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25 juin 2014

La Tour Sombre : ce qu'il faut lire avant...

UMAC lance aujourd'hui une série d'articles qui, pendant plusieurs mois, vont explorer le vaste univers de La Tour Sombre, de Stephen King. Et il nous a semblé logique de commencer par quelques conseils de "lectures préparatoires".

Si vous connaissez déjà The Dark Tower grâce à l'adaptation comics qui en a été faite alors... vous ne connaissez pas réellement cette saga. En effet, la BD ne fait que résumer, très imparfaitement, les nombreux rebondissements décrits dans les romans. Et les comics échouent notamment à rendre la profondeur des personnages et même, chose curieuse, la beauté et l'étrangeté des lieux visités (cf. cette chronique consacrée à la version comics de Magie & Cristal).
Pour découvrir réellement cette fantastique épopée, il faut donc le faire par le biais des romans. A ce jour, huit livres constituent l'intégralité de la saga (à l'origine, il n'y en avait que sept, un huitième s'est récemment intercalé entre deux anciens tomes).

Si dans l'absolu l'on peut se lancer dans cette longue lecture sans rien connaître de l'œuvre de Stephen King, il est néanmoins souhaitable, pour pleinement profiter de l'ensemble, de commencer par quelques romans qui, en apparence, n'ont pas grand-chose à voir avec La Tour Sombre.
En réalité, si l'on cherche bien, l'on peut trouver des connexions avec The Dark Tower dans pratiquement tous les - nombreux - romans du maître. Et dans quelques nouvelles. Mais tous ne sont pas d'importance égale. Si une vague allusion n'est pas cruciale, certains personnages, concepts ou évènements, développés dans certains ouvrages, le sont bien plus.
Voici donc une sélection de ce qu'il semble souhaitable de lire et de ce que l'on peut laisser de côté.

Le premier ouvrage à lire avant d'aborder l'univers de Roland Deschain est Salem. C'est assez ancien puisqu'il s'agit du deuxième roman de l'auteur, publié en 1975. Il est question d'une histoire, classique mais habilement menée, de vampires. Comme souvent avec King, les personnages sont attachants et finement ciselés. Et le quotidien d'une petite ville apparemment banale va lentement basculer dans l'horreur. 
Si ce roman est si important, c'est en fait parce que l'un des personnages va jouer un rôle important dans La Tour Sombre. Même si ce qu'il a vécu est quelque peu résumé dans la saga, il va sans dire que connaître précisément les évènements dont il est question sera donc un plus. Et le roman en lui-même aura également son rôle à jouer (les barrières entre fiction et réalité étant largement abolies dans The Dark Tower).  

Le second ouvrage est un classique puisqu'il s'agit de The Stand, traduit en français sous le titre Le Fléau.
Cette fois, l'histoire est bien plus ambitieuse et verse dans l'apocalyptique : une super-grippe décime la quasi totalité de l'humanité. Quelques survivants, immunisés, s'organisent en deux camps qui ne vont pas tarder à s'affronter...
Ce livre est doublement important. Non seulement il y est question de Randall Flagg, "l'homme en noir" qui hante les pages de bon nombre d'histoires du Kingverse, mais le fléau dont il est question a également son importance dans La Tour Sombre. Ce n'est pas forcément essentiel, mais connaître ces faits permettra d'augmenter la portée dramatique (et la magie) de plusieurs scènes. 

Enfin, dans les indispensables, il serait compliqué de passer à côté d'Insomnie.
Il s'agit probablement de l'ouvrage ayant le lien le plus direct avec The Dark Tower puisqu'il y est notamment question du terrible Roi Cramoisi, ainsi que de concepts et personnages liés directement au dernier tome de la saga. Cela pourrait presque être en fait le préambule officiel de l'épopée. 
Dans les faits, il s'agit d'une excellente histoire, basée sur un lent basculement dans une autre réalité ou, au moins, une autre perception de cette réalité. Le thème, toujours complexe, de l'avortement y est également abordé.

Avec ces trois romans, Salem, Le Fléau et Insomnie, vous êtes paré pour aborder La Tour Sombre dans de bonnes conditions. Disons qu'il s'agit d'un "kit" minimum. Bien entendu, d'autres peuvent encore être conseillés. 
J'ai longtemps hésité à mettre Ça (It) dans les indispensables. Pour une raison fort simple, c'est à mon humble avis LE chef-d'œuvre absolu de King, inégalé à ce jour. Tant sur le plan narratif et technique qu'émotionnel, ce roman est une pure merveille. L'adolescence (ou l'enfance) y est décrite avec le charme de la nostalgie mais aussi toute la violence de cette période cruciale. Mais, surtout, "ça" fait peur, c'est le cas de le dire.
Il y a bien quelques passerelles vers La Tour Sombre, mais objectivement, elles ne sont pas fondamentales. Sauf si l'on considère aussi le fait que King est un personnage de La Tour Sombre, et que donc lire l'un de ses meilleurs romans ne fera pas de mal. ;o)

Certains pourront s'étonner aussi de l'absence de Shining dans les romans conseillés, alors que le shining est constamment présent dans la saga. Une explication s'impose. Le shining est une sorte de clairvoyance, de télépathie, qui fait en effet le lien entre certains personnages de The Dark Tower et le roman Shining. Néanmoins, Shining (et sa récente suite, Doctor Sleep) n'ont pas de rapport direct avec la saga. Et le pouvoir en question y étant très bien décrit, il n'est donc pas indispensable de lire Shining, sauf si bien sûr, vous avez envie de lire un bon roman (ne croyez surtout pas le connaître si vous avez vu la... "version" de Kubrick, ça n'a aucun rapport, on se demande même pourquoi le réalisateur a tenu à se baser sur ce roman, dont il n'a retenu que le cadre).

Enfin, Les Yeux du Dragon, un conte très heroic fantasy, a également plusieurs liens avec le monde de The Dark Tower. Il peut néanmoins très bien se lire après, en "complément". 
Quant aux nombreux romans dans lesquels des "morceaux" de Tour sont distillés (Bazaar, Roadmaster, Sac d'Os, Rose Madder...), il vous appartient de décider s'ils vous font ou non envie.

