Fans possessifs et oeuvres remaniées
Une oeuvre, une fois terminée et livrée à la foule, appartient-elle encore uniquement à son auteur ?
Récemment, dans un article du New York Times, George Lucas a dévoilé son amertume face aux critiques, massives et sévères, des fans de Star Wars envers les modifications qu'il a tenu à apporter à sa saga. Certains internautes vont parfois jusqu'à revendiquer une sorte de "droit d'ingérence", engendré, selon eux, par leur contribution financière au projet ou, plus simplement, leur passion.
Peut-on réellement soutenir le fait qu'un lecteur ou un spectateur puisse avoir un droit de regard, même moral plus que légal, sur une oeuvre dont il n'est en rien l'auteur ?
Tout d'abord, faisons bien la différence entre une critique, qui est (ou se devrait d'être) une analyse de l'oeuvre, et la réaction, plus viscérale, de fans qui n'hésitent pas à parler de "trahison". Dans le premier cas, il s'agit d'un exercice connu, normal, reposant sur une argumentation et permettant de donner un avis, certes subjectif, mais ne revendiquant rien d'autre que le droit au commentaire. Le second cas fait appel à une implication émotionnelle qui ne laisse, parfois, que très peu de place à la logique.
Après tout, c'est bien l'écrivain, ou le réalisateur, qui sait ce qu'il veut, où il souhaite aller, et quels propos tenir. Et si des moyens techniques nouveaux lui permettent d'éclaircir sa vision, il serait dommage de ne pas en profiter. Malheureusement, parfois, certains changements font que l'oeuvre s'en trouve modifiée, légèrement ou en profondeur.
Pour conserver l'exemple de Star Wars, l'une des scènes les plus décriées concerne Han Solo, butant froidement un chasseur de primes dans la version originale (ce qui installe le personnage et en fait un type violent, à la morale douteuse, ce qui permet son évolution par la suite). Dans la version revisitée, Solo ne fait que se défendre, le chasseur de primes lui tirant dessus en premier. Le personnage en est radicalement changé. Là-dessus, tout le monde est d'accord. Reste à déterminer si ce changement est légitime.
L'un des éléments les plus importants à prendre en compte semble être l'évolution de Lucas lui-même. L'on n'est pas tout à fait le même individu à 20 ans qu'à 40 ou 60. L'on n'a pas les mêmes choses à dire, ni forcément les mêmes opinions définitives. Le danger dans un processus de perpétuelle réécriture réside donc dans le fait de se lancer dans une course sans fin, vers une perfection qu'il est impossible d'atteindre. Et pour l'auteur, tout occupé qu'il est à réécrire sans cesse le passé, il est en plus difficile d'apprendre de ses éventuelles erreurs, remplacées par des rustines de circonstance.
Un changement apporté sur la forme (meilleurs effets spéciaux pour un film, correction d'une coquille pour un roman) ne pose aucun problème et s'avère même logique. Le remaniement du fond, suivant les désirs du moment, reste, lui, plus litigieux.
Cela mérite-t-il pour autant un déchaînement de violence verbale, un boycott ou un vague mépris ? Pas sûr. Et dans les droits des auteurs, l'on va vite à oublier qu'il existe aussi celui de se tromper. Voire même d'être égoïste.
Hergé n'a pas souhaité que son personnage continue à évoluer sans lui, ce qui, quand j'étais enfant, m'a franchement peiné tant j'étais un inconditionnel du reporter. Je n'ai compris que bien plus tard que, d'une part, c'était son droit le plus strict, et, d'autre part, que certains personnages ne pouvaient pas réellement survivre à leurs auteurs. Depuis, malheureusement, une certaine fondation, devenue "Studios", gère l'oeuvre. Non forcément pour en préserver la dignité, car sinon Tintin ne se retrouverait pas sur le moindre pot de moutarde ou paquet de céréales (et des sites de passionnés ne se verraient pas fermés suite à des mises en demeure), mais pour veiller à ce que chaque utilisateur d'une image presque passée dans l'inconscient collectif puisse s'acquitter de sa contribution financière.
Légalement, tout va pour le mieux. Mais dans ce cas, la morale, elle, passera après le pognon.
Il existe fort heureusement des contre-exemples qui permettent aux fans désintéressés de garder espoir. Alexandre Astier par exemple, qui pourrait très largement se faire beaucoup plus d'argent en acceptant tout et n'importe quoi, veille à ce que les différents projets dérivés de Kaamelott servent son récit et aient un véritable intérêt intrinsèque (c'est le cas, notamment, pour les BD).
Malgré tout, même un auteur aussi intègre et talentueux qu'Astier subit, sur le net, des critiques aussi infondées qu'exagérées. A une époque, certains lui ont reproché le délai entre la cinquième et la sixième saison de la série, et ce en oubliant un peu vite que seul le diffuseur, en l'occurrence M6, est maître de leur programmation. Encore récemment, beaucoup s'impatientent et trépignent en attendant la suite au cinéma (qui, il est vrai, n'est pas pour demain !).
