De la Technique dans l'Ecriture III : les Deux Voix de Kaamelott
Troisième volet des chroniques
consacrées à la technique liée à ce travail qu’est l’écriture. Après ce premier essai, générique, et cet article consacré à Vogler et les principes qu’il met en avant,
nous allons maintenant évoquer les dialogues et, notamment, les « voix »
des personnages, autrement dit ce ton particulier qui va leur donner cachet et
particularité.
Alexandre Astier, je vous le
dis tout net, est sans doute l’auteur français qui m’inspire le plus de respect
à l’heure actuelle. Réalisateur, scénariste, acteur, compositeur… le mec touche
à tout mais ce qui est rare, c’est qu’il est méchamment bon dans tout. Une
sorte d’anti-Azoulay pour ceux qui connaissent les séries AB.
Nous allons mettre de côté les
nombreux savoir-faire d’Astier concernant l’audio-visuel pour se recentrer sur
son écriture, domaine qu’il maîtrise plutôt bien. Et nous allons voir que,
finalement, Kaamelott, qui est une série extraordinaire à plus d’un titre, est
aussi très simple dans sa construction, et notamment dans la
construction de ses personnages.
Il est peut-être bon de
commencer par expliquer pourquoi Kaamelott est sans doute la meilleure série
française de tous les temps. Kaamelott, à la base, c’est drôle. Et c’est drôle, la plupart du
temps, parce que c’est réaliste. Ça peut en surprendre certains mais cette
série est réaliste. Peu importe si dans une fiction l’on trouve de la magie,
des dragons et des fées, il existe une manière réaliste de traiter le
surnaturel. Les deux termes ne s’opposent pas.
Par exemple, le Sacré Graal
des Monty Python peut plaire, mais ce n’est pas une fiction réaliste. Il s’agit
d’un humour absurde qui fait appel à d’autres mécanismes. Dans Kaamelott,
Astier met en scène non seulement la bêtise intrinsèque à l’espèce humaine,
mais il utilise pour cela un langage adapté, résolument et faussement
« moderne ».
Pourquoi
« faussement » ?
Parce qu’en réalité, personne
ne peut savoir comment s’exprimaient les Bretons antiques. Pas plus que les Romains. D’ailleurs, saviez-vous qu’il est impossible de savoir exactement
comment se prononcent les mots latins ? Tout simplement parce que le latin
a changé de prononciation dans le temps, dans l’espace mais aussi au sein même des différentes couches de la société d'un temps et d'un peuple donnés. Le latin de Rome n’était sans doute pas celui de Lutèce ou d’Antioche.
Le latin d’église n’était pas celui des marchés. Et le latin de Néron n’était pas
celui de Constantin.
Par contre, il est un fait
indéniable : le langage
utilisé dans les romans historiques est toujours
une interprétation, souvent basée sur des habitudes littéraires peu logiques.
utilisé dans les romans historiques est toujours
une interprétation, souvent basée sur des habitudes littéraires peu logiques.
Lorsque Léodagan ou Loth
s’expriment, il n’y a aucune raison d’ampouler leur discours. Surtout dans une
situation de la vie « quotidienne ». Alors, peut-être que certains
termes, comme « bouseux », « blairer » ou
« salopards », peuvent paraître anachroniques, mais en réalité, ils
suivent une logique très simple de transposition de l’idée.
Cette logique se retrouve
aussi dans la traduction par exemple. Dans une série TV américaine, ou un
comic, le but, pour le traducteur français, est de rendre compte du ton, du
sens, pas de faire du mot à mot. Eh bien Astier, lui, a appliqué cette
technique à sa série. Il n’a pas cherché à faire « moderne », il a écrit
des scènes de manière réaliste, en s’intéressant aux situations.
Et cette transposition, c’est
l’un des ressorts comiques essentiels.