Voici donc le tiercé (voire quarté) conseillé, dans l'ordre (de lecture, pas d'importance) : Salem, Le Fléau, Insomnie, plus Ça pour ceux qui ne sont pas trop impatients de commencer.
Cette sélection a également un autre but, quelque peu caché. En effet, Le Pistolero, le premier tome de La Tour Sombre, n'est pas un grand Stephen King. De l'aveu même de l'auteur, il faut "s'accrocher" un peu pour basculer dans l'univers de Roland et de son ka-tet. Aussi, lire quelques bons romans de King avant de vous lancer à l'assaut de son Everest vous permettra non seulement d'y évoluer avec plus d'aisance mais, certainement aussi, plus de confiance.

Tel un Pistolero, vous êtes au début de votre quête. 
Si vous faites vos premiers pas en empruntant les quatre histoires conseillées en pré-lecture, et que bien entendu vous continuez ensuite avec les huit romans de La Tour Sombre, vous voilà avec pas moins de douze très bons livres pour l'été (ou l'année à venir, suivant votre rythme). Douze est un bon chiffre, car il y a douze Gardiens qui... oh, mais je m'égare sai. J'implore votre pardon car il ne m'appartient pas de conter l'histoire de Roland Deschain de Gilead, serviteur du Blanc, descendant de la lignée de l'Eld et dernier pistolero d'un monde qui a changé. Cela a été fait, et de belle manière. Si fait, quelle heureuse rencontre que celle que pourra faire le Lecteur avec ce Conte Ultime, peuplé de mages et de robots, de démons et de chevaliers. Il y aura des pleurs, des sourires, des frissons, et à la fin, comme toujours, quelques cicatrices et un brin de nostalgie. Car l'on ne ressort pas indemne d'une telle quête.
Je vous envie, car je connais le Chemin que vous allez parcourir. Et il est plein de merveilles...
Que vos jours soient longs, vos nuits plaisantes et vos lectures agréables !





25 mai 2014

Débuter dans la lecture de Comics

L'anti-guide pour faire ses premiers pas dans le vaste monde des comics.

La question qui revient souvent lorsque l'on aborde les comics pour la première fois, c'est "mais au nom du ciel, par quoi commencer ?"
Or, si la question semble simple bien qu'emphatique, la réponse l'est beaucoup moins. Tentons tout de même de donner quelques clés pour bien commencer ce long mais passionnant parcours.
Tout d'abord, contrairement à ce que vous pourriez penser, c'est vous qui détenez une partie de la solution. Vous savez ce qui vous attire, ce dont vous avez envie, quel personnage vous semble le plus charismatique... rien de mieux donc que de feuilleter quelques ouvrages en librairie et de prendre ce dont vous avez envie, sans vous soucier, dans un premier temps, de la fameuse continuité. 
Vous avez trouvé un comic avec de jolis dessins et une intrigue qui vous semble alléchante ? Très bien, les difficultés commencent.

Les fameuses difficultés sont essentiellement liées au genre super-héroïque, qui a engendré des pratiques éditoriales particulières. Si vous n'aimez pas les justiciers masqués, rassurez-vous, les comics sont aussi variés que peuvent l'être les bandes dessinées européennes. Vous trouverez ainsi des polars, du western, de la SF, de la romance, de l'heroic fantasy et tout ce qui peut vous faire envie. Vous pouvez avoir un petit aperçu de ce qui existe avec cette sélection de récits. Ces derniers présentent souvent l'avantage d'avoir un début et une fin, au contraire des on-goings, ces séries régulières qui sont publiées à flux tendu depuis des décennies.

Mais bon, vous êtes une forte tête, ce sont les super-héros qui vous intéressent, et tant pis si c'est plus compliqué ! 
Deux grands univers dominent le marché : DC Comics, dont les séries sont publiées en France par Urban Comics, et Marvel, dont les titres sont édités par Panini. Là encore, ce sont vos goûts qui vous guideront vers l'un ou l'autre. Il est important, dans un premier temps, de ne pas se laisser abuser par le fameux relaunch, ce terme barbare servant bien souvent à simplement mettre un numéro #1 sur la tranche d'un livre plus qu'à vraiment rebooter l'univers de son personnage (surtout en France où les publications Marvel ont tendance à régulièrement revenir à un bien abusif #1).

En réalité, peu importe par quoi vous allez commencer, ce sera un peu compliqué au début. C'est d'ailleurs tout à fait normal, le marvelverse ou le DCU comptent des milliers de personnages, hantant de très nombreuses séries régulières, publiées depuis des dizaines d'années pour certaines. Vous ne pouvez donc pas, en quelques minutes, ni même quelques jours, prendre connaissance des évènements importants ou des relations qui se sont tissées au fil du temps entre les protagonistes.
Ce n'est pas grave du tout.
La continuité n'est pas ton ennemie, brave lecteur. Et pour t'en convaincre, je me propose de ressortir ma comparaison sur les relations amoureuses.
Lorsque vous rencontrez une jeune fille (ou un jeune homme, ou un homme ayant la quarantaine, ça a aussi son charme, sisi), vous ne connaissez rien d'elle. Ce n'est pas effrayant, vous faites connaissance. Admettons que vous tombiez amoureux et que vous finissiez par vivre avec cette personne. Au bout de quelques années, vous allez la connaître parfaitement. Vous saurez tout de ses goûts, son passé, son caractère, ses relations. Et pourtant, vous ne l'avez pas accompagnée pendant son enfance ou son adolescence.

Pour un personnage de comics, une tête d'affiche ayant parfois plusieurs séries mensuelles régulières depuis des lustres, c'est un peu pareil. On n'a pas besoin de tout savoir dès le départ. Le plaisir de lecture n'est pas moindre, il est différent. 
Ceci dit, certaines séries (notamment celles impliquant des groupes, comme les nombreux X-Men) demandent un peu plus d'implication personnelle de la part du lecteur, histoire de tout de même comprendre de quoi il retourne.
Pour cela, il existe des encyclopédies, mais entre celles qui sont plus des artbooks, celles qui sont en anglais ou celles qui sont blindées d'erreurs, le choix n'est pas simple. Mieux vaut encore se tourner dans un premier temps vers le net. Certains sites, comme MDCU, proposent des fiches de personnage souvent très complètes et qui vous permettront d'éclaircir l'essentiel de ce qui vous pose problème.