D'autres encore ont pu reprocher, au moins du bout des lèvres, l'orientation plus sombre de la saison 5 ou les lenteurs de la saison 6. Un peu comme s'il fallait se conformer à une charte tacite qui prendrait en compte les desiderata les plus divers et leurs contraires.
D'autres encore ont pu reprocher, au moins du bout des lèvres, l'orientation plus sombre de la saison 5 ou les lenteurs de la saison 6. Un peu comme s'il fallait se conformer à une charte tacite qui prendrait en compte les desiderata les plus divers et leurs contraires.Il faut se rendre à l'évidence, plus une oeuvre est appréciée, plus elle génère des sentiments extrêmes. Et, on le sait bien, l'amour peut très vite se transformer en haine, surtout lorsque l'on a l'impression d'avoir été "trahi".
Il s'agit bien de cela. D'un amour et, parfois, d'un amour déçu. Un sentiment si fort que l'on a l'impression que, non pas une personne dans ce cas, mais une oeuvre nous appartient. Une oeuvre que l'on vénère, que l'on connaît par coeur, dont on a, chez soi, de nombreux symboles (il y aurait beaucoup à dire sur la puissance totémique des figurines), et que l'on considère comme un élément essentiel de notre culture, voire de notre vie.
Dans Princess Bride, de Rob Reiner, l'on peut entendre cette réplique : "Aimer, c'est souffrir. Si quelqu'un te dit l'inverse, c'est qu'il essaie de te vendre quelque chose."
Rien n'est plus vrai.
C'est vrai en ce qui concerne les gens, c'est vrai aussi pour certains romans, comics ou films. L'on ne peut souffrir devant One More Day que parce que l'on a aimé Spider-Man et son évolution, gâchée. Et quand certains ont ronchonné à l'arrivée d'un Bayley , c'est parce qu'ils avaient, pendant très longtemps, apprécié la voix, mélodique, envoûtante et symbolique de Maiden, d'un Dickinson.
Eh bien oui, aimer c'est s'en prendre plein la gueule, des deux côtés, et sans que cela soit mérité. Il est compréhensible que Lucas soit meurtri. Il n'a trahi personne. Mais il est, sinon excusable, du moins également compréhensible que les fans de son oeuvre soient aussi véhéments.
La seule consolation, pour ces auteurs vilipendés après avoir été portés aux nues, réside dans le fait que l'exagération de la réaction provient de l'intensité de la passion qu'ils ont suscitée.
Alors ont-ils le droit de triturer leurs créations ? Oui, bien entendu. Mais qu'ils ne s'étonnent pas de la réaction de fans emportés par le sentiment violent du moment. Une fois qu'une oeuvre est lue, ou vue, si elle suscite une adhésion, alors elle engendre également des comportements qui échappent à toute logique.
Parce que ce qui relie Tintin, Kaamelott, Batman ou Star Wars aux fans, ce n'est rien d'autre qu'un peu de papier ou de pellicule et... beaucoup d'amour. De l'amour instable, certes, mais vu qu'il n'en existe pas d'éternel, c'est encore le meilleur que l'on puisse éprouver.






15 commentaires:
Grand débat que celui-là. Sur le sujet, je conseille la vision de l'épisode de South Park : bérets gratos ( saison 6, épisode 9).
Une œuvre appartient à son créateur, c'est une logique élémentaire et indéniable. Elle est souvent construite et articulée autour de thémes qui sont chers à celui qui en accouche. Qu'un auteur la modifie est selon moi légitime. Le cri du fan aussi, mais de là à passer aux insultes etc...non ! Les modifications sont généralement annoncées bien à l'avance. Ainsi, malgré mon envie de fan de base, je n'acquerrai pas la saga Star Wars en Blu-ray. Un ajout de trop ne me convient pas et change la scène en question ( rendant l'enjeu et le rendu dramatique complètement obsolète ). Voila, c'est pesé, je ne m'emballe pas plus que ça.
Là où ça peut choquer chez Lucas c'est que lui-même militait pour que les œuvres cinématographiques ne soient pas retouchées, ce qui rend le personnage paradoxal ( mais un humain par nature ne l'est-il ? ). Et c'est vrai que le voir faire ce qu'il ne voulait pas voir en tant que fan sur d'autres films est assez déstabilisant.
Je vais dire un truc banale, mais tant que le remaniement de l’œuvre est un réelle désir de l'auteur elle ne dérange pas. Ce qui pose soucie par contre c'est que, dans cette exemple, Lukas utilise le remaniement pour vendre une énième fois une saga que tout le monde possède.
L'argent est roi jusque dans nos films et nos livres. La question n'est pas tant de savoir si les fans abusent ou non mais plus de comprendre leur colère. J'en ai marre ... On en a tous marre de cette ambiance malsaine autour de l'art populaire (film, BD ... ect.) , de cette afflue de pognon étouffant.
