Affichage des articles dont le libellé est Encyclopédies. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Encyclopédies. Afficher tous les articles

01 mai 2014

Encyclopédies Batman

Une plongée aujourd'hui dans l'univers du Dark Knight grâce à deux encyclopédies très différentes et complémentaires.

Batman ayant tout de même quelques décennies d'aventures à son actif, il n'est pas toujours facile de pénétrer son sombre et riche univers. Pour les novices qui souhaiteraient en apprendre un peu plus sur Gotham et Bruce Wayne, nous vous avons sélectionné deux encyclopédies au style radicalement opposé.
Pour commencer, L'encyclopédie Batman, publiée chez Huginn & Muninn.
L'ouvrage, qui fait environ 200 pages pour un peu plus de 30 euros, commence logiquement par une présentation des origines du personnage et un petit topo sur ses créateurs. On rentre ensuite dans le vif du sujet avec le costume (et son évolution), le manoir Wayne, les gadgets à disposition du héros, les différentes versions de la Batmobile ou encore la Batcave et ses secrets.

Niveau caractéristiques physiques, on fait dans le pointu : outre une liste des différents arts martiaux pratiqués par le chevalier de Gotham, l'on a droit à un programme d'entraînement complet (sur une semaine) et même à une liste détaillée des différents repas sur une journée ! Anecdotique mais amusant.
Un plan de Gotham, plutôt moche et assez basique, est présent également. La ville est si mythique qu'elle aurait sans doute mérité un meilleur traitement, avec une carte plus soignée. 
L'on passe ensuite en revue les nombreux alliés et ennemis de Batman. Plutôt succinct mais assez complet.
Une chronologie rapide permet également de retracer les grandes lignes des évènements ayant eu un impact sur le Dark Knight. Enfin, cinq parties découpées en époques distinctes (Golden, Silver, Bronze, Dark et Modern Age) s'attardent sur les sagas importantes, parfois en détaillant un épisode clé. Des évènements relativement récents sont présents puisque l'on évoque Blackest Night ou Batman Incorporated par exemple.

Le tour d'horizon est plutôt complet et les illustrations sont très nombreuses. Néanmoins, L'ouvrage flirte parfois plus avec l'artbook que l'encyclopédie pure et dure.
Aussi, pour ceux qui voudraient aller plus loin (et qui ne sont pas rebutés par l'anglais), l'on peut conseiller The Essential Batman Encyclopedia.
Près de 400 pages pour une vingtaine d'euros. L'ouvrage est radicalement différent puisqu'il propose un texte dense et des articles bien plus fouillés. Sont abordés bien sûr les personnages mais aussi les différents lieux importants et même divers objets et armes. L'on peut noter la présence de cahiers d'illustrations en couleurs, les images aérant les articles étant, elles, en noir & blanc. Contrairement à l'encyclopédie précédente, l'éditeur opte ici pour une softcover.

Si l'on évoque une certaine complémentarité entre ces deux encyclopédies, c'est qu'elles n'ont pas du tout la même finalité ni la même forme. La première est jolie, agréable à feuilleter, alors que l'autre est résolument fonctionnelle. De la même façon, la première reste un peu en surface des choses (ce qui sera déjà amplement suffisant pour la plupart des lecteurs) alors que la seconde aborde les sujets d'une manière plus exhaustive, avec notamment de nombreuses références aux publications concernées. 
Le mieux est encore de prendre un exemple concret avec la photo ci-dessus. Il s'agit de deux articles sur le même personnage, Spoiler. Celui de la première encyclopédie est "collé" juste au-dessus pour pouvoir clairement comparer. L'on voit bien que dans l'encyclopédie VO, le texte est au moins dix fois plus long.

Pas vraiment de gagnant donc avec cette confrontation entre deux livres qui ne boxent pas dans la même catégorie. L'idéal serait de posséder les deux (Batman mérite bien ça !) mais, en cas de choix, il se basera sans doute sur votre maîtrise de l'anglais, l'aspect esthétique et le niveau d'information dont vous avez besoin.
L'une se regarde, l'autre se lit, c'est finalement un bon équilibre pour des encyclopédies dédiées aux comics.