Bien. Vous voilà donc avec un personnage qui vous attirait et sur lequel vous vous êtes un peu renseigné.
Faut-il maintenant le suivre en kiosque ou en librairie ?
Là encore, cela dépendra essentiellement de votre préférence en matière de récit. Le kiosque est par nature plus feuilletonnant, la librairie présente, elle, des histoires en général plus complètes, ou en tout cas plus faciles à suivre.
Le grand nombre de collections (notamment chez Panini) n'aide pas non plus. Certains récits sont publiés trois ou quatre fois, dans des collections différentes, certaines collections ne durent que le temps de quelques numéros, d'autres (comme Marvel Icons) sont à la fois des mensuels kiosque et de gros recueils librairie, et d'autres collections à bas prix rééditent régulièrement des sagas plus anciennes. Ces dernières sont d'ailleurs plutôt intéressantes (cf. les rééditions de House of M ou X-Men : Les Origines) et peuvent aisément servir de point d'entrée "test", vous permettant ainsi d'avoir un premier regard sur un univers sans pour autant vous ruiner.

Après quelque temps, lorsque vous aurez quelques mois de lecture derrière vous, il est peut-être utile d'accorder une attention particulière aux crédits, cette partie qui précise les auteurs des récits. Car si pour commencer, l'on est attiré par un personnage, à la longue, vous verrez que l'on apprécie surtout un auteur à travers lui. Batman ou Wolverine ne sont pas de "meilleurs" personnages que Green Arrow ou Moon Knight. Tout dépend en réalité de la manière dont le scénariste va les mettre en scène. 
Ce n'est pas forcément systématique, mais bien souvent l'on commence par acheter du Spider-Man pour finir par acheter du Straczynski. Le personnage a laissé naturellement la place à l'auteur, car ce que vous allez aimer sur le long terme ce n'est pas un masque mais la manière de le porter.

Voilà pourquoi il n'existe pas de réponse évidente à la fameuse question. Personne ne peut vous dire par où commencer, pas plus que ce qu'il vous "faudra" manger ce soir. Cela dépend de vos inclinations propres. C'est vous qui allez être attiré par un personnage, puis allez aimer un auteur. Le fait qu'un récit soit "accessible" est un plus, sans doute, mais s'il n'est que cela (simple), alors c'est une très mauvaise raison pour l'acheter. 
Un autre point, qu'il me semble important de souligner pour terminer, est la différence qui existe entre la technique et l'impact émotionnel d'une œuvre.

Lorsque l'on critique un tableau, un film, un comic, un roman, peu importe, il est important de le faire sur des bases et arguments techniques. Autrement dit, "ceci est ou n'est pas bien fait parce que..."
Un "j'aime/j'aime pas", dans le cadre d'une critique, n'a aucun intérêt, pour la simple raison que vos goûts vous appartiennent et n'ont pas valeur d'absolu. Par contre, ils existent et ne sont pas, eux, critiquables.
A une époque, sur un forum aujourd'hui disparu, des ayatollahs du bon goût s'amusaient à pérorer en désignant ce qu'il fallait aimer ou non, tout en se moquant évidemment de ceux qui avaient l'outrecuidance de ne pas suivre leurs directives de petits chefs enivrés par le net. Il n'y a aucune raison que de telles personnes (qui existent toujours, au contraire du forum) vous disent quoi lire ou quoi apprécier. Pour la bonne et simple raison que l'art repose sur deux dimensions très différentes.
Si l'on peut reconnaître une habileté technique (ou au contraire une maladresse), que ce soit dans le dessin, la narration, les dialogues, l'on peut aussi être touché par une œuvre, sans se préoccuper de cette fameuse technique. Les sentiments ne se jugent pas, ils s'expliquent encore moins. Si vous êtes joyeux, ou ému, vous l'êtes, je ne vais pas vous expliquer pourquoi vous devriez effacer votre sourire ou sécher vos larmes. Et si vous aimez Frédéric François, je ne vais pas tenter de vous convaincre du fait qu'Iron Maiden est supérieur. C'est autre chose, c'est tout. On peut critiquer une fausse note, un texte mal écrit, mais pas l'engouement qu'une musique peut susciter.  

Et, aussi bizarre que cela puisse paraître, on peut aussi aimer des œuvres (ou des personnes) qui ont des défauts. Parce que si la technique se maîtrise, l'on ne peut guère faire de même avec les émotions. Ne vous laissez pas imposer des goûts qui ne sont pas les vôtres. Bien des gens vous conseilleront sur le net avec bon cœur et franchise, mais ceux qui exercent, planqués derrière leurs écrans, un petit pouvoir qu'ils sont loin d'avoir dans la vie, ne méritent pas d'influencer vos lectures.
Si l'on vous dit "il faut lire ça" ou "c'est génial", demandez-vous pourquoi, quels arguments ont été avancés. S'il n'y en a aucun, pourquoi prendre en compte un avis qui repose sur les goûts d'un autre, ou pire, un avis qui repose sur les a priori de quelqu'un qui avoue bêtement ne pas lire ce qu'il commente ?  (ça arrive plus souvent qu'on peut le penser)
Et si certains arguments vous semblent pertinents mais que, une fois le livre en mains, vous le feuilletez avec une grimace de dégoût (parce que vous n'êtes pas sensible au style des dessins par exemple), alors reposez-le. Une histoire est une rencontre entre son auteur et le ou les récepteurs. Une petite partie de la magie qui fait que des mots ou des dessins se transforment en conte et en émotion pure repose sur vous. Les auteurs ont fait de leur mieux, mais sans un vrai désir de votre part, ça ne fonctionnera pas.

Et si vous tenez absolument à vous référer à une liste, je vous conseille celle-ci. Elle n'est pas sans défauts mais relativement complète. Pourtant, aussi vaste que soit ce catalogue, c'est tout de même toi, lecteur, qui fera ton choix. Il sera forcément pertinent, puisqu'il te conviendra, mais ne pourra servir à d'autres. Fort heureusement, ce qui fait qu'un voyage est agréable, voire envoûtant, ce n'est pas sa facilité mais sa richesse. Et en amour comme en art, les chemins sont trop personnels pour être remplacés par des autoroutes.


