12 novembre 2013

Snapshot

La collection Urban Indies s'étoffe avec Snapshot, un titre fraîchement sorti en librairie.

Jake Dobson, un jeune homme travaillant dans un comic shop, trouve par hasard un téléphone portable au milieu du Golden Gate Park. Il s'en empare et découvre qu'il contient des photos d'un... cadavre.
A partir de là, tout s'enchaîne très vite pour Jake. Non seulement un homme tente de le tuer, mais la police ne fait rien pour l'aider, et pour cause, le fameux cadavre, plutôt en forme, vient chercher son téléphone au poste, avec une jolie histoire bien crédible.
Jake et son meilleur ami vont tout de même tenter d'en savoir plus et s'attirer de très gros ennuis. Car visiblement, ce qu'ils vont découvrir peu à peu les dépasse complètement.

Ce récit complet est écrit par Andy Diggle et dessiné par Jock, un duo connu pour la série The Losers, récemment rééditée par Urban Comics. Graphiquement, le style de Jock reste efficace même si le côté aride du noir & blanc n'était en rien indispensable et se révèle même nuisible sur quelques cases (Diggle a toutefois l'honnêteté d'avouer qu'il s'agit aussi d'un choix économique et non foncièrement artistique). Du côté du scénario, c'est déjà plus délicat. Car si l'intrigue débute de fort belle manière, avec ce qu'il faut de mystère et de scènes choc, elle perd beaucoup en intérêt dans la seconde moitié de l'ouvrage.

Diggle n'avait pas laissé que de bons souvenirs après s'être occupé du destin de Daredevil (cf. Shadowland ou Daredevil : Reborn) et s'était avéré bien plus à l'aise sur des titres plus orientés polar/espionnage, comme The Losers, déjà cité, ou Gamekeeper. Snapshot reprend certains ingrédients chers à l'auteur, notamment les hommes de l'ombre et les agissements borderline de certaines agences ou sociétés. Malheureusement, après une bonne mise en place, tout s'accélère pour aboutir à une course-poursuite traînant en longueur et à une conclusion invraisemblable. 
L'explication finale, pas très bien amenée en plus, est totalement foireuse et surréaliste. On ne croit pas une seconde au complot exposé, encore moins à l'espèce de camp abritant les victimes ou à la "collection" de petits doigts.

Tout cela est bien dommage, d'autant plus que l'on partait bien et qu'il n'aurait pas fallu grand-chose pour faire de Snapshot un titre délicieusement paranoïaque et pessimiste. Au lieu de cela, on tombe dans la facilité et la caricature la plus absurde. Ce n'est pourtant pas le recul qui aura manqué aux auteurs puisqu'ils auront mis huit ans pour accoucher du projet. Même s'ils n'étaient évidemment pas là-dessus à temps complet, cela semble bien long pour un résultat aussi médiocre.
Côté bonus, l'on trouve une bafouille de Diggle, les covers, des pages tirées du scénario et quelques comparaisons entre croquis préparatoires et résultat final. 

Un comic qui démarre bien mais verse rapidement dans le grotesque.

+ un bon début de polar...
- ... qui se termine comme un délire complotiste et barbouzeux 
- quelques planches manquant de lisibilité