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26 mars 2015

The Unforgiving : Metal & Comics

Plongée dans le symphonic metal avec The Unforgiving, un concept-album tiré d'un comic.

Nous avions déjà eu l'occasion d'associer hard rock et comics avec Seventh Son of a Seventh Son, du groupe Iron Maiden. Il s'agissait cependant d'une adaptation BD à la réalisation trop approximative, sans grande ambition et conçue bien après la sortie de l'album mythique.
The Unforgiving est fort différent dans la démarche puisque Within Temptation a fait appel à des auteurs confirmés pour bâtir une histoire autour de laquelle ils allaient concevoir leur cinquième album.

Revenons d'abord sur le groupe et ce qui le caractérise. Il s'agit d'un groupe néerlandais (chantant en anglais) pratiquant le metal "symphonique", un peu dans la veine de Nightwish. Très mélodique, relativement "accessible", le genre permet d'associer deux styles (rock et arrangements symphoniques) finalement proches par leur lyrisme. L'on a donc à la fois le côté conquérant du hard et la touche transcendantale apportée par le symphonique, qui vient "agrandir l'horizon". L'idéal pour une bande originale de film par exemple.
Et c'est au départ l'idée de Within Temptation ; écrire la bande-son d'un film.

Cependant, après quelques recherches infructueuses, le groupe décide au final de prendre les choses en main et de se tourner vers un auteur de comics (une BD étant évidemment bien plus simple à produire qu'un film). Ils rencontrent alors Steven O'Connell, scénariste et éditeur (de BloodRayne notamment, une série tirée d'un jeu vidéo), lui expliquent ce qu'ils apprécient en général et lui demandent de leur proposer une histoire. 
L'auteur revient avec une idée simple de rédemption et de personnages ayant commis de mauvaises actions suite à des choix et décisions peu judicieux.

L'histoire va donc être développée parallèlement en comics, en musique et même au travers de trois courts métrages (visibles sur le site officiel).
Pour ce qui est du comic, c'est Romano Molenaar (Birds of Prey, Detective ComicsX-Men Unlimited, Witchblade, Tomb Raider...) qui va se charger des dessins, dans un style très Top Cow.
La mini-série, en six épisodes, raconte l'histoire d'une médium, Mother Maiden, qui va recruter des individus s'étant quelque peu égarés et ayant commis de mauvaises actions. Pour se racheter, ils devront remplir diverses missions pour combattre le Mal. Tout cela prend place au milieu d'une enquête menée par une jeune flic qui tente de trouver l'auteur d'une série de meurtres particulièrement atroces. 
En gros un mélange de surnaturel, d'action et de polar, avec une bonne dose d'hémoglobine. Pas forcément un chef-d'œuvre mais un travail qui tient la route tout de même.

Évidemment le principal intérêt réside dans l'association entre le comic et la musique de Within Temptation. Sorti en 2011, l'album The Unforgiving a marqué une évolution notable du groupe, abandonnant clairement l'aspect gothique de ses débuts et s'orientant vers quelque chose de plus pop.
Les puristes pourront trouver (avec raison) que le côté easy listening (clairement assumé) est déroutant, il reste néanmoins cohérent avec l'objectif premier, à savoir composer l'illustration musicale d'un récit. Ballades agréables et planantes ou titres plus agressifs s'enchainent et sont portés par la voix charmeuse de Sharon den Adel. Tout cela pourrait facilement passer en radio... et constituer une porte d'accès vers un metal un peu plus couillu. 

Au final, arpenter ces passerelles entre différents domaines artistiques ne manque pas de charme. L'histoire, simple mais efficace, et les différents titres l'accompagnant forment un tout harmonieux, à la portée émotionnelle indéniable.
A découvrir.      





25 janvier 2015

My God, it's full of Spiders !

Petite variation en guise de titre sur l'une des célèbres répliques de 2001, a space odyssey. Et si nous avons remplacé les étoiles par les araignées, c'est parce que les Spider-Men vont se multiplier très bientôt dans le crossover Spider-Verse.
(attention, l'article contient quelques très légers spoilers, parfois visuels, mais qui sont censés donner envie de découvrir la saga, non lui ôter tout intérêt)

Vous le savez sans doute, la série historique de notre brave Monte-en-l'air a subi récemment un nouveau relaunch. Un évènement d'importance va bientôt l'impacter et arriver d'ici quelques mois en France. Et si j'ai choisi de vous en parler un peu en avance, c'est parce que cela faisait (très) longtemps que je n'avais pas été autant intrigué par un event Marvel.
En fait d'event, il s'agit plutôt d'un crossover (cf. cet article qui revient sur la différence entre les deux), mais l'aspect plus ramassé des revues VF devrait éviter le côté fouillis et "achat obligatoire" de la VO (en gros, l'essentiel devrait se trouver dans Spider-Man et Spider-Man Universe).
Mais voyons déjà de quoi il s'agit.