     
        


04 mai 2013

A Song of Ice and Fire : trahir pour le bien de l'œuvre ?


L'on se penche aujourd'hui sur la saga A Song of Ice and Fire, plus connue sous le nom A Game of Thrones, qui nous permet d'aborder les particularités liées aux différentes éditions et adaptations.

Le Trône de Fer est aujourd'hui mondialement connu grâce essentiellement, avouons-le, à HBO, chaîne spécialisée dans les séries TV musclées et de qualité (citons, entre autres, Deadwood, The Sopranos ou Band of Brothers). Pourtant, à la base, il s'agit bien d'une série, mais de romans, dont l'auteur est George R.R. Martin. Ce dernier a réussi à bâtir un univers crédible, passionnant, complexe, en évitant de tomber dans les pièges de l'heroic fantasy, encore aujourd'hui dominée par l'ombre de Tolkien.
Le succès aidant, les personnages de Martin ont été transposés sur d'autres supports : la série télévisée évoquée plus haut, mais aussi une BD. Ajoutons à cela la traduction dans notre langue (qui est aussi, à sa façon, une adaptation à part entière) et l'on comprendra qu'il est normal, et même logique, de trouver des variations, parfois importantes, entre les différentes versions de cette même histoire. 
Mieux encore, ces différences peuvent nous éclairer sur la nature profonde de certains media, tout comme sur l'existence de certaines pratiques.

Voyons tout d'abord les différentes éditions françaises des romans. Contre toute attente, il en existe tout de même quatre. Aux cinq premiers (gros) volumes originaux correspondent des romans "individuels", redécoupés, grand format, chez Pygmalion, et repris en poche chez J'ai Lu. Sont ensuite sorties des Intégrales (regroupant deux, trois, voire quatre romans du découpage français), là encore chez Pygmalion et J'ai Lu. 
Première différence, le prix. Le premier pavé de l'édition US (correspondant au premier tome des Intégrales VF) vous coûtera une dizaine d'euros, alors que pour posséder le livre correspondant, en France, il vous faudra vous délester d'une quinzaine d'euros. La différence, multipliée par le nombre de tomes, est loin d'être négligeable. Elle sera encore plus importante si vous optez pour les "petits" romans. 
Laissons là le vil aspect pécuniaire et voyons un peu la traduction.

Je précise immédiatement qu'il est normal, lorsque l'on transpose un texte d'une langue à une autre, de prendre certaines libertés. Selon la formule bien connue, "traduire, c'est trahir". Mais une bonne trahison doit être justifiée. Sans aller jusqu'à parler d'amélioration de l'œuvre, ce qui serait probablement présomptueux, une bonne traduction se devrait de faciliter la transition, en trouvant de jolies astuces littéraires pour combler le fossé existant entre deux langues. Et bien entendu, l'esprit de l'œuvre, la volonté de l'auteur, se doivent d'être respectés. 
Or, la traduction française est pour le moins… discutable. Tant d'ailleurs sur le fond que la forme. Prenons l'exemple de la traduction des noms propres. Normalement, si les personnages étaient américains, elle ne s'envisagerait même pas (un John de New York reste John, et non Jean). Ici, le monde décrit est imaginaire. Lorsque les noms veulent dire quelque chose (et c'est souvent le cas), il n'y a aucune raison de conserver le terme anglais. Mais bon, admettons que l'on puisse les conserver, l'on fait alors ou l'un ou l'autre, pas les deux. Ici, certains noms sont traduits, souvent bien d'ailleurs (Griseaux, Salvemer…), alors que d'autres ne le sont pas (Winterfell, Littlefinger…). Etrange tout de même de pratiquer deux méthodes radicalement différentes au sein d'une même œuvre.
Les appendices et cartes, toujours utiles pour appréhender une saga complexe, sont également largement réduits dans la VF. Le premier tome de l'Intégrale VF offre ainsi deux cartes, alors que le roman original correspondant en compte quatre (les deux manquantes se retrouvent dans la troisième Intégrale VF seulement). Pire encore, la description des Maisons et personnages, dans la VF, tient sur… une seule page (et ne s'intéresse qu'à cinq Maisons, vite décrites), alors que l'équivalent, en VO, comporte dix-neuf pages (avec blasons), détaillant neuf Maisons avec moult détails ! On passe d'une cabane dans les bois à une villa avec commodités.

Mais le pire reste à venir. Car, après tout, bien qu'incompréhensible, la perte de l'essentiel des appendices reste anecdotique en comparaison du style employé pour la traduction. Attention, je ne mets pas en cause le traducteur seul (qui a d'ailleurs fourni un travail énorme, c'est évident) mais bien l'ensemble des responsables éditoriaux qui l'ont laissé, à mon sens, dériver vers un style trop ampoulé et très loin de la simplicité poétique de Martin.
Plutôt que de tenter de démontrer longuement le gouffre qui sépare les deux styles, je vais vous donner un exemple concret. Ce n'est pas compliqué à trouver, je prends la dernière phrase du premier roman VO (correspondant à la dernière phrase de la première Intégrale). L'on ne peut pas toujours transposer "phrase par phrase", l'adaptation ne s'y prêtant pas forcément, mais c'est le cas ici, d'autant que la conclusion est évidemment, par nature, importante. Je précise qu'il est question, dans cette phrase, de bébés dragons. Cela n'aura pas trop de sens, extrait de tout contexte, mais c'est aussi volontaire, pour ne pas trop spoiler (et la démonstration reste évidente).
Voici le passage original : The other two pulled away from her breasts and added their voices to the call, translucent wings unfolding and stirring the air, and for the first time in hundreds of years, the night came alive with the music of dragons.
Voici la traduction française : Délaissant aussitôt le sein, les deux autres firent chorus en déployant des ailes translucides qui brassaient l'air, et aux vocalises des dragons, pour la première fois depuis des centaines d'années, s'aviva la nuit.
La différence cruciale qu'il est important de voir ici ne tient pas tant aux termes (forcément changeants, un "mot-à-mot" étant la pire traduction possible) qu'à la musicalité même des deux phrases. Même en ayant le français pour langue maternelle, l'extrait anglais me semble à la fois plus clair et plus poétique. Cela tient ici à deux éléments, aussi différents que complémentaires. 

