03 décembre 2012

Justice League : premier bilan du relaunch/preview du tome #2

Un point aujourd'hui sur les deux premiers tomes librairie de Justice League.

Le relaunch général des séries DC Comics n'a évidemment pas épargné l'équipe réunissant les héros les plus populaires de l'éditeur. Cette Justice League rassemble Superman, Batman, Wonder Woman, Green Lantern, Flash, Aquaman ainsi que Cyborg.
Urban Comics a déjà publié un premier tome en librairie, le second est prévu pour début février. Pour différentes raisons développées plus bas, il semble préférable d'aborder ces deux ouvrages en même temps (ce qui permet de dresser le bilan d'un an de publication US).
Pour le scénario, pas de surprise, l'on retrouve Geoff Johns aux commandes. Les dessins quant à eux sont à mettre au crédit de Jim Lee. La partie graphique est d'ailleurs très réussie : c'est joli, bien colorisée, ça en jette, bref, aucun souci à ce niveau.

L'on passe donc à l'intrigue. Il s'agit de la première rencontre entre tous ces personnages, et comme tous les nouveaux départs, ce relaunch risque de faire grincer des dents aux plus anciens lecteurs mais se révèle être une bonne porte d'entrée vers le DCU pour ceux qui n'auraient pas encore franchi le pas.
L'histoire se déroule alors que la population n'est pas encore familiarisée avec les super-héros, cinq ans avant notre époque.
S'il semble important de tenir compte des deux premiers tomes (épisodes #1 à #12), c'est tout simplement parce que le premier est bien plus faible, pour ne pas dire mal fichu. Les personnages y sont très rapidement présentés, de manière assez caricaturale (l'on retrouve le principe du "je te cogne dessus et on fera les présentations après") et même l'ennemi commun, qui permet la formation du groupe (en l'occurrence Darkseid) s'avère assez fade. Il y a bien quelques traits d'humour, mais l'ensemble n'a rien de nouveau ou de particulièrement excitant.

Heureusement, le deuxième tome (à paraître en février 2013) apporte quelques changements fort bienvenus.
Tout d'abord, l'aspect politique et social de l'apparition des super-héros est plus développé. Le gouvernement des Etats-Unis souhaiterait avoir un minimum de contrôle sur la Ligue, alors que le colonel Trevor, dont le rôle va s'avérer des plus intéressants, met en garde les membres du congrès sur la manière dont la Ligue pourrait prendre ce manque de confiance. L'on est loin d'un The Authority, mais tout de même, on lorgne un peu sur ce genre de thèmes.
Au niveau des relations entre les personnages, là encore cela s'améliore grandement. On commence à sentir de la souffrance, de la profondeur : un membre quitte le groupe, un triangle amoureux se met en place, on est loin du purement superficiel des premiers épisodes.
Et pour ce qui est de la nouvelle menace affrontée par les héros, là encore on monte d'un cran, avec un adversaire bien plus subtil et tragique que le sous-exploité Darkseid.

Avec du recul, l'on pourrait même laisser à Johns le bénéfice du doute en pensant qu'il a volontairement commencé "léger" pour monter en puissance (j'avoue que ce n'est pas l'hypothèse la plus probable et qu'il s'est probablement simplement gaufré sur le début de la série).
Ce qui s'annonce pour la suite (le tome #2 se termine avec une sorte de teaser assez alléchant) semble intéressant, mais avec Johns, l'on sait que l'on peut aller du meilleur (Green Lantern, Aquaman) au pire (Blackest Night, Olympus). L'avenir est donc incertain, mais le titre comporte suffisamment de qualités pour que l'on puisse s'accrocher un peu afin de les découvrir.

Une série qui monte en puissance et qui pourrait révéler de bonnes surprises.

+ accessible
+ casting prestigieux
+ partie graphique irréprochable
+ bonus (covers alternatives, fiches et études de personnages)
+ humour, et même de l'émotion à partir du deuxième tome
- présentation des personnages trop vite expédiée (premier tome)
- situations convenues (premier tome)