Galerie









Liste des encyclopédies, ou ouvrages assimilés, traitées sur ce site.




23 avril 2013

Marvel Universe : Handbook & Index

Un dossier aujourd'hui sur deux publications aussi intéressantes que complémentaires avec The Official Handbook of the Marvel Universe et Official Index to the Marvel Universe.

Le Marvelverse reste un vaste univers, complexe, qu'il n'est pas toujours facile d'appréhender. Difficile en effet pour le profane de ne pas se sentir un peu perdu parmi les milliers de personnages ayant peuplé, pendant des décennies, les nombreuses séries de la Maison des Idées.
L'une des méthodes pour tenter de s'y retrouver reste encore la classique encyclopédie. Classique, oui, mais pas toujours efficace. L'on se retrouve parfois avec des ouvrages peu pratiques et difficilement manipulables, tenant presque plus de l'artbook (cf. Les Chroniques de Marvel ou l'encyclopédie Marvel de Semic), quand tout simplement les guides, censés être des références, ne sont pas truffés d'erreurs (cf. l'encyclopédie Iron Man). Reste, dans la production VF relativement récente, les encyclopédies thématiques (Spidey, FF...) publiées par Panini au format Deluxe, qui, faute de mieux, permettaient d'avoir quelques informations (parfois bien superficielles tout de même) sur certains pans de l'univers Marvel.
Pour aller un peu au-delà, il faut se tourner vers la VO et deux séries d'ouvrages qu'il m'a semblé logique de vous présenter au sein d'un même article.

Commençons par The Official Handbook of the Marvel Universe. Il s'agit d'une série de 14 volumes répertoriant non seulement tous les personnages, mais également les lieux importants, les organisations, voire même les objets (Cube Cosmique et autres engins du même genre) du Marvelverse. Cette série de manuels étant postérieure à 2010, elle permet en outre d'aborder même des évènements importants récents, comme House of M, Civil War ou le Dark Reign.
D'un point de vue pratique, on a en général droit à un personnage par page (même pour des protagonistes très secondaires !). L'on trouve bien entendu les habituelles données techniques (nom, lieu de naissance, première apparition, taille, poids, etc.) ainsi qu'un résumé du parcours du personnage. Un encart spécifique détaille ses capacités et accueille une grille de pouvoirs, notant sur 7 l'intelligence, la force, ou, entre autres, l'habileté au combat de l'individu. Dès qu'un personnage est un peu plus important, le nombre de pages lui étant consacré augmente en conséquence (Atlas, par exemple, qui n'est pas une tête d'affiche, a déjà droit à quatre pages pour lui seul, Iron Man, dans sa version 616 classique, en obtient onze). La densité du texte est assez exceptionnelle, mais le tout est heureusement très richement illustré.

Outre la biographie des encapés et autres vilains, l'on retrouvera également des plans, schémas et autres présentations d'endroits stratégiques ou d'équipements (cf. la galerie à la fin de l'article). Certaines cartes auraient méritées d'être un peu plus grandes et détaillées (le quartier général des Vengeurs par exemple), mais il est vrai que l'on entre là dans de l'exigence qui paraîtra probablement superflue pour beaucoup.
Les deux premiers ouvrages contiennent un glossaire portant sur l'explication de termes génériques (omniscient, omnipotent...) ou liés à l'univers Marvel (Deviant, SRA...). A partir du deuxième tome, et jusqu'au cinquième, toutes les Terres alternatives sont recensées, ce qui est déjà un travail de recherche hallucinant tant elles sont nombreuses (plusieurs centaines d'entrées tout de même). Enfin, des appendices apportent à chaque volume des compléments, parfois importants (et illustrés également).
Il s'agit tout simplement d'une collection d'une richesse incroyable et d'une exhaustivité exemplaire, probablement sans doute plus destinée par contre aux fanatiques les plus gourmands en infos qu'aux novices cherchant simplement à sortir du brouillard.

