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10 janvier 2015

Marvel Knights - Hulk : Transformé

Donc, voilà une nouvelle série intégrée à l'aventure Marvel Knights. Cette dernière en est à sa seconde génération (si j'ai bien suivi), impulsée par le nouvel homme fort de Marvel, Alex Alonso, qui souhaitait de nouvelles têtes aux commandes de certaines séries liées aux piliers même de la Maison des Idées : après Spider-Man et les X-Men, une nouvelle équipe créative issue du sérail "indépendant" est chargée de s'approprier le destin du Titan vert. 
Evidemment, pour rassurer les fans (dont je suis depuis la première heure), ces épisodes sont censés sortir de la sacro-sainte continuité, sans doute afin de permettre aux auteurs d'avoir davantage de marge. Respecter quelques impératifs, mais se lâcher sur le reste. Après tout, c'est ce qu'on attend d'une bonne adaptation : modifier, enrichir, faire évoluer mais sans trahir. Parfois, les limites sont assez floues, surtout lorsque les héros nous sont particulièrement chers (et on préférerait presque des épisodes sans aucune originalité à condition qu'on ne touche pas au statut de notre idole).


Et Hulk, pour moi, est un sujet difficile. Car je l'aime cette grosse brute, tout comme j'aime ce tordu génial qu'est Banner. J'aime le mariage impossible d'une puissance presque absolue et d'un cerveau aussi brillant que torturé, perclus de remords, de scrupules et de doutes. 
Pourtant, tout ou presque a été tenté sur Hulk. Et je dois sans honte avouer que j'ai apprécié la plupart des tentatives éditoriales, du Hulk gravure de mode travaillant pour le Panthéon (une saga écrite par Peter David, l'inégalable, et dessinée par le formidable Dale Keown) au Hulk cannibale et monstrueux des Ultimates. On lui en a fait bavé, au pauvre, et il en a vu de toutes les couleurs (du Hulk gris de McFarlane qui se fait écharper par Wolverine au bon vieux Vert qui se fait ridiculiser par le Rouge - au fait, quand il sera bleu, on l'appellera "Blulk" ?). Ce qui compte, c'est qu'à chaque fois, il finit par avoir le dessus. C'est un des invariants qu'on attend, impatiemment : Hulk, c'est un peu notre Rocky, on lui propose des monuments à affronter, il se prend des roustes pas possibles, touche le fond, discute le bout de gras avec son alter-ego puis revient sur le ring et défonce tout. Il a vaincu des dieux, des extraterrestres omnipotents, et même des dieux extraterrestres. Il est le plus fort. 
Quand Loki fait des recherches pour tenter de vaincre une énième fois Thor, il écarte spontanément Hulk (le "Béhémoth terrien") et lui préfère un Silver Surfer plus malléable (ne cherchez pas dans les productions récentes, je cite de mémoire une vieille aventure dessinée par le grand John Buscema). Et si les événements de World War Hulk n'ont pas abouti à une conclusion satisfaisante (comme la plupart des grands events Marvel), ils ont pu à nouveau ancrer dans la tête du public l'incommensurable puissance du personnage, auquel des scénaristes récents et malins ont su ajouter les talents de Banner.

Alors que nous propose Joe Keatinge avec ce titre "Marvel Knights", disponible en France en librairie dans un album cartonné élégant comprenant les quatre épisodes de la mini-série, un carnet de croquis préparatoires et quelques couvertures ? Un récit intéressant dans sa démarche, étonnant dans ses choix (Banner, amnésique, est un personnage secondaire, c'est Hulk qui est au centre des préoccupations d'une certaine Nikoletta, une scientifique qu'on ne verra pas chanter mais qui va l'utiliser comme arme pour se venger de l'AIM dont elle vient d'être évincée) et décevant dans son traitement.



Tout commence à Paris, lorsqu'une jeune femme recueille un Américain qui a perdu la mémoire et qui semble avoir passé un sale quart d'heure. Ce dernier va lui attirer des ennuis et provoquer la mort de son oncle par le biais d'étranges individus qui le pourchassent : certains sont des soldats à la solde de la dite Nikoletta mais d'autres sont des agents du SHIELD. Cette opération se solde par un drame explosif en plein Louvre et les morts se comptent par dizaines (fassent nos nouveaux anges que ce ne soit pas prémonitoire...). Bruce Banner, absolument dévasté par ce désastre, ne parvient toujours pas à savoir ce qu'on lui veut. C'est pourtant simple : Nikoletta désire ce qui se terre en lui, la force brute et inarrêtable qu'on nomme Hulk. Elle a travaillé sur un projet visant à recréer des "hulks", projet inabouti car instable. Désormais, elle détient celui qui est la clef et la porte vers le pouvoir absolu : mais lorsqu'elle l'aura libéré, parviendra-t-elle à le maîtriser (ce qu'aucun membre de l'AIM n'a réussi à faire, on nous le répète à l'envi) ?



Le Hulk qu'on nous dévoile ici est une vision différente du Titan que nous connaissons : un géant fou de rage que rien ne semble capable de stopper, que ce soit une armée entière d'agents terroristes ou une bombe gamma. Le déchaînement de force brute est assez bien rendu par Piotr Kowalski, un artiste d'ordinaire spécialisé dans les BD vampiriques : il est sur certaines planches plutôt bien aidé par le coloriste Nick Filardi. En revanche, il s'avère assez chiche sur les visages, dépeints très sommairement (les expressions deviennent de vraies grimaces) et les scènes d'action se montrent extrêmement confuses, voire brouillonnes. Le plus gênant est que Hulk n'apparaît finalement que comme une pièce sur un jeu d'échecs géant, l'acte de vengeance de Nikoletta étant dépeint comme une péripétie au sein d'une guerre occulte où l'on voit émerger quelques figures plus ou moins connues qui auraient des visées plus globales (un peu comme si les Illuminati avaient leur face cachée). Cela ouvre des perspectives, certes, mais le récit en lui-même n'étant pas conçu dans la continuité, on n'en voit donc pas du tout l'intérêt. Le tout n'apporte rien au mythe de Hulk, et la morale est assez minable (on ne joue pas impunément avec la science, bon sang !). 
Le couple Banner/Hulk a été beaucoup mieux utilisé dans des arcs récents, même si j'ai encore en travers de la gorge la série dans laquelle les deux étaient séparés suite à une requête auprès de Fatalis. Il est possible que cela attire les personnes qui ne connaissent Hulk qu'à travers les derniers films Marvel, mais elles risquent de ne trouver aucun élément de passion ou de fascination dans cette histoire peu engageante et avec des personnages aussi caricaturaux.

+ Aaaah, Hulk !
+ Aaaah, Paris !
+ album élégant
- hors continuité
- Banner et Hulk sous-employés
- dessins peu intelligibles
- intrigue risible, morale ridicule

26 juillet 2011

Rorschach : L'Encre des Origines

Petite tentative de retourner aux sources véritables de Rorschach, personnage célèbre de Watchmen, inspiré par un test tout aussi célèbre mais mal connu.

Rorschach, pour les amateurs de comics, c'est d'abord un personnage tragique, probablement le plus emblématique (avec Osterman, alias le Dr Manhattan) de l'oeuvre phare d'Alan Moore et Dave Gibbons. L'anti-héros, enfant maltraité, justicier expéditif et maître de la non compromission, possède un charisme exceptionnel et une identité visuelle tout aussi réussie.
Bien entendu, son pseudo et son masque sont tirés du fameux test de Rorschach, rendu très populaire par le mauvais folklore véhiculé par la télévision et ses simplifications chroniques. Il faut dire que les méandres de la psychanalyse (et de ses différentes écoles) ne sont pas simples non plus à appréhender pour le profane. Or, pour comprendre Rorschach (le nôtre), il convient de comprendre Rorschach (le test). 

