Après une dure année de
labeur, vous pouvez enfin échapper à votre patron ou vos profs, mais n'allez
pas croire que la période estivale peut s'improviser avec nonchalance ! Houlà,
malheureux, tu l'as échappé belle… heureusement, toute la rédaction de UMaC a
décidé de te prodiguer moult conseils pour profiter pleinement de ton désœuvrement.
Attention néanmoins, nous déclinons toute responsabilité au cas où l'un de nos prodigieux conseils pourrait déclencher une catastrophe, de type rupture sentimentale, arrestation par la maréchaussée ou trouble obsessionnel.
Allez, on se lance, honneur bien entendu aux dames puisque c'est notre Jiji qui ouvre le bal (c'est également à elle que l'on doit le dessin ci-dessus).
Les conseils de Jiji83
Surnom :
???
Age : ???
Pouvoir : peut tourner son cou à 360°
avec des bruits de claquage en crescendo
Formation de base : ???
…Serveur
erroné…
…Accès
aux informations personnelles impossible…
Les
examens passés, les résultats tombés, il est temps de se reposer. Chacun
cherche sa destination idéale : à la plage pour certains, devant les
ventilos pour d’autres (héhé mes sauveurs !) et, dans mon cas, clouée sur
mon lit ou cloitrée dans une (bat)cave, à l’abri de la chaleur et en proie
à une humidité écrasante.
Et puis, il y a le ciel, empli de lueurs d’espoir et de
créatures cosmiques aux allures les plus diverses…
Womanthology: Space, la petite sœur de l’anthologie Heroic ayant connu un succès phénoménal sur Kickstarter
l’an
dernier, emmène dans sa navette un grand nombre de femmes, de tout âge et
expérience, pour de nouvelles aventures chez IDW !
Ce
qui plait de prime abord, c’est la diversité du titre. Du fait que chaque
histoire est très courte (ne dépassant pas les 10 pages), cela permet de voir différents styles aux travers des
nombreuses planches et illustrations que comportent l’anthologie, et donc de satisfaire tous les goûts.
Cependant,
ce que je retiens surtout, c’est l’histoire du tandem formé par Rachel Deering
et Stephanie Hans (Scaling Heaven) et
celle de Stacie Ponder (Space Girls)
avec un graphisme à couper le souffle pour l’une et un style minimaliste et une
narration pleine d’humour pour l’autre.
Sans
oublier des tutoriels en fin d’anthologie pour les amateurs du crayon ainsi que la
biographie d’une femme ayant marqué son temps dans la bande dessinée, en la
personne de Lily Renee.
Il
va sans dire qu’en plus de la qualité du bouquin, l’avoir sur son étagère
permet de soutenir la gent féminine dans les comics, en prouvant son
savoir-faire et son talent à des entreprises très souvent machistes (même
s’ils le cachent pour ne pas perdre une partie de leur lectorat, les vilains).
Womanthology en un mot : GRANDIOSE.
Les conseils de Vance
Surnom : "the Grrreat
Wenceslas" (bien insister sur le roulement de « r », il
remplace gratuitement le roulement de tambour qui devrait normalement – si ce
que m’a révélé une vieille gitane édentée sur ma destinée rayonnante est avéré
– accompagner la moindre mention de mon nom de scène) ;
Age : Vance est éternel, mais
plus proche de Hugh Jackman que de Wolverine – quand même ;
Pouvoir : capable de glisser
118 adjectifs dans une phrase de 2 pages (oui madame, et ça reste lisible –
quoique pénible) ; a pu aussi survivre à une projection de Dirty Dancing et s’est montré capable de
dire à sa dulcinée : "Ben c’était pas si nul !" ("lâcheté
par amour" n’est pas considéré comme un superpouvoir, si ?) ;
Formation de base : D.E.U.G.
de jeu de rôles, licence de SF, maîtrise en vieux comics et prépare depuis 25
ans une thèse sur les origines extraterrestres des Templiers, véritables
descendants des Jedi d’une autre galaxie lointaine, très lointaine…
Grâce à Neault et
"Geoker", vous pourrez briller en société (balnéaire), hypnotiser
les minettes ou en remontrer aux geeks tout en ruminant les meilleurs moyens de vous débarrasser de leur corps et de
rester présentable et séduisant lorsque vous jouerez votre propre rôle dans CSI-la Baule ou NCIS-Golfe Juan.
Mais le reste du temps ?