Il y a d’autres raisons qui
permettent de dire que Kaamelott est une série fabuleuse. Notamment le fait
qu’Astier ait réussi à exploser le format d’origine (des gags courts) pour en
faire des téléfilms…
Avec la longueur, il a réussi
à introduire, dans cette série « comique », du drame, de l’épique
même !
Du jamais vu.
Mais intéressons-nous
maintenant aux personnages.
Un grand nombre de
« spécialistes » donnent souvent comme conseil, aux auteurs
débutants, de donner une voix particulière à chaque personnage. En somme, de ne
pas en faire des clones qui s’exprimeraient tous de la même façon. Ce n’est pas
idiot, mais lorsque l’on manie des dizaines de personnages, il est très
difficile de leur donner une teinte particulière à tous. C’est difficile, mais
c’est aussi inutile, voire risqué.
Risqué parce que, à terme, en
multipliant les registres, c’est le style de l’auteur qui risque de se diluer.
Inutile parce que l’on peut très bien utiliser deux voix différentes pour une
armée de personnages.
Chaque personnage de Kaamelott,
par exemple, fonctionne sur des bases très simples, souvent communes. Cela ne
veut pas dire que, sur la longueur, on ne peut pas différencier des personnages
aux « squelettes » proches, mais ils restent tout de même, par
essence, de la même famille.
Et, bien que cela puisse
surprendre, en réalité, à part une ou deux exceptions, tous les personnages de
Kaamelott peuvent se ranger dans deux catégories, que je vais appeler les
Benêts et les Colériques.
Attention également aux noms
de ces catégories, ils ne signifient pas qu’un Benêt ne peut pas se mettre en
colère, ou qu’un colérique ne peut pas faire preuve de bêtise, ils ne désignent
pas la personnalité des personnages mais uniquement leur voix. La manière dont
ils s’expriment.
Dans les Colériques, l’on va
retrouver Arthur, Léodagan, Lancelot, Loth, le Père Blaise, Séli, Angharad,
Capito, etc.
Dans les Benêts, l’on retrouve
Perceval, Karadoc, Merlin, Yvain, Guenièvre, Gauvain, Dagonet, Hervé de Rinel,
la Dame du Lac, etc.
Il est très rare qu’un
personnage ne puisse pas se ranger dans l’une de ces deux catégories, une
exception notable restant, à mon sens, Bohort, qui a une « voix » à
part.
Pour se convaincre de
l’existence de ces catégories, il suffit de se livrer à un exercice simple qui
consiste à mettre un texte identique dans la bouche des différents personnages.
Et pour ce faire, l’on va
utiliser une petite tirade qu’Arthur lui-même apprend au Duc d’Aquitaine, dans
la saison 5, afin de clouer le bec de son agaçante épouse. Dans cet épisode,
l’effet comique vient justement
du fait que le Duc en question fait partie de
la catégorie Benêt et qu’il utilise alors (très difficilement) un registre
lexical qui ne lui appartient pas.
du fait que le Duc en question fait partie de
la catégorie Benêt et qu’il utilise alors (très difficilement) un registre
lexical qui ne lui appartient pas.
Voilà le texte : « Si c’est ma tête qui vous revient pas,
vous pouvez toujours aller roupiller dans le couloir. Et à partir de
maintenant, si j’entends un mot plus haut que l’autre, je vous renvoie dans votre
bled natal à coups de pied dans le fion. Comme ça, vous pourrez aller ratisser
la bouse et torcher le cul des poules, ça vous fera prendre l’air ! »
Bon, outre le fait que c’est
quand même très bien écrit (avec un petit goût d’Audiard pas dégueulasse), ces
quelques mots vont nous être fort utiles. Imaginez ce texte dans la bouche
d’Arthur. Ça passe. Normal, c’est lui qui en est l’auteur. Imaginez Loth
maintenant. Ça passe aussi. Tout comme pour Lancelot ou le Père Blaise.