C'est le brave Hermann Rorschach, psychiatre suisse, qui développe le fameux test en 1921. Il s'agit d'un test dit "projectif", qui permettrait, en regard des réponses du sujet, de déceler ses principaux traits de personnalité, voire même certaines pathologies. Voilà qui est bien pratique d'une certaine façon : s'il suffit d'analyser les réactions d'un individu face à diverses taches d'encre pour le connaître en profondeur, cela permet d'économiser du temps et, évidemment, de l'argent.
D'une certaine manière, le test va surtout bénéficier, à l'époque moderne, des avancées d'autres méthodes, parfois proches en apparence. L'utilisation de dessins, dans le domaine de la psychanalyse des enfants, tend en effet à valider l'idée qu'un support graphique permet de déduire des éléments essentiels sur la personnalité d'un patient. C'est bien sûr vrai, mais il faut alors replacer l'analyse spécifique des enfants dans un contexte plus vaste : un psychologue va également prendre en compte la manière de jouer qu'à l'enfant, ou sa manière de s'exprimer, même s'il n'est pas en âge de décrire clairement des évènements traumatisants. Surtout, toute réponse, toute réaction, tout geste s'analyse par rapport à un contexte et non dans l'absolu.

L'on en vient à un point important : une analyse, chez l'adulte, est toujours essentiellement une auto-analyse. L'analyste n'est présent que pour permettre le transfert (concept majeur chez Freud) et pointer du doigt les terrains que l'on décrit et dont on évite pourtant inconsciemment les reliefs.
Dans un tel contexte, où la verbalisation, la participation active du sujet et l'échange patient/analyste sont essentiels, l'intérêt du test de Rorschach - surtout s'il est pratiqué en aveugle, un exercice bluffant qui a fait une partie de sa renommée - semble très limité.
Comment alors expliquer son succès passé et, dans une moindre mesure, actuel ?

Ce qui fonctionne bien dans le test de Rorschach, c'est en fait un "truc" simple mais peu connu du grand public : la lecture à froid (ou cold reading). En gros, le principe d'une lecture à froid réside dans le fait de convaincre un inconnu que l'on parvient à avoir accès à sa vie, son passé, ses sentiments, à l'aide d'un quelconque support (boule de cristal, tarot, test de Rorschach, thème astrologique, analyse de l'écriture, etc.).
Une lecture à froid demande un certain sens de l'observation, un peu de chance (un escroc se moque bien de ne réussir qu'une escroquerie sur trois ou quatre) et l'application de quelques techniques simples mais terriblement efficaces. Dans le lot des techniques employées, l'on peut isoler par exemple le "shotgunning", qui consiste en fait à "ratisser large" (les amateurs d'armes à feu auront sans doute compris immédiatement le rapport).
Prenons un exemple concret. Si je vous dis "vous avez souffert d'un terrible manque dans votre jeunesse parce que votre mère s'est suicidée", j'envoie une balle, seule, et bien trop précise. Si, au contraire, j'affirme "vous souffrez à l'heure actuelle, peut-être d'un traumatisme lié à votre enfance ou votre passé récent", je tire à la chevrotine. Tout le monde souffre, à des degrés divers, et la personne ne retiendra de la phrase que la partie qui l'intéresse : "passé récent" ou "enfance". A partir de là et des réactions de la personne, le tir peut être de plus en plus ciblé.
Une autre technique consiste à donner à un même terme une interprétation différente. Par exemple, dans les tarots divinatoires, l'arcane "Sans Nom" (la faucheuse, la Mort quoi), n'est pas synonyme de mort mais de "changement". En gros, si vous clamsez, ben, c'est franchement un changement, mais si vous déménagez, changez de boulot, rompez avec votre petite amie, vous engueulez avec votre meilleur pote, ben... c'est un changement aussi. Mieux encore, cette carte "peut" figurer un nouveau départ, donc un truc ultra positif. Au choix donc.
Le psychologue Bertram Forer est notamment connu pour avoir décrit cet effet (appelé "effet Barnum") en démontrant la puissance, entre autres, du shotgunning et de l'interprétation multiple grâce à des tests de personnalité fictifs auxquels tous les participants se verront attribuer la même réponse sous forme de profil qui, aussi incroyable que cela puisse paraître, obtiendra la note moyenne de 4,26 (5 étant la meilleure note attribuable et signifiant que le portrait correspond tout à fait à l'idée que l'individu se fait de lui-même).

Vous allez me dire (et vous aurez raison), dans un test de Rorschach à l'aveugle, l'on ne peut pas voir la personne et tirer des informations de ses réactions. Mais, l'on a tout de même la transcription de ses réactions aux taches. Sur une ou deux, cela ne signifie peut-être rien, mais sur dix, l'on parvient forcément à tirer des informations du sujet. Son niveau de langage ou ses références permettent notamment de s'en faire, même inconsciemment, souvent une bonne idée. Le "même inconsciemment" a son importance car, en réalité, la lecture à froid peut être pratiquée de manière inconsciente, alors que le sujet "analysant" est persuadé de ses dons et de sa bonne foi et n'a aucune envie d'arnaquer le sujet "analysé". 
Ah ben oui, ce serait trop simple aussi !
La lecture à froid est donc quelque chose que l'on peut pratiquer de manière malveillante, en poursuivant un but personnel, mais, malheureusement presque, c'est aussi quelque chose que l'on peut utiliser sans même s'en apercevoir. D'où l'extrême complexité de la chose. Des adeptes sincères de Rorschach le défendent avec l'énergie du désespoir mais également de la sincérité, ce qui a toujours nuit à la validation psychométrique du test.

Revenons-en maintenant (pour ceux qui n'ont pas décroché) à Rorschach, le personnage.
L'analyse qui en a toujours été faite, basée sur une connaissance superficielle du test, est celle d'un personnage profondément troublé, renvoyant au lecteur sa propre perception du monde, chacun étant seul devant les taches et les éventuels démons qu'elles peuvent faire surgir.
Si l'on accepte de "lire" Kovacs en prenant cette fois en compte les failles du test qu'il représente (tant dans le nom que l'aspect), une lecture plus profonde et cynique encore est possible. Car, alors, Rorschach serait l'incarnation du monde se méprenant sur le monde. Une sorte de totem, à la fois impie et magnifique, représentant les océans de sang et de larmes engendrés par des interprétations et des lectures trop froides pour être vraies. Ce ne serait plus le doigt pointé vers l'analysé mais une mise en cause de l'analyste et de ses tares. En quelque sorte une personnification de la désillusion. Et effectivement, qui plus que Kovacs peut incarner le désenchantement et la douleur liée à la mystification ?

Kovacs, enfant, est d'abord confronté à l'illusion de la sécurité et au mythe de l'amour maternel, un amour censé être naturel mais dont il ne fera jamais l'objet. Après le Keene Act, la loi, censée protéger les plus faibles et s'attaquer aux criminels, semble également se retourner contre lui en lui interdisant de rendre justice et en s'attaquant aux Masques. Par la suite, un autre "masque" (dans le sens "illusion" cette fois) va tomber, lorsque Kovacs découvre qu'Ozymandias est l'instigateur des meurtres et du complot plutôt pervers visant à empêcher la troisième guerre mondiale. Toute sa vie, il est confronté à des symboles (la mère, la loi, les justiciers) qui ne remplissent pas leur rôle et s'avèrent aussi vides, réducteurs et décevants que pourrait l'être le test de Rorschach pour celui qui en découvre les limites. 
Ainsi, plutôt qu'une manière de renvoyer le lecteur à ses propres interrogations, l'utilisation du test de Rorschach permettrait de symboliser les dogmes creux, les institutions faussement présentées comme immuables, la confiance aveugle dans les mots, les techniques, les comportements qui revêtent un vernis de bienveillance et d'efficacité, notamment lorsqu'ils sont issus d'une autorité respectée (l'état) ou d'un être aimé (les parents).   

Est-ce là trop dire ? Dans bien des cas, je serais tenté de répondre par l'affirmative. Mais quand on a affaire à un bougre comme Moore, c'est différent. Ignorait-il, au milieu des années 80, les failles du test de Rorschach dont les plus fervents adeptes, et les déjà détracteurs, remontent aux années 40 et 50 ? Difficile de le croire, surtout lorsque l'on connaît la capacité de travail et le côté presque obsessionnel du bonhomme (il suffit de lire From Hell pour s'en convaincre). Impossible de penser qu'il ait employé une telle symbolique sans se documenter en profondeur sur ce test dans lequel il est raisonnable de supposer qu'il voyait plus qu'une esthétique ou une simple manière de titiller le lecteur. Ce serait au contraire une façon de mettre en scène l'absurdité du monde et son côté factice. Mieux (ou pire) encore, dans cette corruption involontaire de l'analyste, des croyants, de la certitude, peut-être faut-il voir non pas nos erreurs (l'erreur faisant partie de nous et nous masquant souvent confortablement la vue) mais notre condition d'êtres voués à se faire berner. Et pas uniquement par stupidité, ce qui est plus effrayant encore. 

