12 avril 2012

Superior

Sortie hier du premier tome de Superior, la nouvelle série de Mark Millar.

Simon Pooni est un garçon de douze ans qui a une particularité : il est dans un fauteuil roulant. Atteint de sclérose en plaques, il perd peu à peu ses facultés motrices. Dans les pires moments, il ne peut même plus bouger ses orteils. Chaque mouvement est une douleur.
Ce qui lui manque le plus, ce sont les petits moments, sans importance en apparence. Courir avec ses amis. Ouvrir seul un coffret DVD...
Une nuit, une sorte de petit singe vient à lui et exauce son voeu. Simon ressemble maintenant trait pour trait à Superior, un héros de comics et de cinéma, en perte de vitesse. Il en a également les pouvoirs. Non seulement il peut marcher de nouveau, mais il peut voler, voir à travers les objets, soulever des tonnes d'acier.
Le monde entier est stupéfiait par cette soudaine apparition. Et loin de se douter qu'en réalité, Superior n'est qu'un gosse, ayant certes envie de bien faire mais encore naïf.
Dans une semaine, le singe reviendra. Et les explications qu'il donnera risquent de n'être pas faciles à entendre.

Après un très décevant (et creux) Nemesis, l'on attendait Mark Millar au tournant avec ce nouveau titre publié sous le label Icon de Marvel (une sorte de laboratoire expérimental, tout de même loin d'égaler le Vertigo de DC Comics). Rassurons-nous, le scénariste, capable du meilleur comme du pire, est ici dans une de ses bonnes phases. Accompagné au dessin par Leinil Yu, il livre un récit classique mais fort bien écrit, qui tient autant lieu d'hommage au Superman de l'âge d'or qu'à Christopher Reeve.
La présentation du personnage principal est pour ainsi dire parfaite, car émouvante sans tomber dans le larmoyant. La découverte de ses pouvoirs et de sa nouvelle apparence est rondement menée, avec du spectaculaire et un brin d'humour. Bref, l'on avale ces quatre épisodes avec plaisir et rapidité.

Reste à voir vers quoi Millar décide réellement de nous emmener. Pour l'instant, il est loin d'avoir dévoilé clairement le rôle de son inquiétant petit singe et un ennemi un peu téléphoné semble se profiler à l'horizon. Or, avec Millar, ça commence presque toujours bien mais ça peut vite tourner au n'importe quoi, sans rapport avec le sujet de départ (Kick-Ass), faire pschitt avec un final bâclé (Old Man Logan voire même Wanted à un moindre niveau) ou encore ne pas totalement exploiter un concept au départ plutôt intéressant (1985).
L'homme n'est pas sans talent, il a même une réelle facilité pour planter un décor, installer une ambiance, faire vivre des personnages souvent attachants, mais, par manque d'inspiration ou de rigueur, il a du mal à garder le cap et à aller jusqu'au bout en maintenant la même qualité. C'est donc le tome #2 de Superior qui nous permettra réellement de juger de l'intérêt de cette série. En espérant qu'il ne bousille pas tout sur un caprice d'enfant gâté.

Une excellente entrée en matière dont on ne peut encore deviner l'évolution réelle.
A tester.