18 août 2013

Wolverine Hors-série #5 : Sushi (mais pas si chiant)



Le Wolverine hors-série de juillet, malgré un changement dans le graphisme du logo-titre, ne se voulait pas du tout dans la mouvance Marvel Now ! Au contraire d’ailleurs, puisqu’il proposait certes 3 récits complets et indépendants relativement anciens dont un datant de 2009. Seul l’épisode #309 de la série se voulait une introduction à la nouvelle ère. Sous couvert de mieux faire connaître à ses (nouveaux) lecteurs d’autres facettes du mutant griffu, Panini jouerait-il la carte de la nostalgie ? A moins qu’il ne s’agisse, encore une fois – et malheureusement, sauf pour les collectionneurs – que d’un prétexte pour refourguer des histoires médiocres dans un format rentable.

Donc l’épisode #309. Ivan Brandon se propose de nous préparer à l’orientation générale de la série future, avec un Wolverine qui s’attachera à réparer les erreurs passées, prêt à souffrir mille morts pour éviter qu’un énième innocent, quand bien même terriblement dangereux, ne soit abandonné à son sort. Ici, c’est d’Elixir dont il se préoccupe (même s’il a une façon très personnelle de partir à sa recherche, en fréquentant les bars et en couchant avec la première femme qui lui fait du gringue – c’est dingue l’attrait qu’il peut exercer sur elles d’ailleurs !) et il va se débrouiller pour l’entraîner malgré lui dans une enquête sordide remettant en lumière les tragiques événements liés à l’acte impie de la Sorcière rouge : en prononçant la fameuse phrase « No more mutants ! » elle avait non seulement annihilé les pouvoirs de nombre d’entre eux mais aussi engendré la souffrance et la mort des mutants non humanoïdes qui se reposaient entièrement sur leurs dons pour survivre. Pendant cette période sombre de la mutanité, quelques individus ont tenté, et pas toujours par philanthropie, d’aider les dépossédés. Logan et Elixir se retrouveront ainsi face à un être complexe, tragiquement cruel, qui a abusé de la crédulité désespérée de malheureux pour s’en sortir. L’histoire, illustrée par deux dessinateurs, perd très vite de son intérêt en mêlant les intentions de chacun des protagonistes, brouillant les perceptions (la première partie dessinée par Albuquerque est passable, avec des visages légèrement caricaturaux mais très expressifs, ensuite ça se complique et, en dehors de quelques lacérations sanglantes et autres démembrements, on se perd dans un fouillis de couleurs sombres) jusqu’à ce qu’on ne sache plus ce qui motive les personnages ; on comprend bien que, sous couvert de donner une leçon à Elixir, Logan l’incite à l’accompagner et le pousse à user de son pouvoir, mais on a du mal avec ses changements d’attitude incessants, parfois complètement impliqué, parfois plutôt détaché et presque indifférent. 


Assez déstabilisant. Reste un finale austère dans lequel Wolverine renvoie Elixir à ses chères études, à lui de retirer de cette expérience ce qui lui permettra d’aller de l’avant.

Je n’en sais pas plus que toi, petit. C’est ce qui me fait avancer. Je combats tous les jours ce que j’ai en moi. Et chaque nuit, je vais me coucher en pensant à tout ce que j’ai fait de mal en ce monde. Et quand je me réveille, je décide qu’aujourd’hui je ferai ce qui est juste.

Under the boardwalk date de février 2010. On nous propose un one-shot assez long traité sur le mode noir, bien aidé par des graphismes inhabituels mêlant photoréalisme et grands aplats sombres. Logan version bad-ass y remue le passé, poussé par une vieille dette, et s’aperçoit qu’il est manipulé, et pas forcément par celui (ou celle) qu’il croit. Intéressant mais inutilement long et confus, le traitement de la chute étant assez laborieux. C’est tout de même plaisant à lire.
Sushi, c’est tout le contraire : humour grossier, intrigue abracadabrantesque, dessins clairs privilégiant la dynamique, plutôt réussis. On y voit un Wolverine essayant de se racheter auprès d’une jeune fille tenant un bar à sushis et s’improvisant cuisinier (enfin, découpeur de poissons), puis partir en quête d’un aliment miracle. Ryan Dunlavey a-t-il repiqué un script de manga ? Ou juste consommé du crabe avarié ? Allez, c’est suffisamment léger et bon enfant pour qu’on passe l’éponge, même si les ficelles sont hénaurmes.
Revolver est intriguant et me laisse une impression mitigée, assez désagréable, mais qui finit par convaincre. Cette fois, on est dans le sérieux et le très dense : unité de temps et de lieu pour 95% du scénario, où Logan se retrouve dans une salle discrète de Vegas à miser sur une épreuve de roulette russe contre un individu qu’il pourchasse depuis longtemps. Le traitement graphique de Das Pastoras est très impressionnant, du genre qu’on trouve plutôt dans les albums des Humanoïdes Associés (il y a des aspects très Moebius dans ces visages lunaires, ces teintes pastel et ces textures). Les dialogues réduits au minimum et la bonne gestion de la voix intérieure entretiennent une vraie tension qui finit par exploser dans ce qu’on attend d’un épisode de Wolverine.

+ 3 one-shots, donc pas de souci de continuité pour les lecteurs occasionnels
+ 4 variations sur Wolverine, il y en a forcément une qui plaira
+ des artistes à suivre (Das Pastoras)
+ des surprises (Wolverine faisant des sushis !)
-  des incongruités (Wolverine faisant des sushis !)
-  des scripts parfois confus
-  ce n'est pas toujours de première fraîcheur