La symbolique de Rorschach est sans doute plus forte que Rorschach Père (Hermann) et Rorschach Fils (Walter Kovacs) ne le laissaient supposer de prime abord. Il ne s'agit pas tant de comprendre un esprit ou de rendre justice mais de dévoiler un leurre. Leurre basé sur rien d'autre qu'une analyse, légère mais en apparence complexe, elle-même basée sur... des taches, du flou, des sensations, uniques et personnelles, et ce fameux effet Barnum censé combler, un moment, notre profonde ignorance et nos angoisses. Angoisses renforcées par ces parents qui n'aiment pas, ces lois qui ne protègent plus, ces meurtres censés préserver la vie ou... ces tests médicaux très sérieux basés sur des trucs de foire.

Rorschach reste un nom qui aura marqué doublement l'histoire et le parcours des curieux. Et dans les deux cas, il aura été question de lecture. L'une un peu illusoire et néanmoins académique, l'autre plus agréable et subtile. Pour qui sait chercher, ce nom aura en tout cas été une précieuse balise.
En attendant la suivante.
Surtout, le personnage continue de fasciner et d'être sujet à controverse, et ce malgré son absence. Sans doute un signe de plus de son immense profondeur.


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06 août 2008

Spider-Girl : Quand Mayday Parker tisse sa toile

Si la fille de Peter Parker n'a pas eu d'avenir sur la terre 616, elle continue à officier sur une autre ligne temporelle, ligne intéressante d'ailleurs à plus d'un titre. Petit bilan sur Spider-Girl et sa parution chaotique en VF.
May "Mayday" Parker fait ses débuts en France dans le Marvel Mega hors série #9 en janvier 2000. Les lecteurs découvrent alors la fille de Peter et Mary Jane Parker, une ado attachante qui a hérité des pouvoirs du pôpa (qui, lui, a raccroché les lance-toiles suite à la perte d'une de ses jambes lors du combat final contre le Bouffon Vert). Pour le coup, voilà une ambiance rappelant les débuts de Spider-Man à quelques détails près : pas de soucis d'argent pour May, ni de vieille tante malade (elle a tout de même écopé du prénom), ni de réputation de vieux rat de bibliothèque, bien au contraire, elle est même sportive et plutôt douée pour le basket. Une jeune fille moderne et bien dans sa peau donc mais qui va vite découvrir ses fameux dons et la joie de se trimballer nuitamment dans du spandex moulant.
La série a droit en France a son propre titre (sobrement intitulé Spider-Girl) pendant seulement six numéros. Elle échoue ensuite dans le mensuel Spider-Man (y'a pire hein) jusqu'au numéro #59 de la revue du Tisseur, Panini décidant ensuite de stopper la publication de la série au profit de Venom. Plus de la moitié de cette première série est donc inédite en France.
Aux Etats-Unis, la série fait une brève pause en 2006 pour repartir sous le titre Amazing Spider-Girl avec d'ailleurs la même équipe créative aux commandes : Tom DeFalco pour le scénario et Ron Frenz aux crayons. Pas de souci pour ceux qui n'auraient pas suivi les débuts de notre petite araignée, un numéro #0 retrace ses aventures sous la forme de fragments d'un journal intime (cf photo1 & photo2). L'on peut donc rapidement se remettre à niveau et prendre connaissance des grandes lignes et des évènements marquants de la première série.
Et il y a pas mal de bonnes idées dans ces premiers épisodes. Les auteurs "recyclent" quelques personnages et équipes (Darkdevil, les Fantastic Five) mais ils inventent aussi de nouveaux vilains plutôt intéressants, comme Canis ou Funny Face (un mélange du Joker et de Two Face ?). On retrouve aussi de vieilles connaissances du papa, comme Kaine ou le fils de Black Tarantula. Bref, un habile mélange entre nouveaux personnages, héritiers d'anciens vilains et figures connues ayant passablement vieilli. Evidemment, l'aspect teenager oblige à accorder une grande place aux études, histoires de coeur et sorties entre copains. Cela apporte une fraîcheur que l'on a déjà pu voir dans Emma Frost (lorsqu'elle était plus jeune), Spider-Man loves Mary Jane ou même chez les Runaways, tous ces héros ayant la particularité de conserver, de par leur jeune âge, une certaine fragilité malgré leurs pouvoirs. Et puis le côté "je sauve des vies mais je dois rentrer avant 22h00 sinon je vais me faire fracasser", ça reste indémodable. ;o)
Graphiquement, sans atteindre des sommets, la série a son charme. Les scènes d'action sont plutôt bien torchées et les dialogues contiennent toujours une ou deux bonnes vannes par épisode. Bref, un travail tout à fait valable pour un personnage qui bénéficie de l'aura de son père mais qui reste sur la touche dans nos contrées. Il faut dire qu'à une époque, bon nombre de lecteurs s'étaient mis en devoir de prendre leur plus belle plume (ou même parfois un vieux bic mâchonné) pour demander la suppression de la série sous peine de boycott ou d'immolation par le feu. Panini, n'écoutant que son courage, avait alors joué les girouettes en s'empressant de suivre le vent du moment.
Mais, et vous tiens, seriez-vous partants pour l'adaptation de la nouvelle série ? Il n'y a pas de place dans le mensuel Spider-Man mais un 100% Marvel de temps en temps ne mangerait pas de pain et n'obligerait personne à se farcir obligatoirement Mayday. Sinon, reste la VO qui permet de ne pas perdre de vue la fille que Peter et MJ auraient dû avoir dans la continuité normale pour faire passer Spider-Man du stade de gros-benêt-à-sa-tantine à celui d'adulte responsable. Mais, nous savons qu'il est loin d'en être là... ;o)
Une série sympathique qui mériterait un nouvel essai en français, quitte à la publier dans la collection Marvel Kids qui semble souffreteuse voire à l'agonie, mais avec la sandwicherie, l'on n'en est plus à compter les collections de trois ou cinq numéros qui finissent au cimetière des lecteurs déçus et de la vision à court terme.


ps : ah, tiens, voilà longtemps que je n'avais plus publié d'entretiens, je suis en mesure aujourd'hui d'annoncer, après Bruno Bellamy, Aleksi Briclot et Jérémy Manesse, une nouvelle étape qui nous permettra, après les scénaristes, dessinateurs et traducteurs, d'en savoir plus sur le travail d'un responsable éditorial. Bon, si je vous dis qu'il s'agit d'une grande maison dont j'admire le travail, c'est déjà un sacré indice (ça en élimine une en tout cas). Je devrais pouvoir publier ça courant septembre.

21 juillet 2008

Le Règne silencieux de Blackagar Boltagon

Le monarque des Inhumains a beau être, par la force des choses, peu loquace, il n'en reste pas moins impressionnant. Mais qui se cache vraiment sous l'élégant costume de Black Bolt ?

Flèche Noire dispose d'une force peu commune, il peut également voler mais c'est surtout la puissance de sa voix qui lui donne sa particularité si étrange. En effet, un simple murmure de sa part peut avoir de terribles effets. A pleine puissance, ses cordes vocales peuvent être aussi dévastatrices qu'une bombe nucléaire. Voilà pourquoi le bon roi s'impose un silence drastique depuis son plus jeune âge, la méditation l'aidant même à ne pas parler pendant son sommeil (on ne sait pas par contre si les ronflements sont dangereux).
Ce mutisme forcé a plusieurs conséquences. S'il isole quelque peu Black Bolt du monde extérieur (isolement réduit par son épouse Medusalith qui, elle, le comprend sans qu'il ait besoin de s'exprimer), il lui confère également une prestance et une aura mystérieuse qui en imposent à tous. Bien que cet éternel silence puisse paraître pesant, Blackagar parvient à en plaisanter parfois (cf scène #48 du Bêtisier Marvel).

