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29 août 2010

900ème article pour Univers Marvel & autres Comics

Oups, figurez-vous que j'ai complètement zappé le fait que l'article précédent, sur un Garth Ennis en plus, était le... 900ème du blog ! Du coup, hop, petit bilan et quelques infos diverses, variées et pas toujours fraîches.

900 articles... ben merde, c'est quand même pas rien ! ;o)
On en a vu de l'encapé moyen et du super-vilain lambda ! On a vu aussi défiler pas mal de gens sans masque, parfois même sans flingues, qui ont réussi à nous toucher et nous marquer durablement. Je tiens, pour ce petit anniversaire, à rappeler que le but de ce blog, qui au départ ne traitait que de comics exclusivement publiés par Marvel, est aujourd'hui de montrer un peu ce qu'il peut y avoir de différent ou de méconnu dans ce vaste multivers qu'est la BD américaine.

Dans les comics, l'on trouve bien sûr Batman, Spidey et un tas de gros bras aux problèmes plus ou moins réalistes suivant les époques et les envies du moment. Mais, l'on trouve aussi, si l'on cherche bien, des personnages très différents...
Des souris, dans Le Dernier des Templiers, des ados amoureux, dans Blankets, une petite fille et d'étranges choses, dans Courtney Crumrin, de grands hommes, à la fois scientifiques et philosophes, dans Logicomix, des Loups et des souvenirs d'enfance, dans Fables, des gens fascinants dans un univers post-apocalyptique sans zombies, dans Freakangels, des gens moins bien dans du post-ap avec zombies, dans The Walking Dead, des vampires parfois sensibles, dans VHB, des bestioles confrontées à un polar steampunk, dans Grandville, des mecs qui bouffent n'importe quoi, dans Chew, de petits bonhommes à gros nez, dans Bone, et pas mal de flics, de sorciers, de cow-boys, de justiciers et autres parias et gens étranges.
Au final, notre monde imaginaire ne se porte pas si mal. Il est peuplé d'une faune variée, d'auteurs talentueux et de lecteurs passionnés... plus quelques connards, on est d'accord.

Normalement, dans un bilan, on parle un peu chiffres. On va tout de même faire court et simplement rappeler que, dans sa cinquième année d'existence, cet endroit reçoit plus de 30 000 visiteurs uniques par mois. Cette fidélité me touche, bien sûr.
Vous savez quoi ? Ce blog m'a apporté bien plus que je n'aurais pu l'imaginer. Il m'a permis de rencontrer des éditeurs, des scénaristes, des dessinateurs, dont certains sont devenus des amis. Il m'a permis de trouver un artiste pour mettre en chantier un projet BD qui me tenait à coeur. Il m'a permis de travailler d'une manière très libre dans un magazine que j'apprécie et respecte. Et puis, plus généralement, il m'a permis de découvrir des tonnes de sujets que jamais je n'aurais abordés autrement.
Bien sûr, ce n'est pas toujours évident. Cela demande beaucoup de travail, de la régularité, une rigueur certaine. Mais le plaisir est là. C'est différent de l'écriture, où l'on se met en avant en tant qu'auteur, mais cela n'en est pas moins agréable et risqué.
Tenter de montrer que la BD n'est pas un medium au rabais, contribuer à faire connaître des oeuvres parfois méconnues, dénoncer la négligence de pseudo-éditeurs sans honneur, qui ne connaissent pas ne serait-ce que le putain de début du quart de ce qui fait leur métier, ben, tout ça, ça me plaît. Parce que ça a un sens. Et parce que cela rejoint cette magie, ce fantastique domaine de la littérature, que j'ai découvert étant gamin et qui a fait de moi ce que je suis. Peut-être quelqu'un d'intransigeant, mais aussi, je l'espère, quelqu'un d'honnête.

Tout n'est cependant pas toujours rose ou idéal. J'ai parfois encaissé des injures, des injustices, des jugements à l'emporte-pièce, bref, le lot des habitués du Net. Je fais toutefois la différence entre de simples propos balancés anonymement à la va-vite par un abruti provocateur et une attitude volontairement et durablement néfaste et assumée comme telle.
Je ne vais pas revenir plus longuement sur ça, la plupart d'entre vous savent de quoi je parle, j'espère simplement prouver, prochainement, que les mots ont des conséquences. Et que Justice et Honneur peuvent encore avoir un sens.