Passons maintenant à l'autre collection, intitulée Official Index to the Marvel Universe. Il ne s'agit pas d'une encyclopédie thématique mais, comme son nom l'indique, d'un index, fort riche, centré sur une série particulière.
Iron Man, Captain America, les Avengers ou encore le Punisher ont leur index, mais je vais me servir plus particulièrement de celui consacré à Amazing Spider-Man pour vous les présenter (en sachant qu'ils sont tous conçus de manière identique).
L'idée est en fait de retracer l'historique d'une série régulière, en étant le plus complet possible. Pour chaque numéro de la série (de l'historique Amazing Fantasy #15 et du premier Amazing Spider-Man, en passant par les Annuals et jusqu'à Amazing Spider-Man #600), un petit article présente : la cover du numéro (2,6 x 4 cm, ainsi d'ailleurs que les éventuelles variant covers), le titre, le nombre de planches, les crédits, les personnages principaux, les vilains, les différents lieux et/ou objets importants et, enfin, un résumé de l'histoire, ainsi que quelques notes qui complètent le tout.
Enorme !

Là encore, un tel guide cible sans doute plus les passionnés les plus acharnés (voire les professionnels, qu'ils soient auteurs ou journalistes) que les lecteurs occasionnels. Que l'on cherche à retrouver un épisode culte, à connaître les détails de l'apparition d'un personnage clé ou simplement à parcourir des décennies d'aventures au travers des résumés, tout cela est rendu possible - et même relativement facile - grâce à cet index.
Pour ne donner qu'un seul exemple des possibilités qu'offrent ce guide, sachez qu'il est même possible de suivre rapidement les tribulations d'un seul personnage, grâce aux annotations "next" et "last" indiquant sa dernière et sa future apparition (au sein d'ASM ou ailleurs). Ainsi, pas besoin de tout éplucher pendant des heures pour retrouver la trace d'un obscur intervenant ; on arrive tout de suite à l'épisode recherché, même s'il est distant de plusieurs années.
Magique je vous dis...

Alors, niveau prix... les Index sont vendus à environ 15 euros pièce, port compris (ils les valent largement). Les Handbook sont un peu plus chers, entre 17 et 22 euros suivant les tomes (multiplié par 14, ça fait une bonne somme, mais difficile de trouver mieux).
Si l'anglais ne vous rebute pas, foncez, vous ne serez pas déçus.

+ pratique (petit format et couverture souple)
+ exhaustif
+ astuces des entrées (Index)
+ schémas et plans (Handbook)
+ très nombreuses illustrations
+ tous les univers alternatifs connus listés et décrits (Handbook)
- pas de VF, mais vu la qualité de certaines traductions et la somme de travail que celles-ci nécessiteraient, ce n'est peut-être pas plus mal
- certains plans (Handbook) ont été faits sur un coin de table en fin de repas... mais bon, c'est pour chipoter là. ;o)


Galerie


36 modèles d'armure Iron Man "classiques" sont répertoriés et présentés...


Certains équipements, comme ici les lunettes de Cyclope, sont vus en coupe et détaillés. 


Les véhicules ne sont pas oubliés, avec ici le quinjet des Vengeurs.


En général, un personnage est présenté sur une (Authority) ou deux planches (Avalanche).


Certains schémas sont tout de même "vite faits", comme ici cette coupe de Wolvie qui nous "apprend" l'emplacement de ses phalanges ou de son crâne... 


Une Mark III détaillée.


Certaines pages listent tous les membres d'une équipe ou d'une organisation, comme ici avec l'Initiative des 50 états...


... ou encore ici le personnel du Daily Bugle (notez les plans de l'immeuble, relativement petits... tant pis pour les Maîtres de Jeu, ils devront bosser).