D'une part, la ponctuation. Le traducteur a cru bon de faire, tout comme en anglais, une longue phrase, mais leur construction différente aurait nécessité de couper la version française en deux. Une version plus claire, plus "propre", aurait pu être : "… qui brassaient l'air. Et aux vocalises des dragons, pour la première fois depuis des centaines d'années, s'aviva la nuit."
Avec un simple point, l'on obtient ici un éclaircissement du propos et un effet bien différent, au niveau dramatique, des pourtant mêmes termes.
D'autre part, bien que la phrase soit correcte (point ici de ce que j'appelle, chez certains éditeurs, un "manque d'hygiène", lorsqu'ils en sont encore à publier des textes blindés de fautes), elle manque d'habileté sur le plan littéraire. Les couverts sont propres, mais le plat (dont la recette est déjà écrite) arrive froid.
Voyons cela de manière plus précise. "The night came alive with the music of dragons" est une très jolie façon de conclure. Nous sommes ici dans quelque chose de très imagé. C'est un peu rendu avec le terme "vocalises", qui cependant est en dessous de "musique" ou "chant" (une vocalise est un exercice, qui se rapporte à l'individu, alors que la "music" des dragons dont on parle ici est un état de fait qui se rapporte au monde). Imperceptiblement, l'on perd déjà un niveau de sens, une portée. Je prends un exemple très simple pour illustrer le propos : "les vocalises des soldats/le chant de la nation". Dans le premier cas, ce sont des individus qui produisent des sons, dans le second, c'est évidemment une image forte qui dépasse le sens strict des termes qui la composent.  
Enfin, autre nuance de taille, outre la longueur et la confusion de la phrase française (je l'ai comprise moins rapidement que sa version anglaise, un comble !), sa fin n'a rien de brillant. L'on termine sur "s'aviva la nuit" en français, alors que l'important, ici, est plus ce qui tient aux dragons. Bien entendu, il serait absurde de tenir les mêmes propos dans un autre contexte, en milieu de chapitre, ou pour un détail insignifiant, mais ici, l'essentiel semble se perdre, dans la complexité et la maladresse. "And for the first time in hundreds of years, the night came alive with the music of dragons" reste aussi simple que puissant, alors que la transposition en VF est une longue enfilade dont le sens n'est clair qu'après, au minimum, une deuxième lecture, et dont la poésie est tout simplement absente. 
L'essentiel de la traduction tient du même registre ; plus ou moins maladroite, souvent inutilement complexe, elle peine à s'aligner sur l'aisance du texte original. C'est d'ailleurs la première fois que je lis, sur le net, des interventions de francophones affirmant (avec raison) que la VO est plus facilement compréhensible que la VF. Sur le coup, je n'y avais pas cru, mais après seulement quelques pages, il m'a fallu me rendre à l'évidence.

Et nous n'en sommes qu'au "pont" reliant les romans VO aux romans VF. Abordons maintenant les différences, parfois utiles, entre les différents supports. 
La BD tout d'abord. Je vous en avais parlé ici. Bon, prise isolément, elle tient la route, mais en comparaison des romans et de la série TV, elle fait figure de parent pauvre. D'autant que les décors (ne nécessitant pourtant ici aucun investissement) ne sont nullement magnifiés et même plutôt inexistants. Et l'on n'a même pas droit à une carte en bonus…
La BD a pourtant un intérêt : attirer l'attention sur les romans. Ce fut le cas pour moi à l'époque, et, si je devais réécrire la chronique de l'adaptation en comics, je serais sans doute un peu plus sévère aujourd'hui. La BD a cependant – fort heureusement – dans son ADN ce qui fait la force des romans de Martin, mais l'adaptation semble vide de sens et d'audace, surtout si l'on en vient à la comparer avec la série TV.

Un roman sera toujours plus puissant qu'un film ou une série télévisée. Pourquoi ? Parce que l'on ne peut être que spectateur d'un film, alors qu'un roman fait de nous un acteur essentiel de l'histoire. Les mots ne sont que des mots, ils envoient un signal qui est interprété par le lecteur. Bien sûr, les bons auteurs peuvent vous forcer à les suivre dans leurs propres mondes, mais ceux-ci seront toujours vus par vos yeux. Dans l'équation magique du roman, le lecteur est la flamme qui éclaire les phrases. On peut le frotter et le cajoler de différentes manières, mais on sait pertinemment que l'on n'arrivera à rien sans lui. Et pourtant, en général, le lecteur ne rentre pas en ligne de compte dans l'écriture. Ce qui est, je crois, une bonne chose. 
Un film ou une série TV ne demandent rien d'autre qu'être spectateur. Tout le monde verra la même chose (la vision d'un réalisateur, d'un scénariste, d'un producteur) là où un même roman faisait naître mille visions. Par contre, ce "produit", plus coûteux qu'un livre, doit répondre à des règles pour être rentable. Il existe en gros aujourd'hui deux approches, radicalement différentes mais très calibrées, pour ces films ou séries, issus d'œuvres cultes que la plupart des spectateurs ne liront pas. Soit on fait dans le mou et le "son & lumière", à la Peter Jackson (son SDA étant une ode à la pleurnicherie et à la médiocrité), soit on fait dans le rock n'roll, en s'adressant à moins de gens, mais en leur faisant payer la qualité (évoquons, pour illustrer le principe, le Braquo de Canal+, sorte de The Shield à la française).
Game of Thrones, la série, tombe dans cette deuxième catégorie. La catégorie des bons trucs payants. C'est très bien fait, les décors sont plutôt à la hauteur du binz (même le générique est chiadé), mais, évidemment, des différences sont présentes par rapport aux romans.

