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10 mai 2015

Spider-Man : fin du prologue Spider-Verse

Le Spider-Man #5 de ce mois contient la fin du prologue Spider-Verse et voit la nouvelle Ms. Marvel faire une apparition.

Spider-Verse, l'énorme évènement arachnéen, débutera le mois prochain dans la revue du Tisseur. Nous sommes toutefois déjà un peu dans le bain depuis plusieurs mois puisque de petits prologues ont déjà contribué à présenter les forces en présence, que ce soit Morlun (dont on peut découvrir les débuts dans ce Marvel Icons) et les siens ou la petite armée levée par le Superior Spider-Man.


Ce mois-ci, l'intrusion dans l'intrigue multiverselle (cf. cet article pour en connaître les grandes lignes) nous permet de découvrir Spider-UK et le Captain Britain Corps ou encore d'en apprendre plus sur Karn, l'un des dévoreurs d'araignées qui cache un lourd secret sous son masque.
Mayday Parker, la Spider-Girl de l'univers 982, fait également son entrée en scène. 
Tout cela est globalement plus intéressant que ce qui était dévoilé le mois dernier et donne envie de plonger dans la grande confrontation qui s'annonce. Mais jetons un œil aux séries régulières.

Une petite nouvelle fait son apparition dans Amazing Spider-Man. Il s'agit de Kamala Khan, une jeune fille qui incarne désormais la nouvelle Ms. Marvel (dont Jiji nous a parlé ici). 
La rencontre n'est pas désagréable, le côté "fan" de Kamala étant même assez drôle, mais l'on sent qu'il s'agit essentiellement d'une opération destinée à faire connaître la nouvelle venue. 
Plus anecdotique, l'on peut également découvrir dans ces épisodes la nouvelle tenue de Silk. La précédente (qui avait son charme et était entièrement faite de toile) n'aura pas tenu bien longtemps !
Beaucoup d'action dans cette fournée et un Parker qui joue les bons samaritains en embauchant un ancien criminel dans sa boite. 

Le chapitre consacré à Spider-Man 2099 est lui aussi issu des prologues Edge of Spider-Verse. Tout commence par l'assassinat du Miguel O'Hara de la Terre 98120, sous le nez de ses collègues Avengers. Le Miguel que l'on connaît, actuellement coincé sur la Terre 616 (donc l'univers Marvel classique), subit les effets de la mort de ses doubles dans les univers parallèles.
Tout cela permet de faire monter la pression en attendant le coup d'envoi de Spider-Verse. Les dessins de Rick Leonardi s'avèrent un peu limites sur certaines cases et n'aident pas à renforcer l'ambiance pourtant tendue.

Comme toujours, l'épisode des New Warriors décroche la place peu enviée de série la plus faible de la revue, même si une scène entre Faira et Thor est aussi surprenante que drôle (la tête du dieu nordique quand il se fait "baffer" vaut à elle seule la lecture de l'épisode). Mis à part ça, et un sermon des Avengers qui reprochent à Justice les évènements de Stamford (qui ont conduit à la guerre civile entre les surhumains), pas grand chose à signaler.

On termine par Superior Foes of Spider-Man, qui touche d'ailleurs à sa fin. La série, bien que graphiquement quelque peu faiblarde (faiblesse souvent compensée par des trouvailles visuelles astucieuses), s'est révélée drôle et rafraichissante, Nick Spencer parvenant à parfaitement se servir de la galerie de seconds couteaux à sa disposition.
Gags, trahisons et répliques savoureuses auront formé un cocktail addictif et innovant, flirtant avec le style comico-policier et déjanté d'un Guy Ritchie ou des frères Coen. 

Un numéro finalement assez moyen qui fait office de gros teaser pour Spider-Verse.

+ qualité des prologues
+ arrivée de Kamala
+ le style Spencer
- les New Warriors toujours aussi peu inspirés






04 mars 2015

Spider-Man : prologue de Spider-Verse

Le Spider-Man (v5) #3, qui vient tout juste de sortir en kiosque, met en place le futur évènement arachnéen, Spider-Verse.

Le crossover mettant en scène les nombreuses versions du Tisseur (dont nous vous avions longuement parlé dans cet article) commence ce mois, du moins en ce qui concerne les prologues.
Le mensuel contient en effet deux courts récits qui posent les bases de la terrible menace à laquelle Peter (et tous les Spider-Men des nombreuses réalités alternatives) vont devoir faire face.

On commence par le retour du Superior Spider-Man, alias Octopus, qui arpente les différents mondes du multivers afin de constituer une armée de Spider-Men et ainsi contrer le puissant Morlun [1] et sa petite famille. 
Et en parlant de Morlun, on a droit à l'une de ses traques dans l'univers de 1602, Peter Parquagh faisant bien involontairement office de repas.
Ce n'est évidemment qu'une petite introduction pour le moment, mais autant ne pas la rater. Rappelons qu'en plus du mensuel du Tisseur, certains éléments seront publiés dans Spider-Man Universe (notamment la mini-série Edge of Spider-Verse, en juin).