Toutes les autres photos de la galerie étaient issues des Handbook, voici un exemple d'article (avec variant covers) tiré de l'Index ASM.




02 mai 2010

Encyclopédie Iron Man

Une nouvelle encyclopédie Semic est consacrée à Iron Man et présentée comme le guide ultime sur le super-héros en armure. Tout de suite, on vérifie si la promesse est tenue.

Après un ouvrage similaire centré sur Wolverine ou encore les Chroniques de Marvel, Semic, qui appartient aujourd'hui au groupe Tournon, s'intéresse cette fois de près à Tony Stark et ses armures.
On commence logiquement par une présentation générale du personnage et de sa genèse, notamment sa première apparition dans Tales of Suspense. L'auteur, Matthew K. Manning, s'attarde ensuite sur l'armure, avec par exemple une vue éclatée du casque. Un peu simpliste tout de même pour donner l'illusion d'un schéma technique.
Plus intéressant, l'on passe ensuite en revue les nombreuses armures utilisées par Stark au fil du temps. De la Mark I à Extremis, en passant par les versions Hulkbuster, furtive ou spatiale. Un joli condensé, en six planches, de plus de quarante ans d'évolution.

Après un topo sur les relations de Tony, ses plus célèbres adversaires, ou encore les Vengeurs, le lecteur pourra bénéficier d'une chronologie, simplifiée mais complète, des aventures de Iron Man. Les plus importantes sagas sont abordées également, avec parfois un épisode clé qui est disséqué et permet de rentrer dans les détails. Les derniers grands évènements ne sont pas en reste puisque House of M, Civil War et même Dark Reign sont évoqués. Une petite partie est en plus consacrée aux réalités alternatives et à l'univers Ultimate.

En apparence, voilà donc quelque chose de complet. Pourtant, le livre n'est pas exempt de défauts.
Tout d'abord, la mise en page (habituelle pour les encyclopédies Semic) donne une impression de fouillis et manque de la rigueur nécessaire à ce type d'ouvrage informatif. L'on gagne sans doute en illustrations ce que l'on perd d'un point de vue pratique.
Le texte et la traduction apportent leur lot d'étrangetés. Ainsi, Sentry est souvent appelé "the Sentry". Plus grave, son alter ego, Void, est ici affublé du nom de "Néant" (déjà que Panini l'appelle parfois "le vide", on se demande comment les nouveaux lecteurs peuvent encore s'y retrouver). Autre exemple, le Raft, quartier de la prison de Ryker's Island, généralement non traduit, est ici appelé "le radeau". Dans un autre registre, les Inhumains sont renommés "Non-Humains". Bref, des termes qui peuvent décontenancer et qui ne se retrouveront pas sous la même forme dans les comics, ce qui est un peu gênant pour une encyclopédie censée aider à la compréhension du vaste marvelverse.

L'on trouve quelques petites fautes d'impression également, comme dans "Tony prend Peter en fait son protégé", sorte d'amalgame entre les expressions "prendre sous son aile" et "en faire son protégé".
Les personnages et sagas présentent également des approximations. Le pouvoir de Sentry (encore lui, décidément) est décrit comme l'équivalent de "cent étoiles qui explosent", or, en général, l'on parle plutôt d'un million de soleils. Quand on se le prend dans la tronche, je sais bien que ça ne doit pas changer grand-chose, m'enfin...
Plus énervant, l'intrigue de Civil War est expliquée de manière très partiale (avec une vision millarienne intégriste) qui ne rend pas compte de la réalité et du rôle difficile de Stark. Ce dernier est même qualifié de "tortionnaire" de Steve Rogers, ce qui est tout bonnement absurde.
Mis à part ces quelques - sérieuses - réserves, l'ensemble n'est pas si mal mais ne mérite peut-être pas le titre ronflant de "guide ultime". Ceci dit, le prix, plutôt modeste (moins de 25 euros), reste assez attractif.

