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21 janvier 2012

Boxer Boxer : bienvenue dans le monde réel

Retour de la rubrique De l'autre côté des Planches avec une web-série intitulée Boxer Boxer.

Joseph Cormac, meilleur vendeur du Mondial Moquette de Bagneux, et Stanislas Doude, employé de péage, se retrouvent lors d'une réunion d'anciens élèves où ils se prennent une cuite monumentale.
Le lendemain, le réveil est difficile.
Stan est habillé en gendarme, Joseph a du sang sur les mains, il y a un flingue dans les Miel Pops et les deux ahuris ont des inscriptions énigmatiques partout sur le corps.
Ils ne se souviennent de rien à part d'une chose : une fille en rouge qu'ils ont assassinée !
Ensemble, ils vont peu à peu reconstituer le fil des évènements et découvrir ce qu'ils ont réellement fait la veille...

Les séries les plus originales ne sont pas forcément à la télévision, on en trouve aussi sur le net. C'est encore le cas avec Boxer Boxer, réalisée par Xavier Bazoge et écrite par Mathieu Alexandre, Manuel Le Gourrierec, Vincent Steinebach et le réalisateur déjà cité.
L'équipe s'en sort franchement bien avec ce récit aux influences diverses et plutôt sympathiques. Un fond de Very Bad Trip, une pincée de Memento, des flashbacks qui ont un petit goût de Eyes Wide Shut, le tout mélangé de manière bien déjantée et l'on obtient les neuf premiers épisodes qui sont déjà en ligne (sur ce site).

Cette comédie, un brin flippante, est non seulement souvent efficace (les dialogues sont excellents) mais la réalisation est également tout à fait honorable, avec même quelques effets pas dégueulasses qui témoignent du soin apporté à l'ensemble. Tout cela est donc drôle, sans temps mort (les répliques sont assénées comme des coups de poing) et parsemé d'ingénieuses trouvailles, jusque dans la façon de résumer l'épisode précédent.
Bref, l'occasion de passer un bon moment et de plonger dans l'univers de cette bande d'allumés franchement doués.
Si en plus vous avez buté quelqu'un et que vous n'êtes pas trop pressé, vous apprendrez un ou deux moyens de faire disparaître (assez lentement) un corps. Pas sûr que la police scientifique ait déjà pensé à ces techniques. Et, cerise sur le gâteau, vous connaîtrez également la meilleure façon de montrer son respect à autrui dans la culture sumérienne (oui, c'est quasiment culturel, Arte est déjà sur le coup à ce qu'il parait).

Un flingue et un peu d'alcool peuvent mener à tout, même à une série atypique et totalement addictive.
En plus y'a des ninja. Si avec ça vous n'avez pas envie de jeter un oeil...

14 septembre 2011

DLACDP : J'ai jamais su dire non !

Toujours dans le cadre de la nouvelle rubrique, De l'autre côté des planches, l'on évoque aujourd'hui une excellente web-série : J'ai jamais su dire non.

Alors, c'est quoi les histoires là ? Ben, en fait, il s'agit d'une série qui met en scène Tom, un type plutôt sympa mais qui a un grave défaut : il n'a jamais su dire non.
Et à cause de trois non qui se transforment en oui, il va créer une situation embarrassante à son travail, perdre sa petite amie et récolter un colocataire lourdingue. Le fameux tiercé gagnant.
Mitch, le colocataire en question, a cependant une idée pour tout remettre d'aplomb : faire pousser des "balls" à son déballonné de pote.
Ah, attention, pas n'importe quelles balls, des balls même utilisables par des filles. Des psycho-balls.
Tout cela pour éviter d'être licencié, reprendre le contrôle de son appart, squatté même par un clodo, et reconquérir la femme de sa vie.
Sans déconner, qu'est-ce qui faut pas faire pour avoir droit au bonheur !

