20 avril 2013

Captain Marvel : In Pursuit of Flight


Le 18 juillet 2012, Carol Danvers arborait un nouveau costume sous le nom de code de Captain Marvel. Les amoureux du personnage ont surement fait couler de nombreuses larmes suite à cette nouvelle, mais devaient également être émus en apprenant que Carol était l’heureuse élue ! Les lectrices, elles, étaient ravies de savoir que l’éditeur confiait (enfin) un titre de si grande envergure à un personnage féminin. Retour sur le premier volume des aventures de Captain Marvel (épisodes #1-6) paru le 17 janvier dernier en VO et dont la parution en VF se fait actuellement dans le mensuel Avengers chez Panini Comics.


Rétrospective. Dans la conclusion du second volume de Ms. Marvel, Carol Danvers bat son ancienne ennemie Mystique et un clone de Captain Marvel, créé par les Skrulls durant Secret Invasion, après qu’ils aient effectués une série de tragédies dans un temple appartenant à l'Église de Hala, une église consacrée à Mar-Vell. Danvers a ensuite demandé de l’aide à Captain America pour contrer Norman Osborn durant Siege of Asgard et a commencé à développer une amitié avec Spider-man. Bien qu’il l’exaspère la première fois qu’ils font équipe ensemble, tous deux se rapprochent durant Dark Reign  et Carol admet plus tard avoir eu des sentiments pour lui. Après la conclusion de Siege, Ms. Marvel redevient un personnage régulier des New Avengers (vol. 2).

En Juillet 2012, Carol Danvers assume le titre de Captain Marvel dans une série écrite par Kelly Sue DeConnick et illustrée par Dexter Soy. Danvers porte alors un nouveau costume pour aller de pair avec son nouveau nom de code. DeConnick a exposé à la WonderCon 2012 que la série aurait des conséquences sur ce que la légende de Captain Marvel signifiait aux yeux de Danvers mais qu’elle s’intéresserait aussi sur comment  Carol compte supporter cette nouvelle responsabilité et comment le reste de l’univers Marvel va réagir à ce sujet. Carol Danvers a aussi rejoint l’équipe principale des Vengeurs en tant que Captain Marvel dans le cinquième volume de The Avengers.
(Thx Wikipédia !)



Le fond. L’intrigue est largement basée sur le passé de Carol, ce qui explique les nombreux voyages temporels qui s’effectuent en l’espace de six épisodes. Le but de ces premiers épisodes, assignés à Kelly Sue DeConnick, est de démonter pourquoi Carol est apte à prendre le titre. D’abord prise par les doutes et les remords, elle se décide finalement à adopter le nom de son prédécesseur Mar-Vell qui lui procure souvenirs et tristesse.

Sans connaître un minimum l’héroïne et son histoire, il peut être difficile pour le lecteur de s’y retrouver du fait de l’importance qu’a le passé de Carol dans ce récit. Les personnages ayant fait d’elle qui elle est, avec sa détermination et son caractère bien trempé, resurgissent du fait de ses expéditions temporels. Cependant, ces retours vers le passé permettent également aux néophytes de se rapprocher de l'héroïne qui "revit" ses expériences passées. Cela permet  donc de refaire le point sur une partie de son histoire.

C'est aux commandes du T6 qu’Helen Cobb lui a légué, qui n’est autre que la navette entre le passé et le présent, que Carol Danvers commence son périple dans le passé. Suite à une escale sur une île mystérieuse durant la seconde guerre mondiale, Carol décide de réécrire l'histoire en se rangeant aux côtés des filles du Banshee Squad, d'anciennes aviatrices américaines. En effet, Danvers a fait une découverte, dont elle aurait surement préféré nier l'existence. Mais il est déjà trop tard, la machine infernale est lancée. Elle doit donc se battre contre des ennemis ayant une technologie similaire à celle des Krees.
Le T6 refait son apparition. On est en 1961. Carol retrouve alors une vielle amie en la personne d'Helen Cobb. Cette dernière est au centre même de l'histoire car elle a toujours été pour Carol un modèle de femme (autant pour le caractère que pour leur passion commune, l'aviation) . A cette époque, les femmes se battent pour l'égalité. Helen Cobb en est un parfait exemple. Pour pouvoir accéder à son rêve, elle est prête à tout, quitte à échanger un précieux artefect contre quelques heures de vol (spoiler qui est, on le comprend par la suite, une des composantes de la machine ayant génétiquement transformé l'ADN de Carol) .
Un peu plus tard, le T6 réapparaît. Et cette fois-ci, ce n'est pas seule que Danvers emprunte la quatrième dimension. On retrouve alors la figure du héros déchu en la mort "renouvelée" de Captain Marvel, le vrai (ou plutôt l'ancien). Cette scène troublante, autant pour Carol que pour le lectorat, rend au titre une dimension plus dramatique, mais aussi historique (dans l'histoire du Marvelverse du moins). Je suppose que c'est à partir de ce moment que Carol est sûre à 100% qu'elle doit être la prochaine détentrice du titre.