Pour ne pas terminer sur une note maussade ou égocentrée, je tiens à vous conseiller Marvelouscomics, un blog assez récent mais au fort potentiel. Son auteur propose notamment parfois des analyses très intéressantes, comme cette petite étude sur les covers de The Torch et leur dimension religieuse et artistique.
C'est sympa et bien écrit en tout cas. Donc, conseillé. ;o)

Je voudrais aussi profiter de ce 901ème post pour remercier très chaleureusement un monsieur qui utilise le pseudo de Dark Periwinkle et qui, très régulièrement mais aussi très discrètement, me signale les fautes et autres coquilles qui échappent de temps en temps à ma légendaire vigilance. ;o)

Voilà... pour commencer, j'ai mis en avant certaines oeuvres ou certains auteurs, auxquels je suis attaché. J'aimerais, pour terminer, revenir sur un aspect que j'estime crucial dans ce que j'essaie de faire depuis quelques années : la réflexion. Ou, plus précisément, la construction de passerelles entre la pop culture et les domaines plus "institutionnalisés". Cela donne lieu à des débats, parfois violents, mais surtout à des essais, de petites tentatives de creuser un peu et d'aller au-delà de la surface apparente des choses.
L'on peut ainsi se questionner sur les mécanismes de la continuité, sur l'évolution des techniques narratives, ou la place du dessin dans une BD. L'on peut même s'interroger sur la place de la femme dans les comics, le rôle des vilains, ou encore même l'étrange impossibilité de concilier vie de justicier et vie amoureuse. Et, dans des domaines plus terre-à-terre, l'on peut encore ajouter ces états des lieux, sans concession, sur les Geeks, Marvel ou encore Panini et ses multiples défauts.
C'est un peu ce mélange que j'apprécie et que je vais tenter de conserver. Avec la volonté de mettre en avant les comics qui le méritent, mais aussi un recul nécessaire qui permet de disserter pour le plaisir ou encore de pointer du doigt des égarements éditoriaux honteux et inacceptables.

Que vous dire de plus ? On est parti pour fêter ensemble les 1000 articles si ça se trouve !
Auparavant viendra certainement un petit concours de fin d'année (ou pas si petit que ça, tout dépend) qui me permettra, de nouveau, de vous faire gagner quelques comics.
Après tout, c'est bien là l'essentiel. Lire et, chacun dans notre coin, prendre un plaisir immense à voyager dans l'Imaginaire pour, ensuite, le disséquer ensemble.

Merci à vous d'être là et de faire partie de cette étrange aventure. Je ne vous promets pas des planches plus belles, des récits plus émouvants ou des traductions plus attentionnées. Je vous garantis simplement des critiques motivées, des coups de gueule expliqués et une passion qui reste intacte. Tout en sachant que l'essentiel, pour vous et moi, se trouve bien ailleurs. Dans une rigole, entre deux cases... dans un endroit magique, à la fois épouvantablement commun et terriblement personnel.
Entre les lignes des romans, entre les cases des comics.
C'est là où est l'essentiel. Là où je me sens bien. Là où les horreurs du monde peuvent avoir un sens. Là où l'on meurt toujours pour de faux et là où l'on rit pour de bon.
Des larmes factices et de larges sourires non simulés, c'est bien là tout ce que je vous souhaite. Enfin, c'est tout ce qui est avouable en tout cas.

Guns & Apple Pie !
("Up the Irons", c'était déjà pris)

