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10 janvier 2015

Marvel Knights - Hulk : Transformé

Donc, voilà une nouvelle série intégrée à l'aventure Marvel Knights. Cette dernière en est à sa seconde génération (si j'ai bien suivi), impulsée par le nouvel homme fort de Marvel, Alex Alonso, qui souhaitait de nouvelles têtes aux commandes de certaines séries liées aux piliers même de la Maison des Idées : après Spider-Man et les X-Men, une nouvelle équipe créative issue du sérail "indépendant" est chargée de s'approprier le destin du Titan vert. 
Evidemment, pour rassurer les fans (dont je suis depuis la première heure), ces épisodes sont censés sortir de la sacro-sainte continuité, sans doute afin de permettre aux auteurs d'avoir davantage de marge. Respecter quelques impératifs, mais se lâcher sur le reste. Après tout, c'est ce qu'on attend d'une bonne adaptation : modifier, enrichir, faire évoluer mais sans trahir. Parfois, les limites sont assez floues, surtout lorsque les héros nous sont particulièrement chers (et on préférerait presque des épisodes sans aucune originalité à condition qu'on ne touche pas au statut de notre idole).


Et Hulk, pour moi, est un sujet difficile. Car je l'aime cette grosse brute, tout comme j'aime ce tordu génial qu'est Banner. J'aime le mariage impossible d'une puissance presque absolue et d'un cerveau aussi brillant que torturé, perclus de remords, de scrupules et de doutes. 
Pourtant, tout ou presque a été tenté sur Hulk. Et je dois sans honte avouer que j'ai apprécié la plupart des tentatives éditoriales, du Hulk gravure de mode travaillant pour le Panthéon (une saga écrite par Peter David, l'inégalable, et dessinée par le formidable Dale Keown) au Hulk cannibale et monstrueux des Ultimates. On lui en a fait bavé, au pauvre, et il en a vu de toutes les couleurs (du Hulk gris de McFarlane qui se fait écharper par Wolverine au bon vieux Vert qui se fait ridiculiser par le Rouge - au fait, quand il sera bleu, on l'appellera "Blulk" ?). Ce qui compte, c'est qu'à chaque fois, il finit par avoir le dessus. C'est un des invariants qu'on attend, impatiemment : Hulk, c'est un peu notre Rocky, on lui propose des monuments à affronter, il se prend des roustes pas possibles, touche le fond, discute le bout de gras avec son alter-ego puis revient sur le ring et défonce tout. Il a vaincu des dieux, des extraterrestres omnipotents, et même des dieux extraterrestres. Il est le plus fort. 
Quand Loki fait des recherches pour tenter de vaincre une énième fois Thor, il écarte spontanément Hulk (le "Béhémoth terrien") et lui préfère un Silver Surfer plus malléable (ne cherchez pas dans les productions récentes, je cite de mémoire une vieille aventure dessinée par le grand John Buscema). Et si les événements de World War Hulk n'ont pas abouti à une conclusion satisfaisante (comme la plupart des grands events Marvel), ils ont pu à nouveau ancrer dans la tête du public l'incommensurable puissance du personnage, auquel des scénaristes récents et malins ont su ajouter les talents de Banner.

Alors que nous propose Joe Keatinge avec ce titre "Marvel Knights", disponible en France en librairie dans un album cartonné élégant comprenant les quatre épisodes de la mini-série, un carnet de croquis préparatoires et quelques couvertures ? Un récit intéressant dans sa démarche, étonnant dans ses choix (Banner, amnésique, est un personnage secondaire, c'est Hulk qui est au centre des préoccupations d'une certaine Nikoletta, une scientifique qu'on ne verra pas chanter mais qui va l'utiliser comme arme pour se venger de l'AIM dont elle vient d'être évincée) et décevant dans son traitement.



Tout commence à Paris, lorsqu'une jeune femme recueille un Américain qui a perdu la mémoire et qui semble avoir passé un sale quart d'heure. Ce dernier va lui attirer des ennuis et provoquer la mort de son oncle par le biais d'étranges individus qui le pourchassent : certains sont des soldats à la solde de la dite Nikoletta mais d'autres sont des agents du SHIELD. Cette opération se solde par un drame explosif en plein Louvre et les morts se comptent par dizaines (fassent nos nouveaux anges que ce ne soit pas prémonitoire...). Bruce Banner, absolument dévasté par ce désastre, ne parvient toujours pas à savoir ce qu'on lui veut. C'est pourtant simple : Nikoletta désire ce qui se terre en lui, la force brute et inarrêtable qu'on nomme Hulk. Elle a travaillé sur un projet visant à recréer des "hulks", projet inabouti car instable. Désormais, elle détient celui qui est la clef et la porte vers le pouvoir absolu : mais lorsqu'elle l'aura libéré, parviendra-t-elle à le maîtriser (ce qu'aucun membre de l'AIM n'a réussi à faire, on nous le répète à l'envi) ?



Le Hulk qu'on nous dévoile ici est une vision différente du Titan que nous connaissons : un géant fou de rage que rien ne semble capable de stopper, que ce soit une armée entière d'agents terroristes ou une bombe gamma. Le déchaînement de force brute est assez bien rendu par Piotr Kowalski, un artiste d'ordinaire spécialisé dans les BD vampiriques : il est sur certaines planches plutôt bien aidé par le coloriste Nick Filardi. En revanche, il s'avère assez chiche sur les visages, dépeints très sommairement (les expressions deviennent de vraies grimaces) et les scènes d'action se montrent extrêmement confuses, voire brouillonnes. Le plus gênant est que Hulk n'apparaît finalement que comme une pièce sur un jeu d'échecs géant, l'acte de vengeance de Nikoletta étant dépeint comme une péripétie au sein d'une guerre occulte où l'on voit émerger quelques figures plus ou moins connues qui auraient des visées plus globales (un peu comme si les Illuminati avaient leur face cachée). Cela ouvre des perspectives, certes, mais le récit en lui-même n'étant pas conçu dans la continuité, on n'en voit donc pas du tout l'intérêt. Le tout n'apporte rien au mythe de Hulk, et la morale est assez minable (on ne joue pas impunément avec la science, bon sang !). 
Le couple Banner/Hulk a été beaucoup mieux utilisé dans des arcs récents, même si j'ai encore en travers de la gorge la série dans laquelle les deux étaient séparés suite à une requête auprès de Fatalis. Il est possible que cela attire les personnes qui ne connaissent Hulk qu'à travers les derniers films Marvel, mais elles risquent de ne trouver aucun élément de passion ou de fascination dans cette histoire peu engageante et avec des personnages aussi caricaturaux.

