08 décembre 2013

Bad Ass tome 2 : the Voice



1e de couverture
C’est avec le premier volume de la série que je suis entré sur ce blog (un peu comme on entre en religion, la rédaction et la publication de l’article devenant une forme de rite initiatique destiné à m’extirper du commun des mortels), un volume édité par Delcourt qui surfait allègrement sur la vague des parodies du monde super-héroïque.

Bad Ass se concentrait sur Dead End, de ses origines bourrées de cliché à sa volonté d’en finir avec la toute-puissante American Justice Federation. Un personnage était évoqué, presque à demi-mots : « the Voice » mais n’apparaissait jamais. Ce tome-ci répare l’oubli puisqu’il place cette femme hors du commun sur le devant de la scène. On est donc davantage dans un épisode secondaire par rapport à l’intrigue principale, dont les lignes directrices auraient tendance à rapprocher la série d’une œuvre de longue haleine comme the Boys (dont Neault vous a longuement vanté les mérites ici-même). Ce qui engendre un certain malaise quant à la position des auteurs qui, tout en continuant dans la veine comico-gore, cherchent à construire un univers cohérent et, partant, un background plus sérieux. On retrouve donc des situations connues, les mêmes épreuves, les mêmes adjuvants et adversaires, le tout surexposé, exagéré et dilaté dans des proportions parfois franchement drôles : la galerie de patients de l’Hôpital psychiatrique de Beltran est déjà réjouissante, mais ce n’est rien à côté des pensionnaires du Centre d’Etudes de l’Evolution de Californie qui vaut à elle-seule le coup d’œil (à coups de références directes à la culture populaire – j’adore le Robot mixeur maléfique !). C’est justement dans l’asile cité que l’un des internés va attirer l’attention d’un visiteur, qui demandera au Dr Benson des précisions sur cette jeune femme cloîtrée dans une cellule de confinement :
« Je vous présente « the Voice », la chose la plus horrible qu’il m’ait été donné d’entendre. Sans cet imposant dispositif de sécurité, Dr McComb, je serais en train de dévorer mes propres testicules… et probablement les vôtres. »


Tout le volume nous retracera l’évolution de cette femme – pendant psychopathe de Jean Grey - avec des allers retours constants entre son passé où ses pouvoirs mentaux se révèleront dans sa prime jeunesse jusqu’à ce qu’un Dr Sirit (orthographié parfois « Spirit » - le lettrage laisse à désirer) la recrute dans son Centre pour jeunes pleins de potentiel (suivez mon regard), et un présent où une rébellion se prépare avec en toile de fond l’intervention attendue de Dead End. Si le premier tome s’amusait à pasticher l’univers de Batman et de la JLA, celui-ci s’oriente clairement vers les X-Men, tout en interpellant le lecteur de Watchmen (la section où Rorschach est enfermé et examiné par un psychiatre).  
 
Divertissant en diable, ultra-référentiel et agréablement mis en page (seule la gestion des combats nécessiterait des améliorations pour les rendre plus lisibles), la série d’Hanna & Bessadi, avec ce volume, mérite le détour.

+ des références à la pelle aux comics mutants et au cinéma d’horreur
+ des personnages hilarants ou fascinants
+ un sens de l’humour frais
+ c’est dynamique, parfois violent
- une certaine complaisance
- des noms qui changent d’orthographe
- pourvu qu’ils ne se prennent pas au sérieux !