03 avril 2012

Preview : Turf

Vampires et gangsters sont au menu du jour avec Turf, une série qui débarque en France dans quelques jours.

New York, dans les années 20. En pleine prohibition, un nouveau gang, venu de l'Est, s'impose peu à peu dans le milieu. Les Dragonmir ont cependant une particularité qui les rend encore plus dangereux que les criminels conventionnels : ce sont des vampires.
Alors que d'autres font main basse sur des stocks de whisky, eux souhaitent s'approvisionner en sang. Et lorsqu'il s'agit d'éliminer quelques mafieux, ils délaissent les armes et utilisent leurs crocs...
Cette recrudescence de la violence n'a pas échappé à une jeune journaliste qui va bientôt découvrir le côté noir de la ville, la corruption, les meurtres, mais aussi une lutte interne qui oppose deux frères.
Deux êtres qui ne sont pas humains. Et qui pourraient bien permettre à une très ancienne prophétie de se réaliser. Car il est dit que l'Ancien, le moment venu, se réveillera et guidera le peuple vampire vers les ténèbres et l'ultime confrontation avec les humains...

Après La Planète des Singes, les éditions Emmanuel Proust accueillent une nouvelle série sympathique dans leur collection Atmosphères. Le scénario de Turf est signé par Jonathan Ross, les dessins sont réalisés par Tommy Lee Edwards. Ce dernier s'était déjà illustré sur 1985 ou encore Bullet Points chez Marvel. Il livre ici des planches sombres, au charme certain, qui parviennent à retranscrire l'époque mais aussi l'ambiance horrifique.
Le récit est un curieux mélange, non parce qu'il associe voyous et vampires (l'on avait déjà eu ce genre de cocktail dans Bite Club pour ce qui est de la pègre, ou même American Vampire pour le côté historique), mais parce qu'au milieu de ce nid de vipères, Ross ajoute un drôle de couple extraterrestre fuyant, par amour, sa lointaine planète ! L'on pourrait craindre un virage vers le burlesque, voire même le ridicule, mais non, l'auteur parvient malgré tout à tenir le cap du réalisme et à raconter un vrai polar, parsemé d'action et d'une pincée d'émotion.

L'on passe donc un très bon moment, bien que les compliments présents sur la quatrième de couverture ("brillant", "jubilatoire") puissent sembler quelque peu excessifs. A tout trouver génial, l'on finit par faire croire que le génie est commun, ce qu'il est loin d'être.
Le tout sera bouclé en deux tomes. L'adaptation est de bonne qualité malgré une ou deux coquilles et, parfois, quelques problèmes de lettrage, le texte se révélant un peu "à l'étroit" dans certains phylactères, ce qui laisse une impression assez désagréable à la lecture. Heureusement, cela reste rare et la grande majorité des pages ne souffre pas de ce défaut.

Une histoire surprenante et bien menée, pour amateurs de polar noir et de fantastique.
Sortie : le 12 avril 2012.