15 juillet 2014

La Tour Sombre : La Descente

Cette chronique s'inscrit dans une série d'articles sur l'univers de La Tour Sombre. Les rares passages contenant des spoilers seront signalés par une balise vous permettant de ne pas les lire. Les "spoilers légers", en bleu, n'indiquent rien de crucial et peuvent être lus sans dénaturer le plaisir de la découverte. Les "spoilers importants", en rouge, signalent des passages qu'il conviendra de ne pas aborder si vous n'avez pas encore lu la saga et souhaitez le faire. 

Adolescent, et même déjà enfant, il m'arrivait d'éprouver une sorte de déprime après la fin d'une bonne histoire. Après un bon film par exemple, je quittais la salle de cinéma avec regret et je restais silencieux pendant quelques minutes, incapable de m'intéresser à la réalité et au brouhaha presque inintelligible qui m'entourait.
Car la Magie persiste, vous intuitez ? King appelle ça le kaven dans son œuvre, une propriété d'une magie d'un autre ordre. Dans le domaine qui nous intéresse, je dirais que ça ressemble à une douleur agréable, un vague à l'âme amer mais précieux.
Les romans - encore une fois, seulement les bons - font cela aussi. Mais si un film vous envoûte pendant deux heures, voire un peu plus, un roman distille son poison glam charme pendant bien plus longtemps. Alors imaginez une saga de huit longs romans. Dont certains sont des pavés. Pendant des jours, des semaines, des mois même, l'histoire s'empare de vous et inonde votre esprit, vos veines, votre cœur, jusqu'à ce que vous rêviez en vous exprimant avec des expressions tout droit issues de la saga, à coups de "si fait !", "par ma montre et mon billet" ou "grand merci sai".
Et c'est délicieux.

Puis vient un jour où l'histoire est terminée, où vous avez atteint la Clairière, au bout du Chemin, symboliquement parlant du moins. Les personnages s'en sont retournés à leur destin de papier, vous laissant seul et en manque, intoxiqué comme jamais, avec la certitude que plus rien ne vaudra jamais la peine d'être lu. Car plus l'on plane haut et longtemps, plus la descente est difficile. Et je ne parle pas là d'aviation.
J'ai toujours du mal à regarder quelque chose pendant les jours qui suivent la fin d'une nouvelle saison de Game of Thrones. J'éprouvais le même sentiment avec The Shield. Après La Tour Sombre, c'est encore pire. Pour la deuxième fois (car je l'ai relue pour les besoins de cette série d'articles, en y intégrant La Clé des Vents), j'éprouve ce vide intense et déroutant, ce sentiment qu'aucune autre page ne vaut la peine d'être tournée. Je sais que cela va s'estomper, parce que je suis un vieil accro des Livres et j'ai fini par comprendre précisément quels effets ils pouvaient avoir, au moins sur moi, mais à cet instant, à cet instant précis, aucun autre récit ne pourrait me convenir, car la Magie est encore là, me faisant souffrir autant qu'elle me réconforte.

Une telle introduction a pour seul but de vous donner un aperçu de ce que La Tour Sombre a comme effet sur moi. Il se peut qu'elle n'ait pas le même effet sur vous. Les palais sont différents en ce qui concerne les alcools et les épices, j'ai la conviction que chacun possède également une sorte de "palais" mental, plus ou moins sensible à certains mots, certaines images. Et certaines substances.
Une bonne histoire n'est jamais à sens unique, surtout dans le domaine romanesque. L'auteur fournit le combustible, c'est-à-dire l'histoire, et le lecteur le comburant, ce qui permet de l'enflammer, de lui donner vie, de la rendre palpable. Parfois le combustible est mouillé, voire pourri, d'autre fois le comburant est altéré, ou, parfois aussi, il n'y a pas l'étincelle pour embraser l'ensemble. Mais lorsque cela se produit, lorsque le bon dosage est là, lorsque chacun y met du sien, alors il ne s'agit plus de mots, ni de technique, mais d'une expérience extraordinaire et unique. Et c'est bien son intensité et sa (relative) brièveté qui rend ce qui suit si dur, si fade, si dégueulasse...