+ Aaaah, Hulk !
+ Aaaah, Paris !
+ album élégant
- hors continuité
- Banner et Hulk sous-employés
- dessins peu intelligibles
- intrigue risible, morale ridicule

27 août 2014

Jack Kirby : l'oeuvre d'un géant

En 2006, Panini éditait en français une anthologie d’œuvres créées par Jack Kirby pour Marvel :  20 histoires réalisées (dessinées, mais parfois aussi écrites) entre 1940 et 1978, sélectionnées par Greg Theakston, qu'on nous présente comme un spécialiste des comic-books. 

Ce très beau livre, au toucher agréable, ne se veut pas une biographie exhaustive de l'artiste et se concentre sur ses créations pour un panorama édifiant (même si uniquement au sein du même éditeur). La préface ne rappellera que quelques éléments de la carrière de Kirby : on ne saura pas grand chose de ce fils d'immigrés juifs autrichiens (de son vrai nom : Jacob Kurtzberg) qui commença sa carrière sur des dessins animés de Popeye et faillit périr lors de la Bataille de Metz en 1944. 

L'anthologie nous replonge dans les prémisses du Golden age des comics au travers du travail de celui qui devait devenir un des deux piliers de Marvel avec Stan Lee, créant les super-héros les plus célèbres de la planète. On s’aperçoit ainsi que l’homme est arrivé à force de volonté et de talent, a essuyé des échecs mais a toujours su faire face, jusqu’à ce que la gloire survienne. Si les trois premières histoires (datant de 1940 et 1941) apparaissent bien datées, on y sent, derrière les poses outrées et les visages inexpressifs, cette dynamique extraordinaire que l’artiste allait savoir instiller dans ses cases à l’avenir. Le trait est encore peu affirmé, les personnages assez sveltes avec un graphisme qui rappelle Steve Ditko. On y retrouve tout de même Cap America, dans l’aventure qui l’a vu naître – maintes fois réécrite par la suite.  Puis on saute aux années 1960 pour le gros morceau : Hulk, les VengeursThor et surtout les FF, avec l’incontournable saga du Silver Surfer

Entre 1962 pour les origines de Hulk et 1967 pour la série Thor, avec inévitablement son compère Stan Lee comme scénariste, on y trouve un dessin aux traits puissants, aux personnages plus denses, dans une mise en page demeurant classique, mais avec un souci du décor qui explose, grâce au savoir-faire accumulé dans des récits de Strange Tales : il utilisera le moindre prétexte pour laisser libre cours à son goût pour les machines compliquées, les appareillages tortueux et les armes destructrices. 
Dans le même ordre d’idées, le design de Galactus est symptomatique : en mettre plein la vue tout en donnant cette idée d’infini, d’inconcevable, d’extraterrestre (d’indicible ?). Si on peut désormais sourire devant les discours pompeux des personnages sous la plume d’un Stan Lee inspiré, la vision de certaines planches force le respect. Kirby a trouvé son style, qui colle autant aux personnages de soldats ou de lutteurs qu’aux héros virils – sans être disproportionnés, les bras et les cuisses sont massifs, les poses dynamiques, les combats dégageant une vraie impression de puissance. Autant dans la description majestueuse  d’Asgard que dans celle de la machinerie de Galactus, Kirby s’en donne à cœur joie dans la démesure. Seule faiblesse : les personnages féminins qui perdent de leur charme et semblent coulés dans un moule unique – à la différence d’un John Buscema par exemple, plus attaché aux expressions corporelles et à des attitudes plus fluides. 

La dernière partie nous montre des travaux des années 1970, avec la série des Inhumains ou celle des Eternels, dans lesquelles il a réussi à dépeindre avec maestria les Célestes, dans des histoires qu’il a lui-même rédigées. Cette fois, même les cases se plient à sa volonté de grandeur, et voir une cohorte de Célestes à l’œuvre est un spectacle impressionnant. Parallèlement, sa série sur Captain America prouve combien il est à l’aise dans l’action pure, brutale et la montée du suspense : il n’y a plus le lyrisme cher à Stan Lee, on est dans le thriller nerveux. Ses héros foncent et sont souvent montrés de face, plongeant vers nous, une main tendue prête à sortir du cadre. Des histoires fortes et des personnages aux destins hors-normes étaient faits pour être illustrées – racontées – par lui. 


Son influence est définitivement majeure et se sent encore aujourd’hui, ne serait-ce que dans le dessin des ennemis bigger than life. Sans lui, la Chose ne serait qu’un tas de cailloux informe quoique doué de parole, et Captain America le héros ringard d’une époque révolue. Et puis, surtout, il a créé Galactus et son héraut, le très charismatique Surfer.

22 août 2014

Supreme Power : l'escadron de Straczynski

Il y a une vingtaine d’années, un vaisseau s’est écrasé sur la Terre, près de la voiture d’un jeune couple désenchanté. Celui-ci déniche alors, dans les restes de l’engin extraterrestre, un bébé vivant et la jeune femme décide de garder ce don du ciel…

Que vous soyez amateurs de comics ou non, cette introduction vous rappelle immanquablement celle du personnage de Superman, reprise sous une forme similaire dans la série TV Smallville. C’est voulu, et pourtant ce n’est pas de lui qu’il s’agit. Nous sommes dans l’univers Marvel et Superman est un personnage de DC Comics. A la grande époque de la Justice League of America, rassemblant les plus grands héros de DC (Superman donc, Batman, Green Lantern, Wonder Woman, Aquaman et autres), les éditions Marvel avaient contre-attaqué en créant avec plus ou moins d’ironie une équipe de super-héros répondant trait pour trait aux caractéristiques de la JLA : le Squadron Supreme était né. C’est de cela dont il est question, mais avec une révision des origines qui dépasse le simple cadre de l’hommage ou de la parodie. Car ces histoires ont été publiées à l’origine pour la ligne éditoriale MAX, destinée à un public plus mûr, avide de sensations fortes et profitant d’une censure moindre sur la violence et les scènes dénudées.  