Cette série en 14 épisodes est réalisée par Slimane-Baptiste Berhoun (qui signe également le scénario et  interprète le personnage principal, une sorte d'Alexandre Astier-like donc (heu... je ne suis pas sûr que l'expression puisse s'utiliser pour un être humain... bon, tant pis (c'est un compliment de toute façon))). J'ai jamais su dire non est visible sur le site Frenchnerd, qui héberge également Le Visiteur du Futur, autre oeuvre dans laquelle on peut retrouver à peu près la même bande.
Il s'agit évidemment d'une comédie, et même d'une comédie... drôle, ce qui n'est pas toujours le cas de ce que l'on peut voir à la télévision (visiblement, aucune chaîne ne s'est encore intéressée à cette fiction qui ferait pourtant un très bon programme court). La réalisation est nerveuse et soignée, l'écriture originale et l'on rentre très vite dans l'univers décalé de Tom. Quant aux acteurs, ils campent leurs rôles avec talent (même Chris, apparemment le moins "pro" de la bande, mais dont le personnage de gentil demeuré est à mourir de rire !). Signalons également, dans l'épisode final, un guest totalement inattendu et qui fait preuve d'une rare autodérision.
Bref, de quoi passer un bon moment, d'autant que des épisodes spéciaux ont été parfois intercalés pour nous montrer un peu l'envers du décor. Cela ressemble à un mélange entre bêtisier et making-of, mais avec une mise en scène particulière qui conserve le ton de la série (et qui est à des années-lumière des sketchs pathétiques dont certaines émissions se servent parfois pour habiller leurs bêtisiers).

Si ces gens, sans prétention mais bourrés de talent, restent méconnus trop longtemps, c'est à désespérer du PAF !
Un vrai bon moment de détente et une pure bouffée d'air frais.

07 septembre 2011

DLACDP : Wings of War

Première, pour cette rentrée, d'une nouvelle rubrique, intitulée De l'Autre Côté des Planches, et qui s'intéressera, comme son nom ne l'indique pas tout à fait, à des sujets n'ayant rien à voir, a priori, avec les comics ou les livres en général.
Bon, vous pensez bien que je ne vais pas vous parler de jardinage ou de bagnoles, l'on va donc rester dans le ludique et, un peu tout de même, le culturel. 
Et pour débuter, l'on va évoquer l'excellent jeu Wings of War (à ne pas confondre avec le jeu vidéo du même nom).

Alors, qu'est-ce donc que Wings of War ? Eh bien il s'agit en fait d'un jeu de plateau... sans plateau, et d'un wargame à la fois très simple mais dont on peut enrichir les règles à l'envie. C'est surtout un jeu destiné aux passionnés d'aviation, de stratégie et aux collectionneurs. Car WoW se décline dans deux univers différents, avec plusieurs boîtes de base et de nombreux add-ons.
Mais voyons déjà le principe de jeu.
Vous êtes aux commandes d'un ou plusieurs avions et, bien entendu, vous affrontez un adversaire. Pour cela, vous "programmez" les mouvements de votre appareil grâce à des cartes. Si vous approchez suffisamment de l'ennemi pour pouvoir lui tirer dessus, il se prend alors un certain nombre de dégâts (là encore sous forme de cartes).
Là où le principe de base est très bien pensé, c'est dans les déplacements. Ces derniers sont gérés par les cartes et permettent de se passer de dés ou de plateaux de jeu. N'importe quelle surface plate fera l'affaire puisque, en fait, chaque carte de mouvement se place devant votre avion (en faisant correspondre la ligne de déplacement avec le début de trait que vous avez sur le devant de votre socle) et vous n'avez plus, ensuite, qu'à placer votre appareil en fin de parcours, au niveau de la flèche de fin de déplacement. Rassurez-vous, c'est bien plus simple à comprendre lorsque l'on a le matériel sous les yeux.
Une fois les déplacements effectués en simultané, chaque joueur regarde si un appareil ennemi est à portée de tir de l'un des siens (grâce là encore à un système très simple de réglette).
Temps d'apprentissage des règles de base : 5 mn. Difficile de trouver mieux.

