29 octobre 2012

Marvel Heroes Extra : Hulk smash Avengers

Le Marvel Heroes Extra #12 de ce mois revient sur les nombreuses confrontations entre Hulk et les Vengeurs. L'idée aurait pu être bonne...

Bien que Hulk ait fait partie des Vengeurs (il est même plus ou moins à l'origine de leur création), il a rapidement quitté le groupe et s'est souvent retrouvé en face de ses anciens coéquipiers. La mini-série Hulk smash Avengers, surfant sur la mauvaise idée qui consiste à tenir exagérément compte de l'actualité des adaptations cinéma (cf cette chronique), retrace quelques-unes de ces rencontres "musclées".
Ces cinq épisodes sont écrits par Tom de Falco & Ron Frenz, Joe Casey, Roger Stern, Jim McCann et Fred van Lente. Les dessins sont de Ron Frenz, Max Fiumara, Karl Moline, Augustin Padilla et Michael Avon Oeming.

Le premier épisode se déroule alors que Hulk a quitté les Vengeurs depuis peu. Ses derniers, pour le convaincre de revenir, ne trouvent rien de mieux que de lui taper dessus (les Vengeurs, quand ils sont amoureux d'une fille, ils lui tirent les couettes ?).
Style old school, avec notamment le Baron Zémo en guest. De la baston essentiellement.

Petit bond dans le temps avec le chapitre suivant, se déroulant avant Avengers (v. 1) #181. L'on y retrouve Gyrich, agent de liaison de la NSA, détaché auprès des Vengeurs. Celui-ci s'ingère de plus en plus dans les affaires internes du groupe, allant jusqu'à limiter l'équipe en nombre ou même choisir ses membres, ce qui crée évidemment certaines tensions.
Pendant ce temps, Hulk met un peu la zone en Californie. Gyrich a alors l'idée d'envoyer les Vengeurs régler le problème alors qu'ils sont en sous-effectif. Une manière de leur faire comprendre qui commande et de les mettre au pas.
Plus subtil que le premier chapitre, cet épisode bénéficie en plus du style, non dénué de charme, de Fiumara.

On continue notre progression chronologique avec la troisième partie, située cette fois entre les épisodes #227 et #228 de la série Avengers. Là encore essentiellement de la castagne, prétexte à un hommage à Mark Gruenwald et John Buscema, mis en scène ici sous les traits de deux "civils" discutant devant le manoir des Vengeurs. Une noble attention, mais franchement hors de propos vu le public visé...
L'intrigue, si l'on peut l'appeler ainsi, est encore plus mince que Kate Moss.

L'avant-dernier épisode se déroule avant Incredible Hulk #347 et a pour décor Las Vegas. C'est de la baston encore une fois, mais les Vengeurs y affrontent Mr Fixit, une autre incarnation, plus sournoise et cynique, du pauvre Bruce Banner. Padilla s'en sort très bien, avec de jolies planches mettant en valeur les musculeux affrontements.
Cependant, encore une fois, puisque le public visé en priorité est censé être nouveau et sortir des salles obscures, le choix de Fixit risque plus de les dérouter que d'exciter leur curiosité, d'autant que si les récits sont à chaque fois situés par rapport à une série, il n'y a aucun petit topo permettant d'expliquer un peu le contexte.

Enfin, l'on termine par une rencontre plus récente, située après Civil War et World War Hulk. Banner est emprisonné et les Vengeurs de Stark affrontent en fait Rulk, le fameux Hulk rouge. Encore une fois, rien d'extraordinaire, si ce n'est une tentative de parallèle entre l'alcoolisme de Stark et la supposée addiction de Banner à Hulk, et plus précisément à sa rage.
Là encore, il sera difficile pour les spectateurs du film Avengers (puisque l'on annonce clairement que c'est d'eux qu'il s'agit) de s'y retrouver entre Rulk et les allusions à la guerre civile (dont la mort de Cap).
Quant à Oeming, excellent pourtant sur Powers ou The Mice Templar, il livre ici un travail décevant, proche même de l'amateurisme (et pas dans le bon sens du terme).

Au final, nous avons donc une compilation bancale, sans intérêt, qui s'avère clairement dispensable, que l'on soit un lecteur novice ou non.

+ le prix
- le côté décousu
- l'absence de scénario
- la faiblesse graphique de certains épisodes
- l'opportunisme cinématographique, sans effet réel si ce n'est la production de séries aussi creuses que celle-ci
- les thèmes mal choisis si l'on tient compte du public visé
- ah ben... le prix finalement, c'est trop cher pour ce que c'est