La série principale, Amazing Spider-Man, continue pendant ce temps-là sur la même lancée, avec Dan Slott au scénario et Humberto Ramos au dessin. 
Comme on l'avait vu dans les numéros de janvier et février, Black Cat et Electro, maintenant alliés, poursuivent leur croisade anti-Spidey. Quant à Peter, il doit toujours gérer Silk, la nouvelle venue pour qui il éprouve une attirance animale.
Un épisode sympa, sans réelle surprise, qui se termine sur un enjeu usé jusqu'à la corde, à savoir la révélation, ou pas, de l'identité du Monte-en-l'air. Reste que le ton de la série est plutôt agréable.

On passe rapidement sur les New Warriors, toujours aussi soporifiques, pour s'intéresser directement à Spider-Man 2099, de Peter David. Miguel O'Hara accompagne son propre grand-père (qui a à peu près son âge et qui ignore qu'il deviendra son grand-père dans le futur) dans un pays en guerre auquel ils vendent des armes. L'accueil est plutôt musclé, à coups de fusil d'assaut, et le jeune "papy" se fait enlever comme la première princesse Peach venue. 
Moins d'humour et plus d'action que dans les épisodes précédents. 

Enfin, on termine par le retour de la série Superior Foes of Spider-Man, un petit chef-d'œuvre d'humour et de dérision à base de seconds couteaux, qui a débuté en France voilà pile un an (cf. cet article). Nick Spencer continue dans le même style décalé, accompagné par un Steve Lieber inventif et qui colle au propos à défaut d'être esthétiquement impressionnant.
Un vrai bon moment mais dont la publication a été chaotique (et qui fait ici office de bouche-trou).

Bref, un numéro globalement agréable et qui vient nous titiller avec les prémices d'un Spider-Verse très attendu. 
VF de qualité et pas de courriers des lecteurs, ouf, un machin inutile en moins !

+ prologue Spider-Verse
+ la fraîcheur apportée par Silk
+ l'humour de Spencer
- des New Warriors décidément sans intérêt 




[1] Morlun est un personnage, créé par Straczynski, dont on peut suivre les débuts dans ce Marvel Icons. Il rencontrera de nouveau le Tisseur plus tard, lors de la saga The Other, ce qui donnera l'occasion à Spidey de livrer l'un de ces plus terribles combats, dont il ne ressortira pas indemne. Morlun est également indirectement la cause de l'isolement de Silk, alias Cindy Moon, qu'Ezekiel a enfermée dans un bunker pendant des années afin de la protéger de l'instinct de prédateur de ce monstre.




04 février 2015

Silk fait son entrée dans Amazing Spider-Man

Sortie du deuxième numéro de Spider-Man (v.5). Tout de suite, le point sur le contenu.

Après le relaunch du mois dernier, suite des aventures du Tisseur en kiosque avec une revue estampillée Original Sin
Au menu, deux épisodes d'Amazing Spider-Man, un nouveau chapitre de Spider-Man 2099 et deux numéros de New Warriors.
On commence bien entendu par la série historique du Monte-en-l'air, avec toujours Dan Slott au scénario et Humberto Ramos au dessin.

Comme on l'avait vu dans les épisodes précédents, Peter Parker doit faire face aux conséquences des agissements d'Otto Octopus (cf. Superior Spider-Man). Black Cat mais aussi Electro lui en veulent et menacent même de s'allier pour entrainer sa perte.
La jolie Félicia, particulièrement remontée, va mener la danse et prendre rapidement la tête des opérations. 
Mais c'est surtout l'arrivée de Cindy Moon, alias Silk, qui se révèle marquante. Parker apprend en effet (indirectement à cause de la mort du Gardien, liée donc à Original Sin) l'existence d'une jeune fille qui a été mordue par la même araignée radioactive que lui, lorsqu'il a acquis ses pouvoirs.

Cindy est en réalité enfermée depuis fort longtemps dans le bunker qu'Ezekiel (cf. le run de Straczynski) destinait à Peter afin de le protéger de Morlun (un être surpuissant qui se nourrit des héros dont les pouvoirs sont de nature totémique).
La petite dernière de la Spider Family est plutôt sympathique. Son costume en toile (d'où le nom, Silk, qui signifie "soie") est aussi sobre qu'élégant et certaines caractéristiques la différencient suffisamment de Spidey. Elle est notamment très habile avec sa toile organique, possède d'incroyables réflexes et a un caractère bien trempé dont Peter va faire les frais. 
Tout cela sert même de préambule à la saga Spider-Verse dont les prologues sont finalement annoncés pour mars.