Entre suite ridicule et remaniement, j'ai comme une impression de n'exister plus qu'a travers mon portefeuille ou alors j'en ai juste assez de bouffer de la merde à longueur de temps.
PS : Alors que les BD Franco-Belge respectait leur lecteur, ils ont même finit par exploiter Tintin et les Schtroumpfs ... Je crois que c'est le non respect d'Hergé de ne pas vouloir voir Tintin le perdurer qui m'a fait le plus mal au fond ... Aucun respect même pour les légendes.
Il y en à même qui vont jusqu'à séquestrer l’auteur dans un chalet isolé des montagnes enneigées du Colorado. Désolé, c’est les réminiscences de Misery.
Blague à part, tout en déplorant l’excès de certains fans, j’ai un peu de mal à comprendre l’attitude paradoxale de Lucas.
Mais bon, après tout, il fait ce qu’il veut, c’est son droit ! Qu’il veuille atteindre une perfection avec cette nouvelle version de Star Wars ou qu’il veuille renflouer son portefeuille déjà épais avec la surexploitation, c’est son problème !
Ces 2 attitudes sont légitimes ! Il est légitime de vouloir améliorer quelque chose tout comme il est légitime de vouloir gagner de l’argent.
De toute façon, seul lui peut dévoiler ses véritables motivations. Et encore faut il qu’il ait envie de le faire.
Par contre, ce qu’il ne faut pas se sortir de l’esprit c’est que c’est quant même nous, consommateurs, qui avons le denier mot.
Que je sache, il nous appartient encore de pouvoir faire un choix. Celui d’encombrer nos vidéothèques de films surexploités ou celui de boycotter une œuvre.
Ce choix ne dépend que de nous et peut faire changer beaucoup de choses. En ce qui me concerne j’ai déjà fait le mien.
Un auteur fait ce qu'il veut de son oeuvre, tout le monde est d'accord. Mais est-ce qu'il doit/peut en rester maître ? Evidemment, c'est une toute autre question.
Car ce principe de propriété indiscutable est de fait mis à mal par deux autres réalités qu'on ne peut ignorer, notamment dans le domaine du cinéma :
- Tout d'abord, et dans une moindre mesure, l'évolution technologique entraîne un remaniement régulier des oeuvres. En effet, rien que le remastering pour passer de la VHS au DVD ou du DVD au blu-ray, alors qu'il ne serait censé n'affecter que la forme, met à jour des problématiques de fond nouvelles, qui nécessitent souvent l'intervention des techniciens originels (réal, directeur photo, compositeur etc...).
Ensuite, les nouvelles possibilités techniques offertes posent sans cesse la question du remake, reboot etc... C'est humain, et ce n'est pas qu'une question de rentabilité. L'évolution technologique rend les choses obsolètes. C'est comme ça, même si obsolète ne signifie pas dénué d'intérêt.
- Mais surtout, toute oeuvre artistique, une fois atteint un certain niveau de notoriété, fini par acquérir une dimension iconique, qui échappe totalement à son créateur. La popularité d'un personnage ou d'un univers n'appartient pas à son créateur. Celui-ci est bien à l'origine du phénomène, mais le symbole que l'oeuvre est devenue ne lui appartient pas. C'est en quelque sorte le public lui-même qui est le créateur de ce symbole.
Dès lors, ces états de faits sont en concurrence permanente. D'où le fort sentiment de légitimité des fans d'un côté et l'impression d'aliénation de son oeuvre que ressent le créateur de l'autre.
En conclusion, Lucas fait se qu'il veut de ses films. Cela dit au fil des remaniements, les versions précédentes coexistent et il ne pourra jamais les effacer. Aux fans de choisir quelle version de l'histoire ils préfèrent.
Quoiqu'il en soit, on peut se féliciter que le 7ème art soit devenu aussi vivant. L'oeuvre "Star Wars" a une véritable vie, avec des époques et des évolutions, des interactions... Et il arrive un jour où l'oeuvre devient suffisamment autonome pour s'émanciper de son créateur. Qu'on aime ou pas la tournure qu'elle prend, c'est un fait et c'est le prix de la légende.
Je tiens à dire qu'il y a une nuance entre présenté une œuvre avec de meilleur effet spéciaux et une avec de "nouvelle chose". Dans le premier cas c'est comme passer d'un Bone noir et blanc en couleur, il n'y a rien de gênant c'est logique. Dans l'autre il y a la volonté de rajouter des scènes sans intérêt pour proposer au lecteur une vrai fausse nouveauté et donc utiliser la curiosité du lecteur pour faire du profit.
Si le désir de perfectionner son œuvre existe vraiment, il aurait le moyen de le faire sans nous faire payer je penses. Ça parait fou, mais combien d'auteur de web-comics français vendent leur BD alors qu'il propose la plupart du temps les planches gratuites sur le net.
