01 avril 2015

America's Got Powers

Télé-réalité et pouvoirs sont au menu du premier tome de America's Got Powers

Il y a dix-sept ans, un étrange cristal atterrit à San Francisco, au milieu du Golden Gate Park. Une violente lueur émanant de la pierre provoque alors l'accouchement de toutes les femmes enceintes dans un rayon de 10 km.
Tous les bébés vont cependant bien. Mieux, ils ont tous acquis un pouvoir en grandissant. Tous sauf un.
Alors que le gouvernement prend des mesures pour contrôler ces surhumains, la télévision lance une émission, ultra-violente, mettant en scène les capacités spéciales de ces jeunes gens...

Ce récit est scénarisé par Jonathan Ross (à la base un présentateur de la BBC) et dessiné par Bryan Hitch.
On ne sait pas trop pourquoi mais, alors que l'histoire ne contient que six chapitres, Panini a eu la bonne idée de la découper en deux tomes. Bah... passons.
Ce n'est pas la première fois que la télé-réalité s'invite dans les comics, loin de là (cf. cet article). Et la critique basée sur la course à l'audimat ou les "jeux du cirque" modernes est également très ancienne, rappelons-nous seulement de l'excellent Rollerball [1]. Aussi, la vision de Ross, bien que très poussée et cynique, tombe un peu à plat et sent le réchauffé, d'autant qu'elle n'apporte rien de bien singulièrement neuf.

L'on suit essentiellement Tommy Watts, un "cristaleux" sans pouvoir, qui va être jeté dans l'arène par le plus grand des hasards. Et bien entendu, celui que l'on surnomme Zéro va finalement se découvrir un don. Là encore, on le sentait venir de loin. Le côté "manipulation" et "conspiration" manque sans doute également de subtilité, avec des personnages et situations caricaturaux. Quant aux autres surhumains, leur personnalité est inexistante. On est très loin d'un Rising Stars par exemple, qui, avec la même situation de départ, explorait la thématique en profondeur et avec beaucoup d'intelligence.
Du coup, alors que l'on attendait une critique habile de la télévision et de ses pratiques (par en plus un scénariste qui en est issu), l'on n'a en réalité que de l'action effrénée, pas désagréable mais un peu légère pour un thème qui aurait pu être explosif et passionnant.

Un méchant gouvernement, des producteurs aux dents longues et un jeune garçon plein de bons sentiments, tout cela est trop convenu pour susciter autre chose qu'un intérêt très limité.
Dispensable.

+ les dessins
+ une narration sans originalité mais qui tient la route
- une thématique survolée, souvent de manière caricaturale
- des personnages bien fades
- une intro un peu facile et déjà vue




[1] Évidemment la version de 1975, de Norman Jewison, bien plus troublante et dérangeante que le pâle remake de 2002. Le film est scénarisé par William Harrison, lui-même auteur de Roller Ball Murder, le recueil de nouvelles dont l'adaptation cinématographique est tirée.