Intégrale Don Rosa : La Jeunesse de Picsou
L'on plonge aujourd'hui dans le passé de la plus célèbre famille de canards, avec le premier tome de L'intégrale Don Rosa consacrée à La grande épopée de Picsou.
Après l'intégrale Carl Barks, qui commence à être bien fournie, Glénat consacre une nouvelle série de recueils à un autre grand nom des comics Disney : Keno Don Rosa.
Ce premier tome contient la maxi-série The Life and Times of Scrooge McDuck qui, en douze chapitres, revient sur les jeunes années de Picsou.
Contrairement à ce que le commun des mortels pourrait penser, Balthazar Picsou n'est pas né dans l'aisance, en héritant d'une grande fortune. Au contraire, alors qu'il n'est qu'un enfant, il apprend que le clan McPicsou est ruiné. Son propre père peine à nourrir ses deux soeurs, et Balthazar est obligé de commencer à travailler... comme cireur de chaussures. Son premier client lui refile une pièce américaine, qui n'a évidemment pas cours en Ecosse. C'est néanmoins son premier sou, celui qui sera la source d'une motivation sans faille. A 13 ans, le petit garçon, courageux et malin, s'embarque pour l'Amérique et ses promesses de richesse. Pendant des années, il va parcourir le monde, affronter des bandits, apprendre la vie à la dure, avant, enfin, de faire fortune dans le Klondike. Mais peu à peu, le jeune homme est devenu un être aigri, cynique, radin... et même sa famille se détourne de lui.
Bien avant Spider-Man ou la Justice League, Donald, Picsou et leur famille sont sans doute les premiers ambassadeurs des comics dans le monde
. Quel enfant n'a en effet jamais lu une de leurs nombreuses aventures ? Celle qui nous intéresse aujourd'hui constitue un fondement de cet univers. Ce récit est d'ailleurs très différent de ceux que l'on pourra découvrir dans l'intégrale Barks, puisque plus récent (il date du début des années 90) et constitué d'une trame générale et non de courtes histoires indépendantes.
. Quel enfant n'a en effet jamais lu une de leurs nombreuses aventures ? Celle qui nous intéresse aujourd'hui constitue un fondement de cet univers. Ce récit est d'ailleurs très différent de ceux que l'on pourra découvrir dans l'intégrale Barks, puisque plus récent (il date du début des années 90) et constitué d'une trame générale et non de courtes histoires indépendantes.
Don Rosa fait montre ici d'un grand talent mais aussi d'une incroyable passion pour l'oeuvre de Barks, son maître, à qui il n'oublie jamais de rendre hommage grâce à un D.U.C.K. (Dedicated to Unca Carl from Keno) caché au milieu d'une case. Patiemment, Rosa a recueilli toutes les références au passé qui étaient disséminées dans les écrits de Barks, pour bâtir une saga aussi riche que respectueuse de la continuité (du moins, sauf cas de force majeure).
Chaque chapitre se termine sur un texte explicatif de Rosa, qui parle de ses références, ses recherches ou ses choix. L'on mesure alors, malgré l'apparente simplicité du trait, la somme de travail et de recherches que chaque épisode a nécessité.
Mais plus qu'un
exploit technique, Rosa parvient ici à toucher le lecteur en donnant une profondeur inégalée à Picsou. Sa lente transformation est magistrale et, bien que de nombreux gags parsèment la saga, l'émotion est bien présente. La scène où un Picsou adulte se recueille sur la tombe de sa mère, ou encore celle montrant son départ définitif pour les Etats-Unis, sont des moments d'une rare intensité et d'une grande subtilité. Bien que la mélancolie soit présente, tout passe en finesse, sans effets larmoyants et même avec une rare poésie. La seule case, sans aucun texte, où l'on entraperçoit la dépouille de Fergus, dans un lit éclairé par le clair de Lune, alors que son fantôme disparaît à travers un mur du château, est une pure merveille de maîtrise et de retenue.
exploit technique, Rosa parvient ici à toucher le lecteur en donnant une profondeur inégalée à Picsou. Sa lente transformation est magistrale et, bien que de nombreux gags parsèment la saga, l'émotion est bien présente. La scène où un Picsou adulte se recueille sur la tombe de sa mère, ou encore celle montrant son départ définitif pour les Etats-Unis, sont des moments d'une rare intensité et d'une grande subtilité. Bien que la mélancolie soit présente, tout passe en finesse, sans effets larmoyants et même avec une rare poésie. La seule case, sans aucun texte, où l'on entraperçoit la dépouille de Fergus, dans un lit éclairé par le clair de Lune, alors que son fantôme disparaît à travers un mur du château, est une pure merveille de maîtrise et de retenue.