Salut à vous,
Je me permets de m'introduire dans ce débat fort intéressant et qui fera couler beaucoup d'encre et gueuler pas mal de monde pendant encore longtemps.
Il y a beaucoup à dire sur le droit qu'a un auteur envers son oeuvre mais il y a aussi beaucoup à dire sur George Lucas et son travail post Star Wars.
Pour reprendre les propos du journaliste Rafik Djoumi, je pense que fondamentalement, dès qu'une oeuvre, quelle qu'elle soit, une fois exposée au public n'a plus le droit d'être modifiée parce qu'elle représente une trace de notre Histoire. Si on prend l'exemple de Star Wars, ceux qui n'auront jamais eu la chance de voir les épisodes dans leur état d'origine passeront complètement à côté du phénomène qu'a pu être le film à l'époque. Il ne verra qu'un constant décalage entre des effets numériques et des effets visuels plus anciens, ou encore il ne se rendra pas compte de la modification des enjeux narratifs (Han Solo qui tire en premier, Hayden Christensen à la fin du Retour du Jedi...). En gros, ces modifications ruinent totalement l'expérience originale des films.
L'auteur peut toujours proposer autre chose ou prévenir qu'il offre une nouvelle version de son oeuvre mais, pour ce qui est entrain d'arriver à Star Wars, à terme, on ne verra plus à quoi ressemble les films originaux.
En quelque sorte, on trahi délibérément l'Histoire (ça arrive déjà beaucoup, inutile d'en rajouter).
En ce qui concerne George Lucas, il est vrai que ces fans (dont je fais parti) se laissent emporter par la passion. Mais si on regarde bien le travail qu'il a effectué après le Star Wars de 77, on voit clairement qu'il n'a nullement envie d'améliorer son travail (les éditions spéciales) mais bel et bien de le détruire.
Le renvoi sans concession de ses meilleurs collaborateurs (y compris le divorce avec sa femme qui relisait ses scénarios), l'édition spéciale, la sortie des nouveaux épisodes qui entachent pas mal la mythologie des anciens épisodes (l'origine de la Force, les clones, le cheminement d'Anakin...) les sorties dvd et blu-ray avec encore des modifications à faire râler les fans, l'annulation de la première série animée Clone Wars ou même le changement de scénario du dernier Indy 4 (qui est révélateur de son tempérament auto-destructeur). Contrairement à un Jackson ou Cameron qui proposent de versions longues tout en prenant soin de sortir la version d'origine, Lucas veut entacher la réputation de Star Wars.
Bref, il y aurait beaucoup à dire sur le bonhomme et son oeuvre mais je suis toujours ouvert à du débat.
Merci pour l'article en tout cas.
@ Cedric
Pour le coup, tu parles vraiment comme un fan ! Avec l'absence d'objectivité totale qui caractérise ce type de discours.
Selon toi Lucas cherche à détruire son oeuvre... WTF ?!? C'est complètement excessif comme point de vue.
Moi aussi je trouve contestable la plupart des modifications apportées à la saga au fil du temps. Mais putain, c'est encore son oeuvre, non ?
Et pour ce qui est des anciennes versions : on est en 2012 ! C'est pas compliqué de se procurer les anciens montages. Surtout que grâce à la communauté des fans, tu peux être certain que, quelle que soit la volonté de Lucas, les montages originaux ne disparaîtront jamais.
Et je doute que les versions récentes perdent de leur impact auprès des néophytes, juste parce que Solo ne tire plus en premier ou parce que des effets numériques ont été rajoutés.
Ça, c'est un truc de fan. Si tu kiffes vraiment, tu peux avoir envie de te tourner vers les versions originales. Sinon, tu vas ni en crever, ni trouver que le film est pourri juste à cause de ça.
D'autant que je suis convaincu que cette réactualisation permanente permet de toucher un plus large public en ralentissant le vieillissement des films. Et ça rend l'idée même du remake impensable. Alors que sans le job et l'implication de Lucas sur le seconde trilogie etc... je suis pas du tout certain qu'on aurait pas déjà eu droit à une trilogie remake à deux balles, initiée par la Fox.
J'ajoute que la mythologie de Star Wars ne repose pas sur les "détails" qui ont été modifiés au fur et à mesure du temps. Car oui, même si ça fait super mal au cul des fans (et je me compte dedans), ça reste de l'ordre du détail, en ce sens que ça ne touche pas aux éléments essentiels de la saga.
Au contraire, je trouve l'approche de Lucas très intéressante car unique en son genre. Bien sûr, toutes ses décisions sont souvent contestables. Mais fuck ! Star Wars, ça reste Star Wars !
Pour moi, l'oeuvre elle-même reste toujours intimement liée à son créateur. S'il souhaite la modifier, c'est son problème (et son droit). En plus nous, on a la possibilité de comparer toutes ces versions. De quoi se plaint-on ?
