12 août 2013

Spider-Man (v.4) 2 : bon Superior & annual raté

L'on s'intéresse aujourd'hui au tome #2 de la quatrième version de la revue du Tisseur, sorti ce mois, et continuant à exposer les aventures du nouveau Superior Spider-Man.

Après l'énorme bilan Marvel Now ! commencé par Geoffrey ce week-end (cf. parties #1, #2 et #3), nous nous penchons de nouveau sur Spidey et sa nouvelle et radicale évolution, maintenant bien installée en VF. A ce sujet, il vous est maintenant possible de lire cette chronique, consacrée à l'analyse des premiers épisodes de Superior Spider-Man, sans risques d'être spoilés.
Le mensuel s'ouvre donc justement sur les épisodes #3 et #4 de Superior Spider-Man, écrits par Dan Slott et dessinés par Ryan Stegman et Giuseppe Camuncoli. Et, fait qui n'est pas courant avec Slott, c'est très bon !

Parker, en témoin impuissant des agissements de son remplaçant, ne peut que se lamenter devant certains choix d'Octopus, maintenant installé dans son corps et dans le rôle du Monte-en-l'air. Octopus connaît également quelques désagréables surprises, notamment lorsqu'il apprend que Parker n'a pas de doctorat... lui qui tient tellement à ce qu'on l'appelle docteur, cela a le don de l'agacer prodigieusement.
Avec un Octopus sur la voie de la rédemption aux commandes, Spider-Man devient plus violent et radical. Il n'hésite notamment plus à blesser, parfois gravement, ses adversaires. Même dans sa vie quotidienne, il prend de l'assurance, parvenant même à manipuler Jameson. L'humour reste encore présent, bien que l'absence de Mary Jane fasse regretter le numéro de drague des premiers épisodes. Niveau ennemis, après un Vautour quelque peu anecdotique, les adversaires devraient se corser avec l'arrivée de Massacre et du Bouffon Vert.
Le tout est servi par un aspect graphique très agréable et parfois même spectaculaire.
Reste à voir si Slott va tenir sur la longueur et préserver les changements positifs qu'il a réussi à mettre en place.

Avec seulement deux titres Superior, il reste beaucoup de place au sein de la revue, attaquons-nous maintenant au reste du sommaire.
Pas de bol, on n'échappe pas à Avenging Spider-Man, qui, malgré le fait que l'épisode du mois soit d'actualité (Otto est sous le masque), continue à marquer des points en vue du concours de la série la plus soporifique de l'année. Le scénario (scénario ? vraiment ?) est de Christ Yost, qui pourtant n'est pas mauvais sur Scarlet Spider, mais se contente ici d'une improbable histoire à dormir debout, mettant en scène une araignée géante qui attaque la ville. On a droit aux X-Men en guests. Rien de bien transcendant malgré un combat Spidey/Wolverine. Du déjà-vu, à la narration vieillotte.
Au niveau des dessins, c'est par contre très bon, avec un excellent Paco Medina aux crayons.

L'on termine avec l'annual 2012 de Amazing Spider-Man. Brian Reed est au scénario, les dessins sont réalisés par Lee Garbett.
Là, c'est presque à étudier tellement c'est sans intérêt. Le récit repose sur une énième modification accidentelle du continuum espace-temps. Parker en profite pour se complaire encore une fois dans l'auto-apitoiement, en réalisant que le monde serait mieux sans lui. La résolution du binz est complètement tirée par les cheveux et tout aussi ennuyeuse que le reste.
Mais le pire n'est même pas le vide scénaristique de cet annual, car lorsque l'on se penche sur les dessins - ou plutôt leur absence - l'on est obligé de se demander si ça ne sent pas un peu l'arnaque. Garbett a en effet trouvé le moyen de dessiner vite : dessiner peu !
Le nombre de cases "vides", sans décor, est proprement hallucinant. Bien entendu, le procédé n'a rien en général de honteux et permet de souligner parfois certains effets, la technique est même courante, mais lorsqu'elle devient systématique, il y a alors lieu de s'interroger. Je vous ai fait une petite compilation d'une dizaine de cases (que vous verrez en cliquant ici), afin d'illustrer le problème (l'annual en contient bien plus encore).
La prochaine fois, Marvel a autant vendre un crayon avec l'épisode, les lecteurs pourront terminer les planches eux-mêmes.

Eh bien voilà un résultat mitigé, avec d'un côté un Superior bien fichu, et de l'autre un annual pathétique, plus Avenging, toujours aussi inutile. Mine de rien, cela plombe largement le mensuel dont la majorité des planches (les 3/5ème tout de même) sont dispensables. Heureusement, Scarlet Spider revient le mois prochain avec deux épisodes, on devrait largement y gagner au change.

+ Superior Spider-Man, inventif et bien écrit
+ Stegman, Medina...
- un annual pourri
- un Avenging qui n'a rien à envier à l'annual
- Garbett, qui a essayé de nous la faire à l'envers, discrètement, en espérant qu'on ne remarque rien
- toujours l'absence de contenu rédactionnel de la part de Panini... enfin, si, à un moment, ils expliquent ce qu'est un annual. Youpi...