Eh oui, ces experts ont-ils pensé aux files d’attente interminables aux
guichets de Disneyland ou dans la cour du château de Versailles ? Et
l’ennui qui pointe lorsque votre guide de randonnée, juste après le frugal
pique-nique à quelques hectomètres du Tourmalet, commence à vanter les produits
mis en vente dans sa ferme située au fond de la vallée sous les nuages – tandis
que vous vous demandez si vous avez bien pensé à refermer les vitres de la
voiture ?

Et comment tuer le temps jusqu’à la fin du tour en poney que vous
avez fini par concéder à la petiote (en espérant secrètement y retrouver
l’accorte monitrice qui – vous en êtes persuadé – vous a fait des avances au
moment de l’inscription de votre exigeante progéniture) ? Que faire de
constructif pendant que votre doulce (et si compréhensive) compagne prépare
l’apéritif, que les enfants, à coups répétés d’avertissement proférés de votre
voix de stentor, dressent la table et qu’enfin le chien a cessé de vous
renifler l’entrejambe ?
Lire bien sûr. Et quitter pour
quelques minutes la surface d’un monde qui vous hait en vous faisant suer à
grosses gouttes alors que vous essayez de faire bonne figure devant la jolie
hôtesse rousse qui enregistre vos bagages ; ou en engendrant
d’épouvantables borborygmes, bien aidé par le ½ litre de cidre doux englouti au
restoroute entre Lyon et Valence, au moment où vous tentiez de faire valoir
l’incontestable supériorité de votre culture face à l’incompétence confondante
de cet énergumène boutonneux qui s’efforce de vous guider dans les méandres sucrés
du musée du nougat ; ou encore en vous affublant d’une affreuse teinte
violacée là où vos congénères arborent déjà un magnifique hâle mordoré – quand
ce n’est pas cette saloperie d’allergie aux fruits de mer qui vous chope dans
ce resto huppé de Deauville, lequel vous a coûté la moitié du budget vacances
péniblement accumulé en sacrifiant (contre votre gré) le renouvellement
pourtant nécessaire de votre home cinéma.
Lire donc. Mais quoi ?
Vous vous dites peut-être que les comics ne sont pas (ou plus) pour vous. Vous
vous trompez. Vous vous dites alors que vous voulez vous lancer dans ce monde
merveilleux mais que la profusion incroyable de titres, tant en kiosque qu’en
librairie, vous fait craindre pour votre porte-monnaie. Là, vous avez raison.
En passant chez Univers Marvel & autre Comics, vous avez frappé à la bonne
porte. Alors vous espérez le conseil, le bon choix à effectuer dans cette
litanie d’albums, parmi ces histoires dont certaines vous rappellent quelques
noms célèbres, perdus dans des souvenirs éthérés ; vous avez peut-être
frémi d’aise devant le film Avengers mais vous ne voulez pas passer pour un loser en demandant à votre père (qui,
lui, a connu les grandes heures des super-héros mais s’est efforcé ensuite de
tout dissimuler dans une caisse poussiéreuse et de faire comme s’ils étaient
morts le jour où Jean Grey a été tuée – pour la première fois) s’il pouvait en
dire plus sur les origines de ces personnages hauts en couleur. Mais que
craignez-vous au juste ? Hormis quelques anecdotes honteuses sur sa
première érection (c’était, il s’en souvient bien, fiston, lorsqu’Arcade vient
kidnapper Tornade alors qu’elle est sous sa douche et que son peignoir de bain
ne parvient qu’à grand peine à dissimuler ses courbes généreusement crayonnées
par John Byrne), il y a tout à gagner à se replonger ainsi dans le passé.
Car Marvel, DC et même les
autres firmes ne se sont pas faites en quelques mois, ma bonne dame, mon bon
monsieur, que ces personnages qui vous fascinent aujourd’hui ont parfois plus
de 5 décennies d’existence, parfaitement, et que, même, c’était mieux avant.
Enfin, souvent.
Tenez, prenez Iron Man. Ah
oui, vous souriez. Ah la coolitude de l’acteur dont vous êtes incapable de
prononcer décemment le nom ! Sans lui,

nul doute que le héros de papier
aurait continué à péricliter : au moins, dans les films, c’est puissant,
c’est drôle, c’est clinquant et Stark, ben il a de la profondeur, hein ?