Ainsi, c’est sur une Terre qui ne connaît pas (encore) les surhommes que se situe l’action, dont la trame va très vite diverger par rapport à ce que nous connaissions de prime abord. Le bébé, forcément extraterrestre, ne grandira donc pas au sein d’une famille aimante, mais sera récupéré par le gouvernement américain dans un but apparemment louable (dès le départ, on découvre ses facultés extraordinaires) : venir en aide aux plus humbles, sous le couvert d’une vision impérialiste des USA, sachant que le projet Hypérion, dont il s’agit, est directement piloté par des militaires de haut-rang. Hypérion (le nom du projet devenant le nom de code de l’individu) sera donc un jeune homme nourri des valeurs américaines, pétri de bonnes intentions… mais seul. Lorsqu’il choisira de s’émanciper, il devra affronter la vérité : sur lui-même et ses origines, sur la société dans laquelle il ne parvient pas à s’intégrer, sur les intentions de ceux qui le nourrissent et l’éduquent. Quelle sera la réaction d’un homme plus puissant qu’une bombe nucléaire, plus dévastateur qu’un séisme, au moment où il apprendra, et c’est couru d’avance, qu’on lui a menti pendant des années ? Et du coup, alors qu’il se croit seul à détenir ces pouvoirs, comment fera-t-il face à l’apparition d’autres super-êtres de son âge ?  

Nous avions mesuré sa force via des moyens conventionnels. Mais seule l’échelle de Richter accepte les données enregistrées. On parle en mouvement de plaques tectoniques ici, plus en poids. […] La seule façon de mesurer sa force, c’est en millions de morts.
On connaît Straczynski pour son implication dans Babylon V, série de SF intelligente et fédératrice, et pour la façon dont il a réécrit les origines de Spider-Man et relancé du même coup la série. Neault, grand admirateur de son travail dans le monde des comics, avait d’ailleurs rédigé une série d’articles sur trois de ses œuvres phares, toutes à lire absolument. Ici, il va plus loin, car il a le champ libre pour développer les thèmes qui lui sont chers, comme la manière dont des pouvoirs surhumains peuvent corrompre celui qui en détient, et celle dont l’humanité se positionne face aux implications qu’entraîne la naissance d’individus quasi-divins. L’auteur ne s’embarrasse pas de détails et est en cela bien aidé par le talent de Gary Frank qu’on avait admiré déjà lors de son passage sur la série Hulk : un découpage clair et dynamique, des visages détaillés et expressifs, et une aptitude ahurissante à traduire le déchaînement de puissances surnaturelles.  

Plusieurs volumes sont d’abord parus en France – attention, les #3, 5 et 6 sortent de la trame principale pour se concentrer sur un personnage (comme Dr Spectrum ou Nighthawk) ; ceux-là sont créés par d’autres artistes, comme la paire Way et Dillon pour Nighthawk, volume 5 ou Straczynski/Jurgens pour Hypérion volume 6 – avant d'être réédités en intégrale dans la collection Marvel Deluxe de Panini

Il est évident que, jugée à l’aune d’un nouveau public se passionnant pour Smallville, et peut-être bientôt pour the Flash, on se demande ce qu’aurait pu gagner cette série TV en adoptant des attitudes aussi cyniques et perverses chez les dirigeants, tout en étant, il faut bien le reconnaître, nettement plus pertinentes. On voit Hypérion passer entre les mains de plusieurs gouvernements : apparu sous Carter, développé sous Reagan et désormais sous l’égide de Clinton, le personnage demeure à la merci de militaires moins obtus qu’on ne le pensait qui étaient parfaitement, et dès le départ, conscients du danger potentiel que représente un être dont la peau est impénétrable, qui peut se déplacer sur terre et dans les airs à des vitesses stupéfiantes et dont les yeux peuvent tuer sur une simple pensée. Il est une arme à double tranchant, et un révélateur.

Dans ces pages, tout y passera, des expériences interdites menées à l’insu des dirigeants à l’éveil de nouvelles entités qui ont toutes un rapport avec Hypérion. Ce dernier, entre vérités et non-dits, devra trouver sa voie qui se résume bien vite à choisir entre dominer un monde qui lui appartient de fait, ou se mettre à son service. Refus des valeurs établies, acceptation de sa condition : qui est-il ? D’où vient-il ? Il sait, depuis le deuxième volume, qu’il n’est plus seul, ce qui ne change rien à son statut unique. 

31 décembre 2013

Marvel Universe #1 : l’Ascension de Thanos



Ah, Thanos !
La simple apparition de son visage si caractéristique à la fin du film Avengers a suscité tant d’enthousiasme (teinté de beaucoup d’appréhension) qu’il a aussitôt ravivé les glorieux souvenirs que je conservais du personnage développé sous la plume et les pinceaux de Jim Starlin (auquel la saga Thanos rising est d’ailleurs dédié respectueusement). 
Bien davantage que les aventures de « l’Araignée », de « l’Homme de fer », des anciens « X-Men » ou encore de Daredevil, c’est avant tout la saga du Cube cosmique qui m’avait fasciné et ébloui à l’époque des premiers Strange édités par Lug : l’irrésistible ascension d’un être aussi puissant que retors, sans aucun scrupule, que seule une poignée de héros terriens parviendra à contrer, et en particulier ce Captain Marvel qui demeurera à jamais comme mon personnage favori de la galaxie Marvel.
Partageant bon nombre de caractéristiques avec l’intriguant DarkSeid de l’univers DC, Thanos n’en a pas moins conservé une aura propre et particulière au point que, bien après sa « mort », ses créateurs aient cru bon de le faire revenir pour des sagas cosmiques d’une envergure jamais atteinte jusque lors, le bonhomme allant jusqu’à conquérir de belle manière le pouvoir absolu en s’emparant des Joyaux de l’Infini avant de se débarrasser un par un des êtres suprêmes gouvernant notre réalité. Rien ne pouvait se mettre en travers de sa route, pas même cette fois une coalition des plus puissants de nos héros. Seule une faille, infime et insoupçonnable, a permis de le défaire et de le rejeter pour un temps à l’écart des conflits galactiques : cette faille était simplement en lui.