L'idée, essentiellement développée par Dan Slott, est de remettre en scène le fameux Morlun (l'un des plus redoutables ennemis de Spidey, créé par Straczynski dans son run sur Amazing Spider-Man), accompagné cette fois de toute une ribambelle d'êtres du même acabit, appelés les Inheritors. Ces derniers écument les réalités parallèles pour se nourrir des différentes incarnations totémiques de l'Araignée.
Bientôt, tous les Spider-Men à travers le multivers vont s'allier pour tenter de contrer cette menace ultime.

Si vous connaissez déjà Morlun, vous savez à quel point Parker a eu du mal à s'en débarrasser. Alors le même de retour avec le grand frère, la petite sœur et toute la bande, autant vous dire qu'à côté, le Bouffon Vert, c'est de l'amuse-couillon. 
Mais surtout, là où l'idée est vraiment bonne, c'est qu'elle permet de faire appel à toutes les versions de Spider-Man ayant existé (et même à quelques nouvelles), de manière sérieuse mais aussi parfois avec un certain recul (un peu à la manière de ce qu'avait fait, en moins poussé, Alan Moore sur la série Captain Britain, cf. cet article). 

Toute la spider-family est représentée, que ce soit des versions alternatives de Peter Parker (Peter Parquagh, le Spider-Man Noir, le Spider-Man de Secret War...), d'autres incarnations de Spidey (Mayday Parker, Gwen Stacy, Bruce Banner, Miguel O'Hara...) ou de nouvelles venues (Silk). Même Spider-Ham (de la Terre-8311, où résident les Fantastic Fur et le Punfisher) fait partie du casting. 

Tout cela pourrait faire un peu catalogue, ou prétexte à ressortir les vieux costumes du placard, mais force est de constater que ça fonctionne plutôt bien, avec un joli contraste entre l'importance de la menace combattue et le côté décalé de certains Spider-Men.
Côté style graphique, on a de tout, du très beau, du "à chier" (plus dans des ties-ins, du style Spider-Verse Team-Up, dont certains épisodes s'approchent visuellement des vagues coloriages d'un enfant de cinq ans) et du spécial mais "qui colle bien au truc" (pour le Spider-Man punk/rock par exemple, ou avec une déclinaison de comic strips à l'ancienne).

Au niveau de l'intrigue, Slott semble s'en sortir plutôt bien ; excellente scène d'intro dans Amazing Spider-Man #9, le fait que le Peter Parker de l'univers 616 (l'univers Marvel principal donc) ait une importance particulière est logiquement amené, la "safe zone" bien trouvée et les raisons de la limiter également, bref, ça tient la route et l'on a droit à des rencontres savoureuses et de bonnes répliques. Il y a même parfois quelques scènes assez dérangeantes, comme un repas à base de Spider-Men. Le fait que les cadavres soient dans des assiettes, sur la table, prêts à être boulotés, fait quand même son petit effet.  

Le récit est original, divertissant, bien foutu et a le mérite de passer en revue un nombre incroyable de Tisseurs, pour certains oubliés ou très peu connus.
Voilà qui donne envie, et un event chez Marvel qui donne envie, ces dernières années, c'était plutôt rare...

A suivre dans les publications VF dès avril pour le prologue.
Bien entendu, on vous en reparlera. ;o)







06 juillet 2014

L'Homme qui valait Trois Milliards : la suite en comics

Gros plan aujourd'hui sur une nouvelle saison, en comics, de la série The Six Million Dollar Man. 

Peut-être êtes-vous trop jeune pour que le nom de Steve Austin vous dise quelque chose. Dans le cas contraire, vous connaissez forcément cette série culte des années 70. 
Commençons par éclaircir un point. Il n'aura pas échappé aux plus matheux d'entre vous que pour passer de six millions de dollars à trois milliards de francs, il faudrait un taux de change monstrueux. L'on pourrait donc se dire que le type qui a traduit le titre n'était pas un as de la conversion. En fait, à l'époque, les nouveaux francs étaient relativement récents et le prix du bonhomme a donc été exprimé en anciens francs, plus impressionnants et plus parlants pour bon nombre de spectateurs.
Alors, c'est pas de la bonne anecdote historique ça ?

Revenons à la série. The Six Million Dollar Man est tiré de Cyborg, un roman de Martin Caidin. En quittant l'univers du papier pour arriver sur les écrans, le personnage s'est quelque peu aseptisé : exit les doutes existentiels et la violence, place à un héros bien sympathique et propret. Tout commence lorsque le colonel Austin, pilote dans l'armée de l'air, se crashe à bord de son appareil. Heureusement, les avancées technologiques des seventies vont permettre de le réparer comme une vulgaire bagnole, en lui flanquant deux jambes, un bras et un œil bioniques. En contrepartie - parce que bon, faut pas déconner, ça coûte un max tout ça - Steve Austin devra bosser pour l'OSI, une agence gouvernementale.

La série s'arrêtera au bout de cinq saisons (99 épisodes tout de même). Mais, joie et bonheur pour les nostalgiques, la sixième saison a vu le jour, l'année dernière, chez Dynamite.
Ce n'est pas la première fois que L'Homme qui valait Trois Milliards investit la BD. Il y a quelques années, l'on avait eu droit à The Bionic Man, une version écrite par Kevin Smith (à la base pour un film qui n'a pas vu le jour). Ce Bionic Man reprenait l'essentiel du concept en le modernisant, ce qui n'était donc pas raccord avec la série TV.
Cette nouvelle on-going, écrite par  Jim Kuhoric et dessinée par Juan Antonio Ramirez, constitue donc la suite officielle et s'offre de magnifiques covers, par Alex Ross, pour faire bonne mesure.