Plutôt sympa et même très agréable à lire, Slott semblant continuer sur la lancée très positive de Superior Spider-Man et Ramos réalisant des planches dynamiques et impressionnantes. 
   
Petit intermède avec le courrier des lecteurs qui m'agace toujours autant. La lettre principale, qui prend à elle seule la moitié de la page, est une longue litanie de platitudes et de compliments si exagérés qu'ils en deviennent comiques. Je vais cependant revenir plus précisément sur une ou deux affirmations curieuses : 
- "sans vous [Panini] je n'aurais jamais connu l'univers Valiant".
Non. Outre le fait que l'univers Valiant, on s'en passerait bien (cf. X-O Manowar), en réalité, sans Valiant on ne connaitrait pas Valiant, Panini n'a rien à voir avec ça. C'est là un discours que tenaient certains à l'époque où les droits DC Comics étaient encore détenus par Panini. Or, quand ils les ont perdus, non seulement les séries DC en français ne se sont pas arrêtées, mais elles ont même connu un essor sans équivalent (et un bien meilleur traitement). Il existe, outre Panini et Urban, bien des éditeurs, petits ou grands, qui auraient très probablement été tentés par les "miettes" Valiant. 
- "[Panini] nous propose un catalogue comics de qualité".
Là encore ils n'y sont pour rien les pauvres. Si certaines séries sont bonnes, c'est Marvel qu'il faut remercier, eux ne font qu'adapter, souvent mal, le travail d'un véritable éditeur. Et ce n'est pas par altruisme, mais parce qu'il s'agit d'un marché de niche qui génère des ventes, quelle que soit la qualité de celui qui détient les droits.
- la plus drôle pour la fin : "l'équipe de Panini est à l'écoute de ses lecteurs".
Oui, c'est bien connu. Tellement à l'écoute que lorsque tout le monde leur fait remarquer une erreur énorme dans une publication kiosque, on la retrouve à l'identique plusieurs mois après en librairie. En fait ils sont peut-être même trop à l'écoute non ? Faudrait voir à pas s'user les tympans. 
Bref, une page d'autosatisfaction totalement inutile et qui aurait pu servir à étoffer le petit plus rédactionnel sur les New Warriors (louable initiative qui n'éclaircit pas tout sur le sujet mais qu'il faut souligner). 

On en revient aux séries ! 
On attaque la suite avec Spider-Man 2099, de Peter David et Will Sliney. Le numéro du mois dernier installait un peu le contexte, cette fois, ça décolle vraiment avec la plume inimitable de David. L'auteur nous ménage ici quelques petites surprises dont il a le secret [1] et soigne les répliques de ses personnages. L'épisode met Miguel O'Hara aux prises avec deux jeunes femmes charmantes qui vont se révéler touchantes et intelligentes. 
Loin d'une action forcenée ou soporifique, David bâtit patiemment son récit, soignant chaque scène en apportant humour et émotion.
Excellent !

On termine par New Warriors. Le scénario est de Christopher Yost, les dessins sont de Marcus To
C'était déjà la grosse réserve du mois dernier et le constat se confirme.
Beaucoup d'action brouillonne, pas très passionnante, des ennemis qui ressemblent à des Sentinelles (sauf qu'en plus des mutants, ils veulent buter les Inhumains et les héros "souillés" par la magie), et des personnages principaux nombreux (ce qui n'est pas forcément en soi un problème) mais trop fades pour être bien différenciés et générer de l'empathie. Même lorsque l'on connaît certains d'entre eux (Justice, Speedball, anciennement Penance, Scarlet Spider (version Kaine)...), il est difficile de rentrer dans l'histoire, alors pour un nouveau lecteur (ce qu'une nouvelle série est censée attirer), ce sera sans doute encore plus décevant. Le seul point faible - mais de taille - de la revue pour le moment.

Le bilan n'est pas mauvais, notons l'omniprésence de personnages féminins forts (Black Cat, Silk, Tempest, Liz Allan) qui apportent une vraie bouffée d'air frais. Les titres purement arachnéens s'en sortent très bien, les New Warriors sont à la ramasse mais l'on peut se consoler en se disant que l'on n'aura pas deux épisodes de cette série à chaque fois.