Une encyclopédie qui manque un peu de sérieux et peut même parfois plonger le nouveau venu dans la perplexité plus que l'éclairer vraiment. A réserver aux fans de Tête-de-Fer ou aux novices souhaitant connaître les grandes lignes de son épopée.


Un petit aperçu des pages intérieures
(cliquez sur les images pour obtenir la taille réelle)


28 octobre 2009

Les Chroniques de Marvel : de 1939 à aujourd'hui

Avec l'énorme pavé intitulé Les Chroniques de Marvel - de 1939 à aujourd'hui, Semic nous propose un fantastique voyage au travers de plusieurs décennies d'aventures éditoriales.

Les fans du marvelverse ne manquent pas d'encyclopédies consacrées à leur passion. Qu'ils soient centrés sur un personnage, une équipe ou une série particulière, les ouvrages sont déjà plutôt nombreux. Semic augmente pourtant encore ce mois-ci le choix offert aux lecteurs avec cet imposant livre se donnant l'ambitieuse mission de retracer le parcours de notre chère Maison des Idées, de sa création - sous le nom de Timely Comics - en 1939, jusqu'à nos jours.

Vous l'aurez compris, notre balade au sein de l'univers Marvel se fera donc par ordre chronologique. Globalement, chaque année commence par un petit résumé des faits marquants, suivi ensuite d'une description mensuelle plus détaillée et abondamment illustrée. Un petit plus non négligeable : un bref rappel des évènements, politiques, économiques ou encore culturels, permet régulièrement de resituer les comics dans leur époque.
Alors, bien entendu nous allons suivre les grandes périodes de Marvel et les bouleversements éditoriaux qui ont façonné l'éditeur, comme l'arrivée d'auteurs marquants, le lancement de nouvelles séries, la création du Comics Code Authority, mais nous pourrons également nous remémorer les évènements clés issus de l'imagination des scénaristes, comme le mariage des Richards, l'arrivée de Galactus ou la mort de Gwen Stacy. Si vous êtes déjà un connaisseur du marvelverse, rassurez-vous, les personnages secondaires ne sont pas oubliés et vous aurez la satisfaction de retrouver, entre autres, les premières apparitions d'un Howard the Duck ou d'une Silver Sable.

Evidemment, avec l'arrivée de Spider-Man, Hulk, les Fantastic Four, les X-Men ou Iron Man, les années 60 tiennent une place respectable dans l'histoire marvelienne. Les super-vilains ne sont pas oubliés non plus, avec Magneto, le Bouffon Vert ou Fatalis. Leurs premières apparitions ou leurs faits marquants sont à chaque fois brièvement résumés, avec quelques explications sur le contexte, les auteurs et la série dans laquelle ils sont publiés.

Il faut l'avouer, le voyage ne manque pas de charme et d'étapes mythiques. Secret Wars, The Infinity Gauntlet, Age of Apocalypse, toutes les grandes sagas sont évoquées, jusqu'aux plus récentes d'ailleurs puisque les auteurs abordent également House of M, Civil War et même Secret Invasion.
Evidemment, les parties les plus intéressantes risquent d'être celles que vous connaissez le moins. Les premières années notamment, avec une plongée dans des styles aussi variés que le western, la romance ou la comédie pure, devraient permettre aux plus jeunes (et même aux moins jeunes d'ailleurs) de découvrir de nombreux titres et personnages méconnus ou tombés dans l'oubli. C'est un véritable plaisir de pouvoir ainsi jeter un oeil aux covers de l'époque ou à de courts extraits. Signalons à ce sujet deux superbes planches de la première aventure de Namor (Sub-Mariner) dans Marvel Comics #1. Par contre, lorsque l'on maîtrise mieux le sujet, pour ce qui est des sagas plus récentes, les résumés pourront sembler parfois un peu brefs voire approximatifs. Ce qui nous amène aux points négatifs de l'ouvrage.