Thanos rising permet de remettre cet amoureux de la Mort au premier plan éditorial, sans doute pour mieux préparer le terrain à son irruption dans le domaine cinématographique. Jason Aaron choisit de s’appesantir sur son enfance où, déjà, il était mis à l’écart, rebut génétique enfanté dans la douleur, maintenu en vie par son père Mentor, chef des Eternels de Titan, mais définitivement rejeté par sa mère Sui-San qui a perçu « la mort dans ses yeux ». Surdoué mais solitaire, il finira par aller chercher dans des expériences de plus en plus morbides de quoi apporter un sens à son existence et calmer le vide qui grossit en lui, encouragé par la seule personne qui accepte de le fréquenter, une étrange jeune fille qui désire que Thanos s’accomplisse en tant que tel. Rebut génétique mais tellement surdoué qu’il dépasse tous ses professeurs, Thanos finira par quitter Titan en quête de ce qui lui échappe sans cesse, devenant mercenaire et pirate, acquérant des pouvoirs terrifiants, jusqu’à ce que, au bout du chemin, il ait l’illumination sur sa raison d’être et le fruit de sa passion. Dès lors, nul ne pourrait plus oser l’affronter.


Ces 5 épisodes étaient-ils nécessaires ? Non. Ils contenteront les profanes et rassureront sans doute les amateurs du personnage, mais n’apportent aucune véritable explication quant aux motivations de Thanos, risquant même de les banaliser par une approche très académique et un manque flagrant de prise de risque, d’autant que le choix de Simone Bianchi a tendance à figer les postures et à ôter au susnommé cette forme de majesté terrible qu’il nous offrait auparavant. 
Thanos apparaît dans son enfance comme quelqu’un d’incompris au physique ingrat, assez proche d’un avatar d’Apocalypse. Il ne tuera d’abord que par vengeance, puis seulement par curiosité avant que d’y prendre définitivement goût, dans une sorte de spirale déjà traitée dans d’autres récits de serial killers. L’histoire s’achève alors qu’il revient sur sa planète natale pour parachever sa quête létale, à l’aube des sagas qui l’ont vu naître. Eros, son frère, n’est pas encore mentionné, Captain Marvel est encore loin.
On se satisfera de cette mini-série  pour nous offrir au moins une ouverture complète sur le futur de celui qui accéda à la divinité et voua toute son existence un culte passionnel à la Mort. Graphiquement réussi mais froid, sans émotion ni suspense. Une curiosité.


+ Thanos !
+ des origines complètes et détaillées
+ des planches superbes
- c’est froid
- c’est assez inutile
- c’est assez maladroit

01 novembre 2013

Wolverine : Evolution



Amis lecteurs, prenez cet article comme un avertissement, une mise en garde : ne vous fiez pas aux belles couvertures et aux éditions luxueuses ! Car malgré l’expérience que je pensais posséder, je me suis fait avoir.
La lecture de l’album en fut affectée : en effet, croyant détenir une histoire inédite, je me suis retrouvé avec la réédition d’un arc déjà publié dans la série officielle de Wolverine. Ca m’apprendra à ne pas suivre l’actualité des comics !
Sinon, qu’en est-il ? Car tout le monde n’a pas suivi les aventures du mutant griffu au travers de tous les épisodes de ses séries.


Jeph Loeb nous propose de suivre le duel interminable entre Logan et sa Némésis, à l’époque où Creed était plus ou moins toléré dans l’Institut Xavier (cela se passe peu de temps après la phrase fatidique prononcée par la Sorcière Rouge, « No more mutants », qui annonça le glas de l’espèce homo superior, désormais réduite à deux centaines d’individus de par le monde). Et pendant tout le premier épisode, on naviguera entre les passes d’armes sanglantes de ces deux combattants hors pair et des cauchemars récurrents dans lesquels Wolverine observe des êtres hybrides à la semblance de garous et dans une époque qu’il sait reculée.
Evidemment, ces visions qui deviennent de plus en plus pressantes vont petit à petit altérer son présent et l’amener à poursuivre son adversaire sur différents lieux chargés de sens (de sa cabane au Canada jusqu’au Wakanda – assonances non voulues mais c’est sympa tous ces « a » !). Chaque fois, alors qu’il croit avoir le dessus, un élément extérieur l’empêchera d’en finir avec Dents de sabre ; de même, chaque fois que son ennemi l’a à sa merci, il se réveille en un autre lieu après avoir continué à rêver de ces êtres mi-hommes mi-bêtes qui se sont mêlés à l’espèce humaine. Un point commun à tout cela : un individu, dans l’ombre, qui est le chaînon manquant entre lui, Creed et des créatures telles Félina, Féral ou WildChild et que tous craignent à un point inimaginable. Le destin de Logan est donc de partir à la recherche de celui qui détient le secret de sa nature, quitte à se débarrasser une fois pour toutes de Dents de sabre.


Comme à son habitude, Loeb s’applique à insérer de nombreux personnages plus ou moins connus (des X-Men à Alpha Flight, en passant par Black Panther) dans un récit qui est censé les lier entre eux. Pour ce qui est de la mythologie développée autour de Logan et de cette race étrange à laquelle il serait lié, elle est intéressante et rappelle certaines tendances lisibles dans le run de Straczynski sur Spider-Man. Cependant, Loeb reste volontairement évasif et l’album (6 épisodes) s’achève de manière très frustrante.
C’est un peu la même sensation avec les combats : Simone Bianchi offre des planches de toute beauté et, si les gros plans sur les visages sont somptueux, il n’en va pas de même avec les plans moyens, aux traits approximatifs et parfois grossiers. Les affrontements sont brefs et l’impression de sauvagerie est souvent parasitée par la finesse des détails : les pages sont souvent belles, fouillées mais collent mal aux péripéties du « Meilleur dans sa partie ».
Reste un bel objet, sobre et élégant, complété par une galerie de couvertures somptueuses pour un récit ambitieux mais inachevé, tirant trop en longueur et articulé très artificiellement. Une semi-déception donc.

