31 août 2013

Dan the Unharmable

Du gore, du sexe, des flingues et un super-pouvoir sont au menu de Dan the Unharmable, que l'on dissèque tout de suite !

Dan aime avant tout se la couler douce et écouter les Melvins, son groupe de rock préféré. Pour subvenir à ses maigres besoins, il consent parfois à jouer au détective ou au gros bras. L'activité présente le double avantage de ne pas imposer d'horaires fixes et d'être sans danger pour lui.
En effet, Dan est invulnérable. On peut lui tirer dessus, lui défoncer le crâne avec une batte de baseball ou même le précipiter du haut d'une falaise, il se relève toujours, pas très frais mais entier.
Cette fois, il est engagé par... sa propre fille, dont il ignorait jusqu'à l'existence, pour retrouver l'assassin de sa mère ainsi que ses soeurs, kidnappées apparemment par le gourou d'une secte.
Etre père, ça ne l'arrange pas vraiment, mais Dan n'est pas contre un billet ou deux...

Après un Chapeau Melon et Bottes de Cuir très moyen, et un Magic the Gathering complètement nul, on ne peut pas dire que le mois d'août aura brillé par la qualité des sorties non mainstream. Courageux, on tente tout de même Dan the Unharmable, écrit par David Lapham. L'auteur a des travaux très variés à son actif. Cela va de la jeunesse de Spider-Man (sa période catcheur pour être précis), au peu inspiré Terror Inc., en passant par la reprise de Crossed ou encore Silverfish, un thriller fort sympathique. De manière plus anecdotique, il avait également signé l'un des épisodes du recueil Matrix. Cette fois, il se lance dans une sorte de polar violent mais se voulant drôle.
Disons-le tout de suite, c'est là que le bât blesse, car les tentatives humoristiques tombent totalement à plat, voire même carrément dans le mauvais goût (à moins d'estimer qu'arracher la bite d'un type soit le summum de la poilade).

Dans l'introduction, Panini compare le héros avec le Duc de The Big Lebowski. A part une tendance à ne pas trop fréquenter les coiffeurs et à se balader débraillé, la comparaison s'arrête là. Car si le personnage incarné au cinéma par Jeff Bridges était sympathique et drôle, Dan s'avère surtout mollasson et franchement odieux. Un anti-héros, pourquoi pas, mais encore faut-il lui donner un peu de charisme. Dans ce domaine, il ne se distingue que par son improbable coupe de cheveux (qu'il partage d'ailleurs avec le bien réel Buzz Osborne, guitariste et chanteur des fameux Melvins, cités plus haut (cliquez sur le lien pour voir sa tignasse, ça vaut le coup)) et son manque total d'empathie (il se fiche aussi bien de son pote, retrouvé assassiné, que de ses filles, pourtant en danger).

Niveau dessin, on n'est pas à la fête non plus. Personnages tout raides (cf. illustration ci-dessous), bras sur-articulés (ici un bel exemple de deuxième coude), Rafael Ortiz s'avère être un peu à la ramasse, notamment lorsqu'il s'agit de représenter quelqu'un en mouvement.
Hein ? Heu, oui, même quelqu'un d'immobile finalement. Mais quand il n'y a pas d'action ou de scènes fixes, il s'en sort très bien.
Tout cela fait de sacrés défauts (on dirait un premier jet pas retravaillé ou un truc destiné à un fanzine), d'autant que l'extrême violence du titre surprend un peu (le ton étant plutôt à la déconne). Même le fait que Dan soit invulnérable n'apporte finalement pas grand-chose et reste incompréhensible.
Au final, ça aurait pu être drôle mais ça ne l'est pas, ça aurait pu être intéressant, ça ne l'est pas non plus. Si on juge les comics sur leur potentialité quantique, celui-ci doit être vraiment génial. Si l'on s'en tient à ce que l'on a sous les yeux, ben c'est tout pourri.
Encore une belle sélection du label Fusion !

Si l'introduction du comic, et sa comparaison cinématographique, vous donne envie, procurez-vous à la place le DVD ou le blu-ray de The Big Lebowski, là au moins c'est bien réalisé, drôle, c'est moins cher (moins de 10 euros) et vous n'aurez même pas besoin de tourner les pages.

+ hmm... c'est une (mauvaise) pub pour un bon film ! (ouf, j'ai cru que je ne trouverais rien de positif)
- mal dessiné
- personnage antipathique au possible
- un "humour" lourdingue
- du gore malvenu qui alourdit un récit déjà pas très digeste
- du sexe crados, bien putassier