Deux intrigues principales sont développées dans les premiers épisodes. D'une part, une mystérieuse matière, récupérée sur un satellite qui orbitait du côté de Vénus, s'avère être une terrible menace et contamine la jeune scientifique qui tentait de l'analyser. D'autre part, certaines personnes à l'OSI militent pour remplacer Austin par un agent entièrement automatisé. Un androïde en somme, qui n'aurait pas d'états d'âme et pourrait se "ranger" plus facilement entre deux missions. Le prototype (tiré d'une gamme de jouets d'époque) a pour nom Maskatron et se met à déconner dans les grandes largeurs dès sa première mission.

Evidemment, le contexte est respecté. Nous sommes en pleine guerre froide et les russes font office de grands méchants de service. Les auteurs ont placé de nombreuses allusions (directes ou plus subtiles) à la série et son univers. Outre le fameux Maskatron, l'on retrouve également Barney Miller (un autre type aux implants bioniques), Jaime Sommers (alias Super Jaimie en français) rentre en scène dès le troisième épisode, et une référence est même faite à la neotraxin-3, un produit dont il est question pendant la saison 4, dans l'épisode The Return of Bigfoot (en vf, Le retour du Scalpeur).
On a même droit aux célèbres "bruitages", lorsque Steve utilise ses capacités spéciales. Vous les avez encore en tête ? Je vais vous les faire de toute façon, parce que sur UMAC, on ne recule devant rien. Alors, la vision spéciale, ça faisait "bananananana, bananananana" (en tout cas, en anglais et dans les comics, ça donne ça). Et pour l'utilisation des membres bioniques, lors d'épreuves de force ou de super-sauts, ça donne "tenenenene".
Et c'est pas la peine de gueuler, "banana, tenene, c'est pas pareil du tout, c'était pas comme ça !", oui ben, c'est pas évident à retranscrire ! Et le scénariste l'entendait comme ça, et vu que c'est lui qui décide, on s'adapte.

Alors, plus sérieusement, qu'est-ce que ça donne tout ça ? 
Eh bien, bizarrement, alors que je m'attendais à un truc un peu cheap et vieillot, ça fonctionne pas mal du tout. Les dessins ne sont pas extraordinaires (à mon sens bien moins bons que ceux de Bionic Man), Lee Majors et Lyndsay Wagner ne sont pas toujours très ressemblant, et la colorisation n'arrange rien et est un poil criarde, mais on se laisse prendre au jeu et c'est avec un vrai plaisir de gamin que l'on tourne les pages.
De l'action, quelques vannes, du rythme, des références bien placées, tout cela contribue à faire de cette série un agréable voyage dans le temps et la pop culture. 

Du pur divertissement, fun, simple et efficace. Les quelques défauts techniques de ce comic ne parviennent pas à amoindrir son potentiel de séduction.

+ Austin et Sommers de retour !
+ des intrigues prenantes
+ respect de l'univers développé par la série TV (et non celui du roman)
- une série qui aura peut-être du mal à s'imposer chez les plus jeunes, chez qui le levier nostalgique, très important ici, n'aura pas d'effet  





23 avril 2013

Marvel Universe : Handbook & Index

Un dossier aujourd'hui sur deux publications aussi intéressantes que complémentaires avec The Official Handbook of the Marvel Universe et Official Index to the Marvel Universe.

Le Marvelverse reste un vaste univers, complexe, qu'il n'est pas toujours facile d'appréhender. Difficile en effet pour le profane de ne pas se sentir un peu perdu parmi les milliers de personnages ayant peuplé, pendant des décennies, les nombreuses séries de la Maison des Idées.
L'une des méthodes pour tenter de s'y retrouver reste encore la classique encyclopédie. Classique, oui, mais pas toujours efficace. L'on se retrouve parfois avec des ouvrages peu pratiques et difficilement manipulables, tenant presque plus de l'artbook (cf. Les Chroniques de Marvel ou l'encyclopédie Marvel de Semic), quand tout simplement les guides, censés être des références, ne sont pas truffés d'erreurs (cf. l'encyclopédie Iron Man). Reste, dans la production VF relativement récente, les encyclopédies thématiques (Spidey, FF...) publiées par Panini au format Deluxe, qui, faute de mieux, permettaient d'avoir quelques informations (parfois bien superficielles tout de même) sur certains pans de l'univers Marvel.
Pour aller un peu au-delà, il faut se tourner vers la VO et deux séries d'ouvrages qu'il m'a semblé logique de vous présenter au sein d'un même article.