+ c’est beau
+ c’est élégant
+ c’est Wolverine contre Dents de Sabre !
- c’est du déjà vu
- c’est frustrant et parfois incompréhensible

22 août 2013

Une « grande saga Marvel » : Ultron Unlimited



Alors que se profile un second film Avengers fondé sur Ultron et une mini-série de six volumes qui fleurira dans vos kiosques prochainement au grand désespoir de votre comptable, j’ai eu l’occasion de me procurer pour une somme modique l’avant-dernier numéro de la collection Marvel : les Grandes Sagas qui permettait de lire d’une traite certains arcs majeurs permettant de mieux expliquer les événements agitant la continuité Marvel actuelle.

Avengers n°9 (que j’évoquais pour vous récemment dans les Conseils de la rédaction pour l’été) dans cette collection est ainsi presque exclusivement consacré à un arc retentissant : Ultron unlimited, qui a occupé aux Etats-Unis tout le second semestre 1999. Six épisodes, dont un prélude et un épilogue, complétés par une histoire mettant en scène un Jarvis rédigeant un article pour une célèbre revue consacrée au métier  de majordome. Passons très vite sur ce script tiré d’un Giant Size de 2008, qui n’est là que pour faire du remplissage, ce dont il s’acquitte honorablement, avec la dose d’humour qu’on attend de l’ineffable maître d’hôtel de Stark et des Vengeurs.

Aussi me suis-je demandé si mes collègues maîtres d'hôtel avaient vraiment besoin de savoir comment relancer un ordinateur intelligent, nettoyer un canon à neutrons ou réparer une brûlure de laser sur une cape.

Observer Jarvis mettre posément à l’abri les objets précieux lorsque le manoir est attaqué (par des robots vikings !?) tout en devisant avec Captain America et son employeur Tony Stark ou en sermonnant gentiment Thor (« Nous avions un accord : pas de coups de marteau dans la maison ! »), est un petit plaisir à ne pas négliger. Cela me permet d’attirer l’attention des lecteurs sur la grosse double coquille du sommaire, qui a interverti les titres anglais des deux derniers épisodes du recueil et ajouté une erreur au mot « majordome ».
Venons-en au cœur de l’album : Ultron. Cette création de Pym, qui à l’époque étudiait les nombreuses possibilités offertes par une Intelligence Artificielle performante, avait fini par se retourner contre son créateur, dont elle avait hérité des schémas mentaux ; elle avait effacé sa mémoire afin de pouvoir, dans l’ombre, patiemment, fomenter les plans nécessaires à sa conquête d’un monde trop organique à son goût. Evoluant en se dupliquant et transmettant ses connaissances dans des enveloppes de plus en plus performantes, Ultron a affronté les Vengeurs à plusieurs reprises. Sa sixième version le dotait d’une armure en adamantium, le rendant pratiquement indestructible. En outre, il avait engendré des êtres synthétiques qui avaient fini par se retourner contre lui : la Vision, Jocaste et même Alkhema.

Un ennemi redoutable, capable de parer à toute éventualité, infatigable et nourri uniquement du désir d’éradiquer l’espèce humaine de la surface de la Terre et de prendre sa revanche sur ces Vengeurs qui lui ont chaque fois barré la route, trouvant in extremis le moyen de le détruire (mais jamais définitivement, heureusement pour lui). Cette fois, Ultron va profiter du fait que le groupe de héros soit au creux de la vague à cause de ses démêlés avec l’Alliance et des déclarations intempestives d’Iron Man, de la semi-retraite de Giant-Man et de la Guêpe qui cherchent à reconstruire leur couple (Pym est un être torturé, souffrant terriblement d’un manque d’estime de soi et de sa culpabilité dans la création d’Ultron) et du triangle amoureux Vision/Wonder-Man/Sorcière rouge : Wanda ne peut nier son inclination envers Simon mais s’inquiète du comportement de son ex-mari, l’androïde Vision qui partage les mêmes schémas cérébraux (oui, c’est bien beau de jouer avec l’intelligence artificielle, mais si c’est pour créer des jumeaux maléfiques, on en arrive vite à des conflits œdipiens). On terminera par le fait que l’arrivée au sein du groupe de Justice et Firestar (qui ont payé de leur personne dans leur dernière aventure), deux anciens New Warriors, n’est pas du goût d’une presse acrimonieuse et polémique.

Lorsqu’Ultron va frapper, il prendra tout le monde de court, même la Panthère noire qui enquêtait sur des incidents survenus dans l’ambassade américaine du Wakanda. Il s’en prendra ensuite à son « père », Hank Pym, la Guêpe parvenant à s’enfuir pour donner l’alerte. Mais nos héros auront constamment un train de retard et ne pourront que constater le désastre lorsque la nation de Slorénie sera entièrement rasée par Ultron et ses forces, d’autant qu’ils ont eu fort à faire pour stopper l’attaque d’Alkhema, ce robot pensant « féminin » dont ils ne comprennent pas les motivations.
Busiek met en place une batterie d’épisodes au rythme assez élevé, les Vengeurs n’ayant jamais le temps de souffler, agissant d’abord sur plusieurs fronts avant de se concentrer sur la Slorénie où Ultron, devenu tout-puissant, échafaude d’autres plans qui ne pourront que signer la fin de l’Humanité. George Pérez apporte son inestimable savoir-faire dans la gestion de ces batailles titanesques, dans laquelle chaque petite victoire des Vengeurs n’est que l’annonce d’une menace plus grande encore. On assiste à des luttes désespérées où chacun aura la possibilité de briller : les armées de l’ONU secondent les héros sur les ruines d’un pays dévasté tout en sachant que c’est perdu d’avance.

