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14 décembre 2009

Simon Dark : A quoi rêvent les petits garçons morts ?

La collection Dark Side de Panini, qui jusqu'ici peinait à vraiment décoller, tient enfin un hit avec Simon Dark. Bienvenue dans un Gotham sans Batman mais toujours très sombre.

"Tapi dans l'ombre au fond du parc,
Simon, Simon, Simon Dark.
Si t'es gentil, il te touche pas,
Si t'es méchant, il te tuera."
Qui aurait pu croire que cette petite chanson bien connue des enfants de Gotham était basée sur un personnage réel ? Simon erre dans les rues du quartier que l'on appelle le Village. Il ne se souvient plus qui il est. Parfois, il rêve même qu'il n'est jamais né. Et si son corps rempli de cicatrices et de coutures peut effrayer, Simon n'est pas méchant. Il veut aider. En s'attaquant par exemple à ces types étranges qui portent des cagoules, parlent latin et viennent répandre le sang non loin de son repaire.
De son côté, l'inspecteur Kirk est sur la trace d'Eddie la Machette. Une raclure qui tue pour le plaisir depuis trop longtemps. Le policier sera amené à croiser la route de Simon. Un être avec qui il a peut-être plus de choses en commun qu'on ne pourrait le penser... après tout ils vivent dans la ville maudite où les légendes prennent vie à la nuit tombée.

Eh bien voilà la très bonne surprise de ce mois de décembre plutôt tranquille niveau sorties librairie. Simon Dark est une série en 18 épisodes (ce volume en contient six) écrite par Steve Niles (28 jours plus tard) et dessinée par Scott Hampton. L'histoire, un polar quelque peu horrifique, prend place dans l'univers de DC Comics mais ne nécessite aucune connaissance de ce dernier pour être appréciée.
Le personnage principal - le Simon de la contine - est particulièrement bien écrit. Tour à tour effrayant, mystérieux et même touchant, il s'impose comme un héros atypique et terriblement attachant. Et le reste de la distribution ne manque pas de charme non plus, que ce soit la jolie médecin légiste ou le flic cachant un lourd secret. Du côté des "méchants" l'on est plutôt bien servi aussi, ne serait-ce qu'avec l'intrigante société secrète aux rites sanglants. Niles parvient à instaurer une atmosphère sinistre tout en parsemant son récit de petites touches d'humour inattendues et qui font très souvent mouche (le "j'ai oublié de faire un voeu" ou la scène du "double pang" sur les toits sont excellentes, même si pour l'instant vous êtes obligé de me croire sur parole).

Visuellement, Scott Hampton livre ici un fort bon travail. L'ambiance est ténébreuse à souhait, les décors souvent superbes et la colorisation de Chris Chuckry est parfaite. Et si Simon Dark vous semble un peu familier, avec un pull ressemblant à celui de Freddy Krueger ou un masque évoquant une certaine famille de dégénérés du Texas, rassurez-vous, le personnage est très différent au fond des illustres tueurs précités.
Et c'est là que normalement j'annonce le petit truc qui ne va pas, ah c'était trop beau aussi... eh ben même pas ! La traduction d'Alex Nikolavitch est tout à fait correcte et permet de s'immerger sans souci dans ce premier arc.
C'est beau, bien dialogué, prenant, parfois drôle, on ne peut guère se permettre d'en demander plus. Si vous êtes à court d'idées pour vos cadeaux de Noël, voilà un livre qui constituera un excellent investissement.

Le meilleur titre à ce jour de la collection Dark Side.
Vivement conseillé.

11 octobre 2009

Terror inc. - Plan de Démembrement

Du gore et des corps démembrés au menu de Terror inc., une mini-série Marvel publiée par Panini dans sa collection Dark Side.