Mais avec la descente vient aussi le temps du bilan, voire de l'analyse, et bien que ce soit une piètre consolation (un peu comme discourir sur l'orgasme après une nuit d'amour exceptionnelle), c'est bien ce que nous allons faire, si cela vous sied.

1. Des histoires dans l'Histoire

La Tour Sombre est une saga épique, un western-fantasy mâtiné de SF et percé de portes vers notre monde, contemporain et réel, mais c'est aussi une belle réflexion sur le pouvoir du Conteur ainsi que la portée et la beauté des histoires.
Le point culminant de cette mise en abîme, ou métaphysique du Conteur, apparait sans doute dans La Clé des Vents, le fameux "huitième" roman, rajouté bien après la fin de la saga. Ce qui me permet de vous dire que, bien qu'il ne soit pas indispensable sur le plan de l'intrigue, il serait dommage de s'en passer, car il est très bon et contribue à enrichir l'univers de The Dark Tower. Par contre, si vous décidez de le lire, ne le lisez pas dans l'ordre de parution, donc en dernier, mais bien entre les quatrième et cinquième tomes.
En gros, Roland raconte à ses compagnons une aventure qui date de ses jeunes années (après les évènements de Magie et Cristal). Dans cette histoire, il se met à en raconter une autre à l'un des personnages. Et c'est cette histoire, racontée par la mère de Roland, racontée par Roland lui-même (d'une manière déjà très étrange, car il raconte le fait qu'il l'a racontée), puis contée, évidemment, par King, qui est la clé de ce roman. Simple (contrairement à ce qu'il parait) et beau.

Outre ce roman particulier, les histoires sont toujours considérées comme importantes au sein de la saga. Des inconnus sont invités à raconter la leur, les membres du ka-tet, lorsqu'ils sont séparés, ne manquent pas de conter leurs aventures, et Roland, qui pourtant manque d'imagination, d'humour et est le type le plus prosaïque qui soit, est toujours fasciné par une "bonne" histoire. 

***spoiler léger---
C'est également grâce à une histoire (celle de Magie et Cristal), que les personnages vont commencer à considérer Roland comme ce qu'il est : un héros tragique. C'est aussi grâce à cette histoire et son pouvoir libérateur que Roland recouvre sa part d'humanité, voire sa capacité à aimer.
Bien entendu, King lui-même, en intervenant comme personnage de la saga, en utilisant même des éléments importants et bien réels de sa vie (l'accident qui faillit lui coûter la vie lorsque, lors d'une promenade, il fut renversé par un abruti incapable de se concentrer sur la route), devient une intéressante réflexion - et une mise en abîme, encore une - sur le pouvoir du Conteur. Il sera même soupçonné un temps d'être Gan lui-même mais remettra les pendules à l'heure en évoquant, avec justesse et humour, la prétention et la vanité de certains écrivains. ---fin/spoiler léger***

La fin pourrait également rentrer dans cette réflexion sur l'histoire et la manière de conter, mais elle est suffisamment riche pour qu'on la garde, justement, pour la fin.

2. Quelques défauts...

Une saga de huit, bon disons sept à la base, romans, écrite sur plus de trente ans, ne peut être exempte de défauts. Mais rares sont les textes qui n'en ont pas, à part peut-être quelques courtes nouvelles, et encore. Ce n'est donc en rien rédhibitoire, et presque même naturel. 
Certains défauts ont d'ailleurs été gommés par l'auteur lui-même, grâce à une réédition des premiers tomes.
Nous allons donc considérer l'édition revisitée actuelle.
Tout d'abord, Stephen King avoue sans peine que le premier roman, Le Pistolero, est un peu "dur" à passer (je vous invite à lire à ce sujet l'avis de l'ami Vance, qui est en train de découvrir la saga et vous fera sans doute un compte rendu régulier de sa progression). Personnellement, j'estime que l'histoire prend son réel envol environ à la moitié du troisième tome (Terres Perdues). Alors, attention, je ne suis pas en train de dire que c'est nul avant et que ça devient bien ensuite. D'ailleurs, en général, un truc nul, on ne peut pas le rattraper par un tour de passe-passe et si ça commence mal, l'histoire à tendance à s'effondrer de plus en plus. Non, il y a de bons moments dans Le Pistolero, et même des scènes géniales dans Les Trois Cartes, simplement, une fois arrivé à Lud, tout prend une autre ampleur. 