Tu parles d'Histoire. Certes, mais Lucas n'a jamais changé l'Histoire. C'est Star Wars qui a évolué au cous de l'Histoire. Personne ne cherche à faire croire que la version de 77 est celle que l'on connaît aujourd'hui. Y'a juste des versions différentes selon les époques. Pas de complot ou de mensonge derrière tout ça.
Enfin, pour ce qui est d'Indy 4, tout le monde, fan ou pas, s'accorde à dire que ce film est moisi. Il a fait un film de merde, tout le monde est OK là-dessus. Ça prouve bien que tout ce qu'il fait n'est pas intouchable. Bref, réduire l'oeuvre de Georges Lucas aux déconvenues qu'il a causées aux fans, je trouve ça carrément injuste.
@ Maneu
Et le débat est ouvert, j'adore comment Star Wars peut déchaîner les passions !
blague part et sans condéscendance aucune, je partage ton point de vue sur l'intégrité artistique de Lucas, du moins je le partageais il y a un certain temps. Quand on commence vraiment à s'intéresser au travail de Lucas dans son ensemble, on se retrouve face à un type qui entretient une certaine logique autodestructrice.
J'y reviendrais.
Pour ce qui est de la propriété intellectuel de Star Wars, George Lucas en a peut être les droits mais ça ne fait pas de lui le maître incontesté de la franchise. Est-ce qu'il a demandé à Irvin Kershner de modifier l'Empire Contre-Attaque, est-ce qu'il a demandé à Richard Marquand de modifier le Retour du Jedi ? Pour reprendre l'exemple de la Fox que tu as mentionné tantôt, les producteurs n'ont pas plus le droit que lui de modifier leurs films sans en référer à une plus haute autorité.
Si on suit cette logique d'évolution technologique (qui ne tient pas), les majors n'ont plus qu'a ressortir les films des années 30 et à les barder d'effets derniers cris sous prétexte qu'ils sont vieux (où est la logique là dedans ?). C'est une marque de notre Histoire.
Pour les versions originales, si elles sont si faciles à trouver pourquoi n'a t'ont le droit qu'au montage de 2004 en blu-ray, quid des versions 77 et autres ? On doit passer par le prisme du téléchargement illégal ou au pire d'une version dvd sans aucune once de restauration au niveau de l'image et du son.
C'est clair que George Lucas nous a offert Star Wars, et il mérite de figurer au panthéon des grands visionnaires de ce siècle mais il s'est aussi corrompu. Lui qui ne voulait pas devenir producteur dans les années 70, lui qui se battait contre le système hollywoodien, lui qui voulait ouvrir Lucasfilm pour offrir au public des oeuvres plus expérimentales et visionnaires (ses productions suivantes avaient pour nom Willow et Howard the Duck, voilà de beaux exemples de déconvenues).
Je comprends que tu veuilles à tout prix garder le souvenir de Star Wars intact, mais juste regarde l'évolution du gars à travers sa carrière et tu verras que Star Wars ne lui a pas fait que du bien. Comme disait Coppola :"La Saga Star Wars nous a privé d'un grand réalisateur".
@ Cedric
Ton raisonnement va beaucoup trop loin, comme tout bon fan intégriste (pléonasme ?). Tu pars dans des analyses de la personnalité du mec pour déterminer s'il est légitime ou non pour produire et modifier des oeuvres. Alors qu'en tant que public, le seul droit que tu as, c'est un droit de critique. L’auteur créé et toi tu donnes ton avis. Tu n'a pas à intervenir en amont pour l'autoriser ou non à agir (c'est une approche carrément totalitaire en plus d'être bêtement conservatrice).
"Pour ce qui est de la propriété intellectuel de Star Wars, George Lucas en a peut être les droits mais ça ne fait pas de lui le maître incontesté de la franchise"
La question n'est pas là. D'un point de vue juridique, il a le droit de faire tout ce qu'il a fait. C'est d'un point de vue "moral" que tu contestes son boulot. Comme si les fans avaient un droit moral sur l'oeuvre dont ils sont accros. Et c’est justement ce que je conteste.
"les majors n'ont plus qu'a ressortir les films des années 30 et à les barder d'effets derniers cris sous prétexte qu'ils sont vieux (où est la logique là dedans ?)."
Tu mélanges deux choses distinctes : le principe du remake/reboot et la remasterisation d’un film.
Quand je parle de la Fox, c'est au sujet des remakes (dont un producteur est fréquemment l'initiateur). Et j'en parle pour illustrer le fait que la démarche de Lucas sur ses films n'est pas dénuée d'intérêt dans le sens où elle pourrait permettre d'éviter l'obsolescence trop rapide d'une oeuvre cinématographique.
Ce que tu dis corrobore mon analyse en ce qui concerne l'originalité de la démarche de Lucas. Je n'ai jamais dit que c'était normal et pourtant, tu extrapoles. C'est justement parce que c'est une façon de faire inédite que je trouve cela intéressant car ça tend vers l'ouverture et l'évolution de l'art.