Commençons par The Official Handbook of the Marvel Universe. Il s'agit d'une série de 14 volumes répertoriant non seulement tous les personnages, mais également les lieux importants, les organisations, voire même les objets (Cube Cosmique et autres engins du même genre) du Marvelverse. Cette série de manuels étant postérieure à 2010, elle permet en outre d'aborder même des évènements importants récents, comme House of M, Civil War ou le Dark Reign.
D'un point de vue pratique, on a en général droit à un personnage par page (même pour des protagonistes très secondaires !). L'on trouve bien entendu les habituelles données techniques (nom, lieu de naissance, première apparition, taille, poids, etc.) ainsi qu'un résumé du parcours du personnage. Un encart spécifique détaille ses capacités et accueille une grille de pouvoirs, notant sur 7 l'intelligence, la force, ou, entre autres, l'habileté au combat de l'individu. Dès qu'un personnage est un peu plus important, le nombre de pages lui étant consacré augmente en conséquence (Atlas, par exemple, qui n'est pas une tête d'affiche, a déjà droit à quatre pages pour lui seul, Iron Man, dans sa version 616 classique, en obtient onze). La densité du texte est assez exceptionnelle, mais le tout est heureusement très richement illustré.

Outre la biographie des encapés et autres vilains, l'on retrouvera également des plans, schémas et autres présentations d'endroits stratégiques ou d'équipements (cf. la galerie à la fin de l'article). Certaines cartes auraient méritées d'être un peu plus grandes et détaillées (le quartier général des Vengeurs par exemple), mais il est vrai que l'on entre là dans de l'exigence qui paraîtra probablement superflue pour beaucoup.
Les deux premiers ouvrages contiennent un glossaire portant sur l'explication de termes génériques (omniscient, omnipotent...) ou liés à l'univers Marvel (Deviant, SRA...). A partir du deuxième tome, et jusqu'au cinquième, toutes les Terres alternatives sont recensées, ce qui est déjà un travail de recherche hallucinant tant elles sont nombreuses (plusieurs centaines d'entrées tout de même). Enfin, des appendices apportent à chaque volume des compléments, parfois importants (et illustrés également).
Il s'agit tout simplement d'une collection d'une richesse incroyable et d'une exhaustivité exemplaire, probablement sans doute plus destinée par contre aux fanatiques les plus gourmands en infos qu'aux novices cherchant simplement à sortir du brouillard.

Passons maintenant à l'autre collection, intitulée Official Index to the Marvel Universe. Il ne s'agit pas d'une encyclopédie thématique mais, comme son nom l'indique, d'un index, fort riche, centré sur une série particulière.
Iron Man, Captain America, les Avengers ou encore le Punisher ont leur index, mais je vais me servir plus particulièrement de celui consacré à Amazing Spider-Man pour vous les présenter (en sachant qu'ils sont tous conçus de manière identique).
L'idée est en fait de retracer l'historique d'une série régulière, en étant le plus complet possible. Pour chaque numéro de la série (de l'historique Amazing Fantasy #15 et du premier Amazing Spider-Man, en passant par les Annuals et jusqu'à Amazing Spider-Man #600), un petit article présente : la cover du numéro (2,6 x 4 cm, ainsi d'ailleurs que les éventuelles variant covers), le titre, le nombre de planches, les crédits, les personnages principaux, les vilains, les différents lieux et/ou objets importants et, enfin, un résumé de l'histoire, ainsi que quelques notes qui complètent le tout.
Enorme !

Là encore, un tel guide cible sans doute plus les passionnés les plus acharnés (voire les professionnels, qu'ils soient auteurs ou journalistes) que les lecteurs occasionnels. Que l'on cherche à retrouver un épisode culte, à connaître les détails de l'apparition d'un personnage clé ou simplement à parcourir des décennies d'aventures au travers des résumés, tout cela est rendu possible - et même relativement facile - grâce à cet index.
Pour ne donner qu'un seul exemple des possibilités qu'offrent ce guide, sachez qu'il est même possible de suivre rapidement les tribulations d'un seul personnage, grâce aux annotations "next" et "last" indiquant sa dernière et sa future apparition (au sein d'ASM ou ailleurs). Ainsi, pas besoin de tout éplucher pendant des heures pour retrouver la trace d'un obscur intervenant ; on arrive tout de suite à l'épisode recherché, même s'il est distant de plusieurs années.
Magique je vous dis...

Alors, niveau prix... les Index sont vendus à environ 15 euros pièce, port compris (ils les valent largement). Les Handbook sont un peu plus chers, entre 17 et 22 euros suivant les tomes (multiplié par 14, ça fait une bonne somme, mais difficile de trouver mieux).
Si l'anglais ne vous rebute pas, foncez, vous ne serez pas déçus.

+ pratique (petit format et couverture souple)
+ exhaustif
+ astuces des entrées (Index)
+ schémas et plans (Handbook)
+ très nombreuses illustrations
+ tous les univers alternatifs connus listés et décrits (Handbook)
- pas de VF, mais vu la qualité de certaines traductions et la somme de travail que celles-ci nécessiteraient, ce n'est peut-être pas plus mal
- certains plans (Handbook) ont été faits sur un coin de table en fin de repas... mais bon, c'est pour chipoter là. ;o)


Galerie


36 modèles d'armure Iron Man "classiques" sont répertoriés et présentés...


Certains équipements, comme ici les lunettes de Cyclope, sont vus en coupe et détaillés. 


Les véhicules ne sont pas oubliés, avec ici le quinjet des Vengeurs.