+ arrivée de Silk et mise en place de certains éléments liés au prochain event Spider-Verse
+ le style Ramos
+ un excellent Peter David
+ un plus rédactionnel suffisamment rare de la part de Panini pour être souligné (mais ces infos, trop compressées pour être claires, auraient mérité de s'étendre sur deux pages en supprimant la pub déguisée sous l'appellation "courrier des lecteurs")
- la série New Warriors, encore trop brouillonne



[1] Il est notamment le maître d'œuvre de l'un des coups de théâtre les plus inattendus et percutants qu'il m'ait été donné de voir dans un comic. Il mettra en effet patiemment en scène la grossesse puis l'accouchement de Cyrène, enceinte de Madrox, et, dans une ambiance intimiste et sereine, surprendra tout le monde en faisant disparaître le bébé d'une manière aussi choquante que bien pensée. En vf, la scène a été publiée en 2010 dans Astonishing X-Men #57 et détaillée sur UMAC lors de la chronique concernant Astonishing X-Men #58. Elle a été classée en première position de notre petit Top 5 des coups de théâtre dans les comics.




06 janvier 2015

Spider-Man : un relaunch de plus

L'année commence avec un Spider-Man #1 de plus en kiosque. Le point sur le contenu et la stratégie éditoriale Marvel.

Panini lance ce mois la cinquième version de sa revue Spider-Man, qui accueille le "début" de la troisième série portant le titre Amazing Spider-Man. Avant de s'intéresser aux récits, nous allons revenir sur cette pratique éditoriale parfois agaçante : le relaunch.
Marvel, depuis quelques années, a choisi de multiplier les events mais aussi de relancer régulièrement ses séries au numéro #1. Contrairement à un reboot (ce qui s'est pratiqué, de belle manière, chez DC Comics), le relaunch ne fait pas table rase du passé. Il ne simplifie rien, conserve la continuité et se limite donc à faire un "coup" médiatique, en espérant attirer de nouveaux lecteurs.

Vous allez me dire "s'il suffisait de mettre un numéro #1 sur une cover pour que les comics se vendent mieux, ça se saurait". Oui, ce n'est pas suffisant et, surtout, ce n'est pas là l'essentiel. Pourtant, dans le cas présent, cet énième faux-départ a très bien marché aux Etats-Unis. Au point que le premier numéro d'Amazing Spider-Man a dépassé les 530 000 exemplaires vendus en avril 2014...
Il faut bien se rendre compte à quel point ce chiffre est ahurissant de nos jours. Rares sont aujourd'hui les titres qui atteignent les 100 000 exemplaires (quatre seulement dans le dernier top 300, de novembre 2014). Cette barre symbolique est réservée aux poids lourds et aux gros évènements. Et au-dessus de 150 000 (aucun en novembre), c'est un énorme carton. Donc dépasser le demi-million donne forcément raison aux amateurs de bricolage et de petites combines. 
Triste.
Non pas que ce soit une mauvaise chose que la série se vende, au contraire, mais quand on est un peu attaché au métier de conteur, l'on ne peut qu'être déçu de constater que c'est une manœuvre cousue de fil blanc, et non la qualité intrinsèque des histoires, qui attire le chaland. 

Il faut pourtant noter que, en plus du simple numéro #1 affiché en gros et de la sempiternelle promesse de trouver la "porte d'accès" idéale, cette nouvelle série marquait le retour de Peter Parker dans le rôle titre. En effet, depuis de longs mois, le masque de Spider-Man était porté par Otto Octavius, dont l'esprit squattait le corps de ce pauvre Peter (cf. Superior Spider-Man). 
Les ventes monstrueuses ne sont donc pas seulement due à l'attrait du fameux chiffre magique.
Ouf...
Dans les faits, Marvel truste donc en ce moment les premières places des ventes (et accumule les cartons commerciaux, avec Death of Wolverine ou Rocket Raccoon qui tapent allègrement dans les 200 ou 300 000). Reste que globalement, le cap choisit et maintenu par DC semble à la fois plus courageux et plus logique, avec une refonte de son univers, suivie de nouvelles séries ambitieuses et accessibles. Marvel, dans son cas, a une attitude plus perverse, avec des séries de plus en plus imbriquées les unes dans les autres (de manière totalement artificielle parfois) et une fausse impression de renouveau alors que le surplace narratif n'a jamais été aussi évident, surtout pour un Tisseur qui, depuis la fin du run de Straczynski, a même connu une violente régression (cf. cet article).

Mais passons maintenant au contenu. A savoir, pour commencer, les deux premiers épisodes de cette nouvelle cuvée Amazing Spider-Man. Pas de surprise au scénario puisque l'on retrouve de nouveau Dan Slott (choix difficilement compréhensible, car s'il s'en est très bien sorti sur Superior, il n'avait guère brillé auparavant sur le titre) puis Joe Caramagna. C'est Humberto Ramos qui œuvre au dessin dans un premier temps, suivi par Chris Eliopoulos.
Eh bien, il faut avouer que le résultat est plutôt pas mal. Peter découvre les changements qu'Otto a apportés dans sa vie pendant son absence. Que ce soit des éléments positifs (il est maintenant titulaire d'un doctorat et chef d'entreprise) ou négatifs (il s'est fait pas mal de nouveaux ennemis et a une petite amie dont il ne sait rien).
En passant, c'était bien la peine de nous gonfler avec les "fondamentaux" du Tisseur, pendant Brand New Day, si c'est pour en faire ensuite un chef d'entreprise, membre des Vengeurs. Le propre de Spidey, ce n'est pas d'être célibataire ni d'avoir une tantine (contrairement à ce que semblait croire Quesada) mais d'être un héros solitaire, dont la vie privée est perturbée par ses activités super-héroïques. Mary Jane ne gênait en rien cela, par contre avoir du pognon et être potes avec les plus grands super-héros de la Terre, si.

