04 février 2015

Silk fait son entrée dans Amazing Spider-Man

Sortie du deuxième numéro de Spider-Man (v.5). Tout de suite, le point sur le contenu.

Après le relaunch du mois dernier, suite des aventures du Tisseur en kiosque avec une revue estampillée Original Sin
Au menu, deux épisodes d'Amazing Spider-Man, un nouveau chapitre de Spider-Man 2099 et deux numéros de New Warriors.
On commence bien entendu par la série historique du Monte-en-l'air, avec toujours Dan Slott au scénario et Humberto Ramos au dessin.

Comme on l'avait vu dans les épisodes précédents, Peter Parker doit faire face aux conséquences des agissements d'Otto Octopus (cf. Superior Spider-Man). Black Cat mais aussi Electro lui en veulent et menacent même de s'allier pour entrainer sa perte.
La jolie Félicia, particulièrement remontée, va mener la danse et prendre rapidement la tête des opérations. 
Mais c'est surtout l'arrivée de Cindy Moon, alias Silk, qui se révèle marquante. Parker apprend en effet (indirectement à cause de la mort du Gardien, liée donc à Original Sin) l'existence d'une jeune fille qui a été mordue par la même araignée radioactive que lui, lorsqu'il a acquis ses pouvoirs.

Cindy est en réalité enfermée depuis fort longtemps dans le bunker qu'Ezekiel (cf. le run de Straczynski) destinait à Peter afin de le protéger de Morlun (un être surpuissant qui se nourrit des héros dont les pouvoirs sont de nature totémique).
La petite dernière de la Spider Family est plutôt sympathique. Son costume en toile (d'où le nom, Silk, qui signifie "soie") est aussi sobre qu'élégant et certaines caractéristiques la différencient suffisamment de Spidey. Elle est notamment très habile avec sa toile organique, possède d'incroyables réflexes et a un caractère bien trempé dont Peter va faire les frais. 
Tout cela sert même de préambule à la saga Spider-Verse dont les prologues sont finalement annoncés pour mars.

Plutôt sympa et même très agréable à lire, Slott semblant continuer sur la lancée très positive de Superior Spider-Man et Ramos réalisant des planches dynamiques et impressionnantes. 
   
Petit intermède avec le courrier des lecteurs qui m'agace toujours autant. La lettre principale, qui prend à elle seule la moitié de la page, est une longue litanie de platitudes et de compliments si exagérés qu'ils en deviennent comiques. Je vais cependant revenir plus précisément sur une ou deux affirmations curieuses : 
- "sans vous [Panini] je n'aurais jamais connu l'univers Valiant".
Non. Outre le fait que l'univers Valiant, on s'en passerait bien (cf. X-O Manowar), en réalité, sans Valiant on ne connaitrait pas Valiant, Panini n'a rien à voir avec ça. C'est là un discours que tenaient certains à l'époque où les droits DC Comics étaient encore détenus par Panini. Or, quand ils les ont perdus, non seulement les séries DC en français ne se sont pas arrêtées, mais elles ont même connu un essor sans équivalent (et un bien meilleur traitement). Il existe, outre Panini et Urban, bien des éditeurs, petits ou grands, qui auraient très probablement été tentés par les "miettes" Valiant. 
- "[Panini] nous propose un catalogue comics de qualité".
Là encore ils n'y sont pour rien les pauvres. Si certaines séries sont bonnes, c'est Marvel qu'il faut remercier, eux ne font qu'adapter, souvent mal, le travail d'un véritable éditeur. Et ce n'est pas par altruisme, mais parce qu'il s'agit d'un marché de niche qui génère des ventes, quelle que soit la qualité de celui qui détient les droits.
- la plus drôle pour la fin : "l'équipe de Panini est à l'écoute de ses lecteurs".
Oui, c'est bien connu. Tellement à l'écoute que lorsque tout le monde leur fait remarquer une erreur énorme dans une publication kiosque, on la retrouve à l'identique plusieurs mois après en librairie. En fait ils sont peut-être même trop à l'écoute non ? Faudrait voir à pas s'user les tympans. 
Bref, une page d'autosatisfaction totalement inutile et qui aurait pu servir à étoffer le petit plus rédactionnel sur les New Warriors (louable initiative qui n'éclaircit pas tout sur le sujet mais qu'il faut souligner). 

On en revient aux séries ! 
On attaque la suite avec Spider-Man 2099, de Peter David et Will Sliney. Le numéro du mois dernier installait un peu le contexte, cette fois, ça décolle vraiment avec la plume inimitable de David. L'auteur nous ménage ici quelques petites surprises dont il a le secret [1] et soigne les répliques de ses personnages. L'épisode met Miguel O'Hara aux prises avec deux jeunes femmes charmantes qui vont se révéler touchantes et intelligentes. 
Loin d'une action forcenée ou soporifique, David bâtit patiemment son récit, soignant chaque scène en apportant humour et émotion.
Excellent !

On termine par New Warriors. Le scénario est de Christopher Yost, les dessins sont de Marcus To
C'était déjà la grosse réserve du mois dernier et le constat se confirme.
Beaucoup d'action brouillonne, pas très passionnante, des ennemis qui ressemblent à des Sentinelles (sauf qu'en plus des mutants, ils veulent buter les Inhumains et les héros "souillés" par la magie), et des personnages principaux nombreux (ce qui n'est pas forcément en soi un problème) mais trop fades pour être bien différenciés et générer de l'empathie. Même lorsque l'on connaît certains d'entre eux (Justice, Speedball, anciennement Penance, Scarlet Spider (version Kaine)...), il est difficile de rentrer dans l'histoire, alors pour un nouveau lecteur (ce qu'une nouvelle série est censée attirer), ce sera sans doute encore plus décevant. Le seul point faible - mais de taille - de la revue pour le moment.

Le bilan n'est pas mauvais, notons l'omniprésence de personnages féminins forts (Black Cat, Silk, Tempest, Liz Allan) qui apportent une vraie bouffée d'air frais. Les titres purement arachnéens s'en sortent très bien, les New Warriors sont à la ramasse mais l'on peut se consoler en se disant que l'on n'aura pas deux épisodes de cette série à chaque fois.

+ arrivée de Silk et mise en place de certains éléments liés au prochain event Spider-Verse
+ le style Ramos
+ un excellent Peter David
+ un plus rédactionnel suffisamment rare de la part de Panini pour être souligné (mais ces infos, trop compressées pour être claires, auraient mérité de s'étendre sur deux pages en supprimant la pub déguisée sous l'appellation "courrier des lecteurs")
- la série New Warriors, encore trop brouillonne



[1] Il est notamment le maître d'œuvre de l'un des coups de théâtre les plus inattendus et percutants qu'il m'ait été donné de voir dans un comic. Il mettra en effet patiemment en scène la grossesse puis l'accouchement de Cyrène, enceinte de Madrox, et, dans une ambiance intimiste et sereine, surprendra tout le monde en faisant disparaître le bébé d'une manière aussi choquante que bien pensée. En vf, la scène a été publiée en 2010 dans Astonishing X-Men #57 et détaillée sur UMAC lors de la chronique concernant Astonishing X-Men #58. Elle a été classée en première position de notre petit Top 5 des coups de théâtre dans les comics.