18 juin 2012

MDCU : Le Magazine

Un article un peu particulier sur un magazine numérique, certes perfectible, mais fort intéressant : celui de MDCU.

Vous l'aurez peut-être remarqué, il existe de plus en plus de blogs, sites ou podcasts consacrés aux comics. L'on peut y voir un regain d'intérêt plutôt positif mais aussi se perdre parfois dans une offre inégale et, il faut bien l'avouer, qualitativement très disparate.
En simplifiant, l'on peut séparer les sources d'informations en deux catégories : les chroniques, en général longues, si possibles documentées, rédigées par un seul auteur (Mystery Comics par exemple), et les news, de petits articles (ou souvent de simples reprises de quatrième de couverture ou de pubs), très nombreux, à l'intérêt discutable (sur un tas de sites). Ajoutons encore à cela des podcasts présentant, parfois, l'avis de gens qui n'ont même pas lus ce dont ils parlent (et d'autres heureusement plus honorables), et l'on aura un aperçu de la diversité de ce qui se fait sur le net autour des comics.

Le magazine de MDCU présente l'avantage, à mes yeux en tout cas, de jongler avec ces deux aspects (news et articles de fond), tout en leur donnant une forme agréable. Voilà un moment que des amis me conseillaient d'y jeter un oeil, c'est aujourd'hui chose faite et j'avoue que le bilan est plutôt positif et l'effort - consistant à sélectionner et agencer ce qui reste, sur un site, plus fouillis et aléatoire - louable.
Voyons cela plus précisément (en se basant sur le numéro #7).

Le magazine est disponible en trois versions : en .cbr (pour iPad et Android), en .pdf (pour PC) et en .pdf HD (pour bénéficier de liens dynamiques).
Il est divisé en cinq grosses parties comprenant :
- les comics dans l'Hexagone
- les comics aux USA
- la "culture" comics
- les adaptations
- le coin du fan

Dans tout cela, il y a forcément du bon et du moins bon.
En vrac, pour les "couacs", l'on peut citer un manque d'argumentation dans certaines parties (pourquoi les épisodes du Best Comics X-Men sont-ils "mauvais" ? pourquoi le "mauvais plan" du mois est-il sans intérêt ?), des erreurs flagrantes (The Boys n'est pas édité, malheureusement, par Urban), et des coquilles encore nombreuses (ce qui est dommage, surtout vu la qualité et la pertinence de certains articles, notamment celui, par exemple, sur l'arrivée en France des nouvelles séries DC).

Mais, et c'est bien là tout l'intérêt, il y a dans ce magazine de vraies bonnes choses, à la valeur ajoutée indéniable.
Je vous passe la motivation des intervenants, c'est un minimum. Toutefois, connaissant le temps nécessaire à la rédaction d'un article cohérent, dont on peut être satisfait, il m'apparait que l'équipe fournit un travail conséquent, encore complexifié par la mise en page nécessaire ou les différents formats à proposer.
Plus précisément, certains articles apportent un éclairage intéressant mais aussi un ton particulier, ce qui est l'essentiel dans ce genre de projet, où la manière de dire compte peut-être plus encore que ce qui est dit. Peut-être à la rigueur cela manque-t-il (et encore) d'explications parfois pour les novices.

Certaines approches et idées apportent par contre un réel plus, avec entre autres :
- le rapport de marché, qui permet de plonger dans la réalité économique, souvent méconnue, et, surtout, ne se contente pas de balancer des chiffres et des classements, mais prend le parti de pointer du doigt des éléments précis (pires ventes des grosses maisons, top des indépendants...),
- la Dream Team du mois, une sorte de confrontation entre vilains et héros, suite à une petite composition, totalement subjective, d'équipes imaginaires (un pur plaisir de gamin, mais aussi une occasion de découvrir ou se remémorer certains personnages secondaires) : fun et instructif,
- les MDCU Awards, qui constituent en fait une rubrique news étendue, dans laquelle l'on va retrouver des rumeurs, des parodies, des gens qui s'engueulent ou des infos un peu décalées...

On notera aussi dans ce numéro, parmi de nombreux articles, un gros plan sur Roger Stern (avec une foule d'infos à la clé) ou encore une tentative d'explication du domaine, complexe, des univers partagés et de la si crainte continuité.

Ma foi, pour un mag, gratuit, d'une trentaine de pages, on aurait tendance à penser par chez nous que ça vaut le coup de le télécharger. Légalement en plus. ;o)