Enlevé, dense, captivant malgré quelques ressorts un peu faciles (l’évasion d’Alkhema tient du grotesque), le récit ménage ses moments de tension intime, comme dans la très belle scène où Wanda, venue danser dans un restaurant spécialisé dans la cuisine transienne (son pays natal), surprend la présence de Vision dissimulé parmi les convives. Le découpage dynamique de Pérez rend hommage à la beauté sculpturale du personnage, tout comme il met en valeur la détermination d’un Captain America charismatique (souvent cadré en contre-plongée, rendant sa mâchoire carrée plus impressionnante encore) qui use ici d’un bouclier d’énergie fourni par Sharon Carter, censé remplacer le fameux bouclier d’alliage de vibranium endommagé pendant les Guerres Secrètes puis perdu et détruit (je ne sais plus dans quel ordre, d’autant que Cap a eu des répliques de ce bouclier, dont une fournie par T’Challa).
Sur les six épisodes, quatre sont véritablement consacrés à la guerre contre Ultron, avec une intensité croissante culminant dans des actes de bravoure insensés. Peu de place pour l’humour et on tiquera peut-être devant la grandiloquence d’Ultron, mais il est difficile de faire la fine bouche sur un des fleurons des éditions Marvel.

+ rythme enlevé
+ batailles titanesques mais lisibles
+ personnages élégants 
+ casting alléchant (beaucoup de personnages "invités")
- caractérisation des méchants un peu outrancière
- ressorts parfois usés

10 octobre 2010

Guide Kiosque et Librairie des séries Marvel (version 2.0)


Cette deuxième version du guide de lecture, ayant subi une refonte complète, a pour but de dresser une sorte d'inventaire des différentes collections et revues dédiées actuellement aux publications Marvel. De nouveaux titres ont été ajoutés et le nouvel aspect visuel sera, je l'espère, plus agréable et plus lisible pour les lecteurs qui souhaiteraient se repérer un peu dans la jungle des labels et mensuels.
Attention : ce guide est obsolète et ne correspond plus, en grande partie, aux collections actuellement mises en place par Panini.

En Kiosque
Avantages génériques : parution régulière, faible coût
Inconvénients génériques : un seul épisode (22 planches) de chaque série par mois