Tout d'abord, l'on peut s'étonner de l'absence totale de sens critique. Ainsi par exemple, alors que plusieurs petits articles sont consacrés à la Saga du Clone, il n'est jamais fait mention du tollé qu'elle engendra chez les lecteurs et du recul éditorial de Marvel qui s'en suivit à l'époque. Un peu dommage, d'autant qu'il y a prescription et qu'il n'y a nulle honte à reconnaître un cafouillage lorsque l'on présente un bilan général aussi flatteur.
Certaines descriptions sont également parfois incorrectes. Ainsi, Sentry est décrit comme un personnage "simplet et hypra-puissant". Or, s'il est effectivement très puissant, Robert Reynolds est loin d'être un benêt. Il a certes des problèmes psychologiques assez graves, mais en aucun cas cela n'influe sur son potentiel intellectuel. Il est même assez stupéfiant de constater que certains peuvent encore associer, de nos jours, un malade sujet à des troubles psychiatriques avec un imbécile. Les auteurs sont, eux, parfois assez maltraités également. Kurt Busiek se voit appeler à deux reprises "Kurk Bussiek". Dans un autre genre, on nous signale des covers alternatives signées "par Michael Turner ou Turner". Autre information étrange ; à propos du costume de Spider-Man conçu par Stark (le rouge et or), on nous apprend que Stark s'en est servi ensuite pour "ses légions d'araignées écarlates". La vache ! Y'a bien eu les clones de MVP qui portaient cette tenue, mais de là à appeler ces trois gamins des "légions"... ils n'ont pas encore osé proclamer Stark Imperator mais on sent qu'il ne faudrait pas beaucoup les pousser.
Et enfin, on retrouve la si énervante contraction "ç'a" (dont Panini nous abreuve dans les dialogues VF) mais, cette fois, elle apparaît dans un texte descriptif. C'est une première ! Putain mais c'est trop dur d'écrire "cela a" ? Même oralement d'ailleurs, on dit "ça a" et pas "ç'a". Quelle espèce de graine d'abruti inculte faut-il être pour dénaturer à ce point une langue ? Comment peut-on laisser des incapables pareils graver leur imbécillité sans limite sur un support aussi noble que le papier ? Alors merde, une bonne fois pour toutes, "ça" ne s'élide pas devant un "a" ! Jamais ! Nulle part ! Sauf si un taré vous menace avec un putain de calibre .44 et l'exige expressément, là on peut élider dans tous les sens, et avec précipitation même ! Mais, dans des conditions normales : NON !

Ça s'est vu que j'étais énervé ? Bon, ceci dit, même s'il me paraît normal de signaler ces quelques égarements, il ne faudrait pas en déduire que ces chroniques ne valent rien. Il s'agit tout de même d'une mine d'informations - sans doute justes pour la plupart - et d'une incroyable vue d'ensemble sur un éditeur culte ayant profondément marqué les comics et le genre super-héroïque.
Le coffret est vraiment très beau, outre le livre (dont la couverture a été découpée en forme de M), il contient deux lithographies de Jim Cheung (c'est la même en fait, une encrée et l'autre version colorisée). Reste le prix, près de 50 euros quand même, qui n'est certes pas négligeable mais qui semble honnête vu la densité des 350 pages. Et c'est bientôt Noël remarquez...

Une encyclopédie passionnante, richement illustrée, dont la traduction n'est malheureusement pas exempte d'approximations voire de franches libertés prises avec la langue française.


Galerie
(cliquez sur les images pour obtenir la taille réelle)


07 décembre 2008

Quand les Comics donnent le Vertige

Une encyclopédie publiée chez Semic nous plonge au coeur du label Vertigo de DC Comics.

Depuis maintenant une quinzaine d'années, les séries Vertigo sont synonymes de qualité mais aussi d'évasion. Elles sont devenues la preuve, à travers de nombreux genres aussi divers que le polar, la fantasy, le western ou l'anticipation, que les comics n'étaient pas entièrement constitués de types bizarres portant des collants moulants et se baladant d'un immeuble à l'autre au-dessus de Manhattan.
De nombreux titres de cette collection sont devenus mythiques et connaissent à la fois succès critique et engouement des lecteurs. L'encyclopédie dont il est question ici, écrite par Alex Irvine, nous permet de voyager au travers de ces oeuvres, des plus célèbres aux plus confidentielles.

