27 juin 2013

Fantomiald : quand Donald joue les justiciers

L'on n'évoque pas très souvent les canards par ici, nous allons donc faire une exception avec un Mickey Parade Géant hors série, sorti hier, et dont la tête d'affiche est Fantomiald.

L'année dernière, à l'occasion d'une chronique concernant L'Intégrale Don Rosa, et plus spécialement les épisodes consacrés à la Jeunesse de Picsou, j'avais émis le souhait de voir un jour les épisodes de Fantomiald regroupés dans une collection à part. Nous n'en sommes pas encore là mais ce hors série, qualifié de collector, nous permet tout de même de nous intéresser au personnage.
Tout d'abord, pour ceux qui seraient vraiment largués, qui est donc Fantomiald ?

Chez les Duck, Donald a toujours attiré la sympathie des lecteurs. Coincé entre un oncle avare et colérique, et des neveux trop malins et quelque peu donneurs de leçons, le canard malchanceux fait office de héros idéal, auquel il est possible de s'identifier facilement. Malgré tout, comme pour tous les personnages de losers, il est particulièrement jouissif de le voir parfois prendre une petite revanche. C'est là que Fantomiald intervient.
Alors qu'il hérite d'une villa qui en réalité était destinée à Gontran, Donald découvre un repaire secret, un costume et un livre racontant l'histoire de l'ancien propriétaire des lieux. Avec l'aide de Géo Trouvetou, qui va lui confectionner de nombreux gadgets, Donald va prendre la relève et devenir Fantomiald.
Si au départ il ne cherche qu'à se venger de son oncle Picsou en lui jouant un bon tour (il lui dérobe son matelas), il va peu à peu évoluer vers un rôle plus traditionnellement super-héroïque en combattant le crime.

Le personnage de Fantomiald n'a pas été développé aux Etats-Unis mais en Italie, en 1969, par Guido Martina, d'après une idée d'Elisa Penna, rédactrice en chef de Topolino (le Journal de Mickey local). Il s'appelle Paperinik dans la version originale, et parodie ouvertement Diabolik, autre série italienne, elle-même inspirée de Fantômas. Pour corser le tout, une autre version du personnage apparaîtra bien des années plus tard sous le nom de Power Duck (exit alors la villa, Géo et le cadre familier de Donaldville, pour laisser place à la Ducklair Tower, un super-ordinateur appelé Uno et des ennemis extraterrestres).
Mais revenons à notre numéro collector, contenant tout de même plus de 330 pages.
Tout commence avec un rappel des origines de Fantomiald et la première aventure du héros (lorsque Donald découvre la villa Rose). Un choix logique et pertinent. Les autres aventures sont ensuite bien plus récentes (post-2000) et sont issues de revues italiennes ou danoises. Fantomiald va affronter Sableman, se faire démasquer par ses neveux, faire face à un hypnotiseur qui souhaite découvrir son identité et même voyager dans le futur. Le dernier récit revient sur Fantomius, le héros ayant inspiré Fantomiald.
Bien entendu, ces histoires sont surtout destinées à un très jeune public, il faudra donc les juger en conséquence. Globalement, l'ensemble est plutôt agréable.

Malheureusement, les trois derniers récits sont consacrés à... Mickey. Bon, le mag porte son nom, donc il fallait bien lui faire une petite place, mais l'éditeur aurait pu se contenter d'une seule histoire, surtout dans un spécial Fantomiald. D'un autre côté, pour être honnête, il faut avouer que la sélection concernant la souris n'est pas trop mal, avec notamment une ambiance assez étrange (et effrayante, brrrr) due à la Dimension M.
Le reste est très bien fichu. Outre les nombreux jeux (mots fléchés, sudoku, rébus, jeux des erreurs, etc.), là encore destinés aux enfants, pas la peine de vous vanter d'avoir tout terminé en cinq minutes (j'en connais qui vont mettre beaucoup plus, ceci dit), l'on trouve des pages d'info bien conçues. Chaque histoire est très bien présentée, avec un topo sur sa première publication et l'équipe créative, ainsi qu'un petit mémo thématique. Les armes et gadgets de Fantomiald sont exposés sur deux pages et les différences entre Fantomiald et Power Duck sont brièvement expliquées également. 
Plutôt complet et soigné donc. 
Petite anecdote amusante : dans l'un des mémos, l'on nous explique que "Fabuland" est le nom danois de Fantomius et que si on le trouve dans une histoire, c'est que le traducteur était mal réveillé. Or, évidemment, pas de bol, il y a effectivement un "Fabuland" dans l'un des récits issus des revues danoises. ;o)

Au final, voilà un hors série qui aurait pu être vraiment collector s'il n'avait contenu que du Fantomiald. L'ensemble reste tout de même bien conçu et parfaitement adapté aux enfants ou aux grands nostalgiques.

+ Les canaaaaaaards !!
+ Fantomiald
+ infos et mise en contexte des récits
+ bourré au maximum sur plus de 330 planches (même les deuxième et troisième de couverture comportent de petits gags dessinés)
+ prix raisonnable (4,90 €)
+/- destiné évidemment en priorité aux plus jeunes (ce qui n'est pas négatif ou positif en soi)
- trois histoires de Mickey, c'est clairement trop pour un spécial Fantomiald