30 avril 2012

Jennifer Blood

Nous faisons connaissance aujourd'hui avec une sorte de Punisher au féminin répondant au doux nom de Jennifer Blood.

Le jour, Jennifer a tout de l'épouse et de la mère de famille modèle et sans histoires. Elle prépare le petit déjeuner, amène ses enfants à l'école, fait les courses...
La nuit, après avoir pris la précaution d'endormir sa petite famille à l'aide de quelques somnifères, ses préoccupations sont d'un tout autre ordre : Beretta, Glock, Sig-Sauer, Heckler & Koch, Smith & Wesson ont remplacé les marques de lessive et de détergent.
Le jour, Jennifer prend soin de sa famille.
La nuit, elle s'occupe de vieilles connaissances ; des ordures qui vont connaître une fin rapide. Ou pas.

Voilà une série qui nous permet de retrouver Garth Ennis (Midnighter, Crossed, The Boys, The Authority, Just a Pilgrim, La Pro, Punisher, Histoires de Guerre, Preacher) au scénario. Il est accompagné, aux dessins, par Adriano Batista, Marcos Marz et Kewber Baal.
Graphiquement, les trois artistes brésiliens livrent une prestation tout à fait classique, sans grands défauts mais sans non plus de quoi s'ébahir. Pour ce qui est du récit, il s'agit d'une très convenue, et peu vraisemblable, histoire de vengeance. Avec évidemment la petite touche Ennis.

Pourtant, bien qu'il y ait quelques scènes assez corrosives et originales (le "remake" de Titanic est assez bien vu), le scénariste a ici du mal à réellement surprendre. Lui qui réussissait régulièrement à se renouveler, dans un genre pourtant scabreux, semble un peu moins inventif qu'à l'accoutumée. L'on retrouve bien la violence et le brin de perversion qui font depuis longtemps sa marque de fabrique, et le personnage de Jennifer, bien qu'improbable, n'en reste pas moins sympathique, mais il manque cette noirceur, ce sens véritable, qui sous-tendaient si bien les oeuvres citées plus haut.
Tout est trop facile, se déroule de manière trop prévisible, pour que le lecteur puisse vraiment être surpris ou quelque peu titillé par l'action. L'on aurait presque une impression de fadeur en refermant ce comic (fadeur pour du Ennis, ce qui reste bien au-dessus de certaines productions). Mention spéciale tout de même pour le voisin lourdingue, typique prototype du personnage ennissien, demeuré, obsédé et particulièrement drôle. ;o)

Un polar au féminin qui se laisse lire mais ne devrait pas forcément marquer les mémoires.
A tester.