On ne peut pas parler de Black Bolt sans évoquer les Inhumains et leur culture. Ces êtres puissants, créés à l'origine suite à une expérience Kree, vivent en général à l'écart du monde, leur cité d'Attilan ayant d'ailleurs été souvent déplacée (de l'Himalaya à la lune par exemple) dans ce but. Leur régime politique peut se comparer à une sorte de dictature éclairée basée sur la génétique. Chaque Inhumain, lors du passage à l'âge adulte, doit ainsi se plier à une coutume qui lui permettra d'acquérir des dons spécifiques qui détermineront sa place et son rôle dans la société. Ce sont les Terrigen Mists - ou Brumes Terratogènes - qui engendrent la mutation lorsque l'on s'y expose. Tout n'est pas parfait pour autant dans la société inhumaine, ainsi, si les Primitifs Alpha déchargent les Inhumains des travaux pénibles, ils peuvent être considérés comme des sortes d'esclaves au potentiel intellectuel volontairement limité, ce qui est sans doute fort pratique, surtout pour faire la lessive, mais pas top niveau morale.
Ces aspects de la culture inhumaine ont été notamment développés (par Paul Jenkins) dans leur seconde série, parue en 1998, et publiée en version française dans le mensuel Marvel Knights.

Evidemment, Black Bolt ne peut prétendre à rivaliser avec les têtes d'affiche de la Maison des Idées, comme Spidey ou Wolverine, ni même avoir l'importance centrale d'un Tony Stark. Pourtant, le rôle de ce personnage a pris de l'importance ces dernières années, surtout depuis que l'on a appris qu'il faisait partie des Illuminati, ce groupe secret ayant joué un rôle dans presque tous les grands évènements de la terre 616.
Dernièrement, les Inhumains sont également rentrés en conflit avec les Etats-Unis, essentiellement pour récupérer leurs précieux cristaux (à l'origine des Brumes évoquées plus haut), dérobés par Quicksilver (cf Marvel Universe #6). Enfin, Black Bolt étant l'un des responsables de l'exil forcé de Hulk, il est donc lié étroitement à son retour et aux évènements actuels dans World War Hulk. Signalons d'ailleurs qu'il est vaincu peut-être un peu vite par le géant vert, mais bon, question de point de vue sans doute.

Même s'il reste inconnu du grand public, Black Bolt a le profil d'un héros charismatique et fascinant. Pouvoirs originaux, look à l'esthétique moderne, destinée shakespearienne (avec un frangin totalement frappadingue qui cherche à s'emparer du trône), le tout au sein d'une culture élaborée et d'une société dont certains aspects peuvent être largement controversés, forment une toile de fond idéale pour ce monarque plus ambigu qu'on ne pourrait le croire.

ps : Black Bolt a récemment rejoint la collection des Figurines Marvel, cf le personnage #65.

pps : je profite de l'ambiance estivale et ludique pour vous proposer un petit jeu. Oserez-vous venir défier mon champion dans ce Combat de Brutes ? (<-- click)

25 septembre 2007

Le Compagnon du Vide

L'univers Marvel regorge de créatures cosmiques aux pouvoirs immenses et à la notoriété aléatoire. Même la Mort, la dulcinée de Thanos, est incarnée dans une sorte d'entité terrifiante dont les capacités (et la psychologie) n'ont que très peu de rapport avec les personnages traditionnels qui peuplent nos comics. Aussi, ces dieux et autres monstres métaphysiques restent-ils plutôt en marge de la terre 616. Tous à part peut-être ce brave Silver Surfer.

Bon, avouons-le tout de suite, ce n'est pas le seul être exceptionnel que les scénaristes aient tenté d'intégrer durablement à la vie quotidienne terrienne. Thor aussi reste un personnage difficilement maniable si l'on veut éviter les anachronismes (ou au moins un sentiment de désarrois chez le lecteur) et le syndrome de la surpuissance (rencontré il est vrai avec des personnages autres, tel que Sentry, mais lui a l'avantage d'être un homme avec des problèmes très concrets et une psyché bien humaine). Mais même Thor a des origines connues de tous et prenant racine dans la mythologie nordique. Le Surfer, lui, arrive donc comme un cheveu sur la soupe, plus habitué qu'il est au vide spatial qu'aux ruelles de New York.

La création même du Surfer ne tient pas à grand chose. L'anecdote est bien connue de nos jours : Stan Lee a l'idée d'une confrontation entre les Fantastic Four et Galactus, un dévoreur de planètes du genre costaud. Jack Kirby, selon le "marvel way" de l'époque, crée de lui-même une bonne partie du scénario dont le personnage du Surfer. Même la fameuse planche, si emblématique, n'est, à l'origine, qu'une facilité, Kirby décidant de ce moyen de locomotion, en grande partie, pour des raisons pratiques (de son propre aveu).
Bizarrement, Lee est emballé par ce personnage. Il lui manque pourtant ce côté humain, réaliste, ces problèmes quotidiens qui ont fait le succès de héros comme Spidey ou les X-Men. Pire, le Surfer se révèle bien vite larmoyant et donneur de leçons (sur wikipedia, source pourtant loin d'être toujours fiable, on peut noter qu'on le compare fort justement à un "hippie des années 60 à qui il doit son caractère pontifiant et moralisateur").
L'accueil est mitigé aux US mais le personnage fait recette en France (ah ben, pensez donc, un type qui donne des leçons au monde entier sans pour autant en comprendre les rouages, ça ne pouvait que fonctionner ici...en fait, on aurait pu l'appeler le French Surfer ;o)).

Origines spéciales donc. On est loin d'un Daredevil ou d'un Wolverine. L'identification est-elle pour autant impossible ? Difficile à affirmer, mais elle reste au moins peu évidente. Après tout, il s'agit là d'un être dont le quotidien est (ou a été) les voyages intersidéraux. Alors que Spidey est, à l'époque, un ado complexé et que Wolvie est un gros rustre, que faire de cet extraterrestre investi de la conscience cosmique ? Impossible en tout cas de lui filer une identité "civile" et de le bombarder reporter ou avocat.

Les réponses modernes semblent donner deux pistes :

- L'intégration aux grandes sagas cosmiques
Au moins, là, le Surfer est à sa place (même si, justement, il perd de sa spécificité). On a pu le voir jouer un rôle dans Annihilation mais aussi, avec une apparition moins longue mais plus réussie, dans Planet Hulk. Il rejoindrait alors le panthéon des entités "à manier avec précaution" et n'intervenant que très peu dans le destin de la terre 616.

- Le "E.T." de service pour les arcs plus "terriens"
Ce rôle a le mérite d'être original comme on peut le voir dans le relaunch de sa série (le volume IV en fait, paru en France en 100% Marvel) où il apparaît à la fois comme un personnage cosmique, très axé SF donc, et une menace terrienne "traditionnelle" et acceptable, au moins au niveau de l'inconscient collectif ou des légendes urbaines (les premiers épisodes notamment exploitent parfaitement cet aspect étrange et inquiétant).

Ces sagas récentes ne laissent pourtant pas notre grand machin argenté indemne. Il semble finalement bien fragile dans Planet Hulk et plutôt insensible et borné, puis franchement instable, dans Revelation. En gros, voilà le détenteur de la conscience cosmique ne rechignant pas à enlever des gamins à leurs parents (pour leur bien parait-il, ils disent tous ça non ?) puis se transformant en nunucheux éploré parce qu'une terrienne lui rappelle son premier amour...un peu léger pour un type censé avoir assisté à la naissance et (surtout) à la mort de bien des mondes. En fait, il semble n'avoir pas retiré grand chose de tout cela, ni compassion (d'où sa froideur) ni sagesse (d'où sa facilité à se laisser guider par le sentiment dominant du moment).

