25 septembre 2014

La Nuit des Morts-Vivants

Vents d'Ouest propose ce mois-ci un remake de La nuit des Morts-Vivants en BD. On plonge tout de suite parmi les zombies pour voir de quoi il retourne !

La vague "zombies" n'a pas fini apparemment de déferler sur nos librairies. A la suite de l'excellente série Walking Dead (qui a malheureusement récemment explosé en vol, cf. les tomes #19 et #20), nombre de titres ont tenté d'exploiter le filon du faisandé affamé. Du très sérieux Guide de Survie en Territoire Zombie à la suite ridicule de 28 jours plus tard, en passant par le potache Zombie Highway, l'expérimental Les Abandonnés, le décevant Lost Squad ou encore la relecture du classique Orgueil et Préjugés, toutes les variations sont représentées.
Ajoutons le Zombies de Peru et bien sûr les Marvel Zombies, et l'on a un tour d'horizon assez complet des réussites ou naufrages du genre. L'on revient pourtant cette fois aux fondamentaux avec l'adaptation du film culte de Romero.

En fait d'adaptation, les libertés prises avec l'œuvre originale sont assez grandes, ce qui est plutôt une bonne chose, le but avoué étant de revisiter et moderniser ce classique. Le scénario est de Jean-Luc Istin (Merlin, Les Druides, World War Wolves...), les dessins d'Elia Bonetti
L'on découvre une jeune femme, Lizbeth, qui accompagne son frère sur la tombe de leurs parents adoptifs. Elle devrait normalement retrouver rapidement son mari et ses deux enfants, mais entre-temps, selon le refrain bien connu, les clamsés se mettent à marcher et à tenter de grignoter tout ce qui bouge.
L'on va donc suivre en parallèle Lizbeth et son frangin, en route pour un hôtel isolé, et le mari et les gosses, tentant de quitter un New York apocalyptique. Le tout est entrecoupé de flashbacks permettant d'en savoir plus sur le passé des personnages et même l'origine de l'épidémie.

D'un point de vue scénaristique, rien de bien révolutionnaire. Certaines scènes font penser à divers films (World War Z, 28 jours plus tard...) mais l'ensemble fonctionne plutôt bien et acquiert rapidement une personnalité propre. La quatrième de couverture nous vante "l'exploration en profondeur de la psychologie des personnages", pour l'instant, à part pour la protagoniste principale, cela reste plus une déclaration d'intention qu'une réalité. Peut-être cet aspect sera-t-il développé dans les prochains tomes.
Le texte en général, et les dialogues en particulier, sont plutôt bons si l'on excepte quelques bizarreries, comme les z'yeux ou un rad'. A quoi bon triturer les mots en enlevant ou ajoutant des lettres si la prononciation ne change même pas ? L'adverbe de négation disparaît également souvent, même pour les adultes, ce qui a toujours ce même effet négatif sur les personnages (cf. ce sujet).   

Globalement néanmoins, cette relecture de La Nuit des Morts-Vivants reste efficace, non seulement parce que la narration est habile et rythmée, mais surtout parce que l'ambiance graphique est redoutable. Les décors se révèlent aussi beaux qu'inquiétants, Bonetti n'hésitant pas à multiplier les larges plans panoramiques. Couloirs sombres, cimetières, ruelles infestées ou routes enneigées alternent et maintiennent un haut niveau de tension tout au long de ces 50 planches. 
Ajoutons à cela le cliffhanger final qui va bien et l'indispensable personnage horripilant que l'on a envie de buter, et l'on se dirige tout droit vers un bilan plutôt positif, qui donne envie de découvrir la suite.

Un remake agréable et visuellement excellent.

+ superbes décors
+ narration efficace
+ suspense constant
- des personnages assez ternes dans l'ensemble