En général, un personnage est présenté sur une (Authority) ou deux planches (Avalanche).


Certains schémas sont tout de même "vite faits", comme ici cette coupe de Wolvie qui nous "apprend" l'emplacement de ses phalanges ou de son crâne... 


Une Mark III détaillée.


Certaines pages listent tous les membres d'une équipe ou d'une organisation, comme ici avec l'Initiative des 50 états...


... ou encore ici le personnel du Daily Bugle (notez les plans de l'immeuble, relativement petits... tant pis pour les Maîtres de Jeu, ils devront bosser).

Toutes les autres photos de la galerie étaient issues des Handbook, voici un exemple d'article (avec variant covers) tiré de l'Index ASM.




20 avril 2013

Captain Marvel : In Pursuit of Flight


Le 18 juillet 2012, Carol Danvers arborait un nouveau costume sous le nom de code de Captain Marvel. Les amoureux du personnage ont surement fait couler de nombreuses larmes suite à cette nouvelle, mais devaient également être émus en apprenant que Carol était l’heureuse élue ! Les lectrices, elles, étaient ravies de savoir que l’éditeur confiait (enfin) un titre de si grande envergure à un personnage féminin. Retour sur le premier volume des aventures de Captain Marvel (épisodes #1-6) paru le 17 janvier dernier en VO et dont la parution en VF se fait actuellement dans le mensuel Avengers chez Panini Comics.


Rétrospective. Dans la conclusion du second volume de Ms. Marvel, Carol Danvers bat son ancienne ennemie Mystique et un clone de Captain Marvel, créé par les Skrulls durant Secret Invasion, après qu’ils aient effectués une série de tragédies dans un temple appartenant à l'Église de Hala, une église consacrée à Mar-Vell. Danvers a ensuite demandé de l’aide à Captain America pour contrer Norman Osborn durant Siege of Asgard et a commencé à développer une amitié avec Spider-man. Bien qu’il l’exaspère la première fois qu’ils font équipe ensemble, tous deux se rapprochent durant Dark Reign  et Carol admet plus tard avoir eu des sentiments pour lui. Après la conclusion de Siege, Ms. Marvel redevient un personnage régulier des New Avengers (vol. 2).

En Juillet 2012, Carol Danvers assume le titre de Captain Marvel dans une série écrite par Kelly Sue DeConnick et illustrée par Dexter Soy. Danvers porte alors un nouveau costume pour aller de pair avec son nouveau nom de code. DeConnick a exposé à la WonderCon 2012 que la série aurait des conséquences sur ce que la légende de Captain Marvel signifiait aux yeux de Danvers mais qu’elle s’intéresserait aussi sur comment  Carol compte supporter cette nouvelle responsabilité et comment le reste de l’univers Marvel va réagir à ce sujet. Carol Danvers a aussi rejoint l’équipe principale des Vengeurs en tant que Captain Marvel dans le cinquième volume de The Avengers.
(Thx Wikipédia !)



Le fond. L’intrigue est largement basée sur le passé de Carol, ce qui explique les nombreux voyages temporels qui s’effectuent en l’espace de six épisodes. Le but de ces premiers épisodes, assignés à Kelly Sue DeConnick, est de démonter pourquoi Carol est apte à prendre le titre. D’abord prise par les doutes et les remords, elle se décide finalement à adopter le nom de son prédécesseur Mar-Vell qui lui procure souvenirs et tristesse.

Sans connaître un minimum l’héroïne et son histoire, il peut être difficile pour le lecteur de s’y retrouver du fait de l’importance qu’a le passé de Carol dans ce récit. Les personnages ayant fait d’elle qui elle est, avec sa détermination et son caractère bien trempé, resurgissent du fait de ses expéditions temporels. Cependant, ces retours vers le passé permettent également aux néophytes de se rapprocher de l'héroïne qui "revit" ses expériences passées. Cela permet  donc de refaire le point sur une partie de son histoire.

C'est aux commandes du T6 qu’Helen Cobb lui a légué, qui n’est autre que la navette entre le passé et le présent, que Carol Danvers commence son périple dans le passé. Suite à une escale sur une île mystérieuse durant la seconde guerre mondiale, Carol décide de réécrire l'histoire en se rangeant aux côtés des filles du Banshee Squad, d'anciennes aviatrices américaines. En effet, Danvers a fait une découverte, dont elle aurait surement préféré nier l'existence. Mais il est déjà trop tard, la machine infernale est lancée. Elle doit donc se battre contre des ennemis ayant une technologie similaire à celle des Krees.
Le T6 refait son apparition. On est en 1961. Carol retrouve alors une vielle amie en la personne d'Helen Cobb. Cette dernière est au centre même de l'histoire car elle a toujours été pour Carol un modèle de femme (autant pour le caractère que pour leur passion commune, l'aviation) . A cette époque, les femmes se battent pour l'égalité. Helen Cobb en est un parfait exemple. Pour pouvoir accéder à son rêve, elle est prête à tout, quitte à échanger un précieux artefect contre quelques heures de vol (spoiler qui est, on le comprend par la suite, une des composantes de la machine ayant génétiquement transformé l'ADN de Carol) .
Un peu plus tard, le T6 réapparaît. Et cette fois-ci, ce n'est pas seule que Danvers emprunte la quatrième dimension. On retrouve alors la figure du héros déchu en la mort "renouvelée" de Captain Marvel, le vrai (ou plutôt l'ancien). Cette scène troublante, autant pour Carol que pour le lectorat, rend au titre une dimension plus dramatique, mais aussi historique (dans l'histoire du Marvelverse du moins). Je suppose que c'est à partir de ce moment que Carol est sûre à 100% qu'elle doit être la prochaine détentrice du titre.