Voilà où nous en sommes, impossible de faire de Norrin Radd un "Clark Kent" marvellien, sa manière de penser et son passé en faisant un être bien trop à part, mais impossible également de s'en détacher tout à fait tant il semble manifester un intérêt particulier pour les habitants de notre planète. Plutôt les habitantes d'ailleurs pour être exact, comme quoi, l'on peut se la jouer en surfant entre deux galaxies, au final, il ne reste bien que le sexe...enfin, heu, l'amour...heu...ben, en tout cas, il ne semble pas insensible à nos produits locaux disons. ;o)
Sorte de Dr Manhattan du pauvre, ni totalement détaché des aspirations humaines, ni franchement intégré à la pourtant bigarrée communauté super-héroïque, le Surfer reste une sorte d'énigme romantique, personnage tourmenté et esthétiquement séduisant mais au final laissant un goût d'inachevé et un charisme entre deux chaises.

ps : la cover de Paolo Rivera (qui illustre cet article), bien que fort jolie, me semble présenter un défaut évident, saurez-vous trouver lequel ? (lol, je fais des jeux comme dans Mickey Parade maintenant)

09 septembre 2007

Le Feu sous la Glace

L'expression femme fatale aurait pu être inventée pour elle tant Emma Frost représente à la fois le charme et le danger. Petit éclairage sur la plus glaciale des mutantes.

Née dans une riche famille de Nouvelle-Angleterre, Emma a dirigé, très jeune, l'entreprise familiale, Frost International, un puissant conglomérat spécialisé dans l'électronique et le transport. La miss est donc plutôt aisée, elle a le sens des affaires, est fort jolie et particulièrement intelligente. Pour la plupart des gens, ce serait largement suffisant, mais Emma, en plus, a un don. Elle est télépathe.
Dans un premier temps, elle va officier dans le très élitiste Club des Damnés (dont elle deviendra la Reine Blanche), aux côtés de Sebastian Shaw, puis elle dirigera l'Académie du Massachusetts et ses fameux Hellions qui d'ailleurs finissent mal (ils meurent tous). Elle est ensuite, pendant un temps, à la tête d'une nouvelle équipe, Generation X, mais elle sera forcée de la dissoudre et de fermer son école. Sa carrière de mutante commence plutôt mal et du mauvais côté de la barrière donc.

Après le génocide perpétré par les Sentinelles sur l'île de Genosha, Emma rejoint les X-Men et l'institut Xavier. Très rapidement, comme si sa véritable place avait toujours été là, elle va en devenir la co-directrice et séduire Scott Summers, alias Cyclope (elle deviendra même sa compagne après la mort de Jean Grey).

Froide, manipulatrice, parfois d'une insensibilité qui flirte avec la cruauté, Emma Frost a l'âme d'un leader. C'est d'ailleurs elle qui annonce à Tony Stark, pendant la guerre civile qui suit le SRA, que les X-Men resteront neutres (ce n'est pas le premier venu, tout de même, qui parle d'égal à égal avec Iron Man). Son expérience et son caractère bien trempé font d'elle un élément central des X-Men, voire même l'une des plus puissantes télépathes au monde, surtout depuis que Charles Xavier se retrouve sans pouvoir après les évènements de House of M. Ajoutons qu'en plus de lire les esprits, de créer des illusions ou de prendre le contrôle mental des individus à qui elle s'attaque, Emma peut également revêtir une forme s'approchant du diamant qui la rend quasiment indestructible (elle ne peut plus utiliser de pouvoirs psi sous cette forme par contre).
Rarement une héroïne, chez Marvel, aura été autant l'incarnation de la femme "forte", parfaite, n'ayant aucunement besoin d'aide masculine pour mener sa vie ou se défaire des pires situations. En devient-elle irritante pour autant ? Non. Elle fait partie de ces rares personnes à qui l'autorité donne du charme. Heu, oui, les tenues vestimentaires doivent jouer aussi, c'est sûr, mais bon... en son temps, la sexy Jessica Rabbit n'avait-elle pas dit "je ne suis pas mauvaise, je suis juste... dessinée comme ça." ? ;o)
Un exemple sexy ici, issu du site comicvine.com sur lequel vous pouvez retrouver notamment pas mal de variations en N&B sur le thème de la sulfureuse Emma.

Notons que pendant un temps, une série, scénarisée par Karl Bollers, est consacrée à la jeunesse d'Emma Frost. L'on suit la jeune fille alors qu'elle est encore à l'université. On y découvre une Emma plus innocente, plus fragile et très attachante. Malheureusement, la série s'arrête, aux Etats-Unis, au bout de 18 épisodes. Les deux derniers ont été édités en France dans le X-Men Extra #51.
Plusieurs dessinateurs s'étaient succédés sur le titre mais il convient de surtout retenir les magnifiques covers de Greg Horn, réalisées pour l'occasion (exemples : cover1 - cover2). Emma y perd alors en mystère et en froideur ce qu'elle gagne en charme naturel et en réalisme.

Je termine avec une petite anecdote. Un ami relançait récemment le débat sur les mensurations (toujours avantageuses) des héroïnes Marvel (ce n'est pas toujours vrai mais bon), du coup, j'ai jeté un oeil aux données "techniques" des encyclopédies que j'avais sous la main. Et là, on va de surprise en surprise. Selon l'encyclopédie Semic parue cette année (oui, ils ont encore des droits qui traînent), Emma Frost mesure 1,67 m et pèse 38 kg (elle est anorexique en gros), par contre, selon la 4ème encyclopédie Marvel (consacrée aux X-Men) publiée par Panini, sa taille est de 1,55 m et son poids grimpe à 65 kg (ah ben du coup, elle s'est bien lâchée niveau bouffe on dirait hein). Selon les données présentes sur le site officiel Marvel (5'10" et 144 lbs.), en convertissant (à moins que je ne me sois planté), c'est Panini qui l'emporte. Mais du coup, heu... il faudrait peut-être prévenir les artistes parce que si la fille qu'ils dessinent fait 1,55 m et 65 kg, les comics ont un sacré effet déformant alors (et plutôt en bien). ;o)

Bref, les données chiffrées varient toujours d'une source à l'autre (et dans le temps), du coup, comme vous l'aurez remarqué, je préfère m'attacher, dans les articles consacrés aux personnages, à parler d'eux comme de vraies personnes (je ne sais pas vous mais moi, quand je parle d'une personne que je connais, je la décris rarement avec des chiffres ("salut, je te présente Patrick, force : 6, intelligence : 4, habileté : 2, et je tiens à signaler qu'il a un bonus de +2 en engloutissement de lasagnes tièdes" (bah, ça pourrait être drôle remarque (hou, les amateurs de parenthèses multiples se régalent hein ?)))) et donc (ah mais oui, fallait suivre, je continue ma phrase) à tenter de transmettre l'idée que je me fais d'eux plutôt qu'un résumé technique sans signification.

ps : nouvel ajout dans le bêtisier avec une scène issue de la série Alias de Bendis.

31 août 2007

What's new Pussycat ?

Dans l'univers Marvel, les chats se portent bien et Tom Jones est un brave type.
Felicia Hardy a de qui tenir puisque son père était un cambrioleur de haut vol, un "cat burglar" en anglais. Celle-ci a suivi les traces de son géniteur pendant longtemps, mettant à profit ses capacités de gymnaste et sa connaissance des arts martiaux pour entamer une carrière de voleuse aussi agile que charmante.
Black Cat fut également la petite amie du Tisseur - et l'une des rares à connaître sa véritable identité à l'époque - et est toujours restée proche de Peter. Elle n'a plus de réel pouvoir même si pendant un temps elle avait, grâce à un marché passé avec le Caïd, acquis la capacité de "porter la poisse". Elle influait ainsi sur les probabilités, entraînant des évènements fâcheux pour ses adversaires.

Dans l'univers Marvel, Les chats se portent bien et Tom Jones est un brave type.
Notre Chatte Noire, si elle n'a plus de don paranormal, peut néanmoins compter sur un costume confectionné par le Bricoleur. Sa tenue accroît sa force et son agilité, quant à ses gants, ils lui permettent d'utiliser des griffes lorsque le besoin s'en fait sentir.
Ni totalement "vilaine" ni vraiment super-héroïne, la féline a récemment rejoint l'équipe des Heroes for Hire, sans toutefois se départir de son caractère indépendant. Elle a de nouveau fait équipe avec Spidey lors de la mini-série de Kevin Smith, The evil that men do, qui n'était pas spécialement une réussite mais qui avait le mérite d'avoir un titre clairvoyant.
Borderline mais pas complètement immorale, la miss se balade toujours dans les rues de New York avec la grâce et la noblesse des chats lorsqu'ils sont libres.