Ce relaunch est accompagné de mini-histoires faisant le point sur certains personnages, comme Electro ou Black Cat. L'ancien Spider-Man (version "superior") ayant fait des expériences sur le premier et tabassé et fait jeter en prison la deuxième, Parker devra certainement gérer les retombées sous peu.
Un petit effort donc de la part de Marvel au niveau de l'accessibilité, même si les références aux sagas passées restent constantes.

L'on passe ensuite aux deux autres séries de la revue. Tout d'abord, Spider-Man 2099, là encore un numéro #1.
Le Spidey du futur est coincé à notre époque et officie dans New York sous la plume de Peter David et les crayons de Will Sliney. Très bonne chose que David soit aux commandes puisque c'est lui qui avait lancé la série originale (dont le début a été réédité en Marvel Best Of). Par contre, le propre de ce Tisseur tient beaucoup à l'univers très particulier de 2099, avec ses corporations et son ambiance dystopique paranoïaque. Plonger du coup Miguel O'Hara dans le monde contemporain n'a pas forcément une grande logique (d'autant que l'on ne manque pas d'encapés dans la spider family [1]).
Difficile cependant de juger sur un seul numéro. 
A voir.

Enfin, l'on en arrive à la nouvelle mouture des New Warriors. La série a bien une filiation avec le Monte-en-l'air puisque Scarlet Spider (donc Kaine, cf. entre autres cet article) fait partie du casting.
Chistopher Yost se charge du scénario, Marcus To des dessins.
On retrouve deux des piliers historiques de l'équipe (Justice et Speedball, anciennement Penance), ainsi que quelques nouveaux venus. Là encore, les néophytes auront du mal à saisir la portée de certaines références (l'on parle notamment encore de Stamford, l'évènement déclencheur de Civil War). Cela démontre assez bien l'aspect gadget et illusoire de ces "numéros #1" qui ne simplifient rien et n'ont rien de "points d'accès" particulièrement efficaces.
Pour ce qui est du récit, ce n'est pour l'instant pas très folichon. Haché, un peu ennuyeux, sans grande consistance... dommage car les personnages ont du potentiel (comme les Runaways ou les Young Avengers, des groupes de jeunes héros qui sont souvent très bien écrits, d'autant que les auteurs bénéficient d'une plus grande marge de manœuvre sur ces titres secondaires).

Alors, que dire de cet évènement comics du début d'année ?
Eh bien, que ce n'en est pas un, déjà, puisque la série suit son cours, même si la numérotation tend à faire croire le contraire. Que le titre historique du Tisseur s'avère intéressant (mais Spidey n'est jamais aussi bon que lorsque les petites emmerdes s'accumulent, et avec les surprises laissées par Otto, il a de quoi faire). Et enfin que les autres titres sont pour l'instant loin d'être vraiment enthousiasmants.
Rien de neuf dans la Maison des Idées (sic) mais il aurait été difficile de passer sous silence le retour de ce bon vieux Peter. 
Ah, si Straczynski pouvait revenir également...

+ un retour réussi pour Parker
+ un humour souvent efficace
+ des dessins corrects dans l'ensemble
- l'aspect totalement artificiel (et agaçant à la longue) du relaunch
- un Spider-Man 2099 qui n'est pas très concluant pour l'instant (mais avec Peter David aux commandes, ça devrait vite s'arranger)
- un New Warriors brouillon, avec des personnages manquant de charisme 


[1] La dernière venue s'appelle Silk et a déjà fait ses premiers pas en VO. Les premières planches du premier épisode d'Amazing Spider-Man dévoilent d'ailleurs la manière dont elle acquiert ses pouvoirs dans un flashback revenant sur la fameuse araignée radioactive ayant mordu un certain Peter Parker (pour une fois, la répétition des origines a donc une utilité).




20 juin 2014

Avengers : Disassembled

Un nouvel arc à ne pas manquer, dans la collection Marvel Comics de Hachette, avec Avengers : La Séparation.