Spider-Man
Le mensuel du personnage culte de la Maison des Idées. Alors qu'auparavant l'on pouvait y retrouver de nombreuses séries, comme Spectacular Spider-Man, Friendly Neighborhood Spider-Man ou encore Marvel Team-Up, la revue est aujourd'hui presque entièrement monopolisée par l'historique et central Amazing Spider-Man (qui parait maintenant trois fois par mois aux Etats-Unis). Cela permet de souvent bénéficier d'arcs complets et donc de mieux s'immerger dans le récit.
Le quatrième épisode est souvent pioché dans des séries VO secondaires, telle que Spider-Man Family.
Wolverine
Deuxième personnage le plus populaire de l'éditeur, il est normal que le mutant griffu possède sa propre revue. Celle-ci est cependant fort mince puisqu'elle ne contient que deux épisodes par mois, pour un prix pourtant proche des mensuels qui, eux, en comportent quatre. La publication accueille régulièrement les nouveaux titres consacrés à Logan, comme Wolverine : Origins ou encore Wolverine : Weapon X.
Marvel Icons
La revue se situe dans la continuité des précédents Marvel Legends. Elle accueille en général les titres New Avengers, Iron Man, Captain America et Fantastic Four. Les Young Avengers ont également été publiés au sein de ce mensuel qui abrite, comme son nom l'indique, les personnages les plus iconiques de l'éditeur.
Marvel Heroes
Créée en novembre 2007, cette revue est la deuxième orientée "heroes" (par opposition aux titres X, désignant les mutants). L'on y retrouve Hulk, Thor, les Mighty Avengers ainsi que les membres de l'Initiative, des héros recensés suivant une formation pour ensuite rejoindre une équipe officielle dans l'un des 50 états de l'Union.
A son lancement, ce mensuel a également accueilli les deux mini-séries Omega Flight et New Avengers : Illuminati.
X-Men
De nouveau un mensuel proposant 4 x 22 planches, cependant, contrairement à Icons ou Heroes, il arrive souvent que les trois premiers épisodes soient issus d'un même titre, ce qui permet, un peu comme pour Spider-Man, de pouvoir lire parfois des arcs complets.
Bien évidemment, comme le nom l'indique, ce sont les mutants (Wolverine, Cyclope, Emma Frost, Beast...) qui sont à l'honneur dans cette revue. Il est à noter que les titres X, autrefois leaders en terme de vente, sont aujourd'hui quelque peu à la traine. Un marasme dû sans doute à un manque d'audace et de renouvellement.
Astonishing X-Men
Second titre X, Astonishing accueille cependant des séries plus variées, comme Cable, X-Force et surtout l'excellent X-Factor (précédemment intitulé Madrox) de Peter David.
De part le grand nombre de personnages, les multiples références au passé et un style d'écriture abusant parfois des ellipses, ce mensuel me semble, tout comme son jumeau X-Men, un peu moins accessible pour un novice que les autres revues.
Marvel Universe
Il s'agit là d'un bimestriel consacré aux personnages et épopées cosmiques. La revue a notamment accueilli les crossovers Annihilation ou War of Kings et propose de très bonnes séries comme Nova ou Guardians of the Galaxy. L'on croise régulièrement dans ces pages Thanos, Quasar, Drax et, d'une manière générale, des races extraterrestres toutes plus étranges les unes que les autres.
L'interaction avec les personnages terriens, bien qu'elle soit parfois possible, est cependant très limitée. Il est à noter que Universe propose de temps en temps de petits plus fort appréciables, comme des fiches de personnage ou diverses infos.
Marvel Mega
Petit fourre-tout permettant de caser des What-If aussi bien que des numéros spéciaux (de Noël par exemple) ou des mini-séries (notamment Secret War, avant sa réédition en Deluxe). La revue a tiré sa révérence en 2007 mais reste suffisamment récente (et fournie) pour figurer ici.
Ultimates/Ultimate Avengers
La gamme Ultimate propose en fait une relecture des héros classiques (issus de l'univers 616) dans un autre contexte (l'univers 1610). Elle a été lancée à la base pour faciliter la venue de nouveaux lecteurs, supposés effrayés par la masse des sagas passées, mais a logiquement fini, après quelques années, par générer sa propre continuité.
Le premier titre, Ultimates, consacré aux Vengeurs (Cap, Thor, Iron Man...), a été rebaptisé Ultimate Avengers après le controversé évènement Ultimatum.
Ultimate Spider-Man
Seul rescapé (avec Ultimate Avengers) après le gros coup de balai Ultimatum, ce bimestriel (ayant subi un relaunch) conte les aventures d'un Peter Parker adolescent. Bien que la plupart des proches et ennemis du Tisseur soient présents (Octopus, Gwen Stacy, Norman Osborn, Mary Jane...), leurs personnalités et, d'une manière générale, le déroulement des évènements sont quelque peu différents de ce que l'on connaît dans l'univers classique.
Il est à noter que c'est sur ce titre que Brian Michael Bendis et Mark Bagley ont battu le record de longévité d'un tandem sur une même série (précédemment détenu par Stan Lee et Jack Kirby).
Ultimate Fantastic Four
Ce ne sont pas les FF classiques, blablabla, à moins d'être longs à la détente, vous devez avoir compris le principe. ;o)
Reed et sa bande sont ici plus jeunes que dans la version classique, mais leurs aventures sont pourtant parfois plus crédibles. Il faut également savoir que c'est dans cette série que Mark Millar mettra en scène le coup d'envoi de ce qui deviendra plus tard le fameux titre Marvel Zombies (cf cette chronique). La revue n'a cependant pas survécu à Ultimatum.
Ultimate X-Men
Ce sont cette fois les mutants qui sont réinterprétés à la sauce ultimate. Même chose que pour UFF, le titre a été stoppé après Ultimatum.
Les Incontournables
Il s'agit en fait ici de plusieurs petites collections (Spider-Man : Les Incontournables, Marvel : Les Incontournables, Spider-Man et les Héros Marvel) présentant diverses sagas, récentes ou relativement anciennes. Chaque volume se présente sous la forme d'un livre contenant 5 ou 6 épisodes, ainsi que d'un fascicule (d'un seul épisode) faisant un peu office de présentation.
Le faible coût des collections les rend attrayantes, cependant, le contenu, en terme de qualité, en est inégal et peut faire doublon avec d'autres publications. Notons que, après la parution kiosque, les livres (sans les fascicules) se retrouvent ensuite en grandes surfaces.
Marvel Crossover/Marvel Universe Hors Série
La revue devait à l'origine s'intituler Marvel Crossover (les premiers numéros se voient d'ailleurs affublés de ce titre), et pour cause, elle avait été présentée comme devant accueillir des crossovers entre les personnages Marvel et des guests appartenant à d'autres maisons d'édition. Le binz a cependant fini par s'intituler Marvel Universe Hors Série, bien que l'on cherche encore la parenté avec MU. L'idée de rencontre avec d'autres univers éditoriaux est encore de mise, essentiellement avec Top Cow. La qualité des récits, en général, n'incite cependant pas à l'achat.
Marvel Saga
Trimestriel remplaçant Marvel Icons Hors Série et étant censé, tel qu'il était présenté au départ, proposer des sagas complètes. Ce n'est déjà pas le cas dès le numéro #1 qui propose une aventure du Punisher... à suivre dans le numéro #2. Typique de la communication Panini dont on se dit qu'elle n'est finalement jamais meilleure que lorsqu'elle est inexistante.
Revues spéciales ponctuelles
Il ne s'agit pas ici de titres réguliers mais de revues très ponctuelles associées à un évènement particulier (House of M, Civil War, World War Hulk, Secret Invasion, Siege...). Les numéros sont donc assez peu nombreux et contiennent le titre phare de l'event en cours (les revues régulières accueillant, elles, les divers tie-ins qui lui sont associés).
Spider-Man Poche
A l'origine une publication destinée aux plus jeunes, SMP a cependant accueilli (dans une logique toute paninienne) des séries comme Ultimate Spider-Man (qui sans être spécialement traumatisante, ne vise pas vraiment les tout petits). Le livre, au format sensiblement réduit mais restant lisible, propose divers jeux, un crayon de papier, bref, un environnement très enfantin qui ne laisse aucun doute en ce qui concerne le public visé.
NB : il existe encore d'autres publications, des "extra" ou "hors série", qui permettent de publier des récits un peu à part ou des tie-ins lors de crossovers.


En Librairie
Avantages génériques : histoires complètes, éventuels suppléments
Inconvénients génériques : Parution aléatoire, coût parfois élevé et sans rapport avec le contenu