30 juillet 2010

Ailleurs sur la Toile : des mots, du sang et des rêves

D'habitude, cette rubrique est vicieusement cachée sous un article. Cette fois, hop, on saute le pas pour mettre à l'honneur une petite sélection, totalement subjective, de ce qui est à lire sur le Net.
On commence par des chroniques consacrées à Inception, un film dont le sujet semble tout à fait passionnant. Je n'ai pas encore pu le voir mais je vous invite à lire l'avis de Talking Wade.
En tout cas, après les excellents Insomnia ou Memento, il y a tout lieu de donner une chance à cette nouvelle oeuvre de Christopher Nolan.
On change radicalement de sujet avec un article pas très récent mais incontournable lorsque l'on s'intéresse de près ou de loin à l'un des outils principaux de la création artistique : la langue française.
Titiou Lecoq nous parle, dans Quand l'état français réinvente le What the Fuck, des commissions et des nombreux fonctionnaires chargés de franciser les termes anglais qui n'ont pas d'équivalents dans la langue de Molière et de Diam's. Le résultat (et le temps à peine croyable consacré à ces travaux) mérite le détour. Cela pourrait être drôle, c'est en fait pitoyable. Les exemples sont suffisamment parlants en tout cas.
Un blog consacré à des chroniques SF et Fantasy : Le Dragon Galactique. Sujets variés, franc-parler et plume sympathique et agréable. A noter : Tigger Lilly, l'auteur, propose souvent des extraits des oeuvres qu'elle chronique. Un petit plus indéniable et qui demande beaucoup de travail.
Enfin, un petit coup de coeur : Freakosophy. Si vous lisez Univers Marvels & autres Comics depuis un certain temps, vous savez que j'aime parfois m'embarquer dans des analyses psychologiques ou philosophiques, d'où mon intérêt lorsque les auteurs de ce site, profs de philo, ont attiré récemment mon attention sur leurs articles.
Au travers de sujets plutôt intéressants et aussi divers qu'une analyse psychologique sur Batman, un essai sur les droits des vampires en tant que communauté ou encore le déterminisme social chez les super-héros, les super-profs allient pop culture et domaines plus installés et institutionnels. Même si l'on peut être en désaccord parfois avec certains postulats, la démarche est saine et mérite d'être mise en avant.
On a fait le tour pour aujourd'hui. Peu de sites différents, mais beaucoup à lire. Profitez-en car, en librairie, ce mois de juillet s'avère d'une sècheresse quasi déprimante. Un peu de cul et de réflexion ne seront donc pas de refus. ;o)

06 mai 2010

Dark Reign : Utopia, Thunderbolts et Nick Fury

Suite de la rencontre entre X-Men et Dark Avengers dans le Dark Reign #8 de ce mois.

La revue s'ouvre sur Dark Avengers #7, c'est à dire la troisième partie du crossover entre les sbires d'Osborn et les mutants. Grosse baston dès le départ qui permet de refaire une petite présentation, souvent drôle, des intervenants. Mac Gargan est ainsi qualifié de "tiny toon amélioré". Autre exemple, après un simple "yep" faisant office de réponse à une question de l'un de ses collègues, le peu loquace Arès est sobrement présenté comme un "orateur".
De leur côté, Xavier et Beast sont toujours prisonniers et soumis à l'influence de la machine Omega qui prive les mutants de leurs pouvoirs. Ou qui les diminue disons. En ce qui concerne les Dark X-Men, à part les tensions entre Daken et Emma Frost, les relations entre les membres de l'équipe sont quasiment inexistantes. Autre petite déception, la rencontre entre Norman et Cyclope ressemble un peu à un pétard mouillé. En gros, Scott se déplace pour exiger d'Osborn qu'il dégage de sa ville. Mieux, il ne doute de rien et il lui demande carrément de se rendre. Evidemment, l'autre rigole, et Scott rentre chez lui. En ce moment, on ne peut pas dire qu'il n'a que des idées de génie le Cyke...
Scénario de Matt Fraction, dessins de Luke Ross.

On passe ensuite aux Secret Warriors. Le petit raid de Nick Fury fonctionne plutôt bien puisqu'il réussit à piquer au HAMMER pas moins de trois héliporteurs. Si c'est pas le braquage du siècle ça ! On apprend à cette occasion que 3000 hommes ont désertés pour rejoindre les Howling Commandos. Ce n'est apparemment pas suffisant puisque Fury demande à Dugan d'en recruter encore plus, lequel promet de lui ramener une armée de salopards prêts à "hurler à la lune et à bouffer le soleil".
L'équipe des Secret Warriors en elle-même est par contre très en retrait. Un choix discutable étant donné que ses membres ne sont pas les plus connus et qu'ils sont loin de nous être familiers.
Scénario de Brian Michael Bendis et Jonathan Hickman, dessins de Stefano Caselli.

On continue avec les Thunderbolts. L'on retrouve ici des scènes qui sont cette fois plus intimistes, avec relativement peu de personnages. Les auteurs nous montrent notamment une Songbird toujours en cavale, qui tente de venir chercher de l'aide chez ses anciens potes. On a droit également à une séance d'entrainement entre le fameux Mr X, dépeint comme un combattant hors pair, et Headsman. Et effectivement, le X en question a l'air extrêmement efficace si l'on en juge par la raclée qu'il met - sans les mains en plus - à Headsman. On sent que ces deux là vont s'aimer comme des frères. ;o)
Petite révélation sur la Veuve Noire également dans cet épisode écrit par Andy Diggle et dessiné par Miguel Sepulveda.