Pour ce qui est des petites coquilles de ces premiers épisodes, il y a notamment l'histoire du costume de Captain Marvel. Ce que j'ai trouvé idiot de mentionner sans approfondir, c'est qu'au tout début, Carol, alors en plein combat aux côtés de Captain America, expose le fait que son costume a été conçu par Tony Stark. Pourquoi ? Dans quel but ? Quelles sont ses fonctionnalités ? Ce sont malheureusement des questions sans réponse. 


La forme. Le premier volume est pris en charge par une équipe artistique au style le plus divers : on y retrouve en vrac Dexter Soy, Richard Elson, Al Barrionuevo et Emma Rios. Cette diversité de style rompt réellement la chaîne graphique et déstabilise dans la lecture. Surement LE gros bémol du titre. Dommage.

Les premiers épisodes (#1-4), signés Dexter Soy, peuvent piquer les yeux du lecteur au tout début (sans pour autant développer du strabisme ou le rendre aveugle comme ça a été le cas avec d’autres artistes) mais les plus tolérants s’y habitueront assez vite. En effet, sans produire de mauvaises choses, l’artiste est selon moi, plus apte à l’illustration qu’en tant que comicbook artist. La rigidité des expressions faciales de ses personnages leur soutire une partie de leur charisme. Et c’est la répétition de ces expressions qui ne transmet pas convenablement les émotions voulues.

Emma Rios quant à elle clôt le volume (#5-6). N’en déplaise à certains, j’ai beaucoup aimé son style graphique à la fois original, fin et dynamique. Elle prête aux héroïnes un trait qui les rend tout aussi fortes que sexys  sur des planches très contrastées : l'ambiance est sombre mais le décor est pourtant bien coloré. Son travail, en collaboration avec le coloriste Jordie Bellaire est tout à fait remarquable. (Faute de temps, Al Barrionuevo remplace Emma Rios sur quelques planches traitant d'Helen Cobb. Sûrement l'artiste qui m'a le plus déplu)


En bref. Il est assez triste de voir que Marvel ne se soucie pas assez de la continuité graphique d’un des titres qu’il voulait relancer, d’autant plus que celui-ci signifiait beaucoup pour beau nombre de lecteurs. Carol Danvers étant mon idole, j’aurais adoré avoir sous mes yeux un bijou tel que DC Comics a pu faire de Batwoman, avec des artistes affirmant à la fois leur talent et le caractère propre de la série (une claque visuelle, quoi !). Captain Marvel a été une petite déception de mon point de vue bien que l’histoire en elle-même soit loin d’être mauvaise. Carol Danvers méritait mieux, c’est tout. D’autant plus que les voyages temporels ne sont pas vraiment mon fort. Ce qui sera cependant intéressant c'est de voir quelles seront les conséquences qu'auront les actions antérieures de Carol à l'avenir... Et cela m'étonnerait qu'elles soient toutes de bon augure. Ainsi, je continuerai à suivre les (més)aventures de Captain Marvel, avec un arrière goût amer, pour voir si par le plus grand des hasard, le titre réussira à surmonter ses difficultés et à retrouver de son éclat. Mais en continuant sur ce chemin, j’ai bien peur qu’il ne se heurte à de nombreuses ronces.

« Death and indignity be damned. We’ll get there. And we will be the stars we were always meant to be. »   
- Helen Cobb.


Et si, Captain Marvel vous intéresse et que vous voulez comprendre un peu mieux le titre, je vous conseille de vous rendre sur IGN, qui propose depuis le début de la série des entretiens avec la scénariste Kelly Sue DeConnick qui expose et clarifie ses idées tout en donnant des pistes pour l’avenir :


31 octobre 2012

Magic : Path of the Planeswalker

L'on se penche aujourd'hui sur le célèbre jeu Magic et plus précisément sur une série de comics issue de cet univers : Path of the Planeswalker.

Petit point tout d'abord sur Magic : The Gathering, pour ceux qui ne connaîtraient pas. Il s'agit d'un jeu de cartes à collectionner, dans lequel vous incarnez un mage. Pour vaincre vos adversaires, vous disposez de sorts (représentant des créatures, des enchantements, des artefacts...) qui peuvent être lancés grâce à du mana de différentes couleurs, mana produit par des cartes de terrain.
Magic allant bientôt fêter ses vingt ans d'existence, il existe bien entendu de nombreuses extensions, proposant des milliers de cartes. L'un des grands intérêts du jeu réside donc dans la construction de son deck, de très nombreuses combinaisons étant possibles. Et si les joueurs habitués des tournois peuvent être parfois très techniques, un débutant peut tout à fait s'amuser en se basant par exemple sur un type de créatures, comme les vampires, les chevaliers, les dragons, les elfes, les zombies ou même les... chats !

