11 novembre 2012

Spider-Man : I killed tomorrow

Novembre nous apporte le cinquième numéro de la nouvelle version du mensuel Spider-Man. Au menu : paradoxe temporel, voyage spatial et clone.

La revue du Tisseur commence par deux épisodes constituant une histoire complète. Aux manettes, Dan Slott pour le scénario, Humberto Ramos pour les dessins.
Rappelons qu'outre le relaunch purement paninien (cf. le Spider-Man #1, dont le contenu fera école pour illustrer ce qu'il ne faut pas faire), Spidey a connu un réel "nouveau départ" (un de plus) après la fin de Spider-Island. En gros, si vous n'avez pas suivi les derniers épisodes, Peter n'a plus de tante May dans les pattes (oh, elle n'est pas morte, elle vit à Boston), il a un bon job, une carte de membre des Vengeurs, une place à part chez les FF et plus aucune attache sentimentale, si ce n'est Mary Jane, qu'il voit encore de temps en temps, en "ami".
La nouvelle - et courte - saga a justement rapport avec son boulot aux laboratoires Horizon.

L'employeur de Peter est plutôt cool, puisque ce dernier vient quand il veut et bosse sur ce qu'il veut du moment qu'il a des résultats. L'une des rares obligations consiste en fait à vérifier parfois le travail de l'un de ses collègues, histoire qu'un type un peu borderline ne passe pas du côté sombre sans que l'on s'en rende compte. Le collègue en question a plutôt bien planché, puisqu'il a inventé une porte donnant sur... demain. Vous passez la porte et vous êtes 24h plus tard. Malheureusement, la vision qu'a Peter de "demain" est assez alarmante puisque New York est totalement détruit. 
La particularité de cette "porte" est qu'elle donne une version du futur dans laquelle la personne qui la franchit était absente pendant une journée (là, on rentre dans les délires temporels, je conseille d'ailleurs, pour ceux qui aiment le genre, la magnifique série Universal War One, de Denis Bajram). Le Monte-en-l'air doit donc trouver ce qu'il est censé faire de crucial ce jour-là pour sauver sa ville et ses proches.
Bon, sympa sans être exceptionnel. Julia Carpenter en guest.

L'on passe ensuite rapidement sur un épisode, plutôt plat, concernant Morbius pour en venir au début d'un nouvel arc dans lequel Spidey fait équipe avec la Torche (Johnny Storm allant beaucoup mieux depuis sa mort dans le Marvel Icons hors série #22). Les deux potes doivent aller porter secours à John Jameson, dont le dernier message, en provenance de la station spatiale Apogée, a été brutalement coupé. Il n'a pas de bol le rejeton Jameson, dès qu'il met le pied dans l'espace, il a des ennuis. Pour un astronaute, c'est ennuyeux.
Toujours Slott au scénario, rejoint cette fois par Chris Yost. La partie graphique est assurée par Giuseppe Camuncoli
Le tandem Spidey/Torche fonctionne toujours très bien, avec une scène d'exception dans le Baxter Building, où Johnny regarde Dancing with the Stars et chante... Friday, de Rebecca Black. Pour les lecteurs français, ça n'aura peut-être pas le même impact, mais sachez que la jeune Rebecca (elle a 15 ans) a vu son single (bon, c'est de la soupe Pop, c'est pas méchant hein) être assez mal accueilli sur la toile. Ce n'est pas tant le choix de la chanson qui est drôle en soi (chacun ses goûts... et puis, même chez nous, il y a des titres bien "honteux" qui sont très jouissifs) mais l'attitude de Johnny, effectuant une chorégraphie en caleçon, une statuette de lui-même en guise de micro ! Enorme. ;o)
Pour le reste, la menace est un peu "too much". Et puis, le personnel de la station semble bien nombreux tout de même.

Enfin, on conclut par le deuxième épisode de Scarlet Spider par Chris Yost, de nouveau au scénario, et Ryan Stegman au dessin.
Alors, c'est un peu spécial... c'est très "épuré", il ne se passe pas grand-chose, mais ça ne fonctionne pas si mal pour le moment, avec un Kaine bien plus sombre et "dur" que Peter (ils n'ont pas le même vécu aussi il faut dire) et un nouveau costume à la clé (cf. la fin de cet article). Le changement de lieu (on est à Houston), d'ennemi et même d'attitude des autorités (contre toute attente, Scarlet Spider est très bien accueilli dans une ville non saturée par les Masques), apporte aussi un peu de fraîcheur.
La scène de combat, assez longue, reste néanmoins plutôt ratée et sans relief.

L'ensemble est assez moyen, avec une petite scène culte dans Amazing Spider-Man et un Scarlet Spider prometteur mais qui ne décolle pas encore.

+ Storm, impayable dans son petit numéro
+ Scarlet Spider, au ton très différent
+ il faut reconnaître que la traduction ces temps-ci (et les correcteurs ?) semble meilleure que par le passé chez Panini (ce n'était pas bien difficile vu le niveau de départ, mais bon, c'est à signaler)
- Slott, peu inspiré
- Yost, qui pourrait passer à côté du sujet s'il ne parvient pas à donner de l'épaisseur à la série
- le thème du voyage dans le temps, finalement mal exploité
- le côté mou de l'ensemble