21 mai 2014

Spider-Man : Invasion

Un petit point sur le Tisseur avec le Spider-Man (v.4) #11 de ce mois.

On ouvre le bal arachnéen avec deux épisodes de Superior Spider-Man (les #20 et #21). Dan Slott est toujours au scénario, les dessins sont réalisés par Giuseppe Camuncoli
Spider-Man (actuellement donc Octopus en réalité, cf. cet article) commence fort en intervenant de manière très musclée en plein milieu d'un cambriolage orchestré par la jolie Black Cat. Spidey lui pète même une dent en lui collant un pain, autant dire que la miss est plutôt surprise !
Otto va ensuite devoir faire face à l'une de ses anciennes petites amies, qui ignore évidemment qu'il est devenu Spider-Man. Il est temps également pour Parker/Otto de soutenir sa thèse de doctorat, une formalité qui tourne d'une manière inattendue lorsqu'on l'accuse d'avoir volé les travaux d'un certain... Otto Octavius. 

Un Superior Spider-Man toujours aussi bon, avec un Slott parvenant à jouer habilement sur les différentes façons de mettre en scène la double identité du Tisseur et les quiproquos que cela peut engendrer. Le scénariste tient le cap et parvient à maintenir un haut niveau de qualité avec ce Spidey plus sombre et violent, exploit qu'il avait été incapable de réaliser sur Amazing Spider-Man. Le bon Doc Ock aura été un précieux révélateur.

L'on poursuit avec l'Annual de Superior Spider-Man. Le scénario est de Christos Gage, les dessins de Javier Rodriguez.
Si l'on commence d'une manière pas très originale, avec la tantine qui se fait enlever (peut pas rester tranquille cinq minutes celle-là, à part Peach, on a rarement vu plus casse-couille), le récit prend ensuite une tournure plus intéressante, Otto utilisant toutes ses ressources pour neutraliser le kidnappeur, qui se trouve être un ancien ennemi de Ghost Rider, à moitié démon. 
Plutôt bien fait, Gage restant dans la lignée actuelle et permettant au Spider-Man "supérieur" de dévoiler toute sa ruse et sa cruauté. Voilà qui change agréablement de l'annual Amazing de l'année dernière.

On arrive ensuite au Superior Spider-Man Team Up. Comme vous pouvez le constater, Panini a flanqué un gros Infinity sur la couverture, censé faire accourir les complétistes. En réalité, bien que cet épisode se déroule effectivement sur fond d'invasion par les troupes de Thanos, ça n'a tout de même qu'une importance très relative au sein de l'event.
C'est l'épisode le plus faible de la revue. Bien que les planches de Michael Del Mundo soient très agréables à l'œil, l'intrigue, écrite par Robert Rodi (auteur pourtant d'un graphic novel pas dégueulasse sur Loki), ne repose pas sur grand-chose : une étudiante dont on ne sait rien se transforme, sans que l'on sache pourquoi, en une sorte d'être de pure électricité et décide de lutter contre les méfaits du modernisme. A côté de ça, même une chanson de Cali parait travaillée. Enfin, non, quand même pas.

On termine ensuite sur la petite touche d'humour que constitue Superior Foes of Spider-Man. Je vous en avais déjà parlé en mars (cf. cette chronique), et tout le bien que l'on pouvait penser de la série se confirme. Graphiquement, pas de quoi s'émerveiller, mais l'humour et le côté super-vilains de second ordre des personnages compensent largement.
Nick Spencer excelle à mettre en scène ces nouveaux Sinister Six, sympathiques losers tentant cette fois de pénétrer dans le repaire, ultra-gardé, du Hibou. C'est très bien fait, de la scène d'ouverture qui fait du Hibou un adversaire réellement dangereux et permet d'installer une vraie tension, jusqu'à l'arrivée des bras cassés, en passant par les dialogues et même certaines idées visuelles. Si toutes les séries secondaires estampillées "Spider-Man" pouvaient être aussi bonnes et originales que celle-là, ce serait le Alice in Chains nirvana !

Une très bonne fournée, avec en plus une trad de bonne qualité.
Ce serait parfait s'il ne fallait pas fouiller au milieu du mensuel pour trouver les crédits, m'enfin, on ne va pas chipoter.

+ un Otto/Spidey inventif, complexe et effrayant
+ des scènes jubilatoires (la rencontre avec Black Cat, le passage devant le jury du doctorat...)
+ un annual sympathique
+ des Superior Foes excellents
- un team-up un peu en dessous, faisant articiellement le lien avec Infinity