La première très grosse différence qui saute aux yeux entre la série TV et les romans, c'est en gros… le cul.
Oui, étrangement, le sexe est bien plus présent dans la série, alors que, pourtant, l'image est censée être plus choquante que les mots. Cela tient à la nature même du medium, du support sur lequel l'histoire prend forme. La narration, en télévision, est tout autre et répond à des méthodes radicalement différentes.
Ce qui peut passer dans un roman, et ce qui passait très bien dans la narration de Martin, alternant les points de vue de différents personnages, était impossible en télévision. Il fallait donc trouver une manière de mettre de l'intensité dans certains échanges. Et quoi de plus intense que le sexe ? Donc, même si les romans ne manquent pas de pratiques osées (l'inceste notamment), la série se complet dans des accroches sulfureuses qui, souvent, servent essentiellement à faire passer des informations qui, agréablement lisibles sur papier, seraient plus poussives à l'écran. 
Mais qui s'en plaindra ?
La deuxième grosse différence, bien plus choquante, tient à l'âge des personnages. La série TV a été obligée de vieillir (radicalement parfois) un grand nombre de personnages. Tenez-vous bien, si vous ne connaissez que la série, voici, dans les romans, l'âge véritable de certains personnages :
- Robb Stark : 14 ans
- Jon Snow : 14 ans
- Sansa Stark : 11 ans
- Joffrey "Baratheon" : 12 ans
Evidemment, l'âge des adultes n'a que peu d'importance, mais l'on voit que, de notre point de vue occidental moderne, l'âge des protagonistes "enfants/adolescents" ne pouvait convenir à ce qui leur arrivait. Mais l'adaptation de l'âge, du point de vue de la série TV, ne tient pas qu'à la seule volonté de ne pas choquer.

En effet, la législation du travail impose des contraintes spécifiques lorsque des enfants sont employés sur des tournages. Un Jon Snow et un Robb Stark adultes sont autant de facilités pour les longues années de tournage que nécessitent les saisons de la série. Rien de honteux car cela ne change rien, ou presque, au sens du récit.
Parfois, il s'agit aussi d'adoucir les faits et de se conformer aux normes actuelles. Ainsi, Daenerys Targaryen, qui s'unit à Drogo, est censée avoir treize ans alors que, dans la série, elle en paraît au moins vingt.
Globalement, tous les enfants des Maisons ont pris quelques années de plus, au minimum. Ces changements sont liés aux spécificités du format télévisuel, mais, s'ils sont compréhensibles et acceptables, ils ont aussi un effet important sur le récit.
Jon Snow, par exemple, est bien plus "lisse", une fois adulte et incarné, que dans le roman. Même si, dans le contexte culturel et historique de Westeros, les gens murissent plus vite, suivre les pérégrinations d'un enfant n'est pas tout à fait la même chose que de voir un adulte se jouer des menaces et de la dureté de son milieu. Par honnêteté, il est tout de même important de préciser que, justement, dans le contexte romanesque, l'âge compte peu et serait même de nature à semer le trouble si le lecteur s'y référait avec une vision strictement moderne.
Ainsi, d'un medium à l'autre, la réalité devient changeante...

Au final, qu'a-t-on ?
Une saga qui n'est pas connue sous son vrai nom (c'est rare !).
Une adaptation française (des romans) onéreuse, ayant fait l'impasse sur des appendices utiles, et proposant une traduction parfois moins fluide et moins poétique que la version originale. 
Une série TV à la fois forcément moins riche mais aussi plus "osée".
Une BD insignifiante en comparaison de ses deux grands Frères qui se partagent le gâteau.
Et que conseiller ?
Eh bien, si vous êtes un minimum anglophone, les romans originaux vous permettront de découvrir, à prix modique, une magnifique saga. Si vous ne comprenez que le français, la série de HBO reste une très belle adaptation. Quant aux romans français… ils ont le mérite d'exister, ce qui est, sans aucune ironie de ma part, une très bonne chose. Mais entre l'idée de la tarte aux pommes et la véritable tarte aux pommes, dont le jus dégouline entre les dents et dont le sucre excite le palais, il n'y a pas vraiment de choix à faire, juste une évidence à mettre en avant.
Une transposition ou une adaptation nécessitent de faire des choix, d'élaguer, de trahir un peu, ce qui ne pose aucun problème tant que la trahison et ses conséquences sont connues et acceptées.

L'Hiver vient ! Sur le Papier ou l'Ecran, de ce côté de l'Atlantique ou ailleurs, mais le Froid n'est pas toujours identique. Et la différence, si elle n'est pas forcément honteuse, se doit au moins d'être connue.
Car sans cela, à force de passer d'un support à l'autre, d'une langue à l'autre, l'Hiver pourrait bien finir par prendre la noble, mais néanmoins doucereuse et presque plus cruelle, saveur de l'automne.





22 mars 2013

Lantern Corps & Spectre Emotionnel



Le Green Lantern Corps est certainement le groupe cosmique le plus connu de l'univers DC Comics, mais il est loin d'être le seul. Cette rubrique vous permettra de découvrir (ou vous remémorer) les différentes forces en présence et de mieux comprendre les concepts liés aux Corps, au moins dans leurs grandes lignes.
Par nature, ce sujet comporte quelques spoilers.


Le Spectre Emotionnel

Il s'agit du concept qui est au coeur du fonctionnement des Corps. L'univers comprend différentes forces provenant elles-mêmes d'une émotion primaire. Ces émotions, au nombre de sept, forment le Spectre Emotionnel et sont déclinées en sept couleurs : le Rouge pour la Rage, l'Orange pour l'Avarice, le Jaune pour la Peur, le Vert pour la Volonté, le Bleu pour l'Espoir, l'Indigo pour la Compassion et enfin le Violet pour l'Amour.
Les différents Corps qui ont été créés sont donc basés sur ces sources émotionnelles. Leur puissance est canalisée au travers d'anneaux qu'utilisent les membres de chaque Corps. Cependant, toutes les forces ne sont pas équivalentes. Ainsi, plus la couleur d'un anneau se trouve proche du centre du Spectre (le Vert par exemple), plus son porteur lui impose sa propre volonté. Au contraire, les anneaux dont la couleur se trouve à une extrémité du Spectre ont une influence plus importante sur leurs utilisateurs (ceux-ci sont notamment dominés par les émotions que sont la Rage et l'Amour).
Chaque émotion est également incarnée par une entité.
Outre ces sept couleurs et Corps principaux, il en existe encore deux (Blanc et Noir) qui correspondent non pas à une émotion mais à un "état" ; la Vie et la Mort (ou le Néant).