Rhalala, toute une éducation à refaire ! Alors oui, l’Homme de fer a connu
ses heures pataudes et toutes ses séries ne se valent pas. Mais achetez donc
Le Diable en bouteille, rassemblant dans
la collection "Gold" de Marvel, chez Panini comics, 8 épisodes de
la série de 1979 : certes, les vêtements, les coiffures vous feront
peut-être sourire, mais le script solide et plutôt osé de Michelinie associé
aux graphismes très high-tech du duo Romita Jr/Layton vous confirmeront que des
bases ambitieuses étaient déjà jetées depuis longtemps, et que c’est très
agréable à lire. Et si vous voulez doubler votre plaisir (décuplé par la ligne
claire des artistes susnommés), vous pourrez tenter de vous procurer
Armor Wars (le grand Barry Windsor Smith
y remplaçant Romita Jr) qui se situe quelques années plus tard lorsque Stark
décide de retrouver tous ceux qui ont usé de sa technologie, quitte à s’aliéner
le S.H.I.E.L.D. Pour 25$, vous pouvez dénicher un recueil des 8 épisodes de cet
arc majeur, édité en 2010. L’armure présentée, argent et rouge, est une petite
réussite, qui pour moi n’est surpassée que par la version
Heroes Reborn de Whilce Portacio et la Stealth Armor noire, quoique
dépourvue de toute arme. Pour finir, si le passé vous horripile – et que vous
avez un peu plus d’argent en poche, jetez-vous sur les volumes 1 & 2 d’
Invincible Iron Man dans la collection
Marvel Deluxe, toujours chez Panini. La paire Fraction/Larocca y signe une
histoire remarquable, complexe, dense et belle.
Ah, vous froncez les sourcils.
Iron Man n’est pas assez glamour, pas assez spectaculaire, pas assez
tonitruant. Vous lui préférez la grandeur de Thor, qui y ajoute un aspect
mythologique pas du tout déplaisant – à moins que vous n’ayez été sensible à la
plastique impeccable du jeune acteur dont vous ne vous souvenez que des imposants
pectoraux. Soit,

mais je tiens à vous prévenir : l’intérêt de Thor est
bien davantage dans les ressorts shakespeariens ponctuant ses aventures que
dans sa blondeur, sa générosité ou ses muscles. Pour vous en convaincre à
moindre frais, la collection "Best Comics" de Panini offre quelques
perles, dont les
Guerres obscures, un
arc impressionnant datant de 1986 pour lequel Dan Jurgens a su faire honneur à
ses glorieux aînés (comment oublier le phrasé pompeux adopté par Stan Lee pour
les Asgardiens ?) tout en concoctant un drame épique dévastateur, à la
hauteur du Dieu du tonnerre. Vous y retrouverez John Romita Jr dans un style
plus proche de celui d’aujourd’hui, mais qui sied parfaitement au déferlement
de pouvoirs accompagnant chacun des combats du fils d’Odin. A lui tout seul, il
doit sauver Asgard : vaste programme.
Non, décidément, vous êtes
plus "groupe" ? Rassurez-vous, on en a aussi en magasin. Pourquoi
pas les Avengers justement ? Ça n’a pas été toujours facile de suivre
leurs exploits. Mais un génial dessinateur a su rendre à merveille l’effet de
multitude qu’impliquait cette série, tout en demeurant scrupuleusement
pointilleux tant sur le physique de chacun des membres que sur l’intelligibilité
de leurs scènes : c’est George Pérez et vous pouvez vous faire une idée de
son talent dans le n°9 de la collection "Grandes Sagas", consacré
aux Avengers de 1999 confrontés à l’un de leurs pires ennemis ; Ultron. La
plume de Kurt Busiek se marie à merveille aux graphismes précis et virevoltants
de Pérez qui sait en outre fort bien représenter les femmes, sans forcément
leur attribuer des silhouettes fantasmatiques (et jamais la Sorcière Rouge n’a
été aussi sexy qu’avec lui).
Enfin, si ces dessins vous ont
séduits mais que votre cœur est trop fermement attaché à la Distinguée
Concurrence, alors faites-vous une cure de
Crisis
on Infinite Earths. Ça date de 1985, c’est illustré par George Pérez et ça
a induit une véritable révolution dans le monde de DC, avec la volonté de
"dégraisser" dans le but de réduire le nombre de séries parallèles
et de versions alternatives d’un même personnage – c'est-à-dire de se
rapprocher d’une continuité vantée par les concurrents de chez Marvel. Quoique
postérieur aux
Guerres secrètes, ce
crossover a été construit par Marv Wolfman avec la

ferme intention d’en finir
avec certains piliers du DCUniverse. C’est peut-être parfois confus, mais
véritablement haletant et brillant. De multiples éditions, plus ou moins
complètes, existent en français. Vous y verrez, au sein d’une trame d’une
amplitude inégalée, des combats désespérés, des mondes entiers qui
s’effondrent, des civilisations anéanties et des sacrifices insensés à la
mesure de ces êtres à part, ces demi-dieux aux costumes trop voyants, aux
dialogues improbables et aux vertus inaltérables. C’était encore ainsi en ces
années où l’innocence disparut, presque brutalement, laissant entrer ce cynisme
et cette ironie qui phagocytent désormais la plupart des titres. En ce temps-là,
les héros étaient encore héroïques. Ils étaient beaux, ils étaient forts, leurs
poings faisaient trembler la terre, leurs cris fissuraient les cieux.