Voilà une borne chronologique très importante pour l'univers Marvel, qui marque l'arrivée de Brian Michael Bendis (cf. cet article) sur les séries Avengers et prépare le terrain pour le futur House of M. C'est d'ailleurs ce récit qui ouvre la chronologie Marvel présente sur ce site.
Voilà déjà dix ans que cette "séparation" spectaculaire a eu lieu, signant le basculement de la Maison des Idées dans l'ère moderne, avec des récits plus adultes et ambitieux (jusqu'à Civil War et ses suites directes, avant la période de stagnation que l'on connaîtra ensuite).
Et en plus de la valeur historique, la saga est bien écrite et plutôt spectaculaire.

Les Vengeurs subissent de plein fouet plusieurs attaques. Leur manoir part en fumée, She-Hulk devient folle et tue l'un de ses collègues, des Ultron débarquent en masse, suivis d'extraterrestres Kree belliqueux. Plusieurs membres du groupe perdent la vie. Pire encore, l'image même de l'équipe va se dégrader. En effet, Tony Stark, alias Iron Man, alors qu'il est à l'époque ministre de la défense, pète les plombs et menace de tuer l'ambassadeur de Latvérie en pleine séance de l'ONU. 
Des sanctions internationales tombent, Stark ne peut plus financer le groupe, plusieurs Vengeurs font part de leur désir de passer à autre chose... c'est la fin d'une époque.

C'est David Finch qui officie, en tant que dessinateur, aux côtés de Bendis. C'est peu de dire que ses planches sont superbes et rendent l'épopée spectaculaire. D'autres artistes sont également présents sur Avengers Finale, l'épisode qui conclut la saga et revient sur les grands moments de l'équipe. Alex Maleev, Michael Gaydos, David Mack, Steve McNiven, Eric Powell et bien d'autres sont de la partie, ce qui renforce encore l'aspect hommage et "fin de règne" du récit.
Récit d'ailleurs mené brillamment par un grand Bendis qui lancera dans la foulée les New Avengers (cf. ce deluxe, qui compilait Disassembled et les premiers numéros de la nouvelle série).
Tout est subtilement dosé et harmonieusement placé, de l'émotion d'un Hank Pym qui veille son ex-compagne blessée, jusqu'à l'humour - traditionnel mais efficace - d'un Spidey (cf. scène #1 du Bêtisier) qui commente une situation pourtant dramatique. 

Evidemment il y a énormément de protagonistes et un bon nombre de références au passé prestigieux des Vengeurs, ce qui peut parfois perdre un peu le lecteur novice. La narration et l'intrigue sont cependant suffisamment claires pour que, même sans connaître les personnages secondaires qui interviennent régulièrement, chacun puisse comprendre l'importance de ce qui se trame.
Niveau bonus, pas grand-chose. C'est même le service minimum : deux pauvres pages sur Bendis et son arrivée sur le titre. Bon, on peut quand même rajouter à ça le "point sur la situation", au début de l'ouvrage, sur lequel on trouve des infos vraiment succinctes sur la composition de l'équipe (un portrait de chaque membre et son nom). Rajouter ne serait-ce que leurs pouvoirs aurait été un plus.
Quant à la VF, elle est plutôt correcte à part la disparition, une fois sur deux, de l'adverbe de négation "ne", ce qui donne l'impression que les personnages sont aussi demeurés que des candidats de télé-réalité (cf. ce petit rappel sur les effets pervers de la dégradation volontaire d'un texte dans les dialogues). 

Au final, il ne s'agit pas réellement d'un arc complet mais plutôt d'un moment, certes important et même émouvant, arraché à une continuité complexe. 
Excellent en tout point, et donc forcément conseillé.

+ de l'action grandiose
+ une écriture inspirée et efficace
+ richesse de l'aspect relationnel entre les personnages
+ historique, tout simplement...
- des bonus peu nombreux, quant à ceux qui sont présents, ils manquent de détails





   

14 juin 2014

Spider-Man : Darkest Hours

Une nouvelle fournée de comics arachnéens avec le Spider-Man (v.4) #12.

Pour commencer, pas de bol, je suis tombé sur la cover 12A qui est quand même d'une rare laideur. On dirait que Spidey a des escarpins, la position de ses bras n'est pas terrible, quant à la fille avec l'éclair... enfin, bref. 
Toujours le gros "Infinity" pour faire croire à un rapport avec l'event du moment (cf. cet article), mais dans les faits, un seul épisode sur cinq y est lié, et encore, d'une manière totalement anecdotique.
Mais rentrons tout de suite dans le vif du sujet.


On commence avec Superior Spider-Man. Un seul épisode ce mois-ci. 
Otto/Peter inaugure en grande pompe les Industries Parker. Pour cette occasion, il a bien sûr rassemblé ses proches, à savoir la tantine et sa nouvelle "petite amie", dans tous les sens du terme. C'est surtout l'entrée en jeu de l'agent Venom, alias Flash Thompson, qui va marquer cet épisode d'ouverture de l'arc Darkest Hours. La rencontre qui en résultera s'avère plutôt musclée, ce qui n'est pas très surprenant lorsque l'on connaît le caractère du Spider-Man "supérieur".