Enervés, ils pourraient tous tenir ces propos. Imaginez maintenant le même
texte dans la bouche de Perceval, Yvain ou Dagonet. Impossible. Ça ne
correspond tout simplement pas à leur « voix ».
L'on pourrait m’objecter
que Perceval s’énerve parfois. Oui, mais il conserve sa voix propre. Il n’y a
jamais d’emphase dans les emportements de Perceval. En réalité, quand Perceval
est énervé, il crie (parfois à s’en faire mal aux cordes vocales, comme
lorsqu’il engueule le Père Blaise) et il dit des gros mots (« gros
boudin », adressé à Mevanwi). Il y a une innocence, une fragilité dans la
catégorie des Benêts, qui les condamne à des réactions épidermiques très
limitées, sans métaphore.
De la même manière, lorsque
Guenièvre s’énerve, elle ne pérore pas, elle exprime son agacement d’une
manière parfois naïve (« flute ! », « vous êtes
marteau ! ») ou insultante (« petit pédé va ! »,
adressé à son propre frère), voire désespérée mais sans lyrisme (« avant, ma vie, c’était de la merde ! »).
Si la catégorie des Colériques
se distingue par ses tirades blessantes et bien construites, la catégorie des
Benêts se distingue, elle, par des inepties et confusions constantes. Perceval
ne comprend pas un mot sur deux, Guenièvre ne fait pas le rapprochement entre
le solstice d’hiver et… l’hiver, Dagonet ne sait pas où se situent ses propres terres,
la Dame du Lac ne sait même pas boire (elle lape, même si elle a l’excuse du
changement de plan), etc.
Et c’est l’expression de cette
bêtise qui donne le ton particulier de cette deuxième voix :
« Il n’a pas inventé le plat
de la main morte celui-là. » (Dagonet)
« J’ai pénétré leur lieu
d’habitation de façon subrogative… en tapinant . » (Hervé de Rinel)
« Faut arrêter ces
conneries de nord et de sud ! Une fois pour toutes, le nord, suivant
comment on est tourné, ça change tout ! » (Perceval)
Impossible de mettre ces
phrases dans la bouche de Loth, Lancelot ou Léodagan.
Par contre, ce que dit Dagonet
ou Perceval peut être dit par Guenièvre ou Yvain.
Lorsque ces personnages
sortent de leur rôle, il y a immédiatement un décalage violent qui apporte un
effet particulier. Le cas du Duc d’Aquitaine n’est pas isolé. Quand Guenièvre,
par le plus grand des hasards, demande à Arthur pourquoi il accepte de laisser
ses chevaliers former des clans autonomes alors que sa plus grande mission a
toujours été de les fédérer autour de la quête du Graal, la pertinence de la
question et la clarté de sa formulation laissent Arthur pantois. Il ne s’en
sort que parce que Guenièvre revient immédiatement dans sa catégorie et
s’enferre toute seule.
Il peut y avoir des
« sorties » de catégorie, des changements de voix, mais ils doivent
forcément avoir un
effet dans le récit, être exceptionnels et être perçus comme
une bizarrerie (aussi bien par les autres personnages que le
lecteur/spectateur).
effet dans le récit, être exceptionnels et être perçus comme
une bizarrerie (aussi bien par les autres personnages que le
lecteur/spectateur).
Ce qui différencie donc
l’écriture des personnages dans Kaamelott, c’est l’aisance dans l’invective de
certains et la naïveté, confinant souvent à la sottise, des autres.
A l’intérieur d’une même caste
de personnages, les répliques sont interchangeables, mais les répliques ne
peuvent pas « voyager » d’une caste à l’autre. Imaginez que l’on vous
fasse lire un épisode inédit de Kaamelott, mais juste avec les dialogues, sans
les noms des personnages. Eh bien, s’ils parlent d’un sujet un peu vague, et ne
révèlent rien sur leur identité, vous ne saurez pas qui ils sont, mais vous
pourrez toujours savoir qui est le Benêt et qui est le Colérique.
