18 octobre 2012

Witch Doctor : coup de scalpel

Petite visite médicale avec Witch Doctor, tout juste débarqué hier en librairie.

Le docteur Vincent Morrow n'est pas un banal médecin puisque sa spécialité concerne les maladies infectieuses de type... surnaturel. En effet, les fées, zombies, démons et autres vampires ne sont rien d'autre que des pathologies contre lesquelles il existe des remèdes plus ou moins évidents.
Accompagné de son assistant et de Penny, une patiente faisant également office d'anesthésiste, Morrow se doit d'aider le conseil de Mystique Sans Frontières à éviter la Rechute, une pandémie ultime à laquelle l'humanité pourrait bien ne pas survivre !

Voici donc une nouvelle série, publiée par Delcourt et créée par deux illustres inconnus : Brandon Seifert au scénario, Lukas Ketner au dessin. Après être passés par l'auto-publication, les deux auteurs ont finalement signé aux Etats-Unis chez Skybound, un label Image Comics dirigé par Robert Kirkman.

Le concept de départ est plutôt original et permet de mélanger médecine et fantastique. Cela donne un résultat franchement savoureux à base de bactéries, d'antibiotiques mais aussi de magie en gélules, de sutures métaphysique ou encore de greffons psychiques.
Ce premier volume met en scène plusieurs cas, qui vont de la "simple" possession à l'hématophage post mortem (un vampire en médecine mystique), en passant par un oeuf de fée ou la créature du lagon noir. Les références au cinéma ou à la littérature d'horreur sont nombreuses (Stoker, Lovecraft...) et le tout est rehaussé par une touche d'humour noir assez plaisante.

Graphiquement, c'est non seulement joli, avec une ambiance sombre et gothique, mais inventif. Les monstres ont ce qu'il faut d'effrayant, sans être ni trop kitsch ni trop gore, et le matériel, inspiré par l'esthétique steampunk et de véritables instruments médicaux des années 30, s'avère plutôt réussi et étonnant, comme la "seringue-vitrail" par exemple.
Quant à notre brave toubib, même s'il ne semble pas aussi imbuvable et asocial que le décrit la quatrième de couverture, il tient la route et affiche un certain charisme.
L'ouvrage se termine sur quelques bonus, dont un carnet de croquis assez fourni (et commenté), les covers et deux bafouilles, de Kirkman et Seifert.

Un comic horrifique qui revisite les classiques de l'épouvante d'une habile manière.
Peut entraîner des effets secondaires, comme l'addiction ou l'achat de suites. Poursuivre le traitement si les symptômes persistent.

+ original
+ très inspiré graphiquement
- le toubib est moins percutant que ce que l'on était en droit d'attendre, surtout vu la quatrième de couverture, presque mensongère
- les bonus présents laissent à penser que Penny, malgré un important travail de conception, est loin d'avoir atteint son réel potentiel : se faire expliquer l'intérêt d'un personnage alors qu'il n'est pas encore perceptible dans le récit est au mieux désagréable, au pire (si rien ne vient confirmer l'intention des auteurs) d'une rare prétention...