Dans notre univers, les chats ne se portent pas au mieux et Tom Jones* est un salaud.
Mon ami Loustic en particulier ne va pas très fort. Selon le vétérinaire qui l'a opéré (et qui est habitué aux blessures de toutes sortes), il n'a pas été blessé par une voiture mais par des coups. Des coups si violents qu'il en a perdu un oeil. Je ne sais pas si c'est la position verticale qui rend con, mais pour en arriver à s'en prendre à un bon gros matou placide et gentil comme tout, il faut quand même être une sacrée merde, alors sur le moment, j'ai rêvé de pouvoir retrouver ce lâche et de le chatouiller à coups de batte. Seulement, voilà, comme à l'évidence un tel fumier n'a ni couilles, ni cervelle, ni coeur, ni honneur, que pourrais-je bien lui prendre qu'il n'ait pas déjà perdu ? Rien. Ou pas grand chose.
Si. Un genou peut-être... histoire de laisser une chance au prochain minet qui passera à sa portée.

* Tom Jones n'a rien à voir là-dedans en vrai évidemment, et aucun crooner vieillissant n'a été maltraité pour les besoins de ce post. J'arrive encore à sortir une vieille vanne, ça doit sans doute être dû au fait que je suis arrivé au-delà du dégoût.

13 août 2007

Le Big Boss du Marvelverse

En général, je réserve les fiches* de personnage à des noms peu ou pas connus du grand public. En effet, je ne vois pas bien l'intérêt de vous expliquer qui est Spider-Man ou Wolverine tant ces personnages sont maintenant presque passés dans l'inconscient collectif. Je vais faire toutefois une exception pour une figure énorme mais parfois méconnue : Iron Man.

Tony Stark est un héros. Il a vaincu bien des menaces, dont l'alcool. Il est également le patron d'une entreprise florissante et, en prime, c'est un génie. Autant dire que n'importe quel traîne-savate venu a au moins deux ou trois raisons de le haïr, ce qui ne risque pas de s'arranger avec la saga Civil War si l'on s'en tient à ce que ce bougre de Millar lui a collé sur le dos.

Pourquoi le big boss ?
Parce que ce type est à part.
Premièrement, alors qu'il n'a aucun pouvoir (c'est un peu faux de nos jours mais les "pouvoirs" acquis sont très récents) il fait tout de même partie des Masques, mieux encore, cela ne l'a pas empêché d'être un membre fondateur des Vengeurs.
Deuxièmement, en plus d'avoir un certain sens des affaires, Tony est également plutôt surdoué dans le domaine scientifique (l'un des rares, avec Hank Pym, qui puisse discuter quasiment d'égal à égal avec un Reed Richards (pour les autres, à moins d'avoir bac + 15, c'est même pas la peine de rêver)).
Troisièmement, Stark n'est pas "que" un super-héros, c'est un ancien secrétaire à la défense (et futur directeur du SHIELD), ce qui revient à être l'équivalent de Dieu ou, plus raisonnablement, d'un John Edgar Hoover moderne.
S'il vous en faut plus, sachez qu'il a fait partie du groupe ultra-select des Illuminati, un cercle très restreint où il côtoyait deux rois (Namor et Blackagar Boltagon), un génie (Reed Richards), le plus grand sorcier de la terre (Strange) et l'un des plus puissants télépathes au monde (Charles Xavier). Sur un CV, ça en fiche un peu plus dans la vue que le club d'échec du coin ou qu'un vague poste de chef de rayon en produits frais.

La technologie
S'il est vrai qu'elle compte pour beaucoup chez Stark, il faut également la remettre dans un contexte ultra-scientifique. Reed Richards, Peter Parker, Hank Pym ou encore Bruce Banner sont, à plus ou moins haut niveau, des scientifiques plus que doués (rappelons que le moins réputé, Parker, a inventé un liquide simulant la toile organique alors qu'il était adolescent... et, parmi ce groupe, il fait figure de gentil gamin sans importance). Iron Man n'est donc pas réellement à part dans ce domaine, rares étant les héros de l'univers Marvel ayant suivi une filière littéraire (hein ? comment ça "un peu comme les traducteurs chez Panini" ? ah non, je l'ai pensé, ok, mais c'est vous qui l'avez dit !). ;o)
Il est clair que la constante amélioration de ses armures joue cependant un rôle important. Là où la plupart de ses adversaires sont limités par un don ou un pouvoir, lui évolue sans cesse.

Les relations
N'est pas Stark qui veut. Parker, même s'il révèle son identité au monde entier, n'a pas réellement d'appuis en haut lieu. Il reste l'un de ces héros des bas-fonds, sans lien réel avec le système. Stark, lui, nage parmi les requins de la finance et peut jouer sur des leviers politiques. Son attitude dans Civil War est d'ailleurs plus qu'édifiante. Plutôt que de se mettre en porte-à-faux et de ne plus pouvoir modifier la loi, il préfère la contrôler de l'intérieur. Son revirement est d'ailleurs aussi rapide que magnifiquement pensé.
Ajoutons que l'on ne dirige pas les armées de la plus puissante démocratie au monde sans en garder quelques contacts utiles.

L'argent
Etre à la tête d'une des plus grandes entreprises des Etats-Unis, ça aide aussi. Stark peut se permettre de former des groupes de héros, de les financer et, même dans les pires moments, lorsqu'il ne leur offre pas de salaire, de leur donner au moins un toit plus que sécurisé. Un exemple des capacités liées à ses moyens ? Le nouveau costume de Spidey, lui apportant presque plus d'avantages que sa récente "mutation" dans The Other ou encore la construction, en collaboration avec Richards, de la prison Alpha (ou projet 42) en zone négative.

Iron President ?
Au final, là où un Nick Fury reste un homme influent mais voué à agir dans l'ombre, Stark a le profil pour être... le prochain président des USA (dans le Marvelverse s'entend hein). Il a les connaissances, les appuis, l'expérience militaire et super-héroïque, la popularité en tant que Vengeur et supporter du SRA... bref, qui pourrait le faire chuter ?
Vous pouvez prendre n'importe qui, personne n'a autant de pouvoir que Stark. Hulk peut le vaincre physiquement, Richards est sans doute plus intelligent, Cap a une meilleur image, mais si l'on mélange toutes les données et que l'on fait une moyenne, un seul être sort en tête. Stark, Stark et encore Stark. Mais alors qu'un Captain America représente l'âme de l'Amérique et ses idéaux nobles mais abstraits, Stark incarne, lui, une version plus moderne et pragmatique d'un pays certes non exempt de défauts mais bien loin du cynisme froid qu'on lui prête parfois exagérément.

Etant donné que sa série actuelle est excellente (cf Extremis en Graphic Novel puis Execute Program en Marvel Icons Hors Série pour les 12 premiers épisodes, la suite étant publiée actuellement dans le mensuel Marvel Icons), les raisons de suivre de près l'ami Tony sont plus que nombreuses !

* Plus que de "fiches" au sens strict, il s'agit surtout d'articles censés poser un peu l'essence du personnage, pour les renseignements plus techniques ou pointus, il existe les encyclopédies que je me refuse à simplement paraphraser.

19 juillet 2007

Penance

Attention : gros spoiler à l'intérieur !

Robert Baldwin a connu un destin étonnant.
Lorsqu'il débute sa carrière, au sein des New Warriors, il n'est guère qu'un héros secondaire, peu connu et doté d'un pouvoir relativement mineur. En effet, alors qu'il officie sous le nom de Speedball, il peut créer un champ d'énergie lui permettant d'absorber l'énergie cinétique (et non "kinétique", comme je le vois souvent sur certains sites et qui ne veut rien dire en français) dirigée contre lui. Son look de jeune encapé, entouré de bulles et oeuvrant dans un costume bleu et jaune très flashy n'en fait guère quelqu'un d'impressionnant.
En fait, il est voué à disparaître tellement il est plat et sans intérêt, d'autant que son équipe n'est pas non plus la plus passionnante.
Lorsque Civil War survient, cela change tout pour Robbie. Les évènements de Stamford le placent au coeur d'une des plus grandes tragédies civiles que les Etats-Unis aient connus. Alors qu'on le croyait mort, le voilà retrouvé vivant mais sans pouvoir, puis incarcéré.
C'est à ce moment que le héros, le vrai, de la trempe de ceux qui créent les légendes, se révèle alors.