La première partie de l'ouvrage est consacrée aux séries ou romans graphiques les plus renommés : Sandman, Y the last man, Preacher, Fables (dont je vous parlerai plus longuement très prochainement) ou encore Transmetropolitan, We3, The Exterminators, Neverwhere, Loveless et bien d'autres. Tous les genres sont abordés, du Far West aux contes de notre enfance en passant par des histoires plus horrifiques. Difficile de ne pas trouver son bonheur dans ce foisonnement créatif.
L'essentiel de chaque série est présenté sur quelques pages : équipe artistique, histoire, personnages, lieux, citations, anecdotes sur la création du titre, le tout richement illustré. La mise en page ressemble un peu à ce que l'on avait pu voir dans l'encyclopédie Semic sur les personnages Marvel, peut-être en plus dense encore. La traduction est globalement correcte malgré quelques fautes de français assez énormes et quelque peu irritantes dans un ouvrage qui se veut être une référence de qualité.

La deuxième partie, plus courte, s'articule autour de titres moins connus et traités de manière moins approfondie. En tout, ce sont environ 200 séries qui sont décortiquées ou évoquées, de quoi effectivement donner le tournis. On a droit à un avant-propos de Neil Gaiman, une introduction de Karen Berger (responsable éditoriale de Vertigo) et, bien évidemment, à un index alphabétique.
Ce livre, avec jaquette sur couverture en dur (illustrée elle aussi) et papier glacé, vous coûtera 30 euros si vous décidez de succomber aux charmes des nombreux et étranges univers Vertigo.

Un tour d'horizon plutôt exhaustif d'une ligne hétéroclite et prestigieuse. Même les plus réfractaires à la bande dessinée américaine devraient y trouver de quoi réviser leur jugement. ;o)

Quelques vues des pages intérieures :
(cliquez sur les images pour obtenir la taille réelle)



17 octobre 2008

Mystic Arcana : Tarot & Magie dans l'univers Marvel

Les forces magiques sont à l'oeuvre dans Mystic Arcana, une série rééditée aux Etats-Unis, dans un superbe TPB, en décembre 2007. On jette un sort, dès maintenant, pour en savoir plus.

L'Eau pour Namor, empereur des Mers. Le Feu pour cet être de flammes de l'âge d'or. La Terre, défendue avec courage, pour le soldat au bouclier. Et l'Air pour cet autre surhumain qui courait plus vite que le vent. Les premiers héros de l'âge d'argent étaient également issus de ces éléments : un homme qui s'étire et coule comme un liquide, un monstre de pierre, une femme transparente comme l'air et une nouvelle Torche.
Quatre éléments.
Quatre types de magie.
Et tout un monde qui pourrait disparaître si Ian McNee ne réussit pas sa quête. Le Tarot a parlé, Ian devra retrouver une épée, une rose, une couronne et un miroir. Quatre artefacts qui, une fois réunis, pourront sauver les Royaumes Mystiques. Ou précipiter leur perte.

Après cette petite et énigmatique introduction, rentrons tout de suite dans le vif du sujet. Cette mini-série est divisée en quatre parties. Chaque chapitre comprend une sorte de one-shot centré sur l'un des fameux objets magiques, lui-même lié à un héros, et un court épisode évoquant la quête de McNee.
L'histoire principale est donc diluée, à petites doses, entre les épisodes apparemment sans lien entre eux. Ces derniers nous promènent de l'ancienne Egypte à la mythique Avalon, en passant par l'Europe de l'Est (plus classique ça déjà). Les personnages mis en avant lors de ces petits voyages sont Magik (Illyana Raspoutine), Black Knight, notre chère Wanda Maximoff (alias la Sorcière Rouge, à l'origine des évènements de House of M) et la jeune Nico Minoru (des Runaways).
Tout cela est écrit par David Sexton, Louise Simonson, Roy Thomas, Jeff Parker et C.B. Cebulski. Les dessins sont de Eric Nguyen, Steve Scott, Tom Grummett, Juan Santacruz et Phil Noto. Vous l'aurez compris, chaque partie possède donc sa propre équipe créative.