Petite remarque technique ; si c'est bien Dan Slott qui scénarise ce chapitre, les dialogues sont signés Christos Gage. Bon, ce n'est pas une première, on a déjà vu des tandems de scénaristes se partager le boulot pour des raisons d'emploi du temps serré. Cependant, cette pratique nuit probablement un peu au récit. Déjà que scénariser à deux à tendance à "lisser" les histoires, le fait de refiler la partie dialogue à un autre est, à mon sens, une très mauvaise idée d'un point de vue d'auteur. Puisque l'on est en pleine coupe du monde, je me risquerai à une comparaison footballistique : c'est un peu comme si un type sélectionnait les joueurs et qu'un autre décidait de la stratégie de jeu à adopter. Mieux vaut que ce soit le même bonhomme. 
Et dans ce cas précis, l'on ne comprend pas trop Slott. Etant donné que Superior Spider-Man est tout de même une série phare et qu'en plus c'est incontestablement le meilleur moment de son run concernant le Tisseur, il aurait pu s'arranger pour la privilégier...

On passe ensuite à Superior Spider-Man Team-Up. Deux épisodes mais qui, malheureusement, ne se suivent pas. Un comble. Avec autant de titres différents pour le mensuel, la publication n'est certes pas simple, mais les choix de Panini sont parfois complètement absurdes. L'on reviendra sur le sujet plus bas, avec Scarlet Spider.
Le premier épisode de ces Team-Up est la conclusion du truc soporifique du mois dernier (cf. cet article). Cela n'a strictement pas le moindre intérêt. Les personnages sont insipides, l'action prévisible, il n'y a ni humour, ni suspense, et même la thématique est ridicule. Bravo à Robert Rodi, ça s'appelle un strike.
Heureusement, c'est Christ Yost qui est en charge de l'écriture du second épisode. C'est déjà bien plus sympa, avec en guest le Spider-Man 2099 et, surtout, une nouvelle idée de l'ami Otto qui crée une team - en rapport direct avec son passé de criminel - appelée les "Superior Six".

On passe ensuite à Scarlet Spider. C'est là que ça devient débile. Cet épisode est le deuxième d'un arc commencé il y a deux mois. Pourquoi ne pas avoir simplement interverti cet épisode avec le team-up du mois dernier ? Vu le délai entre la publication VO et la VF (on est loin des exploits de Delcourt au temps des Chroniques de Spawn !), c'était tout à fait jouable et cela permettait d'avoir un arc team-up complet dans cette revue, et du Scarlet tous les mois (à la place du team-up de Yost, si vous suivez toujours). Il y avait même d'autres façons possibles de faire, mais comme d'habitude avec Panini, c'est à la pire que l'on a droit.
Pour ce qui est des péripéties de Kaine, c'est assez moyen ce mois. Un ennemi vu et revu (Kraven) et du combat pratiquement non-stop et sans grand intérêt.

On termine par Superior Foes of Spider-Man, LE poids lourd actuel des séries arachnéennes. Graphiquement, on l'a déjà dit, ça ne casse rien (encore qu'on a déjà vu pire et qu'il y a toujours de bonnes idées de mise en scène), mais Nick Spencer accomplit des merveilles sur le titre, en faisant preuve d'humour et d'inventivité. 
Une nouvelle preuve que les pépites Marvel se cachent globalement de nos jours chez les "seconds couteaux" en termes de personnages.

Au final, l'ensemble est mitigé mais le positif l'emporte : trois bons épisodes sur cinq. Pour ce qui est de Panini, l'on retrouve les habituelles coquilles (plus dans le rédactionnel que les BD d'ailleurs) mais aussi un louable effort pour apporter un petit plus avec une page dédiée à Venom et aux Symbiotes en général (rappelez-vous, la Maison aux Autocollants avait commencé à se bouger au mois de mars, mieux vaut tard que jamais).
Malheureusement, l'on sait que le retour de Parker (et la remise à zéro qui s'ensuivra) approche à grands pas. Christian Grasse nous annonce même déjà, tout joyeux, une... "nouvelle" relecture des origines de Spider-Man. Par Slott. Eh bien voilà qui fera une bonne porte de sortie. Oui, on parle toujours de "point d'entrée", mais pensons aussi à ceux qui suivent ces aventures depuis des années, des décennies parfois, et qui se désespèrent du surplace narratif engendré par une frilosité que rien n'impose. 
Il y a trop de bons livres à lire pour s'imposer inutilement un énième radotage quand l'envie n'y est plus. 

