06 septembre 2012

Walking Dead : Un Vaste Monde

Comme maintenant tous les six mois, le nouvel album de Walking Dead est disponible en librairie.

Après quelques digressions sur le jeu, le Guide des Personnages ou le roman, nous revenons à l'essentiel ; la série en elle-même. Rick a maintenant la communauté d'Alexandria bien en main. Même Nicholas, qui avait pourtant tenté de prendre violemment la tête du groupe, s'est rangé du côté de l'ancien flic et de son leadership naturel.
Tout n'est cependant pas réglé. Carl doit se faire à son visage, atrocement mutilé, Rick rejette Andrea par peur de la perdre, et l'ensemble des survivants commence à manquer de nourriture.
C'est dans ce contexte que l'arrivée d'un étranger va semer un peu plus le trouble.

Ce seizième volume, toujours écrit par Robert Kirkman et dessiné par Charlie Adlard, rassemble les épisodes #91 à #96. Une précision tout d'abord, inutile de lire, dans le résumé des épisodes précédents, le dernier petit paragraphe, il fait référence non à des évènements passés mais à ceux qui se déroulent dans ce tome. 
Pour ce qui est de l'intrigue, disons qu'elle donne l'impression de faire un peu de sur-place mais qu'elle aboutit tout de même à une petite évolution. Reste que l'essentiel de l'intérêt, comme souvent, repose sur les personnages et leurs relations. Que ce soit la manière d'élever un enfant (une réaction de Carl, à un moment, est tout bonnement énorme), la façon de gérer les relations sociales ou encore d'établir un semblant de vie de couple, tout, dans ces conditions, nécessite une capacité d'adaptation et des efforts exceptionnels.
Le danger est bien entendu présent et provient, une fois encore, plus des autres survivants que des zombies.

Difficile d'en dire plus sans tout dévoiler, aussi l'on va passer immédiatement au coin des spoilers, histoire tout de même d'analyser un peu plus l'évolution de la situation.

Le Coin des Spoilers
Le titre de ce TPB, "Un vaste monde", pourrait faire penser à un radical changement de cap, une ouverture justement sur le reste du monde et le mystère qui l'entoure. Dès le dixième tome, l'on s'interrogeait sur la suite des évènements, en supposant une possible explication de l'épidémie, un éventuel flashback en présentant les premiers temps, et même l'exploitation d'une intrigue portant sur l'évolution du comportement des zombies ou encore sur les autres groupes de survivants. C'est finalement cette dernière option qui a été choisie, avec le risque bien entendu de répéter un peu le schéma prison/Gouverneur. Car évidemment, si le plan de Rick fonctionne, il n'y a plus d'histoire.
Il faudra donc, d'une manière ou d'une autre, s'extraire de cette communauté, surtout si elle devient autosuffisante. Soit en la détruisant (ce qui rappellerait la prison), soit en envoyant Rick se faire voir ailleurs. C'est dans cette deuxième possibilité que l'on peut imaginer les choix les plus intéressants. D'autant que, de manière insidieuse, la révolte menace encore de gronder. Même Abraham, pourtant un précieux allié de Rick, semble remettre en cause ses choix. Créer un conflit interne permettrait donc de relancer la machine, sans pour autant faire intervenir un nouveau Gouverneur (je ne sais pas pourquoi, je ne crois pas beaucoup à la menace Negan).
Les moments les plus surprenants viennent toutefois ici de Carl, qui tient des propos tellement en décalage avec son jeune âge qu'ils en deviennent même drôles (le moment où il rassure son père en disant que si le prisonnier avait été "méchant", il l'aurait abattu, ou, encore mieux, le moment où il propose lui-même le deal "on vous débarrasse des bandits et vous nous donnez la moitié de ce que vous avez").
Bref, on avance à un rythme un peu moins soutenu que par le passé, mais les possibilités sont si nombreuses et les personnages si attachants que l'on peut sans peine repartir pour une centaine d'épisodes supplémentaires si Kirkman évite l'enlisement.

Toujours un très bon moment de lecture.