100% Marvel
Il s'agit sans doute de la collection librairie la plus fournie et la plus abordable financièrement (elle offre en tout cas souvent un très bon rapport pages/prix et qualité/prix). L'on y retrouve des héros cultes (Spidey, Wolvie, Daredevil) mais aussi des personnages moins connus du grand public, comme Sentry, X-23 ou Moon Knight. La gamme Noir, reprenant les grands noms du marvelverse en les plongeant dans une ambiance polar des années 30, est également publiée dans cette collection, tout comme les Marvel Zombies ou la trilogie fleuve Earth X/Universe X/Paradise X.
Max
C'est le label "adulte" de Marvel. Non pas que les autres collections soient spécialement destinées aux enfants, mais les auteurs bénéficient, dans celle-ci, d'une plus grande liberté de ton. Sexe et violence y sont donc moins édulcorés. La collection existe aussi en VO mais, pour rajouter à la complexité, les titres publiés sous ce label en VF n'en sont pas forcément tous issus (Trouble).
Les séries Max sont considérées en général comme plus ou moins hors continuité, bien qu'il existe de nombreuses exceptions contraires (Alias, Hood...). Notons dans cette collection l'excellent run de Garth Ennis sur le (très musclé) titre Punisher.
Marvel Monster Edition
Gros format souple contenant toute une année de publication d'une même série. La qualité du papier s'est récemment améliorée mais le prix élevé reste tout de même fortement dissuasif. La collection accueillait au départ des séries qui ne trouvaient pas leur place en kiosque, comme She-Hulk, Deadpool ou The Defenders. Aujourd'hui, elle sert essentiellement à publier (de manière fort anarchique) les séries secondaires plus ou moins touchées par un event (Monster Civil War ou Dark Reign par exemple).
L'on notera tout de même la présence d'oeuvres particulièrement réussies, voire poignantes, comme Planet Hulk, L'Appel du Devoir ou Le Règne de Thor qui préfigurait, à sa façon et en moins épique, le futur Civil War.
Marvel Mini Monster
Collection bâtarde, aujourd'hui défunte, et permettant de fourguer en deux fois ce que les Monster proposaient en une. Les excellents Runaways ont fait leurs débuts ici. L'autre série déclinée sous ce label est Sentinel, un titre passé relativement inaperçu mais plutôt sympathique.
Attention, ces livres vieillissent mal et la cover a tendance à se décoller...
Marvel Premium
Réédition cartonnée et grand format d'épisodes de Amazing Spider-Man issus du run de J.M. Straczynski.
Uniquement cinq numéros en tout, dont on se demande d'ailleurs l'utilité. Ceci dit, la qualité du récit n'est pas en cause, il s'agit même d'un moment intéressant où Straczynski va développer les origines mystiques du Tisseur (ce qui donnera naissance à la Société de l'Araignée et à la série Araña).
Marvel Graphic Novels
Le graphic novel, ou roman graphique, est assez complexe à définir. Aux Etats-Unis, il peut désigner tout ce qui n'est pas un fascicule. En France, il qualifie souvent une oeuvre supposée de qualité et destinée aux adultes. Dans ce cas précis, il s'agit en fait d'un gentil fourre-tout paninien. L'on va y retrouver de vrais GN (Marvels), comme des morceaux de séries régulières (Iron Man) voire des novellas illustrées (Le Rédempteur).
A conseiller dans cette collection : le magnifique Echo du grand David Mack, une pure merveille, tant visuellement que scénaristiquement, bénéficiant d'une utilisation extrêmement intelligente du medium qu'est la BD.
Marvel Deluxe
Il s'agit, à part pour la série Runaways qui constitue le seul matériel inédit de la collection, de rééditions censées, selon les présentations répétées et appuyées de l'éditeur, contenir de très nombreux bonus. Dans les faits, non seulement les bonus se sont envolés au fil des ans, mais certains volumes, pourtant onéreux et en constante augmentation, sont particulièrement minces (House of M).
L'on retrouve en général sous ce label de gros calibres très vendeurs (Wolverine, Spider-Man...) ou des sagas ayant particulièrement bien marché (comme Civil War qui a d'ailleurs bénéficié d'un coffret limité). A conseiller également : le Deluxe NYX consacré à Laura Kinney, alias X-23, et qui regroupe deux sagas émouvantes et esthétiquement fort jolies.
Marvel Best Of
Il s'agit d'une collection rééditant d'anciennes sagas, souvent devenues cultes, comme Les Guerres Secrètes (premier véritable crossover Marvel), La dernière chasse de Kraven (bradée ensuite dans les Incontournables) ou encore Wolverine : Les Origines (rééditée en Deluxe avec... moins de bonus !!).
Du "old school" donc pour l'essentiel, mais qui fait souvent doublon avec d'autres collections.
Les Intégrales
Tout bêtement la réédition des premiers numéros de différentes séries (Spider-Man, X-Men, Iron Man, Wolverine...).
Pour curieux, collectionneurs ou nostalgiques.
Marvel Origines
Collection à l'utilité peu évidente se concentrant, comme son nom l'indique, sur l'origine et les premières apparitions des différents groupes ou personnages. Covers noires et tranches brillantes caractéristiques.
Marvel Kids
Collection petit format et économique destinée à l'origine à un jeune lectorat. Il est à signaler que les volumes consacrés à Spider-Man reprennent en fait ses premières aventures (rééditées en Intégrales) en les modernisant d'un point de vue graphique. La narration, elle, reste identique, donc un peu vieillotte.
A noter que la série Spider-Man loves Mary Jane, sorte de "shojo" américain, est tout à fait lisible, de par sa qualité, par un public adulte.
Marvel Omnibus
Tueurs de budget.
Enormes pavés reprenant l'essentiel d'une saga importante, comme la Saga du Clone pour Spider-Man. Là encore, il faut signaler une nette tendance à l'amaigrissement (Omnibus Daredevil par Frank Miller) qui n'influe pas sur le prix pourtant très élevé.
Marvel Transatlantique
Cette collection, peu fournie, a pour but de laisser carte blanche à des auteurs européens (dans les faits souvent italiens) pour proposer "leur" version de certains personnages Marvel. Le résultat va du ridicule (Le secret du verre, Deuxième Mort), au plutôt pas mal (X-Campus) en passant par le moyen (Saudade).
Marvel Best Sellers
Un peu spéciale, cette collection se trouvait à l'origine uniquement dans les boutiques MaxiLivres. Ces dernières ayant fait faillite, les livres peuvent maintenant se dénicher en grande surface ou dans certaines librairies de type Cultura.
Il s'agit de rééditions, en petit format, d'épisodes des Vengeurs, de Spider-Man ou encore de Daredevil ou des X-Men. L'on y trouve d'ailleurs aussi bien des sagas excellentes et très récentes, comme le Daredevil : Underboss de Bendis, que des arcs plus quelconques, comme ces épisodes de Wolverine datant de 2000. Si le prix est très avantageux (10 euros pour une douzaine d'épisodes), le confort de lecture est par contre amoindri par des planches et un lettrage très réduits, d'autant qu'une inutile marge blanche vient encore rapetisser l'ensemble.
Encyclopédies
Il ne s'agit pas ici d'une collection à proprement parler mais du vaste domaine des encyclopédies.
Panini en a édité quelques-unes au format Deluxe (sur Spider-Man, les FF ou encore les X-Men), mais Semic, racheté par le groupe Tournon, continue également d'en sortir, parfois sur un héros particulier (Iron Man), d'autres fois sur l'ensemble des personnages Marvel (cf cet article). Certains ouvrages assimilés, comme les Chroniques de Marvel, permettent, eux, de se plonger dans l'histoire de l'éditeur, de ses débuts à nos jours.