Car j'estime que l'approche de l'art ne doit jamais être conservatrice. Cela ne veut pas dire pour autant que je cautionne le résultat de toute démarche artistique pour peu qu'elle soit novatrice. Mais je me félicite qu'il existe des moteurs d'évolution dans l'art.
"On doit passer par le prisme du téléchargement illégal ou au pire d'une version dvd sans aucune once de restauration au niveau de l'image et du son."
Ben ouais et alors ? Existe-t-il un droit du public à obtenir la remasterisation d'une oeuvre ? Evidemment que non. C'est laissé au bon vouloir de son proprio.
Tu voudrais profiter du montage original avec la restauration HD qui va avec. Pour ça, il faudrait compter sur le travail de Lucas. Or, ce dernier ne le souhaite pas. C'est son choix. C'est certes regrettable pour les fans que nous sommes, mais je ne vois pas de quel droit on peut décider que la vision de l'auteur n'est pas la bonne. Star Wars n'existait pas avant lui mais n'existe que par lui. Dès lors, il est maître de son oeuvre. Ton point de vue revient à donner à la franchise Star Wars une volonté propre, comme s’il y existait une « bonne interprétation » de l’histoire. C’est une dérive. Il n’y a qu’une interprétation officielle, c’est celle de l’auteur. Libre à lui de changer d’avis.
SUITE :
"Quand on commence vraiment à s'intéresser au travail de Lucas dans son ensemble, on se retrouve face à un type qui entretient une certaine logique autodestructrice."
Je sais bien qu'il y a eu des films/documentaires sur le sujet etc... Mais bon, faut pas pousser. Même le meilleur psychiatre du monde ne peut que donner un avis sur la personnalité de son patient.
La vérité c'est que si Lucas s'en prend plein la gueule, c'est surtout parce qu'il est l'auteur de la saga ayant engendré une des plus gigantesques communautés de fans de tous les temps. Et on sait que dans le genre conservateur et ultra-motivé pour défendre ses idées, y'a rien de pire qu'un fan.
Tout ça pour dire que faut éviter d'essayer de penser à la place des premiers intéressés. Il est certain que Lucas, au fur et à mesure de son vieillissement, évolue dans sa manière de voir les choses et ça se ressent sur son boulot. Le reste, c'est de l'ordre du jugement de valeur (pour pas dire de la psychologie de comptoir…). Non pas que ce soit inintéressant mais bon, faut éviter de se la jouer détenteur de la vérité ultime.
Je le répète, je ne dis pas qu'il a fait du bon boulot, je dis simplement qu'il a toute légitimité pour le faire.
J'ajoute même que contrairement à ce que les fans voudraient, il n'a aucun devoir envers qui que ce soit. Réaliser une oeuvre ne te rend pas prisonnier de ce que le public en pense.
De toute façon, on en revient toujours au même problème : lorsqu'une oeuvre originale est modifiée d'une quelconque façon, le fan se sent toujours violé.
Ce qui te perturbe c'est sans doute que cette évolution permanente est un cas unique dans le 7ème art. Dès lors, tu considères d'office que cette exception est une anomalie. Moi je pense qu'une telle exception est une richesse.
PS : en tant que de besoin, je précise qu'il n'y a dans mes développements aucune volonté de t'attaquer personnellement. Je débats seulement d'idées.
@Maneu
Il est vrai que mon analyse en ce qui concerne George Lucas est plutôt décousue, expliqué comme cela, j'ai l'impression de passer pour le psy de comptoir. Cependant je réfute encore la plupart des tes arguments :
il est vrai que le public n'a aucun le droit légal en ce qui concerne Star Wars et pas plus que tout autres oeuvres. Mais il ne faut pas oublier que c'est aussi le public qui a fait de Star Wars un tel phénomène. Donc ce qui me fait re-dire que Lucas n'est pas le maître absolue de son oeuvre, comme évoqué dans mon précédent commentaires : il n'a pas demandé l'autorisation à Kershner ou Marquand de modifier leurs films, Star Wars tout comme un tableau exposé dans un musée, fait parti du patrimoine mondial. D'ailleurs Lucas était parti en guerre contre la recolorisation des vieux films dans les années 80 en évoquant ce principe. Donc lui-même doit à priori comprendre qu'il n'a pas le droit de remastériser ses films. C'est un fait pas une opinion personnelle.
Alors il y a peut-être que c'est quelque chose d'inconscient chez lui (psy mode activé) mais en tout cas il met une certaine force à détruire son oeuvre.
Je pense que le type ne peut plus se cacher derrière le fait qu'il veut éviter l'obsolescence de ses oeuvres parce que fatalement, n'importe quelle oeuvre vieillira (même un film comme Avatar qui représente le point d'orgue des FX actuels finira par vieillir avec le temps) mais qu'importe puisque elles auront marqué leur temps et resteront A JAMAIS une trace dans notre Histoire.
Et tu trouves cela normal toi qu'on ne puisse pas se fournir les versions d'origines dans un état decent ?