Terror est une sorte de mercenaire à la tête d'une petite entreprise florissante. Il est quasiment immortel mais est, malheureusement, en état de décomposition perpétuelle. Pour se régénérer, il a besoin de prélever régulièrement sur autrui des membres frais qu'il assimile rapidement et rattache à son propre corps.
Et lorsqu'il n'est pas occupé à se dégoter une jambe ou une oreille, il mène des enquêtes ou élimine des malfrats pour le compte de qui le paie suffisamment. Il est bientôt engagé par un espion pour trucider son supérieur, présenté comme un traître. Petit problème ; alors que Terror exécute la mission, il se rend compte qu'il est tombé dans un piège. Bientôt, des terroristes se font exploser un peu partout dans Los Angeles. Commence alors un dangereux jeu de piste qui le conduira sur les traces de son ancienne compagne, rencontrée il y a plus de 1500 ans...

Nous voici avec une série publiée aux Etats-Unis sous le label Max de Marvel mais que Panini a intégrée à sa collection Dark Side qui, avec 28 jours plus tard, Massacre à la tronçonneuse, Vendredi 13 ou Les Griffes de la Nuit, était jusqu'à maintenant plutôt orientée vers le cinéma.
Terror est un personnage datant de 1988. Il est ici remis au goût du jour par David Lapham (scénariste également d'une saga explorant l'époque "catcheur" d'un certain Peter Parker). L'auteur commence par un rappel des origines de Terror qui remontent tout de même à la fin de l'antiquité. Une réactualisation effectuée rapidement et avec humour. On plonge ensuite dans l'hémoglobine et l'époque moderne avec une histoire faisant la part belle aux explosions, combats et fusillades en tout genre.
On regrette presque que la partie historique n'ait pas été plus développée.

Graphiquement, un soin particulier a été apporté à la réalisation. Le dessinateur n'est autre que Patrick Zircher, dont on a déjà vu le travail sur la série Iron Man ou quelques épisodes de Thor. Le résultat est plutôt beau, réaliste, avec de jolis effets et une violence volontairement mise en avant. Il faut dire que ce côté horrifique fait partie intégrante de Terror et qu'il était difficile de passer à côté. Attendez-vous donc à un maximum de ketchup sur les murs, avec des morceaux de viande qui pendouillent un peu partout.
Malgré la qualité des planches, cette saga est néanmoins loin de laisser un souvenir impérissable. Il faut dire que le trip "on s'échange nos bras, j'te coupe la tête", et cetera, est loin d'être suffisant pour maintenir un intérêt constant, et ce malgré quelques scènes plutôt osées (le type est quand même dissout puis balancé aux chiottes !) et un humour bienvenu mais trop peu présent, l'essentiel des vannes étant contenu dans les trois premières pages. On finit par se lasser de ces découpages de corps à répétition et par être un peu déconcerté par un récit qui oscille entre horreur pure, espionnage, action et mysticisme. Le mélange des genres a du mal à trouver une vraie cohérence, d'autant que le second degré, parfaitement maîtrisé dans un premier temps, finit par être mal assumé ou, en tout cas, moins percutant au fil des épisodes.

Le choix de la collection Dark Side, avec hardcover et une taille légèrement plus grande que le format comic standard, fait que le prix s'en ressent ; 18 euros tout de même. Une somme qui risque de décourager les lecteurs habituels de la Maison des Idées, sans doute refroidis par un personnage peu connu, mais également les amateurs d'épouvante, la série n'étant finalement guère effrayante.
En plus des couvertures, ce volume contient un petit speech sur le personnage et son parcours éditorial. Le strict minimum donc.

"Un monstre tua la moitié de mon village la première nuit. La deuxième fut moins grave, il n'emporta que ma femme et des moutons. Mais comme j'avais un fond romantique, j'ai réuni les survivants et on a chargé la chose."
Terror, sous la plume de David Lapham.

22 février 2009

Des Cannibales au Texas

Un classique de l'horreur décliné en comics avec Massacre à la Tronçonneuse. Bienvenue dans la joyeuse bourgade de Fuller, Texas.

Il y a des coins comme ça où il vaut mieux ne pas trop s'attarder. C'est bien connu, certains villages ont leurs petites habitudes et n'aiment pas trop voir débarquer des étrangers. C'est le cas de la petite ville de Fuller au Texas où de nombreux meurtres très violents ont eu lieu dans les années 70. Ces violences n'ayant donné lieu à aucune arrestation, une équipe du FBI est envoyée sur place afin de comprendre ce qui a mal tourné dans l'enquête.
Rapidement, une conclusion s'impose : tout le monde à Fuller se serre les coudes et est plus ou moins sous la coupe des Hewitt, une famille de dégénérés baignant dans la folie et la consanguinité.
Et si le guide du routard ne vous donne aucune précision sur le comté de Travis, vous feriez bien de vous méfier des habitudes alimentaires locales si vous ne voulez pas finir dans un bon vieil estomac texan.