Les Lantern Corps

Red Lantern - red throes of rage
Emotion : Rage
Couleur : Rouge
Membre(s) : Atrocitus, Zilius Zox, Bleez...
Planète d'origine : Ysmault, secteur 2814
Incarnation : The Butcher
Serment :
     With blood and rage of crimson red, 
     Ripped from a corpse so freshly dead,
     Together with our hellish hate,
     We'll burn you all... that is your fate !
Histoire et Pouvoirs : Après le massacre "accidentel" de tous les êtres du secteur 666 par les Manhunters (ou Traqueurs ; première police intergalactique mise en place par les Gardiens avant les Green Lantern), cinq survivants formèrent un groupe visant à la destruction des Gardiens. Atrocitus, l'un de ces cinq survivants, se servit de rites anciens et du sang de ces comparses pour maîtriser la Rage.
Le sang des Red Lantern est remplacé par du plasma, rouge et brûlant, lorsqu'ils rejoignent le Corps.
Leurs anneaux permettent de voler ou créer un champ de force.


Agent Orange - orange light of avarice
Emotion : Avarice
Couleur : Orange
Membre(s) : Larfleeze
Planète d'origine : Okaara (système Vega), secteur 2828
Incarnation : Ophidian
Serment :
     This power is mine, this is my light.  
     Be it in bright of day, or black of night.
     I lay claim to all that falls within my sight,
     To take what I want, that is my right !
Histoire et Pouvoirs : Larfleeze est le seul détenteur d'un anneau orange. Pendant longtemps, le système Vega fut maintenu en dehors de la zone d'influence des Gardiens grâce à un accord qui exigeait que les Veilleurs de la lumière orange la maintiennent dans les limites de leur système solaire. Depuis, Larfleeze, poussé par un désir de posséder grandissant, a rompu ce pacte.
L'Agent Orange peut créer des Orange Lantern à partir des adversaires qu'il tue.
L'anneau orange ne peut drainer l'énergie d'un anneau bleu et entraîne une grande dépendance.


Sinestro Corps - yellow fire of fear
Emotion : Peur
Couleur : Jaune
Membre(s) : Sinestro, Arkillo, Romat-Ru...
Planète d'origine : Qward (univers d'antimatière), secteur -1
Incarnation : Parallax
Serment :
     In blackest day, in brightest night !
     Beware your fears made into light.
     Let those who try to stop what’s right,
     Burn like his power, Sinestro’s might !
Histoire et Pouvoirs : Autrefois considéré comme le plus grand des Green Lantern, Sinestro fut destitué et exilé pour abus de pouvoir. Il a depuis découvert l'existence de la lumière jaune et formé son propre Corps. 
Les anneaux jaunes permettent de voler et communiquer, ils génèrent également des formes et constructions imaginées par leurs porteurs.


Green Lantern - green might of will
Emotion : Volonté
Couleur : Vert
Membres(s) : Hal Jordan, Guy Gardner, Kilowog, Kyle Rayner...
Planète d'origine : Oa, secteur 0
Incarnation : Ion
Serment :
     In brightest day, in blackest night,
     No evil shall escape my sight !
     Let those who worship evil's might,
     Beware my power, Green Lantern's light !
Histoire et Pouvoirs : Il y a des milliards d'années, les Gardiens - une très ancienne race extraterrestre - ont créé une police intergalactique veillant sur l'univers entier. Celui-ci est divisé en 3600 secteurs. De nos jours, deux Green Lantern sont affectés à chaque secteur.
Les anneaux verts permettent de générer n'importe quelle construction ou forme imaginée par son propriétaire. Ils permettent également de voler, générer un champ de force et communiquer. 


Blue Lantern - blue rays of hope
Emotion : Espoir
Couleur : Bleu
Membre(s) : Ganthet, Sayd, Le Pèlerin...
Planète d'origine : Odym, secteur 2682
Incarnation : Adara
Serment :
     In fearful day, in raging night
     With strong hearts full, our souls ignite !
     When all seems lost, in the war of light,
     Look to the stars, for hope burns bright !
Histoire et Pouvoirs : Après avoir été bannis par les Gardiens parce qu'ils avaient éprouvé des émotions, Ganthet et Sayd fondèrent le Corps des Blue Lantern.
L'anneau bleu peut recharger un anneau vert ou décharger un anneau jaune. Il possède en outre des fonctions similaires aux autres anneaux mais ne peut faire usage de toutes ses capacités offensives sans la proximité d'un Green Lantern. 


Indigo Tribe - indigo glow of compassion
Emotion : Compassion
Couleur : Indigo
Membre(s) : Indigo 1, Munk, Natromo...
Planète d'origine : Nok, secteur 2814
Incarnation : Proselyte
Serment :
     Tor lorek san, bor nakka mur.
     Natromo faan tornek wot ur.
     Ter Lantern ker lo Abin Sur.
     Taan lek lek nok, formorrow sur !
Histoire et Pouvoirs : Il s'agit du Corps le plus mystérieux, pendant longtemps resté inconnu de tous. Abin Sur, prédécesseur d'Hal Jordan, est en grande partie responsable de la création de la Tribu Indigo. Celle-ci est composée d'anciens criminels qui, grâce à l'influence de leurs anneaux, trouvent la voie de la rédemption. Loin d'être uniquement positive, la lumière indigo de la compassion se révèle assez pernicieuse, au point de changer radicalement la personnalité de celui qui en fait usage.  


Star Sapphire - violet aura of love
Emotion : Amour
Couleur : Violet (tirant sur le rose...)
Membre(s) : Carol Ferris, Fatality, Miri...
Planète d'origine : Zamaron, secteur 1416
Incarnation : The Predator
Serment :
     For hearts long lost and full of fright, 
     For those alone in blackest night,
     Accept our ring, and join our fight,  
     Love conquers all with violet light !
Histoire et Pouvoirs : En réaction au refus des Gardiens d'éprouver des émotions, un groupe exclusivement féminin fit sécession et décida de s'y consacrer.
Les anneaux des Star Sapphire peuvent révéler le plus grand amour de celles qui les portent. Ils peuvent également créer un lien entre leurs porteurs et un être aimé courant un danger. La lumière violette de l'amour peut toutefois altérer le jugement des Star Sapphire.