Bon, heureusement, l'on n'est pas tout le temps sur ce registre et l'on va assister à de nombreux évènements importants. Entre les personnages historiques qu'il croise, sa première rencontre avec les Rapetou ou son propre neveu Donald
, la construction de sa tour/coffre-fort, dominant un Donaldville encore à l'état de petit village, ou l'achat de la célèbre redingote, tout ou presque ce qui constitue le personnage et sa légende est exposé et détaillé.
, la construction de sa tour/coffre-fort, dominant un Donaldville encore à l'état de petit village, ou l'achat de la célèbre redingote, tout ou presque ce qui constitue le personnage et sa légende est exposé et détaillé.
Le travail éditorial est à souligner, puisqu'en plus des textes de Don Rosa, une page, assez complète, permet de donner diverses informations sur chaque chapitre, notamment les dates des différentes publications et les titres des revues, américaines ou françaises, les ayant accueillies. Pour ceux qui ne voudraient pas les chercher, la solution des D.U.C.K. est fournie, avec illustrations à la clé. Et enfin, l'arbre généalogique des Duck est présent deux fois, dont une sous forme d'un grand poster.
La traduction est également plutôt propre, autrement dit, pour 29,50 € et près de 300 pages, l'on n'a pas l'impression d'être volé.
Peut-être que les histoires de canards n'intéresseront pas tous les lecteurs, mais il semble difficile de ne pas reconnaître la qualité de celle-ci. Après Barks et Rosa, espérons qu'un jour Glénat aura la bonne idée de rendre hommage à Guido Martina en sortant une intégrale Fantomiald. Non parce qu'il s'agit d'une approche super-héroïque du personnage, mais parce que Donald est écrit d'une manière totalement différente et bien plus positive (et oui, je suis un peu nostalgique de ces vieux épisodes).
Une "grande" épopée qui mérite bien son nom.
+ la profondeur prise par Picsou
+ les rares mais fantastiques moments d'émotion
+ les explications et petits bonus
- l'aspect enfantin de l'ensemble au premier abord, qui pourrait masquer les grandes qualités de l'oeuvre si l'on ne fait pas l'effort de passer outre





7 commentaires:
Du Glénat Comics ? Toi ? C'est donc bel et bien la fin du monde vendredi. Ventre-Saint-Gris, nous sommes foutus, foutuuuuuuuus ! :p (tu me dis hein, si j'en fais trop ).
Plus sérieusement, ça fait un moment qu'un ami en parle et je suis curieux de lire tout ça !
lol
Je ne pense pas que l'autre tanche soit lié à ça, donc j'ai décidé de ne pas me priver, j'avais envie de parler des canards. ;o)
Une petite larme coule le long de ma joue : mon premier comics avant même que je sache ce qu'était les comics.
J'avais pratiquement tout les Picsou Magazine où était publié cette saga magistrale mais malheureusement la vie, les déménagements et la famille (la sauvagerie de mes jeunes soeurs et de mon vil petit frère) ont détruit mes précieux avec le temps.
Je risque certainement de me laisser tenter par cette édition, c'est un indispensable.
@Hichem : "Une petite larme coule le long de ma joue"
--> C'est vrai que les canards remuent pas mal de souvenirs...
Pour moi, cette saga est trop récente pour que je l'associe avec d'anciens et épiques moments de lecture, mais je pense que je serais assez fébrile si je pouvais relire du Fantomiald. ;o)
Pareil pour moi, ce sont les souvenirs de Picsou Magazine qui remontent...
Mais j'hésite énormément à acheter ce livre : je ne sais pas ce qu'il vaut par rapport à l'intégrale Carl Barks qui avait été pas mal décriée (notamment au niveau des couleurs), et j'espère toujours que Fantagraphics sortira l'intégrale de Don Rosa en VO, sous le même format que leur excellente intégrale Carl Barks, en cours de publication... Dilemme, dilemme...
Merci pour ton article, ca m'a donné l'envie de (re)lire Oncle Picsou !!! (C'était pas gagné...)
Eh bien je ne prendrai pas cette intégrale car je n'aime pas trop Don Rosa. A ses débuts en 87, les histoires étaient plus simples à lire et plus agréables mais au fil des années, il a ajouté trop de détails, de texte qui ont considérablement alourdis la lecture. Je n'ai absolument pas adhéré à la saga de la jeunesse de Picsou. Même si je lui reconnais du talent, il n'aura jamais le génie de Barks qui rendait les histoires du créateur de Picsou si fluides, belles, agréables comme une rivière de campagne en été.
J'espère que Glénat va continuer dans sa lancée et faire des intégrales de certains auteurs italiens comme le génial Scarpa.
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