Précisons tout de suite que l'ouvrage, publié dans la collection Dark Side de Panini, n'est pas l'adaptation du récent remake de Marcus Nispel mais sa suite. Mis à part cela, il s'agit toujours tout de même de massacres sanguinolents. Le scénario (relativement simple, on s'en doute) est l'oeuvre de Dan Abnett et Andy Lanning, connus chez Marvel pour avoir signé Annihilation : Conquest ou pour avoir assuré le relaunch de la série Nova. Passer de l'immensité spatiale à la poussière d'un bled miteux du Texas, c'est sûr que ça les change. Si l'on devait faire un reproche essentiel à cette histoire, c'est sans doute de ne pas suffisamment développer des personnages interchangeables pour qui il est difficile de frissonner. L'ambiance malsaine a, de toute façon, plus tendance à écoeurer qu'à véritablement effrayer.
L'on retrouve également quelques situations aberrantes souvent propres à ce genre de récits. Par exemple, l'un des types du FBI rate l'un des responsables du carnage alors qu'il est à bout portant et qu'il lui tire dessus... avec un fusil à pompe ! Pas doué le gars... par contre, deux minutes après, le fameux fusil se retrouve sectionné en deux parties, canon compris, par une tronçonneuse (dont on apprend donc qu'elle est plus efficace qu'un sabre Jedi !). Il y a tout de même quelques scènes qui sortent un peu du lot, comme une séance de copulation involontaire entre un flic drogué et deux dignes représentants de la famille Hewitt avides de semence. ;o)

Les dessins ont été laissés aux bons soins de Wes Craig qui, heureusement, n'en rajoute pas trop dans le côté gore (ce qui rend tout de même le comic bien plus regardable que le film si l'on excepte Jessica Biel). Un petit carnet de croquis conclut l'ouvrage. Ces six pages permettent de jeter notamment un oeil aux croquis et covers de Lee Bermejo et Darick Robertson.

De l'épouvante tendance crade. A lire entre les repas.

"Aaaaaaaaaaaaaaaahhhhh ! Aaaaaaaaaaahh !"
L'agent Baines, sous la plume du duo Abnett/Lanning.

26 septembre 2008

Freddy Krueger de retour sur Elm Street

Panini continue de développer sa collection Dark Side avec un classique de l'épouvante : Les Griffes de la Nuit. Préparez la caféine à haute dose car à partir de maintenant, il ne faut surtout plus dormir !

Freddy Krueger, affectueusement surnommé "le fils bâtard d'un millier de pères", est mort depuis longtemps mais continue de terroriser les enfants de Springwood lorsqu'ils s'endorment. Le monde des rêves est son domaine, là où il est tout-puissant. Une famille récemment arrivée dans la petite ville va vite découvrir que le croquemitaine n'est pas qu'une invention des parents pour effrayer les gamins turbulents. De leur côté, les grosses têtes du lycée, nouvellement désignées "cibles privilégiées" par le type au vieux pull rouge et vert, vont tenter de riposter à leur façon, en s'aidant de pratiques anciennes issues de la culture aztèque...

Après L'Antre de l'Horreur de Poe, Vendredi 13 et 28 jours plus tard, c'est un classique des années 80 qui se décline maintenant en comics. L'histoire, signée Chuck Dixon, est divisée en deux arcs. Le premier se révèle très classique et peu palpitant, une famille banale faisant les frais du gros méchant dans des scènes aux forts relents de déjà-vu.
La seconde partie est, elle, bien plus réussie. Tout d'abord parce que le p'tit Freddy va se montrer beaucoup plus inventif pour zigouiller les adolescents qui tombent sous ses griffes (il ira même jusqu'à en bouffer un, le digérer puis s'en débarrasser par des voies... naturelles !), ensuite grâce à une légende aztèque plutôt bien trouvée qui permet aux jeunes habitants de Springwood d'éviter de se cantonner aux simples rôles de victimes hurlantes. Une certaine ambiguïté parvient même à s'instiller entre les ados, ces derniers étant obligés de sacrifier un innocent pour que leur stratagème fonctionne. Si l'on ajoute à cela que les dialogues sont également bien meilleurs, on aura vite compris que les deux parties ne sont pas du même niveau et que la première paraît bien fade en comparaison du second affrontement.