+ un Superior Spider-Man toujours aussi agréable à lire
+ les Superior Six  
+ Spencer et ses Superior Foes, qui devraient ouvrir la revue
+ un frémissement rédactionnel qui se poursuit : dans 20 ans, Panini sera au top
- un épisode de Team-Up totalement inutile
- du Scarlet Spider très en dessous des débuts de la série
- un ordre de publication pas très heureux 




  

21 mai 2014

Spider-Man : Invasion

Un petit point sur le Tisseur avec le Spider-Man (v.4) #11 de ce mois.

On ouvre le bal arachnéen avec deux épisodes de Superior Spider-Man (les #20 et #21). Dan Slott est toujours au scénario, les dessins sont réalisés par Giuseppe Camuncoli
Spider-Man (actuellement donc Octopus en réalité, cf. cet article) commence fort en intervenant de manière très musclée en plein milieu d'un cambriolage orchestré par la jolie Black Cat. Spidey lui pète même une dent en lui collant un pain, autant dire que la miss est plutôt surprise !
Otto va ensuite devoir faire face à l'une de ses anciennes petites amies, qui ignore évidemment qu'il est devenu Spider-Man. Il est temps également pour Parker/Otto de soutenir sa thèse de doctorat, une formalité qui tourne d'une manière inattendue lorsqu'on l'accuse d'avoir volé les travaux d'un certain... Otto Octavius. 

Un Superior Spider-Man toujours aussi bon, avec un Slott parvenant à jouer habilement sur les différentes façons de mettre en scène la double identité du Tisseur et les quiproquos que cela peut engendrer. Le scénariste tient le cap et parvient à maintenir un haut niveau de qualité avec ce Spidey plus sombre et violent, exploit qu'il avait été incapable de réaliser sur Amazing Spider-Man. Le bon Doc Ock aura été un précieux révélateur.

L'on poursuit avec l'Annual de Superior Spider-Man. Le scénario est de Christos Gage, les dessins de Javier Rodriguez.
Si l'on commence d'une manière pas très originale, avec la tantine qui se fait enlever (peut pas rester tranquille cinq minutes celle-là, à part Peach, on a rarement vu plus casse-couille), le récit prend ensuite une tournure plus intéressante, Otto utilisant toutes ses ressources pour neutraliser le kidnappeur, qui se trouve être un ancien ennemi de Ghost Rider, à moitié démon. 
Plutôt bien fait, Gage restant dans la lignée actuelle et permettant au Spider-Man "supérieur" de dévoiler toute sa ruse et sa cruauté. Voilà qui change agréablement de l'annual Amazing de l'année dernière.

On arrive ensuite au Superior Spider-Man Team Up. Comme vous pouvez le constater, Panini a flanqué un gros Infinity sur la couverture, censé faire accourir les complétistes. En réalité, bien que cet épisode se déroule effectivement sur fond d'invasion par les troupes de Thanos, ça n'a tout de même qu'une importance très relative au sein de l'event.
C'est l'épisode le plus faible de la revue. Bien que les planches de Michael Del Mundo soient très agréables à l'œil, l'intrigue, écrite par Robert Rodi (auteur pourtant d'un graphic novel pas dégueulasse sur Loki), ne repose pas sur grand-chose : une étudiante dont on ne sait rien se transforme, sans que l'on sache pourquoi, en une sorte d'être de pure électricité et décide de lutter contre les méfaits du modernisme. A côté de ça, même une chanson de Cali parait travaillée. Enfin, non, quand même pas.

On termine ensuite sur la petite touche d'humour que constitue Superior Foes of Spider-Man. Je vous en avais déjà parlé en mars (cf. cette chronique), et tout le bien que l'on pouvait penser de la série se confirme. Graphiquement, pas de quoi s'émerveiller, mais l'humour et le côté super-vilains de second ordre des personnages compensent largement.
Nick Spencer excelle à mettre en scène ces nouveaux Sinister Six, sympathiques losers tentant cette fois de pénétrer dans le repaire, ultra-gardé, du Hibou. C'est très bien fait, de la scène d'ouverture qui fait du Hibou un adversaire réellement dangereux et permet d'installer une vraie tension, jusqu'à l'arrivée des bras cassés, en passant par les dialogues et même certaines idées visuelles. Si toutes les séries secondaires estampillées "Spider-Man" pouvaient être aussi bonnes et originales que celle-là, ce serait le Alice in Chains nirvana !

Une très bonne fournée, avec en plus une trad de bonne qualité.
Ce serait parfait s'il ne fallait pas fouiller au milieu du mensuel pour trouver les crédits, m'enfin, on ne va pas chipoter.

+ un Otto/Spidey inventif, complexe et effrayant
+ des scènes jubilatoires (la rencontre avec Black Cat, le passage devant le jury du doctorat...)
+ un annual sympathique
+ des Superior Foes excellents
- un team-up un peu en dessous, faisant articiellement le lien avec Infinity