17 septembre 2013

Marvel Best-Sellers : Fantastic Four

Les Fantastic Four débarquent aujourd'hui en kiosque avec la réédition du premier arc de la série Marvel Knights : 4.

Les temps sont durs pour la famille Richards. En effet, suite à une escroquerie dont ils ont été victimes (et à quelques caprices du marché), les Fantastiques sont ruinés. Les voila obligés de licencier leurs employés, vendre le Baxter Building et... chercher un emploi.
Ben Grimm trouve un boulot sur un chantier, Susan devient prof dans un établissement accueillant des élèves en difficulté...
L'épreuve pourrait bien avoir raison des liens qui unissent la famille. Car si Reed Richards est à l'aise avec les équations ou les univers parallèles, la vie quotidienne lui pose parfois certains problèmes.

Marvel Best-Sellers est l'une des collections à petits prix lancées par Panini (à ne pas confondre avec la collection qui portait le même nom et était naguère vendue dans les boutiques MaxiLivres, cf. cet article). Les épisodes au sommaire de ce numéro constituent le premier arc de la série Marvel Knights : 4 et avaient été publiés il y a quelques années en français au format Graphic Novels (cf. le guide de lecture pour plus de précisions sur les collections).
Le scénario est signé Roberto Aguirre-Sacasa (The Stand, Angel), les dessins sont de Steve McNiven.

Graphiquement, rien à redire, c'est une pure merveille et Susan (enfin, Jane en VF) a rarement été aussi belle. Le récit, quant à lui, est centré sur les relations entre les personnages, dans une optique plus réaliste voire "adulte" que lors des traditionnelles aventures extra-dimensionnelles, qui sont ici laissées de côté. L'idée est plutôt bonne et permet à l'auteur de faire la part belle à l'émotion (la scène dans laquelle Reed tente de secourir un type qui veut se suicider par exemple).
De même, le fait de confronter les FF à une réalité plus pragmatique, alors qu'ils sont d'habitude blindés de pognon et bardés des gadgets les plus insensés, ouvre de nouvelles perspectives. Sue semble d'ailleurs être celle qui s'en sort le mieux, assumant parfaitement le rôle d'une femme forte qui assure dans tous les domaines. Elle est d'ailleurs considérée de nos jours comme probablement le membre le plus puissant de l'équipe (on la voit à son apogée pendant Civil War, lorsqu'elle s'oppose violemment à son mari, cf. ce Marvel Icons, entre autres), autant dire qu'elle a fait du chemin depuis les années 60, où Marvel devait justifier sa présence (parfois avec des réponses en BD, intégrées aux histoires !) suite aux lettres des fans qui la jugeaient inutile. Aujourd'hui les lecteurs ont grandi et la plupart ont compris l'utilité des filles. ;o)

Dans le Graphic Novel dont je vous parlais plus haut, l'on trouvait également le deuxième arc de la série (intitulé The Pine Barrens), ici absent. Un peu dommage car ces trois chapitres mettaient de nouveau très fortement en avant l'Invisible (qui l'était pour le coup de moins en moins). Néanmoins, Panini complète la sélection de ce comic par le Fantastic Four : The Wedding Special, de Karl Kesel et Drew Johnson, publié en 2004 dans le Marvel Icons #37.
Le choix est pertinent et sensé puisque ce court récit revient sur les moments importants de la vie du couple Sue/Reed et permet de rester dans une ambiance plutôt intimiste, et ce bien que les concepts de voyages dans le temps et d'univers parallèles fassent leur grand retour.
Les dessins sont clairement moins impressionnants que ceux de McNiven mais restent corrects, en tout cas pour les planches, la cover étant, elle, parfaitement hideuse (voici un petit comparatif avec à gauche Susan Storm-Richards en couverture, et à droite sa version tout de même plus réussie dans les pages intérieures).

Alors, une bonne histoire, un prix cassé (encore que non, pas tellement, c'est le prix d'un hors série pour une pagination sensiblement équivalente, si le contenu avait repris l'intégralité du graphic novel, avec le deuxième arc, là on aurait pu parler de prix réellement cassé), de chouettes dessins, on ne serait pas devant un petit perfect ma p'tite dame ? Pas tout à fait. Contrairement à un House of M (réédité de manière irréprochable en Marvel Select), il reste ici un problème, récurrent d'ailleurs, au niveau de la traduction. Principalement l'absence de l'adverbe de négation "ne". Je ne sais pas pourquoi, mais il semblerait qu'une partie des traducteurs et correcteurs soient fâchés avec lui, ce qui a un effet désastreux sur le texte ET les personnages (comme il a été tenté de l'expliquer dans cette chronique).
Ceci dit, l'ensemble reste correct et hautement recommandable, même (et peut-être spécialement) pour ceux qui ne connaissent pas bien la famille FF ou n'apprécient pas habituellement leurs aventures.

+ émouvant et plus réaliste que ce qui se fait d'habitude sur la série
+ superbes dessins de McNiven
+ une Sue Richards qui s'impose de plus en plus comme un personnage central
+ un épisode complémentaire bien choisi
- un texte VF perfectible