Les dessins sont de Kevin West. Son style flirte plutôt avec le cartoony et la colorisation est vive et chaude. On est loin de l'ambiance graphique d'un Se7en (aux éditions Wetta) par exemple et l'aspect visuel, bien trop propre, ne participe donc pas du tout à la construction d'une atmosphère pesante ou effrayante. Un peu dommage que l'éditeur n'ait pas opté pour quelque chose de moins gentillet, même si cela reste agréable - peut-être trop même - à regarder.
Un petit carnet de croquis termine l'ouvrage. Rien de transcendant mais le bonus reste appréciable.

Voilà donc un Dark Side pas très ténébreux et qui propose une bonne histoire sur deux (et un vilain bien connu). Le macaron "pour lecteurs avertis" est présent. Reste à savoir si un lecteur "averti" réussira à éprouver des frissons avec un produit qui semble tout de même destiné à un public relativement peu exigeant (ou très émotif).

05 avril 2008

Vendredi 13

Panini continue à étoffer sa collection Dark Side. Après 28 jours plus tard, un grand classique arrive dans nos contrées : Vendredi 13.

Le titre est déjà parlant en soi. Un Vendredi 13 se doit, presque, de respecter certaines règles, et celui-ci les suit toutes scrupuleusement. Une bande de jeunes vient effectuer quelques travaux dans un camp de vacances. Il s'agit du camp du fameux Jason, évidemment, mais tout le monde semble considérer ce type comme, au pire, une gentille légende pour touristes en mal de sensations fortes.
Et là, je vous le donne en mille : hop ! Voilà un gars qui se ramène et qui se met en devoir de massacrer tout le monde.

Le scénario est l'oeuvre de Justin Gray et Jimmy Palmiotti. Le moins que l'on puisse dire est qu'ils ne se sont pas foulés. Ou alors, à l'inverse, ils avaient en tête de coller au plus près des poncifs du genre, auquel cas, ils ont parfaitement réussi.
Les dessins sont de Adam Archer. Lui parvient, malgré certaines scènes plutôt gore, à garder un style qui évolue entre le réalisme et le second degré aseptisé. C'est précis sans être vraiment dégueulasse, ce qui était encore le meilleur compromis à tenter ici.

Bon, un Vendredi 13, ce n'est jamais de l'inattendu, au contraire, certains passages sont presque obligatoires. Ici, tous les ingrédients sont présents : des cris, du sang, du sexe, des fausses pistes, du sexe, encore un peu de sang et le rebondissement final. On ne sait finalement si c'est bâclé ou simplement trop révérencieux.
Le mécanisme est tellement connu que le lecteur ne peut guère faire semblant de se laisser berner. Tout est trop convenu pour que l'on puisse réellement frissonner et, en même temps, trop sérieux pour que l'on puisse passer au deuxième degré et en rire. Le résultat est mi-figue mi-raisin, agréable certes mais sans réel choc, d'autant que les personnages sont trop survolés pour que l'on puisse vraiment les pleurer lorsqu'ils y passent.
Reste une ambiance sexuelle faussement sulfureuse qui devient même risible si on la compare aux excès d'un Preacher.

Si vous voulez lire un classique "teen slasher comic", foncez les yeux fermés. Si vous attendiez un peu d'originalité de cette transposition, vous serez probablement déçus. L'histoire tiendrait probablement la route si l'on n'en connaissait pas d'avance tous les ressorts.
Difficile pour cette oeuvre de se faire une place entre la poésie de Poe (cf L'Antre de l'Horreur) et la machine à rebondissements, moderne et parfaitement huilée, de Kirkman (cf The Walking Dead).