On termine par Dark Reign : Fantastic Four, avec aux commandes de nouveau Hickman pour le scénario et Sean Chen en ce qui concerne l'aspect graphique.
J'avais émis quelques doutes dès la première partie de cette mini-série (cf Dark Reign #6) et malheureusement, ils se confirment. Bon, déjà à la base, les FF ne sont pas vraiment ma tasse de thé, mais alors là, je ne comprends rien. Enfin, si, Richards explore différentes possibilités d'action à travers diverses réalités parallèles où les Illuminati et la guerre civile ont pesé différemment, ça ok, mais entre chaque exemple, on suit un groupe (avec deux Choses !) dans "l'espace-temps effondré". Là on passe d'une bataille navale de pirates à un duel type western puis à la deuxième guerre mondiale, sans qu'il y ait le moindre début d'intrigue reliant le tout.
Il y a pourtant des scènes plutôt sympathiques, comme le duel évoqué plus haut, entre Sue et... le Beyonder (sisi), avec un joli et surprenant clin d'oeil de la miss, juste avant de dégainer. Malgré tout, on a vraiment l'impression que plutôt que l'espace-temps, c'est le scénario sans queue ni tête qui s'est effondré.

Un mensuel un peu moins bon qu'à l'accoutumée mais qui se laisse lire sans trop de mal si l'on excepte la famille Ingalls.



Pendant ce temps là, ailleurs sur la toile

Suite de la petite rubrique, non régulière, concernant ce qui se passe d'intéressant sur d'autres sites et blogs.

Pour commencer, une sorte d'animation ludique et scientifique, avec The Scale of Universe. Ce petit programme, une fois chargé, vous permet de vous balader de l'infiniment petit à l'infiniment grand. On démarre du Mur de Planck, limite de l'indivisibilité de la matière, et l'on va jusqu'aux amas de galaxies, le tout à l'échelle. Impressionnant et instructif.
On passe ensuite à une review du film Iron Man 2 sur le site de l'excellent magazine Geek. Perso, comme d'hab évidemment, je ne l'ai pas vu. Je reste sur ma bonne impression de Watchmen, pour une fois que je ne ressors pas déçu d'une adaptation...

Autre domaine très différent, je vous avais parlé de la nouvelle collection Atlas sur les comics Star Wars édités par Marvel, eh bien le numéro #7 vient de sortir et est présenté ici (il faut s'inscrire par contre pour pouvoir lire l'article, un peu ennuyeux ça).
Une nouvelle série également, Venturesome Motes, présentée par l'ami Pierre Minne, auteur du Patrouilleur. Il nous dévoile de fort jolies planches sur son blog.
Enfin, d'une manière générale, je vous conseille également Quoi de neuf sur ma pile ? de Gromovar, un blog qui aborde BD, romans, essais ou recueils de nouvelles avec un ton libre et une grande qualité d'écriture. Une vraie mine de découvertes.

Et je termine en vous parlant de The Walking Dead Compendium, que j'avais déjà évoqué ici. L'ayant reçu, je peux vous en dire un peu plus. Tout d'abord, l'imposant volume regroupe donc les 48 premiers épisodes, autrement dit les 8 premiers TPB, ce qui représente 1056 planches !
L'impression, ici sur papier glacé, est un peu différente de ce que l'on a l'habitude de voir en VF. Les noirs y sont plus profonds, les gris plus clairs, parfois presque blancs, ce qui accentue le contraste et l'impression de N&B "dur" plutôt que de niveaux de gris.
Les covers ne sont pas présentes mais vu le prix (41 euros ) et le nombre de pages, difficile de s'en plaindre. Par contre, l'histoire courte (6 planches) réalisée pour le Image Comics Holiday Special - et présente dans le tome #1 de Delcourt - a été intégrée à l'ouvrage.
J'ajoute que le niveau de langage est tout à fait abordable, pas d'argot ou d'expressions venues du fin fond de la campagne US. ;o)
A conseiller donc, même si le poids ne rend pas la manipulation très pratique.