Wings of War couvre deux époques distinctes : la première guerre mondiale et la deuxième. Evidemment, les deux jeux, bien que semblables, ne sont pas compatibles entre eux.
Dans les premières boîtes sorties, les appareils étaient représentés par des cartes. Dans les versions Deluxe, ils sont présents sous forme de miniatures (joliment peintes) que l'on fixe sur un socle qui reprend les données de la carte de base. 
En plus des quatre appareils présents dans chaque boîte Deluxe, l'on peut enrichir son escadrille en achetant ensuite des avions à l'unité, certains étant pilotés par de véritables légendes (Manfred von Richthofen, pour ne citer que lui !) et disposant de manoeuvres propres. Car l'un des intérêts du jeu tient dans le fait que chaque appareil dispose de son propre paquet de cartes "manoeuvres". Cela permet déjà de rendre compte d'un certain réalisme, en permettant par exemple à certains avions d'effectuer des virages serrés, ou en interdisant à d'autres certaines manoeuvres (un immelmann par exemple).
Chaque engin dispose également d'une puissance de feu particulière (correspondant à un paquet de cartes de dégât), une certaine "résistance" ou "solidité" (des points de vie en quelque sorte, mais pour plus de réalisme, certaines rafales peuvent générer une explosion à tout moment), mais aussi d'un certain angle de tir (matérialisé sur le socle).

Cela offre déjà pas mal de possibilités. Et le jeu s'avère déjà amusant et immersif. La plus grande crainte étant que l'on se tourne autour pendant des heures, sans jamais parvenir à aligner sa cible. Après quelques parties, il faut constater qu'elle s'avère infondée. Tout d'abord, l'on délimite une surface de jeu (ce qui évite une éventuelle éternelle "fuite en avant"). Si un avion dépasse cette limite, il est perdu (on peut considérer qu'il percute le relief ou est abattu par la DCA). Cela ramène moins de points que si on l'avait abattu soi-même, mais c'est tout de même un avantage considérable. Ensuite, la programmation engendre un aspect tactique assez bien vu, qui permet notamment de prendre en compte la "personnalité" de votre adversaire. En cherchant à le "lire" (un peu comme au poker d'ailleurs), il est possible d'anticiper ses réactions (va-t-il garder ses avions en formation ? est-il un habitué des immelmanns ou au contraire cherche-t-il à vous tourner autour ?). En fait, plus les parties s'enchaînent, plus le jeu devient intéressant.
D'autant que l'on peut l'enrichir de nombreuses règles additionnelles.
Mais avant de voir cela, voici une petite mise en situation qui devrait permettre de mieux visualiser le système de jeu. Sur la photo ci-dessus, un Spad XIII américain vire largement à gauche (il était donc situé à la base au tout début de la flèche bleue). Le Fokker qui arrivait presque en face effectue un virage serré à droite, se mettant ainsi en position de tir. Les deux appareils étant à moins d'une demi-réglette de distance, le Spad se prend deux cartes de dégâts (qui peuvent aller de zéro, dans le cas d'un piètre tireur, à la destruction totale, sur un coup de chance).

