08 août 2013

Wolverine 1 : Un vent nouveau (qu'ils disent)



Variant cover par Coipel
Voilà que l’opération Marvel Now relance (encore) la série du mutant griffu. Vu que j’ai laissé tomber la production du tout-venant de chez Panini, voyons ce que donne la série, seuls fascicules que je continue à acheter parce que… eh bien parce que.

Mon libraire préféré, pas du tout anéanti par ma décision de quitter le giron de Marvel (il sait qu’en revanche j’y reviendrai à chaque édition d’album et fourbit déjà ses arguments de vente, le bougre), m’avait mis de côté l’édition collector, avec une illustration signée Coipel, pas mal du tout. J’ai hésité tout de même devant le prix et puis… bon, ben il a de la chance d’être sympa.

A l’intérieur, trois épisodes : deux pour la suite de Wolverine & the X-Men rédigée par un Jason Aaron qui se lâche complètement (le côté farfelu atteignant des sommets lors du recrutement d’un nouveau prof par une Kitty Pryde blasée). Nick Bradshaw suit le mouvement en soignant ses détails et on finit par se faire à ces personnages qui semblent tous avoir rajeuni et à ces couleurs vives donnant un aspect un peu cartoon à l’ensemble. Pourtant, les dangers planant sur l’Ecole Jean Grey sont toujours présents et on peut mal digérer l’écart entre ces graphismes sucrés et la cruauté ou la perversité des adversaires. Et alors que le Club des Damnés junior fomente une énième revanche sanglante, l’arrivée d’un spectacle itinérant d’un genre particulier promet quelques moments très excitants. Las, l’épisode suivant (Wolverine & the X-Men #20) choisit un autre centre d’intérêt, multipliant un peu trop les points de vue sur l’école : Angel, toujours en train de se chercher une identité et un but, décide d’aider les nouveaux mutants à s’intégrer. La presque totalité de l’épisode le met aux trousses d’une jeune requin-garou (?) qui a bien du mal à accepter la réalité de ses pulsions et transformations. En outre, les dessins de Sanders paraissent assez grossiers et rétrogrades, ce qui nous laisse penser à un épisode bouche-trou rythmé par quelques dialogues savoureux. Sinon, Angel développe de nouveaux pouvoirs et le final réserve une suite prometteuse quoique fleurant le déjà-vu.

Reste le plat de résistance, le nouvel arc de la série principale (qui en est donc à son 5e volume) : Hunting Season est donc confié aux bons soins du duo britannique Paul Cornell & Alan Davis (avec toujours Farmer à l’encrage). Les habitués de Clan Destine et d’Excalibur retrouveront la « patte » Davis, ses silhouettes élégantes, sa mise en page dynamique, ses visages expressifs (quoique les hommes aient une fâcheuse tendance au faciès légèrement prognathe) dans une ligne claire et parfaitement intelligible qui se prête bien aux déferlements de puissance. Si le script ici pique la curiosité par sa radicalité et son refus de la facilité (pas de « voix off », pas de retour en arrière explicatif), il ne permet pas d’en dire davantage tant on manque d’éléments : la première case nous montre Logan en très mauvaise posture et le récit se permet quelques instants de violence gratuite assez originaux, même pour un Wolverine. Ecrit comme un épisode de feuilleton télévisé, il n’y a guère de « gras » : pas de dialogue inutile, pas de changement de lieu, pas d’intrigue secondaire, pas d’intervention d’un tiers ; juste Wolverine et un ennemi qu’il refuse de reconnaître comme tel. Et beaucoup de victimes. 

A suivre donc.


+ des finales prometteurs
+ beaucoup d’humour
+ beaucoup de violence
+ des dessins agréables et intelligibles (Bradshaw, Davis)
-  un épisode décevant
-  un sentiment de déjà-vu