est possible de révolutionner complètement la forme graphique de la BD tout en proposant une vraie histoire, les auteurs du Fluink ne sont pas les premiers à le démontrer mais leur univers, étrange et poétique, est sans doute l'un des plus attachants qui soit.



Freaks' Squeele

Genre : inspirations diverses, action, humour, personnages charismatiques

Editeur : Ankama

Lien(s) : tomes #1 & #2

En résumé : une université déjantée pour apprendre le super-héroïsme. Une BD française puisant dans les codes des manga et comics et parvenant à les digérer et réinventer de belle manière.



L'Art Invisible

Genre : essai

Editeur : Delcourt

Lien(s) : Understanding Comics

En résumé : quand Scott McCloud explique quelque chose, il est conseillé d'être attentif. Le type sait de quoi il parle et, en plus, son propos didactique est limpide, tant sur le fond que la forme. Indispensable pour tout auteur, conseillé même pour les lecteurs.



Luther Arkwright

Genre : uchronie complexe (prouesse visuelle)

Editeur : Kymera

Lien(s) : Luther Arkwright

En résumé : science-fiction et steampunk sont ici magnifiés par des dessins d'une virtuosité hallucinante. Bryan Talbot est un génie, quiconque prétend s'intéresser à la BD se doit un jour de lécher ses planches du regard (et seulement du regard, parce que sinon c'est dégueulasse et ça ne sert à rien).



Torso

Genre : polar historique

Editeur : Semic

Lien(s) : Torso

En résumé : une histoire vraie impliquant Eliot Ness et le premier serial-killer de l'Histoire ! Du très grand Bendis.





Strangehaven

Genre : inclassable, thé et verdure, mystères et voisins étranges (une merveille !)

Editeur : Akileos

Lien(s) : Strangehaven

En résumé : ça, ça ne plaira peut-être pas à tout le monde, c'est spécial, on ne sait pas trop où l'on va, mais... ça fonctionne.



Watchmen

Genre : chef d'oeuvre indispensable

Editeur : Delcourt/Panini/Urban Comics (version Delcourt et Urban vivement conseillées au niveau de la traduction)

Lien(s) : la série 
Watching the Watchmen (genèse de l'oeuvre)
Rorschach : L'Encre des Origines (étude de personnage) 
Heroclix Watchmen (produits dérivés)
Watchmen (version Urban Comics)

En Résumé : un classique, une borne artistique et chronologique donnant plus ses lettres de noblesse au genre super-héroïque qu'il ne le "commente" ou en détourne les codes. Brillant, tant sur le fond que la forme.



Fell

Genre : polar/ambiance glauque/cauchemar éveillé

Editeur : Delcourt

Lien(s) : Les jours et les nuits de Snowtown
En Résumé : entre un meurtre par lavement au whisky ou un vol de foetus, Richard Fell va découvrir Snowtown et sa faune. Un flic face à l'horreur quotidienne et la tâche harassante qui consiste à tenter de... protéger et servir. 





Top 10

Genre : polar super-héroïque

Editeur : Urban Comics à l'heure actuelle

Lien(s) : les mini-séries  
La série principale

En Résumé : La vie ordinaire d'un commissariat dans une ville extraordinaire, peuplée de surhumains, de robots et d'étranges créatures. Très bien écrit et bourré de références.



Les Seigneurs de Bagdad

Genre : chef-d'oeuvre animalier

Editeur : Urban Comics

Lien(s) : le graphic novel

En Résumé : Naguère, ils étaient les seigneurs de Bagdad, aujourd'hui, libérés par un bombardement, Zill, Safa, Noor et Ali découvrent le prix de la liberté. Une fable touchante et percutante, mettant en scène de nobles félins.