Comme je te l'ai dit Star Wars est un bien culturel, c'est un héritage de l'humanité, si on modifie cette héritage, et bien on modifie l'Histoire. Ce qui en revient toujours à dire que NON, Lucas n'est pas le détenteur absolu de la Saga.
De plus, les modifications qu'il apporte sont pour certaines ridicules : le "NON" de Vador dans le Retour du Jedi, la modification du cri d'Obi-Wan Kenobi dans un Nouvel Espoir, les Gungans à la fin du Retour du Jedi. Super, vive l'amélioration des effets spéciaux, comme cela on n'est sûr que ça ne vieillira pas.
Enfin, la démarche de Lucas sur la remastérisation n'est pas du tout unique : Steven Spielberg a modifié E.T. il y a un dizaine d'année en incrustant des effets numériques dans certaines séquences ; Mamoru Oshii a modifié de la même façon le premier Ghost in the Shell.
Malgré cela, pour la sortie blu-ray de E.T., Spielberg a rattrapé sa bourde en mettant à disposition du public les 2 versions dans un bon état et Mamoru Oshii prévient le public qu'il s'agit de Ghost in the Shell "2.0".
Donc cette exception n'est pas une anomalie pas plus qu'elle n'est une richesse parce qu'elle entache le souvenir de l'oeuvre originale.
Mais là on touche à question de déontologie plus qu'à une question de droit légal.
Je pourrai aussi te faire un petit rapport de l'évolution de la carrière de Lucas pour t'expliquer en quoi il veut défigurer son oeuvre.
Bien à toi.
"Mais il ne faut pas oublier que c'est aussi le public qui a fait de Star Wars un tel phénomène"
C'est pour cette raison que, plus haut, j'ai fait une distinction entre le droit de propriété (qui est absolu) sur son oeuvre, et le lien de causalité entre le public et la popularité de l'oeuvre.
Cela n'a rien d'un syllogisme, qui conférerait au public des droits sur l'oeuvre. L'oeuvre elle-même et son "aura" son deux entités bien distinctes qui se situent de surcroît sur des plans différents (de l'ordre du concret pour l'une et de l'abstrait pour l'autre).
"Star Wars tout comme un tableau exposé dans un musée, fait parti du patrimoine mondial"
FAUX ! (on dirait du Norman...)
Une oeuvre n'appartient plus à son auteur que s'il en aliène les droits ou si l'oeuvre tombe dans le domaine public par l'effet du temps, selon les règles légales en vigueur. Star Wars n'entre (pour le moment) dans aucun de ces cas de figure.
Mon analyse est certes très juridique, mais c'est de cela qu'on parle. Pour le reste, c'est de l'ordre de l'opinion, de la moral ou encore, comme tu le dis assez justement, de la déontologie.
Dans tout les cas, ce ne sont pas encore des questions tranchées, contrairement aux aspects juridiques.
"il n'a pas demandé l'autorisation à Kershner ou Marquand de modifier leurs films"
S'il l'a fait c'est qu'il avait le droit, sinon ces derniers auraient intenté une action et auraient gagné.
"Enfin, la démarche de Lucas sur la remastérisation n'est pas du tout unique"
Encore une fois, tu mélanges mes propos selon que je parle de remasterisation (scan HD de la péloche, recolorisation etc...) ou de véritables modifications sur le fond. Et je ne parles pas ici des simples ajouts d'une version longue.
Or l'ampleur du travail de Lucas sur Star Wars est unique. Cite-moi une autre oeuvre cinématographique majeure qui aurait subit autant de modifications successives ? C'est bien un cas à part. Alors que des oeuvres modifiée une fois pour une réédition, il y en a des millions.
"Comme je te l'ai dit Star Wars est un bien culturel, c'est un héritage de l'humanité, si on modifie cette héritage, et bien on modifie l'Histoire"
Ben non, les versions successives s'ajoutent. Je te répète que personne ne cherche à réécrire l'Histoire en mentant à propos de ce qu'a été le film.
Le film évolue à travers l'Histoire, c'est différent.
"NON, Lucas n'est pas le détenteur absolu de la Saga"
Ben forme un collectif de fans et porte plainte. Si tu gagnes, je m'incline ;-)
"Et tu trouves cela normal toi qu'on ne puisse pas se fournir les versions d'origines dans un état decent ?"
Mais y'a pas de normal ou pas normal nom d'une pipe !!!
Oui, c'est regrettable. Ça c'est sûr ! Mais je crois pas que Lucas ait signé un contrat avec le public qui l'engage à remasteriser quoi que ce soit. Il est pas obligé de le faire. Et s'il le décide, libre à lui de faire ce boulot de manière sélective en ne remasterisant que les versions qui lui plaisent.
C'est exactement pareil pour la musique un peu rétro. Bien souvent, les enregistrements sont de piètre qualité. Or si personne ne souhaite réaliser de remasterisation, ben tant pis pour notre gueule. Ça fait super chier, mais c'est comme ça. On va pas invoquer un droit moral quelconque.