A travers l’exemple de
Kaamelott, limpide et très facilement décryptable, ce sont deux notions
essentielles de l’écriture qui apparaissent : la voix des personnages et
les ruptures.
Pour la voix, on l’a vu, c’est
donc un ton, une manière de s’exprimer, qui permet de « catégoriser »
un personnage. Il n’est nullement nécessaire d’avoir une voix pour chaque
personnage, deux ou trois, même pour un récit épique avec des centaines de
protagonistes, suffisent largement. Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas
fignoler et ajouter de petites variantes, mais fondamentalement, chaque voix
pourra être résumée par son appartenance à une catégorie de base.
Dès que l’on écrit, sans le
faire exprès, sans une volonté de rupture, un texte ayant une voix particulière
pour un personnage qui n’est pas censé avoir cette voix, c’est l’équivalent
d’une « fausseté » en musique. Dans un récit, l’on peut utiliser
parfois ces fausses notes mais pour bien les employer, il faut évidemment
comprendre pourquoi elles sont « fausses ». Dans ce cas, elles
servent alors de rupture, afin d’amener un effet particulier.
Cette rupture n’est pas
uniquement utilisée dans un registre comique. Elle peut amener un effet
dramatique ou même effrayant. Quand la petite fille de L’Exorciste se met à
beugler des insanités, elle change de voix au sens propre et figuré. Mais plus
que le son, ce sont bien les mots, en total décalage avec ceux d’une fillette,
qui vont choquer.
Non seulement la voix permet
de donner un début d’existence, de crédibilité aux personnages, mais elle
permet aussi d’apporter des effets précis servant les scènes du récit.
La manière dont s’expriment
les personnages est si importante que l’on peut aussi apprendre en lisant ou
écoutant des personnages mal écrits, qui ont donc une voix discordante par
rapport à ce qu’ils sont censés incarner, ou trop semblable par rapport à leurs
supposés opposés. Des séries bas de gamme, comme Plus Belle la Vie, sont
typiquement des séries « monocordes », où les répliques sont
interchangeables (pas par rapport aux situations et à la logique interne de la
série, mais par rapport aux voix des personnages) [1]. Toutes les « bonnes »
histoires utilisent souvent au moins deux voix. Dans Seinfeld par exemple, sur les
quatre personnages principaux, trois ont des voix identiques, seul Kramer
apporte un intéressant décalage. Attention, là encore, cela ne veut pas dire
que les trois autres personnages sont monolithiques ou se ressemblent, ils ont
leur caractère propre, mais ils s’expriment de la même manière. C’est parce que
certaines répliques de Kramer ne pourraient jamais, dans aucunes circonstances
(sauf en voulant amener volontairement un effet de rupture), être dites par
Elaine ou George, que l’existence de plusieurs voix est décelable et
démontrable.
Tout ne se base pas forcément,
comme dans Kaamelott, sur la colère et la bêtise (colère d’ailleurs engendrée
par la bêtise, et bêtise qui, loin d’être stigmatisée dans la saga, apporte
aussi l’innocence, le recul, et s’avère
parfois désarmante). L’on pourrait imaginer d’autres catégories, basées par
exemple, selon le récit, sur l’empathie et l’indifférence. Dans Equilibrium, un
récit SF, cette différence constitue même le cœur de l’intrigue, mais l’on
pourrait bâtir un polar ou une comédie sur le même principe. Cette différence
fondamentale de voix ne suit pas forcément toujours les « frontières »
naturelles de l’intrigue. Dans Matrix, il y a moins de différences entre l’agent
Smith et Neo qu’entre Neo éveillé et Thomas Anderson à l’état de « pile »
organique, rêvant sa vie imparfaite dans la Matrice.
Un même personnage peut
donc voir sa voix évoluer, toujours dans un but précis et une logique narrative
servant l’histoire.