Dans sa version "simple", le jeu est déjà bien suffisant (pour peu que l'on apprécie les wargames au sens large et l'aviation en particulier). D'ailleurs, signe qui ne trompe pas, l'on ne peut s'empêcher de faire le bruit des avions presque à chaque déplacement, ou de simuler celui des mitrailleuses lors des phases de tir ! ;o)
Mais ce n'est pas tout. Une fois le concept bien assimilé, les joueurs peuvent augmenter peu à peu la complexité de la simulation.
Au niveau des dégâts tout d'abord. Certains dégâts spéciaux vont ainsi vous empêcher d'effectuer certaines manoeuvres, mettre le feu à l'appareil ou encore blesser le pilote. Lorsque l'on tire plusieurs fois de suite sur un même appareil (avec le même poste de tir, dans le cas où votre avion en comporterait plusieurs), il est également possible d'augmenter les dégâts infligés (en rentrant en mode "poursuite", ce qui permet d'affiner le tir). Il est également possible de tenir compte de l'altitude (symbolisée par de petits tubes, s'emboitant les uns dans les autres, et reliant l'avion à son socle). 
Et c'est loin d'être terminé !
Dans la version WWII, il est également possible de tenir compte de la vitesse, voire même du niveau de carburant !
Et dans tous les cas, le face à face n'est nullement un préalable répétitif. En effet, suivant les scenarii, l'on peut être amené à bombarder une cible, la prendre en photo (ce qui est déjà plus facile), escorter un appareil, tout cela est sans limite. L'on peut même gérer les atterrissages et décollages (et donc imaginer des opérations assez complexes).
Bref, autant les règles de base sont simplissimes, autant l'ensemble possède une richesse infinie.

Bon, tout n'est pas parfait et il faut bien parler du gros point noir du jeu : son prix.
Si les boîtes de base tournent autour des 20 ou 30 euros, les versions Deluxe (avec miniatures donc) nécessitent un investissement d'une cinquantaine d'euros. Difficile de s'en passer étant donné que la représentation réelle de l'avion a quand même son charme et permet de gérer bien plus intuitivement son altitude.
Si l'on veut enrichir le matériel de base, il faut compter environ 10 euros par avion (avec miniature) supplémentaire. Certaines extensions, comme celles permettant de jouer avec des dirigeables et des avions équipés de rockets pendant la première guerre mondiale, vont nécessiter 35 euros. Tout comme un tapis de jeu (en rupture apparemment mais nullement nécessaire de toute façon) en deux parties, revenant à... 70 euros !
Tout va donc dépendre de votre réel intérêt pour les engins volants (et de votre possibilité de trouver des adversaires).

Au final, voilà tout de même un jeu qui, pour ce genre (wargame/simulation/programmation), se révèle d'une simplicité enfantine, tout en réservant des possibilités d'évolution considérables. La qualité des miniatures, les possibilités de campagne, le grand nombre d'appareils et même la présence de pilotes "réels" (sur le plan historique), rend l'ensemble totalement addictif pour peu que l'on soit un minimum disposé à "jouer aux avions".
Un pur plaisir de gamin avec une profondeur de jeu très adulte.

Les Plus :
- simplicité et intuitivité des règles
- richesse et grande adaptabilité du système de jeu
- qualité des miniatures
- fun et totalement immersif !  

Les Moins :  
- le prix, surtout pour se constituer une escadrille convenable (ce qui prend en compte certaines réalités historiques, il est par exemple difficile, sur le plan de la vraisemblance, de faire s'affronter, avec la boîte de base WWII, un Spitfire, un Grumman, un Messerschmitt et un... Zéro, les Mitsubishi A6M2 n'ayant pas vraiment eu l'occasion de s'engager sur le front Ouest aux côtés d'appareils allemands !). 

Site(s) conseillé(s) pour l'achat : Ludibay.
Il s'agit d'un site que j'avais déjà conseillé dans le passé (cf ce post) et qui confirme son sérieux. Prix raisonnables, envois bien protégés et très rapides, port gratuit passé une certaine somme et même possibilité d'avoir des bons de réduction sur de futurs achats. Un pur bonheur tant il est difficile de tomber, de nos jours, sur des commerçants rigoureux et efficaces.

Rapport(s) possible(s) avec les comics :
- Hal Jordan (pilote célèbre)
- Le Baron Rouge : Par-delà les lignes (évocation subtile de la guerre et de ses conséquences)
- Rocketeer (action et prouesses en altitude)
- War is Hell (gros ratage et crash prévisible)