Et si un ayant droit décide de sortir une version nettoyée mais rééditée, ben c'est pareil, tant pis pour ceux qui préféraient l'edit original.
"Spielberg a rattrapé sa bourde" Ben ça fait de lui un mec plus conciliant avec les fans.
Lucas en a rien à branler et fait prévaloir sa vision. C'est moche mais il en a le droit.
Tu parles de morale, de respect à l'égard du public (enfin, surtout des fans en l'occurrence). Tu as raison.
Moi je dis juste que Lucas fait ce qu'il veut, et que t'as juste le droit de dire que ça te fait chier.
C'est d'ailleurs pour ça que depuis toujours, les adaptations d'oeuvre sur un nouveau medium ont déchaîné les passions.
Les fans veulent faire prévaloir la fidélité scrupuleuse avant tout. Alors que lorsque cette fidélité entre en conflit avec la cohérence de l'adaptation, la question de l'entorse et de la réécriture se pose. C'est un débat riche et vieux comme le monde (façon de parler). De mon point de vue, les fans ont rarement raison car ils ne sont, par définition, que très peu objectifs quant à l'intérêt et à la qualité d'une adaptation.
Le cas de Star Wars est bien inédit, car personne à part Lucas n'a déjà, comme lui, modifié un film en substance et à plus d'une reprise. C'est d'autant plus intéressant que grâce au moyens techniques qui ne cessent d'évoluer, on pourra certainement un jour modifier des pans bien plus importants de films déjà sortis. Et tant que ces derniers ne seront pas dans le domaine public, leurs propriétaires en auront le droit. A moins que ne soit votée une Loi qui interdise ces pratiques... qui sait.
@Maneu
Je pense qu'on est d'accord sur le point que Lucas manque de respect ou de morale vis à vis du public.
Mais je pense qu'on sera toujours en désaccord en ce qui concerne les droits de Star Wars et la soi-disant démarche artistique de Lucas concernant les éditions spéciales.
Alors pour trancher un peu, je te propose de visionner ces vidéos où le journaliste Rafik Djoumi élucide clairement ce dont pour quoi on débat, la plupart de mes arguments proviennent de cette interview que je trouve très importante à voir pour les fans comme pour les détracteurs.
[url]http://cinema.jeuxactu.com/news-cinema-rafik-djoumi-et-star-wars-interview-16132.htm[/url]
Prends bien le temps de regarder ces vidéos et, à l'occaz, dis moi ce que tu en as pensé...
Merci
Bon, j'ai regardé tes vidéos. Blague à part : t'aurais dû me donner le lien dès le début, ça t'aurait épargné de longs développements paraphrasants puisque tu reprends mot pour mot l'argumentation de ce Rafik Djoumi ;-)
Cela dit, je te remercie car cette interview est passionnante pour tout fan qui se respecte. Ça m'a beaucoup intéressé.
Sur le fond, je vais pas me répéter sans cesse. Mais Djoumi assène avec autant de certitude que toi l'illégitimité de Lucas à revenir sur ses films. Je trouve ça proprement hallucinant (même si je comprends le point de vue hein, je suis pas complètement con non plus).
Sérieux les gars, au point où vous en êtes, portez plainte. En tant que détenteurs d'intérêt à agir (à vous en croire), votre action sera recevable et ne peut qu'aboutir...
Nan mais faut revenir un peu sur Terre là ! C'est purement subjectif tout ça. Les fans ne savent pas rester à leur place. La philosophie cinématographique c'est bien beau (et très intéressant) mais le droit prime.
Donc oui, Lucas a le droit de faire toute la merde qu'il a fait. Et oui, c'est bien dommage.
De là à en tirer toutes les conclusions psychologiques, philosophiques et juridiques du grand Docteur Djoumi (qui va loin, très loin dans l'analyse) faut arrêter de déconner et revenir deux secondes à la réalité. Star Wars c'est un film hein, c'est pas une religion (du moins pas encore).
Et pour te faire plaisir, je conclurai en reconnaissant qu'il serait à mon avis (et malheureusement) tout a fait défendable de contester l'absence d'avertissement du public lorsqu'une nouvelle version est établie...
Toutefois, si une telle action (dont 60 Millions de Consommateurs pourrait se saisir sans problème à mon avis) aurait, sur le principe, des chances d'aboutir, cela n'a rien de réjouissant selon moi.
Car cela ne serait qu'un pas supplémentaire dans le consumérisme excessif dans lequel notre société a versé. En effet, et ton discours en est une preuve, plus ça va et plus on veut placer le consommateur au centre de la société. Ce sujet est à mon avis bien plus inquiétant que le leitmotiv présumé de Georges Lucas.
Tu défends un point de vue de consommateur qui s'estime bafoué, je défends le caractère absolu du droit de propriété. C'est carrément une guerre idéologique, mais je ne risque pas de changer de camp ;-)
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