15 décembre 2007

28 jours plus tard : Contrecoup

Les comics d'épouvante sont plutôt à la mode ces temps-ci. Outre les créations originales, l'on peut également profiter parfois des adaptations de certaines oeuvres cinématographiques. C'est notamment le cas pour le film de Danny Boyle (sur un scénario d'Alex Garland).

Vous avez sans doute, sinon vu, au moins entendu parler de 28 jours plus tard et de sa suite, 28 semaines plus tard. Si vous êtes particulièrement fan de cet univers horrifique, réjouissez-vous, Panini vient d'éditer en VF, dans sa collection Dark Side, 28 Jours Plus Tard : Le Contrecoup, un livre qui permet de se replonger parmi les contaminés.
Le scénario est de Steve Niles, les dessins de Dennis Calero, Diego Olmos, Ken Branch et Nat Jones.

Premier point positif, le graphisme est plutôt pas mal, bien plus réussi en tout cas, à mon goût, que celui de 30 jours de nuit (ne loupez surtout pas le crossover 38 nuits plus tard par jour ! ;o)). Deuxième bonne surprise, il ne s'agit pas d'une déclinaison papier des films mais bien d'une histoire inédite. Le tout se divise en quatre chapitres, les trois premiers sont indépendants et décrivent les péripéties de personnages qui se retrouvent tous dans le quatrième et ultime opus pour un dénouement, on s'en doute, quelque peu sanglant.
Chronologiquement, le livre couvre une période qui s'étale d'un peu avant le premier film et s'achève un peu avant le second. Même sans les avoir vus, le lecteur devrait tout de même s'en sortir vu que la trame ici est assez logique et bien construite.

L'ambiance tendue est assez bien rendue même si, dans le genre crépusculaire, c'est Calero qui s'en sort le mieux (c'est une chance, c'est lui qui dessine le plus). Ce Contrecoup nous permet surtout d'en savoir plus sur l'élaboration du virus à l'origine de la grande contamination. Quand on sait qu'à la base, les scientifiques étaient censés développer une molécule supprimant l'agressivité, l'on est en droit de penser qu'il y a eu comme une légère boulette. ;o)

Bref, sympathique même si l'on reste très loin d'un The Walking Dead, véritable référence actuelle du genre (le numéro #45 vient d'ailleurs de sortir aux Etats-Unis).

ps : Ah, oui, j'oubliais, en bonus (avec l'inimitable Panini Touch) est présent le scénario du chapitre 3, autrement dit les dialogues et une description qui remplace les illustrations. Rien de bien fascinant donc, étant donné que l'on n'apprend rien de plus sur la réalisation du projet et que l'on ne voit pas vraiment l'utilité de se retaper la lecture en script d'un chapitre que l'on vient de terminer.

27 septembre 2007

The Number of the Beast

Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire tous les titres des albums de Maiden, seulement, cette fois, je ne pouvais pas passer à côté étant donné que je viens de faire l'acquisition de mon 666ème comic. Un nombre qui tombe fort à-propos puisqu'il est question de L'Antre de l'Horreur, inspiré de l'oeuvre d'Edgar Allan Poe. Epouvante donc au menu de cet article puis, pour faire digérer tout cela, quelques produits dérivés récents.

Marvel ne fait pas que dans la baston super-héroïque musclée, preuve en est la récente adaptation de La Tour Sombre de Stephen King. La Maison des Idées s'offre également une incartade dans la littérature sombre du XIXème avec cette première pour le moins originale.
Il s'agit ici d'une sélection de poèmes et nouvelles mis en images par Richard Corben et scénarisés par Rich Margopoulos. La quatrième de couverture nous promet des vampires, zombies et autres tueurs en série histoire d'aguicher le chaland. Description un peu commerciale donc lorsque l'on connaît un peu Poe et son univers pas forcément aisément abordable.
Première bonne idée, le texte original figure à chaque fois après l'adaptation dessinée qui en est issue, histoire de pouvoir se délecter de la plume du grand Edgar. Le tout est traduit par Mallarmé ou encore Baudelaire, bref, on aura rarement eu traducteurs plus prestigieux chez Panini. ;o)