Baldwin refuse tout d'abord de troquer sa remise en liberté contre ses principes et s'obstine à ne pas signer le Superhuman Registration Act. Abandonné par ses propres parents, considérés comme l'homme le plus haï d'Amérique, Robbie affronte avec courage des conditions de détentions épouvantables. Là où il va rejoindre - bien involontairement - l'histoire, c'est quand Reed Richards va lui proposer de s'exprimer publiquement devant le congrès et qu'il sera abattu durant son transfert. L'assassinat reprend, point par point, les circonstances du meurtre, bien réel, de Lee Harvey Oswald et prend, tout à coup, une résonance aussi malsaine que fabuleusement inventive.
On s'imagine alors que l'on en reste là. Un héros de seconde zone sacrifié avec beauté. Pourquoi pas, c'est sans doute ce que l'on pouvait rêver de mieux pour le personnage de Speedball. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises...

Alors que Baldwin est sur le point de mourir, voilà qu'on nous le ramène sur le devant de la scène.
On pourrait facilement penser que cette résurrection de plus, nullement fondée par l'importance du personnage, est une preuve de faiblesse mais... heureusement, non !
Car Speedball n'est plus et laisse la place au bien nommé Penance, la nouvelle identité d'un Baldwin aux limites de la folie et incorporé dans les nouveaux Thunderbolts (avec, entres autres, Venom, Bullseye, le Bouffon Vert ou encore la jolie Songbird). Son nouveau look est déjà original mais ses capacités récentes encore plus. Figurez-vous qu'il tire son nouveau pouvoir de la douleur physique qu'il éprouve. Plus il souffre, plus il devient puissant. D'où son costume hérissé de pointes et très tendance "sado-maso".

D'un personnage insipide et insignifiant, voilà que Baldwin devient subitement un héros torturé et très politiquement incorrect, dans le plus pur style d'un Spawn, les démons en moins. Les démons infernaux en tout cas, car les démons intérieurs sont bien présents chez Baldwin, ce dernier souffrant autant de la mort de ses anciens compagnons que de sa responsabilité dans le massacre des innocents de Stamford.
Ou comment faire d'un Speedball que personne ne connaissait un Penance prometteur que l'on pourra suivre dans le mensuel Spider-Man, la nouvelle série des Thunderbolts prenant bientôt la place de Marvel Team-Up.

ps : ajout du Dr Strange dans les figurines Marvel

09 juillet 2007

White Tiger

Parmi les très nombreux personnages secondaires qui peuplent l’univers Marvel, il en est parfois certains qui marquent plus que d’autres et dont on garde un souvenir ému en attendant leur prochaine apparition, Angela Del Toro est l’un d’entre eux.

A priori, Angela, agent du FBI, n’a rien d’une héroïne encapée destinée à se balader au dessus des immeubles pour filer une trempe au premier criminel qui passe. Pourtant, lorsque l'on sait que son oncle n’est autre que Hector Ayala, aujourd’hui décédé et anciennement White Tiger, on commence à se dire que la jeune femme pourrait faire un digne successeur. C’est d’ailleurs ce qui arrive lorsque les fameuses amulettes du pouvoir(1), à l’origine des capacités du Tigre Blanc, lui tombent entre les mains.

A l’époque, elle enquête sur Matt Murdock et c’est vers lui qu’elle va se tourner pour lui faire part de ses interrogations. Car évidemment, endosser le rôle de son défunt oncle n’a rien d’évident pour elle. Et surtout, cela engendre une série de questions liées finalement à bien des carrières super-héroïques : pourquoi fait-on ça ? Pourquoi certains en arrivent à se déguiser et à risquer leur vie ?
Et lorsque l’on hérite d’amulettes augmentant force, agilité et endurance, que doit-on en faire ?

La première réponse viendra en haut du toit de l’église Sainte Catherine. C’est là que Daredevil donne rendez-vous à la jeune femme afin de la tester. Celle-ci, bien qu’effrayée, va avoir un premier aperçu du lot quotidien des Masques, et après l’escalade, c’est une petite baston à laquelle la chanceuse a droit. Chanceuse car, finalement, tout le monde ne peut pas se vanter d’avoir eu Daredevil comme coach.
La réponse finale viendra lorsque l’ancienne flic déjouera, seule, une tentative de cambriolage et se verra remercier par un commerçant terrorisé mais reconnaissant. Le Diable Rouge conclura de la plus belle manière qui soit : « Et voilà. Tu sais tout. L’habit est un symbole. Bon vent. »
L’indicible était contenu dans le « merci » de la victime. Un merci bien pâle, discret, fragile, mais contenant bien plus dans sa sobre émotion qu’un long et froid discours sur le pouvoir et les responsabilités.

Ces évènements sont relatés en VF dans le 100% Marvel Daredevil #11. White Tiger dispose également de sa propre mini-série (encore inédite en France), assez récente, écrite par Tamora Pierce et dessinée par Philippe Briones. Ces derniers temps, entre la récente Jessica Jones de Bendis, le retour en force de Ms. Marvel avec sa série régulière ou encore l'arrivée de Spider-Woman (et de ses origines réactualisées) chez les Vengeurs, les personnages féminins connaissent un certain succès. Espérons qu'il en soit également ainsi pour cette prometteuse féline. ;o)

(1) Ces amulettes, selon la légende, faisaient partie d’un tigre en jade sculpté dans l’ancienne cité de K’un Lun et furent données, par un puissant Senseï, à ses trois meilleurs élèves. Chaque possesseur d’amulette se trouvait ainsi investi des pouvoirs combinés des deux autres. Par la suite, Hector Ayala les trouva et apprit à contrôler leur pouvoir.

30 juin 2007

Le Maître des Arts Mystiques

Le docteur Stephen Vincent Strange fait partie de ces personnages récurrents qui, sans être l'une des têtes d'affiche les plus populaires du moment, ont acquis au fil du temps le statut particulier de pilier, certes discret mais inébranlable, du vaste univers Marvel.

Tout comme les héros ont tendance à se tourner vers Reed Richards lorsqu'ils sont confrontés à un problème nécessitant de sérieuses connaissances scientifiques, c'est au Sorcier Suprême de la Terre qu'ils font appel lorsque la menace est de nature paranormale.
Strange tire ses pouvoirs de trois sources : ses propres capacités psychiques, l'invocation d'entités et la manipulation de l'énergie magique ambiante de l'univers. Il possède également divers objets magiques comme sa cape de lévitation ou encore l'Oeil d'Agamotto, une amulette lui permettant, entre autres, de sonder les esprits ou d'ouvrir des portes dimensionnelles. Adepte de la méditation, il peut aussi se projeter sur le plan astral, un mode de déplacement quand même plus sympa que le métro.

On le voit bien, Strange est puissant et manipule des forces occultes et immenses. Cela en fait un homme discret, humble, conscient de la charge qui pèse sur lui, tout le contraire de ce qu'il était lorsqu'il exerçait encore la profession de neurochirurgien. Son influence est plus importante qu'il n'y paraît. Il fut l'un des membres des Illuminati, puis, pendant Civil War, des Secret Avengers, deux groupes qui ont comme point commun la discrétion si ce n'est la clandestinité. Stephen a également fait partie des plus folkloriques Defenders aux côtés de Namor, du Silver Surfer ou encore de Hulk. Cette dernière équipe, sans réels règlements ou charte, lui permettant de conserver une grande liberté personnelle.
Le docteur Strange vit dans un manoir qu'il partage avec son fidèle serviteur Wong (c'est un peu son "Kato" à lui, sauf que là, il n'essaie pas sans cesse de le surprendre en l'attaquant ^^), dans le quartier de Greenwich Village (identifié ici par le point 7 sur la carte).