Black Lantern
Etat : Mort
Couleur : Noir
Membre(s) : Black Hand, potentiellement toute personne décédée...
Planète d'origine : le monde mort de Ryut, secteur 666
Incarnation : Nekron
Serment :
     The blackest night falls from the skies,
     The darkness grows as all light dies,
     We crave your hearts and your demise,
     By my black hand, the dead shall rise !
Histoire et Pouvoirs : Nekron considère que la vie est un simple accident, sans utilité ni but. Il souhaite retrouver l'état de "paix" et le néant de l'univers primordial en se débarrassant de la vie qui l'a contaminé. 


White Lantern 
Etat : Vie
Couleur : Blanc
Membre(s) : Potentiellement chaque être vivant...
Planète d'origine : Terre, secteur 2814
Incarnation : L'Entité
Histoire et Pouvoirs : Contrairement à ce que les Gardiens ont toujours prétendu, la vie n'a pas pris naissance sur Oa mais sur la Terre, grâce à l'Entité, une lumière blanche vivante. Cette force est liée à tous les êtres vivants.  




Les Anneaux (Power Rings)

Tous les membres des différents Corps ont pour point commun d'utiliser un anneau de puissance, dont ils tirent leur pouvoir. Ceux-ci sont reconnaissables à leur couleur et leur symbole. Ils possèdent en général des capacités communes qui permettent notamment de générer un costume de Lantern, de voler (et ce même dans l'espace), de créer un champ de force défensif ou encore de lancer des décharges d'énergie.
Outre ces pouvoirs déjà bien intéressants, les anneaux peuvent également permettre de communiquer ou d'accéder à une base de données (qui, entre autres, permet de traduire toutes les langues).
Un anneau doit être régulièrement rechargé à l'aide d'une batterie en forme de lanterne, elle-même reliée à une batterie centrale, hébergée sur la planète d'origine de chaque Corps.
Les anneaux peuvent chercher un porteur de manière autonome, et ce dès la mort de leur précédent propriétaire.


Les Gardiens

Les Gardiens de l'Univers sont une ancienne race extraterrestre, basée sur Oa. Ils ne sont guère impressionnants et ont la particularité d'être bleus et de petite taille, néanmoins, il ne faut pas les juger sur leur seul aspect physique. Ceux-ci sont en effet non seulement immortels, mais ils peuvent également voler et utiliser l'énergie du Spectre Emotionnel sans anneaux.
Leur grand âge est synonyme d'un vaste savoir. Ils ne sont toutefois pas exempts d'erreurs, parfois gravissimes. Ainsi, leur première police intergalactique - les Manhunters - est à l'origine d'un massacre dans le secteur 666 suite à une interprétation plutôt extrême des consignes qui leur avaient été données.
Depuis, les Gardiens ont abandonné l'utilisation de machines et préféré se reposer sur des agents vivants. C'est ainsi que naquit le Corps des Green Lantern, composé de membres venus de planètes fort différentes.
C'est également l'un des leurs, Krona, qui fut à l'origine de l'une des pires catastrophes cosmiques. Krona souhaitait en effet en apprendre plus sur l'origine de l'univers. A l'aide d'une machine qu'il conçut, il put observer la naissance de l'univers et déclencha ainsi, en vrac, la création d'un univers d'antimatière, l'apparition du multivers et la propagation du Mal. Joli coup pour un scientifique de renom faisant partie d'une race super-évoluée ! Comme quoi, personne n'est à l'abri d'une petite boulette...
Signalons également l'existence des Alpha Lantern, sorte d'hybrides faisant office de police interne pour le Corps des Green Lantern. Ils ont en charge de faire respecter les lois du Livre d'Oa et possèdent leur propre serment :
     In days of peace, in nights of war,
     The Alpha Lanterns obey the laws forever more.
     Misconduct must be answered for,
     Swear us, the chosen... the Alpha Corps !


Inspiration

Bien que DC Comics s'en défende, les Green Lantern doivent beaucoup au Cycle du Fulgur, une série de romans de science-fiction écrits par Edward Elmer Smith. Ces romans (Triplanetary, publié en 1934, est le premier récit du cycle, mais c'est avec Galactic Patrol, qui date de 1937, que l'histoire principale débute réellement) mettent en scène une police intergalactique, composée de membres issus de races différentes. Ces derniers utilisent des joyaux qui leur donnent des pouvoirs psychiques. Ces joyaux sont fabriqués par les Arisians, une race extraterrestre avancée et pacifique.
Voilà tout de même beaucoup de points communs.
Le Cycle du Fulgur est un space opera ambitieux, se déroulant sur de nombreuses planètes, pendant un laps de temps très long couvrant plusieurs générations. Quelque peu datés aujourd'hui (et parfois répétitifs), ces romans relativement méconnus du grand public ont tout de même inspiré de nombreux auteurs.



Les différents comics concernés

En Kiosque

Urban Comics publie actuellement le mensuel Green Lantern Saga qui rassemble les séries Green Lantern, Green Lantern Corps, Green Lantern : New Gardians et Red Lantern.
Chaque revue contient également du matériel rédactionnel supplémentaire portant sur les personnages et leurs origines ou un Corps en particulier. 

En Librairie

Trois collections Urban Comics accueillent des séries en cours liées à l'univers des Lantern :
- Geoff Johns présente Green Lantern, dans la collection DC Signatures (avec évidemment Johns au scénario).
- Green Lantern, dans la collection DC Renaissance, qui couvre les aventures récentes - donc postérieures au relaunch général du DCU - des Lantern.
- La collection DC Classiques quant à elle est consacrée à des évènements plus anciens ayant une importance particulière, notamment Blackest Night (en deux tomes) et bientôt sa suite, Brightest Day.

Autres ouvrages conseillés

En VO, The Sinestro Corps War, qui marque le début du concept de Corps multiples et de Spectre Emotionnel.
Chez Panini, dans la collection Best Comics, Green Lantern : Secret Origin, un récit qui permet de (re)découvrir les origines de Hal Jordan, et ce à prix réduit. Toujours chez le même éditeur, Green Lantern : Recharge, paru dans le DC Universe hors série #4, permet d'assister à la reformation du Corps après sa dissolution.
De nouveau chez Urban, l'on peut également conseiller la saga La Guerre des Green Lantern, publiée en kiosque dans deux Green Lantern Showcase.