12 février 2015

Marvel Icons : Les Avengers par Busiek & Pérez

Un Marvel Icons de plus chez Panini ce mois, avec cette fois les Avengers à l'honneur.

L'épais ouvrage vient de débarquer en librairie et contient les quinze premiers épisodes de la troisième version de l'on-going Avengers (plus un annual).
Il s'agit donc du début du run de Kurt Busiek (scénario) et George Pérez (dessin) sur le titre. Les épisodes concernés datent de 1998 et 1999.
Nous allons voir tout cela en détail mais l'on peut déjà vous dire que c'est beaucoup moins indispensable que les Marvel Icons consacrés à Spider-Man par Straczynski.

Il faut considérer deux éléments bien distincts dans ce long récit. D'une part la pure castagne, et d'autre part l'aspect relationnel au sein du groupe.
Ce qui a pris un bon coup de vieux, c'est la baston. Les combats n'ont pas grand intérêt, les adversaires sont parfois ridicules, les invectives désuètes, bref, la narration date vraiment d'une autre époque. Une époque où les comics étaient beaucoup moins intéressants et très caricaturaux (mais bon, certains aiment le côté nostalgique). 
Ce qui reste intéressant, c'est l'aspect psychologique des personnages, leurs états d'âme, leurs doutes ou encore leurs relations amoureuses contrariées.

L'on va par exemple en apprendre plus sur les pouvoirs chaotiques de Wanda Maximoff, alias la Sorcière Rouge (et assister même à un remodelage de réalité qui préfigure un peu, à plus petite échelle, ce que sera bien des années plus tard House of M), mais aussi sur ses problèmes sentimentaux, coincée qu'elle est entre Vision et Wonder Man. Les auteurs s'attardent également sur les problèmes d'alcool de Carol Danvers (alias Ms. Marvel, Binary ou Warbird, elle change de pseudo comme de petite culotte). Et le duo d'ex-New Warriors, formé par Justice et Firestar, se révèle très intéressant également : Vance, fasciné par ses idoles, se sent de moins en mois à l'aise parmi elles, et Angelica est terrorisée par des pouvoirs certes utiles mais qui peuvent avoir un effet néfaste sur sa santé.

Outre ces personnages, l'on retrouve bien entendu des figures historiques incontournables, comme Captain America, Iron Man, Thor ou Hawkeye. Les Avengers vont rencontrer également (et forcément combattre) d'autres équipes, comme les Thunderbolts ou l'Escadron Suprême. 
Les auteurs eux-mêmes se mettent en scène avec humour, brisant ainsi le "quatrième mur" et évoquant leurs décisions futures. Si cela est tout à fait envisageable sur un titre comme Deadpool, ce serait très difficilement compréhensible sur les séries Avengers actuelles.
L'on a droit aussi à un nouveau venu, Triathlon, dont l'aspect et les pouvoirs sont aussi nazes que le pseudo. Côté vilains, l'on peut citer Mordred, Whirlwind ou Pagan, des stéréotypes de criminels pérorant et cognant sans beaucoup de finesse. On peut noter toutefois également l'idée de mettre en scène d'anciens Avengers revenus d'entre les morts pour combattre leurs collègues (un peu une sorte de mini Blackest Night). 

Le résultat est donc mitigé. Si l'on découvre avec plaisir un très grand nombre de personnages, avec des relations au sein du groupe fort bien traitées, le reste appartient à un autre temps et possède les tics de certaines séries des années 90, où une action débridée, mais souvent soporifique, prenait le pas sur l'histoire elle-même. 
La VF est correcte même si l'on peut relever quelques erreurs ("l'autrefois"), des décisions parfois étranges (les vengeurs deviennent les Avengers, tout comme Red Richards est maintenant appelé Reed, ce qui me semble plus logique, par contre, les Fantastic Four sont toujours désignés par l'abréviation QF au lieu du plus élégant FF) et quelques oublis (une case par exemple où le texte a été laissé en partie en anglais). 
Panini a ajouté une petite introduction, un topo sur les auteurs et les covers. Un poil léger pour le prix (des fiches de personnages seraient idéales pour accompagner ce genre d'histoire).

Très difficile d'avoir un avis tranché concernant ce Marvel Icons. Narrativement, le récit parait aujourd'hui, en référence aux codes actuels, franchement maladroit. Les dessins restent cependant agréables et la colorisation criarde bénéficie de l'atténuation apportée par un papier non glacé. 
Plutôt réservé aux complétistes, aux nostalgiques ou aux fans purs et durs des Avengers.

+ la vie privée des Avengers
+ un très bon Pérez
+ papier adapté
- une narration datée
- des ennemis souvent fades ou caricaturaux
- prix élevé 
- traitement éditorial léger