31 décembre 2013

Marvel Universe #1 : l’Ascension de Thanos



Ah, Thanos !
La simple apparition de son visage si caractéristique à la fin du film Avengers a suscité tant d’enthousiasme (teinté de beaucoup d’appréhension) qu’il a aussitôt ravivé les glorieux souvenirs que je conservais du personnage développé sous la plume et les pinceaux de Jim Starlin (auquel la saga Thanos rising est d’ailleurs dédié respectueusement). 
Bien davantage que les aventures de « l’Araignée », de « l’Homme de fer », des anciens « X-Men » ou encore de Daredevil, c’est avant tout la saga du Cube cosmique qui m’avait fasciné et ébloui à l’époque des premiers Strange édités par Lug : l’irrésistible ascension d’un être aussi puissant que retors, sans aucun scrupule, que seule une poignée de héros terriens parviendra à contrer, et en particulier ce Captain Marvel qui demeurera à jamais comme mon personnage favori de la galaxie Marvel.
Partageant bon nombre de caractéristiques avec l’intriguant DarkSeid de l’univers DC, Thanos n’en a pas moins conservé une aura propre et particulière au point que, bien après sa « mort », ses créateurs aient cru bon de le faire revenir pour des sagas cosmiques d’une envergure jamais atteinte jusque lors, le bonhomme allant jusqu’à conquérir de belle manière le pouvoir absolu en s’emparant des Joyaux de l’Infini avant de se débarrasser un par un des êtres suprêmes gouvernant notre réalité. Rien ne pouvait se mettre en travers de sa route, pas même cette fois une coalition des plus puissants de nos héros. Seule une faille, infime et insoupçonnable, a permis de le défaire et de le rejeter pour un temps à l’écart des conflits galactiques : cette faille était simplement en lui.


Thanos rising permet de remettre cet amoureux de la Mort au premier plan éditorial, sans doute pour mieux préparer le terrain à son irruption dans le domaine cinématographique. Jason Aaron choisit de s’appesantir sur son enfance où, déjà, il était mis à l’écart, rebut génétique enfanté dans la douleur, maintenu en vie par son père Mentor, chef des Eternels de Titan, mais définitivement rejeté par sa mère Sui-San qui a perçu « la mort dans ses yeux ». Surdoué mais solitaire, il finira par aller chercher dans des expériences de plus en plus morbides de quoi apporter un sens à son existence et calmer le vide qui grossit en lui, encouragé par la seule personne qui accepte de le fréquenter, une étrange jeune fille qui désire que Thanos s’accomplisse en tant que tel. Rebut génétique mais tellement surdoué qu’il dépasse tous ses professeurs, Thanos finira par quitter Titan en quête de ce qui lui échappe sans cesse, devenant mercenaire et pirate, acquérant des pouvoirs terrifiants, jusqu’à ce que, au bout du chemin, il ait l’illumination sur sa raison d’être et le fruit de sa passion. Dès lors, nul ne pourrait plus oser l’affronter.


Ces 5 épisodes étaient-ils nécessaires ? Non. Ils contenteront les profanes et rassureront sans doute les amateurs du personnage, mais n’apportent aucune véritable explication quant aux motivations de Thanos, risquant même de les banaliser par une approche très académique et un manque flagrant de prise de risque, d’autant que le choix de Simone Bianchi a tendance à figer les postures et à ôter au susnommé cette forme de majesté terrible qu’il nous offrait auparavant. 
Thanos apparaît dans son enfance comme quelqu’un d’incompris au physique ingrat, assez proche d’un avatar d’Apocalypse. Il ne tuera d’abord que par vengeance, puis seulement par curiosité avant que d’y prendre définitivement goût, dans une sorte de spirale déjà traitée dans d’autres récits de serial killers. L’histoire s’achève alors qu’il revient sur sa planète natale pour parachever sa quête létale, à l’aube des sagas qui l’ont vu naître. Eros, son frère, n’est pas encore mentionné, Captain Marvel est encore loin.
On se satisfera de cette mini-série  pour nous offrir au moins une ouverture complète sur le futur de celui qui accéda à la divinité et voua toute son existence un culte passionnel à la Mort. Graphiquement réussi mais froid, sans émotion ni suspense. Une curiosité.


+ Thanos !
+ des origines complètes et détaillées
+ des planches superbes
- c’est froid
- c’est assez inutile
- c’est assez maladroit