Un même personnage peut
donc voir sa voix évoluer, toujours dans un but précis et une logique narrative
servant l’histoire.
Dans un roman, si le travail
permettant de donner de l’épaisseur au personnage a été correctement effectué,
alors les ruptures occasionnées par les changements de voix seront
automatiquement perçues par le lecteur. Si le Henderson Dores de Boyd [2] se met à
parler avec l’assurance du Sam Spade de Hammett [3], ce sera forcément drôle ou
raté. Mais cela aura un effet : une rupture.
Ce qui sépare les bons
auteurs, patients artisans, conscients de leurs outils, et les scribouilleux
poussifs, ce n’est finalement que cela. Dans un cas, un effet voulu,
parfaitement amené, dans l’autre, une discordance malhabile, un couac
involontaire.
L’art de l’écrivain est si
riche qu’il permet même les dissonances dans certains cas. Faire la différence
entre leur utilisation habile et une abondance néfaste, c’est déjà comprendre
une partie des rouages complexes que se doit d’affronter et régler le Conteur.
Voilà le genre de choses qui devraient être au centre d’ouvrages techniques
censés expliquer à l’apprenti-auteur la « bonne » manière d’écrire.
Ces ouvrages sont évidemment, en grande majorité, des attrape-nigauds. La seule
bonne manière d’écrire, c’est la vôtre (sans un style personnel, à quoi bon
rabâcher encore ce que d’autres ont déjà dit ?). Mais la justesse, elle,
est universelle. Elle ne dépend pas de vous, pas plus qu’un accord ne dépend d’un
pianiste virtuose ou d’un guitar hero.
Encore une fois, la technique
ne limite pas. Elle libère. Elle permet d’arriver au résultat voulu.
Et elle n’empêche en rien la
créativité. Elle la rend possible. Intelligible. Efficace.
Elle est le sel sur les
cacahuètes [4]. L'huile dans le moteur.
Seule, elle ne peut rien, mais sans elle, rien n'est possible.
Ou en tout cas, rien de bon.
Seule, elle ne peut rien, mais sans elle, rien n'est possible.
Ou en tout cas, rien de bon.
« Juger est quelquefois
un plaisir, comprendre en est toujours un. »
Henri de Régnier
[1] Certaines séries, moins grand public et plus "pop culture", sont également monocordes, comme Hero Corp, qui met bizarrement dans la bouche de tous les personnages des répliques dictées par la nécessité de la scène en cours et non leur personnalité (ils ont donc des personnalités changeantes, ce qui nuit grandement à la cohésion du récit).
[2] Henderson Dores est un personnage timide, terriblement complexé, issu du roman Stars and Bars (La Croix et la Bannière en vf) de William Boyd.
[3] Sam Spade, sous la plume de Dashiell Hammett, est l'incarnation même du héros cynique et "dur à cuire", qui va même contribuer à donner un nom au genre (hardboiled). L'incarnation cinématographique d'Humphrey Bogart rendra le personnage connu du grand public, bien que le film trahisse largement le roman, jusque dans la personnalité même du détective, bien plus lisse à l'écran.
[4] En référence aux propos de Mickey Spillane qui prétendait (en parlant de romans) qu'il se vendait plus, dans le monde, de "cacahuètes salées"
que de "caviar", mais que
certaines personnes ne le comprendraient jamais. Ce type, qui était aussi
intelligent que culotté, est l'auteur de la célèbre série de romans Mike
Hammer. Il a également été pilote de l'US Air Force, agent du FBI (blessé plusieurs fois, par balle et arme blanche) et...
auteur de comics.
Cynique, brutal, visionnaire,
époustouflant, l'écrivain s'est éteint en 2006. Son apport à la littérature de
genre demeure à ce jour incroyablement méconnu. Et ses humbles "cacahuètes" valent largement de bien pénibles "caviars"...









