Pour ce qui est des petites coquilles de ces premiers épisodes, il y a notamment l'histoire du costume de Captain Marvel. Ce que j'ai trouvé idiot de mentionner sans approfondir, c'est qu'au tout début, Carol, alors en plein combat aux côtés de Captain America, expose le fait que son costume a été conçu par Tony Stark. Pourquoi ? Dans quel but ? Quelles sont ses fonctionnalités ? Ce sont malheureusement des questions sans réponse. 


La forme. Le premier volume est pris en charge par une équipe artistique au style le plus divers : on y retrouve en vrac Dexter Soy, Richard Elson, Al Barrionuevo et Emma Rios. Cette diversité de style rompt réellement la chaîne graphique et déstabilise dans la lecture. Surement LE gros bémol du titre. Dommage.

Les premiers épisodes (#1-4), signés Dexter Soy, peuvent piquer les yeux du lecteur au tout début (sans pour autant développer du strabisme ou le rendre aveugle comme ça a été le cas avec d’autres artistes) mais les plus tolérants s’y habitueront assez vite. En effet, sans produire de mauvaises choses, l’artiste est selon moi, plus apte à l’illustration qu’en tant que comicbook artist. La rigidité des expressions faciales de ses personnages leur soutire une partie de leur charisme. Et c’est la répétition de ces expressions qui ne transmet pas convenablement les émotions voulues.

Emma Rios quant à elle clôt le volume (#5-6). N’en déplaise à certains, j’ai beaucoup aimé son style graphique à la fois original, fin et dynamique. Elle prête aux héroïnes un trait qui les rend tout aussi fortes que sexys  sur des planches très contrastées : l'ambiance est sombre mais le décor est pourtant bien coloré. Son travail, en collaboration avec le coloriste Jordie Bellaire est tout à fait remarquable. (Faute de temps, Al Barrionuevo remplace Emma Rios sur quelques planches traitant d'Helen Cobb. Sûrement l'artiste qui m'a le plus déplu)


En bref. Il est assez triste de voir que Marvel ne se soucie pas assez de la continuité graphique d’un des titres qu’il voulait relancer, d’autant plus que celui-ci signifiait beaucoup pour beau nombre de lecteurs. Carol Danvers étant mon idole, j’aurais adoré avoir sous mes yeux un bijou tel que DC Comics a pu faire de Batwoman, avec des artistes affirmant à la fois leur talent et le caractère propre de la série (une claque visuelle, quoi !). Captain Marvel a été une petite déception de mon point de vue bien que l’histoire en elle-même soit loin d’être mauvaise. Carol Danvers méritait mieux, c’est tout. D’autant plus que les voyages temporels ne sont pas vraiment mon fort. Ce qui sera cependant intéressant c'est de voir quelles seront les conséquences qu'auront les actions antérieures de Carol à l'avenir... Et cela m'étonnerait qu'elles soient toutes de bon augure. Ainsi, je continuerai à suivre les (més)aventures de Captain Marvel, avec un arrière goût amer, pour voir si par le plus grand des hasard, le titre réussira à surmonter ses difficultés et à retrouver de son éclat. Mais en continuant sur ce chemin, j’ai bien peur qu’il ne se heurte à de nombreuses ronces.

« Death and indignity be damned. We’ll get there. And we will be the stars we were always meant to be. »   
- Helen Cobb.


Et si, Captain Marvel vous intéresse et que vous voulez comprendre un peu mieux le titre, je vous conseille de vous rendre sur IGN, qui propose depuis le début de la série des entretiens avec la scénariste Kelly Sue DeConnick qui expose et clarifie ses idées tout en donnant des pistes pour l’avenir :