Il y a quelques années, un nouveau type de carte est apparu : les planeswalkers (appelés "arpenteurs" les premiers temps dans l'édition française). Ces cartes, relativement rares et fonctionnant d'une manière très différente, avec parfois des effets influant fortement sur la partie, ont bénéficié d'un intérêt particulier. Les personnages qu'elles représentent font même l'objet d'une série de courts récits, tout d'abord publiés sur le web (cf le site de Wizards) puis en TPB (uniquement en VO pour la version papier, les webcomics bénéficiant, eux, d'une version française). Même si d'autres fictions s'inspirant de Magic existaient déjà, c'est cette série qui nous intéresse dans le cas présent.

Chaque épisode, assez court, est centré sur un, voire plusieurs, planeswalkers. Ces êtres uniques ont le pouvoir de voyager dans le multivers, en arpentant les différents plans qui le composent. Au fil des récits, le lecteur en apprend plus sur le passé de ces étranges voyageurs, mais aussi souvent sur leur monde d'origine.
L'on va ainsi assister au premier changement de plan de Ajani, à un combat entre Chandra et Jace, aux sombres agissements et à la chute de Tezzeret, ou encore aux doutes de Elspeth. Autant de noms qui diront forcément quelque chose aux habitués du jeu. 
Tout n'est pas basé sur les origines des planeswalker, après leur présentation, une intrigue s'installe, et ces derniers se croisent dans une quête traditionnelle, reprenant les codes de l'heroic fantasy : objets magiques, menace ténébreuse et monstres en tout genre sont au menu.

A être ainsi trop classique, la série a du mal à se démarquer des grands classiques du genre, le Seigneur des Anneaux en tête. Graphiquement, c'est assez inégal, cela va du franchement beau au pas terrible, mais globalement, les personnages possèdent un certain charisme, la plupart des sorts sont bien représentés, et l'on a même droit à quelques jolis décors.
Pourtant, l'attrait principal réside surtout dans l'univers de Magic, qui prend vie sous nos yeux. L'intérêt pour un non-joueur sera donc bien moindre. Le but avoué est ici d'enrichir le background du jeu, en mettant en scène des personnages, créatures et lieux rencontrés ou évoqués dans les parties. Du coup, l'impression finale dépendra largement de votre implication dans le jeu. Pris isolément, Path of the Planeswalker n'a rien de bien original et souffre même de quelques défauts (notamment la différence de traitement concernant les protagonistes, qui sont loin d'avoir tous une personnalité bien nette), mais comme "aide de jeu", cela prend une tout autre ampleur. Et découvrir les paysages des fameux plans, les liens qui unissent la bande d'Ajani ou le terrible Nicol Bolas en pleine action se révèle être un réel plaisir.

La série remplit parfaitement son rôle en s'adressant en premier lieu à un public de joueurs. Et pour un "produit" disponible gratuitement, elle tient parfaitement la route, offrant un peu de consistance au monde très onirique de Magic.

+ gratuit et en VF sur le web
+ l'ambiance Magic
+ petit topo sur chaque planeswalker dans la version papier (en VO)
- plutôt destiné à un public très ciblé
- narration parfois un peu rapide


07 mai 2012

Frank Miller's Holy Terror

Coup d'oeil aujourd'hui sur un comic en VO avec Holy Terror, une oeuvre qui a déjà fait couler beaucoup d'encre.

Dans Empire City, le Fixer poursuit une habile voleuse qui saute de toit en toit. Lorsqu'il la rattrape, ils commencent par se battre puis en viennent à céder à une violente et instinctive pulsion amoureuse. C'est à ce moment que la première explosion a lieu.
L'Amérique est attaquée.
Partout, des fanatiques sont prêts à continuer à massacrer.
Pendant que les gravats s'amoncellent, la liste des victimes augmente...
Pour le héros d'Empire City, il est temps de riposter. Par tous les moyens.

Comme souvent, Frank Miller (Daredevil, Batman : Year One, Eisner/Miller) n'a pas laissé indifférent avec son Holy Terror, dont il signe bien sûr scénario et dessins. L'on n'aura guère de mal à reconnaître, parmi les personnages, des sortes de clones de Batman, Catwoman ou encore Jim Gordon (avec d'ailleurs, pour l'anecdote, une scène d'ouverture très proche de celle qui fit scandale lors du relaunch de la série Catwoman). Une filiation qui s'explique par le fait que le projet, à la base, était destiné à DC et se devait de mettre en scène le justicier de Gotham.
Le récit est finalement sorti chez Legendary, dans un format à l'italienne.

