01 novembre 2013

Wolverine : Evolution



Amis lecteurs, prenez cet article comme un avertissement, une mise en garde : ne vous fiez pas aux belles couvertures et aux éditions luxueuses ! Car malgré l’expérience que je pensais posséder, je me suis fait avoir.
La lecture de l’album en fut affectée : en effet, croyant détenir une histoire inédite, je me suis retrouvé avec la réédition d’un arc déjà publié dans la série officielle de Wolverine. Ca m’apprendra à ne pas suivre l’actualité des comics !
Sinon, qu’en est-il ? Car tout le monde n’a pas suivi les aventures du mutant griffu au travers de tous les épisodes de ses séries.


Jeph Loeb nous propose de suivre le duel interminable entre Logan et sa Némésis, à l’époque où Creed était plus ou moins toléré dans l’Institut Xavier (cela se passe peu de temps après la phrase fatidique prononcée par la Sorcière Rouge, « No more mutants », qui annonça le glas de l’espèce homo superior, désormais réduite à deux centaines d’individus de par le monde). Et pendant tout le premier épisode, on naviguera entre les passes d’armes sanglantes de ces deux combattants hors pair et des cauchemars récurrents dans lesquels Wolverine observe des êtres hybrides à la semblance de garous et dans une époque qu’il sait reculée.
Evidemment, ces visions qui deviennent de plus en plus pressantes vont petit à petit altérer son présent et l’amener à poursuivre son adversaire sur différents lieux chargés de sens (de sa cabane au Canada jusqu’au Wakanda – assonances non voulues mais c’est sympa tous ces « a » !). Chaque fois, alors qu’il croit avoir le dessus, un élément extérieur l’empêchera d’en finir avec Dents de sabre ; de même, chaque fois que son ennemi l’a à sa merci, il se réveille en un autre lieu après avoir continué à rêver de ces êtres mi-hommes mi-bêtes qui se sont mêlés à l’espèce humaine. Un point commun à tout cela : un individu, dans l’ombre, qui est le chaînon manquant entre lui, Creed et des créatures telles Félina, Féral ou WildChild et que tous craignent à un point inimaginable. Le destin de Logan est donc de partir à la recherche de celui qui détient le secret de sa nature, quitte à se débarrasser une fois pour toutes de Dents de sabre.


Comme à son habitude, Loeb s’applique à insérer de nombreux personnages plus ou moins connus (des X-Men à Alpha Flight, en passant par Black Panther) dans un récit qui est censé les lier entre eux. Pour ce qui est de la mythologie développée autour de Logan et de cette race étrange à laquelle il serait lié, elle est intéressante et rappelle certaines tendances lisibles dans le run de Straczynski sur Spider-Man. Cependant, Loeb reste volontairement évasif et l’album (6 épisodes) s’achève de manière très frustrante.
C’est un peu la même sensation avec les combats : Simone Bianchi offre des planches de toute beauté et, si les gros plans sur les visages sont somptueux, il n’en va pas de même avec les plans moyens, aux traits approximatifs et parfois grossiers. Les affrontements sont brefs et l’impression de sauvagerie est souvent parasitée par la finesse des détails : les pages sont souvent belles, fouillées mais collent mal aux péripéties du « Meilleur dans sa partie ».
Reste un bel objet, sobre et élégant, complété par une galerie de couvertures somptueuses pour un récit ambitieux mais inachevé, tirant trop en longueur et articulé très artificiellement. Une semi-déception donc.

+ c’est beau
+ c’est élégant
+ c’est Wolverine contre Dents de Sabre !
- c’est du déjà vu
- c’est frustrant et parfois incompréhensible