23 septembre 2014

Spider-Man : Family Business

Il n'est jamais trop tard pour que la famille s'agrandisse, c'est ce que l'on voit tout de suite dans Spider-Man : Family Business.

La Maison des Idées a lancé l'année dernière une nouvelle gamme de comics baptisée Marvel OGN (pour Original Graphic Novel). Cette nouvelle ligne de romans graphiques, offrant bien sûr des histoires complètes, possède un casting plutôt classique mais prestigieux : X-Men, Avengers ou encore Thanos auront droit à leur OGN.
C'est cependant le Tisseur qui nous préoccupe aujourd'hui, avec ce titre sorti ce mois chez Panini.
Le scénario est de Mark Waid et James Robinson, les dessins de Werther Dell'Edera et Gabriele Dell'Otto

Tout commence alors que Spidey rentre chez lui après avoir mis fin à un trafic de... lessive. A peine a-t-il le temps de se changer que des types armés débarquent pour enlever Peter. Il leur échappe après quelques péripéties et avec l'aide d'une jeune femme, Teresa, qui prétend être sa sœur.
Cette dernière va faire quelques révélations fracassantes à Peter et le convaincre de la suivre à Monaco.

Le pitch pourrait être sympa, d'ailleurs le récit commence plutôt bien, avec de l'humour typiquement arachnéen et des scènes spectaculaires. La volonté de dépaysement se ressent aussi bien dans le thème choisi (on bascule rapidement dans l'espionnage et la grande aventure, assez peu courante pour le Monte-en-l'air) que les lieux visités.
Malheureusement, les bonnes idées n'iront pas plus loin, essentiellement faute de place pour correctement développer les nombreux rebondissements. En effet, malgré une pagination raisonnable de pratiquement 90 planches, tout se déroule très vite et semble compressé. L'on passe ainsi de New York à Monaco, puis on fait un détour par la Suisse pour finir en Egypte.

Si l'on ajoute à cela une machination du Caïd, un trésor nazi et l'intrigue concernant la famille Parker, ça fait beaucoup à caser. Et, par voie de conséquence, en accélérant le rythme, on diminue l'effet dramatique et la portée émotionnelle, qui eux ont besoin de temps pour s'installer. 
Ainsi, même si l'histoire n'est pas forcément mauvaise et qu'elle bénéficie en plus des superbes peintures de Dell'Otto, elle reste désespérément fade, les scénaristes survolant complètement tous les thèmes qu'ils abordent. Passons également sur quelques clichés, peut-être voulus (mystérieux informateur, casino, voiture de sport, repaire secret... presque la panoplie complète de James Bond), pour nous intéresser à l'élément central de cette histoire de famille : Teresa.

Le coup de la sœur cachée, déjà, c'est très casse-gueule tellement ça pue la série TV de mauvaise qualité. Du coup, il faudrait un peu de subtilité pour faire passer le truc. Et à deux, il y a peut-être moyen d'y arriver. Sauf que non, Waid et Robinson réussissent à rassembler tout ce qu'il était possible de sortir comme vieux trucs poussifs : je suis ta sœur et j'arrive juste à temps pour te sauver, je ne t'explique rien parce que j'ai sommeil, ou bien tu découvriras tout par toi-même plus tard (autant mettre une pancarte "on veut ménager le suspense et on n'a pas trop envie de se faire chier"), j'ai des tas de moyens à ma disposition, même un jet privé comme le premier Tony Stark venu, etc.

Reste l'affrontement final, esthétiquement joli mais peu palpitant, les parents de Parker transformés en super-agents à la Nick Fury et une fin ouverte qui permet d'envisager une suite au cas où...
Autrement dit, rien de bien folichon et un récit qui s'oublie aussi vite qu'il est lu. 
L'ouvrage est complété par quelques comparaisons scénario/crayonnés/planche finale. 

Un bel emballage mais pas grand-chose à l'intérieur.

+ de belles peintures
+ une intro sympa
- une narration trop compressée pour être efficace
- nombreux clichés
- thème principal survolé