Il me semble intéressant de dissocier d'emblée le fond de l'ouvrage de sa forme. Commençons par ce que Miller lui-même a qualifié de "propagande". Difficile en réalité de trouver un sens politique à cette histoire, si ce n'est la bien évidente condamnation du terrorisme (et en l'espèce, du terrorisme islamique). Le propos est loin d'être aussi violent que l'on aurait pu l'imaginer, si l'on excepte une scène de torture relativement soft (si tant est que la torture puisse l'être !) en comparaison de ce que l'on a déjà pu voir dans des comics signés Ennis ou Millar par exemple.
Miller se garde bien ensuite - mais il est trop intelligent pour que l'on ait pu s'attendre à autre chose - de dénoncer une communauté, notamment en présentant des victimes de toutes religions ou origines. Le reste se limite finalement à du tabassage de "méchants", ce qui est tout de même courant dans les comics super-héroïques.
Malgré cela, certains ont vu dans Holy Terror une oeuvre odieuse, voire raciste. Sans doute les mêmes qui ont pensé déjà, avec une grande "lucidité", que 300 était une ode au fascisme. Et encore, pour 300, une méconnaissance du monde antique pouvait éventuellement rendre choquants certains comportements, mais ici, que certains s'indignent du sort réservé à des terroristes (dans une fiction, rappelons-le) est tout de même étrange. L'on a même pu voir, dans les commentaires d'un site de vente en ligne très connu, une personne critiquer le fait que Miller caricaturait les terroristes, le même intervenant faisant un parallèle d'une rare bêtise en affirmant ensuite que "cette caricature revient à dire que tous les allemands étaient des SS". Il y aurait donc de "bons" terroristes ? Evidemment, l'on se rend compte que certaines personnes, volontairement ou non, remplacent "terroristes" par "musulmans" afin de pouvoir charger, arguments bateau en tête, sur Miller.

Une charge fort malhonnête intellectuellement. A moins d'avouer clairement que, sous prétexte que les terroristes d'Al Qaeda sont musulmans, les auteurs ne peuvent les évoquer. C'est faire peu de cas de leur intelligence et de celle des lecteurs. Tous les allemands n'étaient évidemment pas nazis, mais personne ne s'offusque qu'aujourd'hui encore, des nazis à l'accent germanique prononcé soient des ennemis récurrents de certains héros. Les musulmans, et les arabes en général, ne sont évidemment pas des criminels dans leur grande majorité, chacun le sait et personne n'aura l'idée saugrenue de tirer une généralité à partir d'une BD qui met en scène des fanatiques.
Cette différence de traitement, qui fait que certains hurlent au génie lorsque Moore, dans V pour Vendetta, justifie le terrorisme et la torture au service de l'anarchie, alors que Miller se prend une volée de bois vert en exprimant son rejet (et même sa haine) des meurtriers qui, comme il le dit, ont assassiné des milliers de ses voisins, semble tout de même très malsaine. Et dangereuse pour la liberté des auteurs.

D'autres encore, comme Grant Morrison, ont critiqué l'idée même de faire s'affronter un héros de fiction et des terroristes, bien réels, issus de la mouvance de Ben Laden. Le scénariste va même jusqu'à prétendre que c'est un peu comme si l'on faisait un "Ben Laden vs King Kong". Mauvaise foi ou méconnaissance totale des comics historiques qui, dès l'âge d'or, montraient Superman ou Captain America en train de casser de l'allemand ou même de botter le cul de Hitler en personne (cf cette chronique).
Il ne s'agit évidemment pas de tourner en ridicule des évènements dramatiques, encore frais d'ailleurs, mais la fiction, depuis toujours, puise ses racines dans le réel, avec plus ou moins de bonheur. Là encore, difficile de faire une liste de sujets "autorisés" ou non.

Mais venons-en à la forme. Car en réalité, au lieu d'être un brûlot polémique, Holly Terror est tout simplement un... mauvais comic. Ou, au moins, clairement pas un chef-d'oeuvre.
L'on retrouve pourtant le côté brut et expressif du graphisme de Miller, et certaines techniques narratives, comme les portraits des victimes, se prolongeant sur une double page de petites cases vides, sont pour le moins audacieuses. Malheureusement, l'ensemble reste trop froid, trop stylisé, pour émouvoir réellement. Là où un Straczynski, dans un numéro spécial d'Amazing Spider-Man, nous offrait un texte poignant, plein de retenue, Miller passe à côté de cet aspect.
De même, contrairement à un Call of Duty, qui prenait le parti de rendre hommage aux véritables héros du 11 septembre, Miller choisit de mettre en scène des encapés, peu charismatiques en comparaison de leur version DC.
Quant aux fameux terroristes, là encore, Miller peine à leur donner une consistance. Basiques, à la limite du grotesque, ils ressemblent à des méchants en carton, croqués à la va-vite pour tapisser le décor d'une mauvaise pièce.

Pas vraiment de propos politique, un trait certes puissant mais froid et des protagonistes peu crédibles, cela donne forcément un comic peu enthousiasmant et même franchement désappointant pour un auteur de la trempe de Miller. L'ouvrage n'est pas décevant à cause des idées qu'il véhicule (la seule étant en fait un propos anti-terroriste que l'on peut difficilement condamner), mais tout simplement parce qu'il n'est pas à la hauteur du sujet.
Peut-être Miller, on le sait, très touché par les attaques du 11 septembre (on le serait à moins), n'avait-il pas le recul nécessaire pour tirer de sa souffrance, légitime, autre chose que ce récit, finalement sans panache.

A lire par pure curiosité.