Si récemment J.M. Straczynski a revisité ses origines dans Beginings and Endings (un arc paru en France en 100% Marvel), c'est souvent dans des séries annexes que son influence est la plus grande. C'est notamment lui qui va identifier la menace que représente Wanda Maximoff lors des évènements qui ont abouti à la séparation des Vengeurs et qui donneront lieu à House of M (cf ce Deluxe pour ce qui concerne ces faits).
Sans doute aussi mystérieux que les forces qu'il manipule, Stephen Strange s'impose comme une sorte de vieux sage voué entièrement à sa mission, véritable rempart contre les entités malfaisantes qui menacent le monde.

26 juin 2007

Gros plan sur les Runaways

Alors qu'ils viennent de réapparaître, associés aux Young Avengers, sur la scène VF avec leur tie-in Civil War (et que l'on attend toujours la suite de leur série, prévue chez nous pour octobre), il n'est peut-être pas inutile de revenir sur le groupe de départ de ces jeunes ados attachants que sont les Runaways.

Nico Minoru
Lorsque l'on a des parents sorciers, criminels de surcroît, il n'est pas étonnant de broyer du noir, voire même de finir par faire une fugue. C'est ce qui est arrivé à Nico, alias Sister Grimm, la magicienne au look gothique du groupe. Elle tire ses pouvoirs d'un sceptre qui apparaît quand elle saigne. Ah, déjà, ce n'est pas ce qu'il y a de plus pratique. Mais il y a pire, elle ne peut utiliser chaque sort qu'une seule fois. Si au début, le choix est vaste et permet de ne pas trop s'en faire, Nico se rend vite compte que dans le feu de l'action, il est parfois difficile de trouver de nouvelles formules.

Alex Wilder
Alex a le profil type du "geek" accro aux jeux en ligne et fan de Super-Héros. Introverti, ayant peu d'amis, il parvient néanmoins rapidement à s'imposer comme le leader du groupe, un exploit d'autant plus étonnant qu'il est le seul à ne pas avoir de pouvoirs. C'est lui également qui va découvrir en premier les secrets du Cercle (l'organisation de leurs parents, aussi appelée The Pride en VO). Intelligent, manipulateur, Wilder se révélera être particulièrement machiavélique. Notons pour l'anecdote que c'est le seul à ne pas utiliser de pseudo.

Karolina Dean
La jolie blonde de service est en fait une alien (ah c'est sûr, un peu plus sexy que E.T.) qui peut manipuler l'énergie qu'elle tire de la lumière du soleil. Elle peut donc créer des champs de force, voler ou encore balancer quelques rafales d'énergie lorsqu'on la cherche un peu trop. Elle utilise le nom de code assez improbable de Lucy in the Sky. Ayant du mal à assumer son homosexualité, elle se sent parfois seule au sein du groupe et est secrètement amoureuse de Nico.

Chase Stein
L'adolescent rebelle par excellence, impertinent et dragueur, doit en fait faire face à la violence de son père qui n'hésite pas à porter la main sur lui. Son surnom, Talkback, en dit long sur la personnalité du jeune homme. Il n'a pas de pouvoirs à proprement parler mais utilise un équipement spécial, dérobé à ses parents, comprenant des gants de combat permettant de manipuler le feu et des lunettes multispectres. C'est également le pilote attitré de l'équipe.

Gertrude Yorkes
Ses parents sont des voyageurs temporels qui ont fini par s'établir au XXème siècle. Ils lui destinaient un dinosaure de compagnie pour sa majorité (voilà un cadeau original) avec qui elle entretient un lien télépathique. Le pseudo de Gert, Arsenic, est bien évidemment lié au nom du petit dino : Old Lace (Vieille Dentelle). Gert est plutôt mure pour son âge, très cultivée mais mal à l'aise dans les relations sociales. Elle va vite se rendre compte qu'elle éprouve des sentiments pour Chase.

Molly Hayes
C'est la benjamine du groupe. Adorable, sensible et encore très jeune de caractère, la petite fille est en fait une mutante très puissante dotée d'une force exceptionnelle. Petit bémol, l'utilisation de ses pouvoirs entraîne chez elle une grande fatigue, ce qui l'oblige souvent à dormir après un combat. Bruiser, bien que considérée parfois comme un bébé par les autres, est sans doute le membre le plus invulnérable des Runaways.

Si vous avez lu le tie-in dont je parlais en introduction, vous vous êtes bien sûr aperçu que le groupe a subi quelques changements depuis les 3 Marvel Mini Monster qui contaient leurs premières aventures. La suite de la série n'ayant pas encore été publiée en France, je n'ai volontairement pas parlé de ce que l'on n'est pas censé savoir. Je complèterai donc cet article lors de la publication du Marvel Deluxe dédié aux Fugitifs.

19 mai 2007

Devine qui vient tisser ce soir ?

Si la belle Jessica Drew n'est pas la seule héroïne à porter le nom de Spider-Woman, c'est actuellement celle qui fait le plus parler d'elle. Voyons un peu qui se cache sous ce costume rouge et or.

Cette jolie araignée a une actualité plutôt chargée et une vie mouvementée. Membre des New Avengers, elle a également joué un temps un rôle d'agent double (voire triple) pour l'Hydra et s'est récemment rangée aux côtés de Captain America dans la lutte qui l'oppose au SHIELD et aux héros soutenant le Superhuman Registration Act.

Ses origines ont été réactualisées par Brian Michael Bendis (et les Luna Bros) dans le Marvel Icons Hors Série #6. L'on y découvre son enfance, plutôt horrible, dominée par un père qui la considère plus comme un objet d'expérimentation que comme un être humain. Récupérée par l'Hydra après la mort de ses parents, elle est entraînée par le Maître de Corvée (Taskmaster) avant d'effectuer ses premières missions pour le compte de l'organisation terroriste qui lui ment depuis des années.
C'est de cette époque que date sa première rencontre avec Nick Fury, le directeur du SHIELD (du moins, avant les évènements de Latvérie qui ont conduit à son éviction), avec qui elle entretiendra un lien si particulier qu'il sera longtemps le seul à connaître son statut d'agent double.

Ses pouvoirs sont plutôt étendus. Comme notre vieux Spidey, elle possède la force proportionnelle d'une araignée et peut adhérer aux parois. Elle peut également lancer des décharges vénéneuses bioélectriques et même, sans réellement voler à proprement parler, "glisser" sur l'air (encore que, depuis qu'elle a perdu puis retrouvé ses pouvoirs grâce à l'Hydra, elle semble pouvoir voler réellement). Elle est en outre immunisée aux poisons ou aux radiations et peut émettre des phéromones qui attirent et séduisent les "mâles" qui passent à sa portée. ;o)
Ajoutons à cela que c'est une combattante expérimentée et un agent du SHIELD et on aura compris que la miss ne joue pas dans la catégorie des seconds couteaux.

Dernièrement, Jessica Drew a été arrêtée par le SHIELD sur ordre de Tony Stark qui souhaitait mettre fin au jeu trouble qu'elle entretenait avec l'Hydra. Libérée justement par cette organisation dans une attaque d'une rare violence, on lui a proposé d'assumer le rôle de Madame Hydra, rôle précédemment tenu par Vipère (qui n'a plus trop la cote chez les cadres du mouvement). Proposition que notre Jess s'empressera de refuser tout en anéantissant la base sur laquelle elle avait été amenée. C'est ainsi qu'elle arrive, en pleurs, dans le repaire secret de Cap (un repaire si secret que visiblement, tout le monde ou presque le trouve) et lui demande de l'accueillir parmi ses hommes, ce qui, du coup, la replace dans le camp de l'invisible mais efficace Nick Fury.

Ambiguë, jouant souvent sur plusieurs tableaux à la fois, Jessica a montré que même si elle avait quelques faiblesses, elle savait faire la part des choses et être fidèle à ses vieux amis plus qu'à un camp prédéterminé. Son implication dans la rébellion risque d'en faire néanmoins, à tout jamais, une héroïne de l'ombre et, en tout cas, signe la fin de sa carrière au sein des New Avengers de Stark.

Allez, hop, pour compléter le tableau, une petite scène avec notre spiderounette ajoutée dans le bêtisier ! ;o)