Graphiquement, le style Corben convient assez à l'ambiance même si l'on peut regretter le noir & blanc, pas forcément indispensable, surtout de nos jours où la colorisation a fait de nets progrès et ne diminue plus les dessins d'un artiste.
Les poèmes et nouvelles sont au nombre de dix. Le Masque de la Mort Rouge n'y figure pas pour ceux qui se poseraient la question. L'on peut par contre signaler la présence de Eulalie, avec une adaptation particulièrement glauque, ou encore de Le Ver Conquérant, une des rares histoires dialoguées. Car, si l'on peut faire un reproche à ce GN, c'est sans doute, le plus souvent, de poser des images sur le texte original et non pas d'adapter réellement au sens strict. Et lorsque le scénariste ose aller un peu plus loin que l'auteur originel, ses escapades ne sont pas toujours habiles. Le Coeur Révélateur en est un parfait exemple. Poe y conte l'histoire d'un meurtrier qui, croyant entendre les battements de coeur de sa victime, avoue son crime à des policiers qui n'avaient rien contre lui. Dans l'adaptation de Margopoulos, le narrateur est toujours le meurtrier mais il meurt à la fin, ce qui devrait de facto rendre impossible le récit à la première personne du singulier. Erreur si énorme qu'on la penserait réservée aux débutants, la preuve en est que non.

Si vous cherchez des histoires construites et un réel suspens, ce livre risque de vous décevoir. Plus qu'un graphic novel, L'Antre de l'Horreur est une incursion étrange et poétique dans la noirceur de Poe. Les monstres traditionnels de la littérature d'épouvante laissent ici la place à une folie malsaine et omniprésente. Poe dérange plus son lecteur qu'il ne l'effraie vraiment, il demande également un effort nécessaire pour se laisser envoûter par son style âpre au lyrisme pourtant moderne, en cela, Corben a su préserver l'essentiel avec un trait étrange, désagréable presque, duquel surgissent parfois des visages grimaçants issus de toutes les perversités humaines.

A découvrir pour la beauté du verbe et la noirceur de l'âme même si l'on peut se demander à qui est destiné cet essai inhabituel, les fans de Poe n'ayant pas besoin de Corben et les jeunes lecteurs pouvant être plus rebutés qu'attirés par son graphisme volontairement peu séduisant.


Calendrier et Figurines

Bon, avec mes histoires de nombre satanique et de poésie lugubre d'un autre temps, j'ai plombé l'ambiance (mais si, ne dites pas non, je m'en rends compte), du coup, hop, je termine sur un ton un peu plus léger avec quelques babioles destinées à racler nos fonds de porte-monnaie, dès fois que les comics à eux seuls n'y suffiraient pas. Tout d'abord, sachez que Panini a un peu d'avance puisque le calendrier Spider-Man 2008 vient de sortir. Grand format pour de fort jolies illustrations (29,5 x 29,5 cm) de Deodato, Ramos, Dodson ou encore Romita Jr (exemples : #1 - #2 - #3). Chaque mois présente une petite fiche consacrée à un vilain du Tisseur, sympa non ? Moins sympa déjà, le prix : 12,95 €. Ah ben, ça fait cher du calendrier, je vous avouerai que du coup, je vais hésiter à y gribouiller les rendez-vous chez le dentiste du petit dernier.

Autre petite nouveauté (en tout cas, je ne connaissais pas l'existence de ces trucs avant de tomber dessus dans un Carrefour, à mon grand étonnement), une gamme de figurines Marvel en SD (vous savez, quand la tête est disproportionnée par rapport au corps) et à un prix raisonnable (15 € pièce pour une taille de 16 cm de haut et une envergure, niveau support, de 9,5 par 9,5 cm). Pour l'instant, j'ai pu voir Iron Man (photo 1 - photo 2) et le Silver Surfer mais apparemment viendraient également, dans la même série, Venom, Cap ou encore Carnage. Petit détail kitsch, la tête est montée sur ressort et bouge donc, un peu comme les fameux chiens à l'arrière des bagnoles.
A quand un Captain America avec de la moquette sur le bouclier ? ;o)