Bon, pour être honnête, cette saga n'est pas spécialement bouleversante ou originale. Mais si je prends le temps de vous en parler, c'est qu'il y a une bonne raison (ah ben oui, quand même). L'ouvrage dont il est question ici contient également The Marvel Tarot et The Book of Marvel Magic, des éléments qui vont apporter, mine de rien, une énorme valeur ajoutée à l'ensemble.
The Marvel Tarot d'abord. Voilà quelque chose de magistralement réalisé (par Sexton) et de particulièrement beau à regarder. Sexton nous dévoile les principales cartes de son tarot (les arcanes majeures) en nous en expliquant le sens et en évoquant les personnages auxquels elles sont liées. Mieux encore, le tout est présenté avec des illustrations, d'une rare richesse, basées sur de vieux grimoires ou des fragments de notes, le tout accompagné par un tas de bricoles disparates, comme de vieilles pièces, des plantes séchées, des papillons et toute une mosaïque de petites choses, parfois difficilement identifiables, qui nous donnent l'impression de jeter un oeil sur le bureau désordonné d'un vieux mage.

Bien que ce soit très joli, il ne s'agit pas d'un artbook et des éléments très intéressants accompagnent les cartes, comme une Table de Correspondances qui permet de voir ce qui découle des fameux éléments. Le lecteur pourra donc découvrir à quoi s'associent l'eau, le feu, l'air et la terre, non seulement à travers les couleurs correspondantes, les points cardinaux, les saisons, les animaux, les signes astraux, mais aussi par rapport aux forces de la nature, aux races mystiques et extraterrestres ou même... aux différentes formes de Adam Warlock ou aux héros faisant partie des Defenders ! On a droit également à une planche représentant les différents plans d'existence, à un topo sur les différentes magies, à une petite recherche sur la signification de "Agamotto", bref, un tas d'infos magiques et marvelliennes.

La plus grosse partie des "bonus" de cette édition librairie concerne Mystic Arcana : The Book of Marvel Magic, une sorte de mini encyclopédie comme l'on a déjà pu en voir dans d'autres ouvrages (le Civil War Companion par exemple) mais qui est ici focalisée sur les personnages et objets magiques. C'est moins joli à regarder que le Tarot mais le contenu informatif est très dense. On retrouve pour chaque perso ses caractéristiques principales (force, intelligence, rapidité, résistance aux chansons de Diam's, capacité à écouter Joey Starr sans rire ni pleurer, etc.), son vrai nom, sa première apparition, son affiliation, un tas d'autres précisions et, forcément, un historique de ce que le gusse a fait.
En plus des gens, un appendice répertorie les épées, talismans et livres magiques ayant déjà été utilisés dans l'univers Marvel. Un pur bonheur pour un Maître de Jeu en panne d'inspiration. La série et la date d'apparition de l'objet sont à chaque fois précisées. Autrement dit, voilà largement de quoi faire le tour de la question !

Le livre (en anglais donc, je le rappelle) est pratiquement identique à nos Deluxe (jaquette sur hardcover, papier glacé) mais il ne vous en coûtera que 18,05 €, port compris, si vous souhaitez l'acquérir. Un cadeau au regard de la richesse de l'ouvrage qui, s'il ne contient pas une histoire époustouflante en soi, s'érige au rang d'indispensable de par un contenu additionnel travaillé, inspiré et très complet.

ps : quelques vues des pages intérieures ci-dessous (cliquez sur les images pour les agrandir) :