Et peut-être qu’en relevant
les yeux de votre lecture, vous verserez une larme sur cette ère révolue, et
c’est en frissonnant que vous arpenterez les corridors
sombres et froids de cette abbaye qui se trouvait sur le chemin de vos
vacances…
Les conseils de Neault
Surnom : Herr Nölt
Age : plus proche du père
Fouras que de Justin Bieber
Pouvoir : peut effacer sa
mémoire à court terme à l'aide d'une boisson écossaise magique
Formation de base : CAP de
mousquetaire ("c'est un métier d'avenir" qu'il disait... si je retrouve ce conseiller d'éducation...)
Tout d'abord, puisqu'il faut
bien se désaltérer par un temps pareil, je ne puis que vous recommander une
Trooper, bière floquée aux couleurs de Iron Maiden et dispo à la vente depuis
peu. Bien entendu, par souci déontologique, je vais suivre de près

cette
affaire et tester ce breuvage de manière approfondie. Ce n'est pas de
l'alcoolisme, c'est un mélange de conscience professionnelle et de mélomanie.
Bon, nous voilà maintenant à
la plage, ou affalé à une terrasse, avec l'idée d'impressionner la galerie,
voire même de dragouiller un peu. Comment faire pour avoir l'air intelligent ?
Eh bien il suffit de se procurer par exemple le premier numéro d'une nouvelle
collection kiosque, Tout le Savoir, numéro entièrement consacré à l'espace et
aux mystères de l'univers.
200 pages, grand format, blindées d'infos, et
richement illustrées, pour à peine 9,90 euros.
Après, il est de votre
responsabilité de faire dévier la conversation vers le nombre de lunes de
Jupiter ou l'expansion cosmique, on ne va pas vous mâcher tout le travail.
Allez, une petite astuce tout de même en plus. Si vous voulez vraiment être au top de la coolitude, il est grand temps de vous ruer sur les séries
WEBellipses. Cet éditeur numérique (que je connais bien) a d'ailleurs réalisé dernièrement un petit exploit technique en organisant une séance de dédicaces virtuelles grâce à l'excellente émission
Côté Comics. Une première qui a permis aux internautes de repartir avec des dédicaces (avec dessins, sisi !) sur leurs tablettes ! Et même des exemplaires gratos.
Maintenant que l'on est
désaltéré, un peu plus cultivé, et à la page en matière de technologie, on peut aller farfouiller dans les comics. Si
vous avez la patience d'attendre la fin août,
Batman Terre-Un, chez Urban,
devrait intéresser même ceux qui ne connaissent pas bien le personnage. C'est
beau (cf. cette
planche), accessible et bien écrit.
Dans un autre genre, pour se
détendre un peu et (re)découvrir des séries plus anciennes, je ne puis que vous
inciter à mettre dans vos valises les
Girls 
des frères Luna (en 4 tomes chez
Delcourt) ou les
Strangers in Paradise de Terry Moore (chez Kymera). Beaucoup d'humour
dans les deux cas et une petite touche sexy en prime.
Enfin, si vraiment vous ne pouvez vous passer de pop culture même pendant les vacances, ou si vous ne pouvez pas partir parce que vous avez englouti votre budget en vous procurant l'intégrale
Goldorak et les quelques babioles qui vont avec, eh bien vous pouvez toujours postuler chez
Les Enfants de la BD, qui recherchent actuellement techniciens et chroniqueurs. Vous ne gagnerez pas d'argent, mais au moins vous vous ferez quelques amis. ;o)
Vous voilà donc parés, avec du old school, des émissions sur le web, de la bière, un recueil très féminin, de la bière, des vampires, quelques notions scientifiques et même de la bière. Ainsi qu'une méthode pour vous venger des conjoints qui aiment Twilight. Franchement, si avec ça vous ne passez pas de bonnes vacances, on s'engage à vous rembours... heu, non, on s'engage à s'excuser. C'est... ça nous arrange mieux, niveau pognon.
A bientôt ô nobles lecteurs, et, de la part de toute la bande, très bon été à tous !!