Certains défauts sont inhérents aux tics de l'auteur. Ceux-ci sont naturellement présents dans ce long récit.
Par exemple, King ne s'embarrasse pas tellement d'explications sur certains éléments "fantastiques" ou "paranormaux" (ou même "scientifiques" d'ailleurs). 
Loin de moi l'idée d'affirmer que tout doit s'expliquer dans un récit. On peut parfois laisser des zones d'ombres, c'est même souvent nécessaire. Et, tout aussi souvent, il n'est pas utile de s'appesantir sur un élément "déclencheur". Pour rester dans les exemples des romans de King, 22/11/63 est basé sur un voyage dans le temps avec des contraintes très précises, mais, bien que le "truc" qui permette le voyage en lui-même soit probablement lié au vaadasch, rien n'est expliqué concernant cet élément. Ce n'est pas grave pour ce roman car l'intérêt réside ailleurs, on se fiche bien de savoir pourquoi ou comment ça fonctionne.
Par contre, dans La Tour Sombre, où il est question de multivers, de cohérences et de coïncidences, de destin, de science des Grands Anciens, l'on en arrive parfois à être devant des raccourcis un peu fumeux et des vides douloureux.

Il arrive aussi à King d'ergoter. De perdre du temps sur des conneries, où l'on se dit "mais, putain, avance ou je te jure que je te mords les couilles !".
Ce n'est pas constant, et je précise que je suis un grand adepte des récits de King, simplement, parfois, il semble un peu "pédaler sur place".
Il ne s'agit pas de longueurs, ou de descriptions inutiles, au contraire, les romans de King se lisent très rapidement, avec une sorte de rythme naturel, et je suis loin de partager l'avis de ceux qui disent l'apprécier mais ronchonnent quand il sort des pavés (si c'est bon, autant que ce soit long).
Non, cet ergotage vient de situations qu'il serait bon de passer sous silence, ou au moins d'accélérer. Par exemple, dans Les Régulateurs, publié sous le nom de Richard Bachman, au début du roman (et bien que ce soit un bon roman, qui fait écho à Désolation), il enlise à un moment deux personnages qui se perdent en palabres sur la meilleure façon de... saisir un tapis (si je me souviens bien). Un type a été blessé, ou tué, ils veulent le transporter, et King en fait des tonnes sur ces deux personnages qui se demandent comment ils pourront se servir au mieux de leur putain de tapis. La réponse est simple, du moins simple pour qui a déjà replié un drap : chacun prend les deux bouts d'une extrémité, bordel, pas besoin de deux heures sur ça !

Enfin, il y a encore la traduction française, qui n'est pas ignoble (on est loin d'un Dôme) mais reste perfectible, tant sur le fond (il est question parfois du barillet de... pistolets automatiques) que sur la forme (certains verbes hasardeux). 

3. La Venue du Blanc (ou les immenses qualités)

Si je vous ai fait une introduction longue comme le Danube sur le fait que je n'avais plus rien envie de lire après ça, vous vous doutez que ce n'est pas ensuite pour vous dire que ce récit n'a que des défauts.
Il a évidemment des qualités, et en grand nombre.

Les personnages, tout d'abord. Si une Susan Delgado m'a toujours paru niaise et seule responsable des ennuis qui la mèneront à un charyou tri prévisible, bien d'autres sont faits de ce bois noble qui résiste au temps et à l'humidité des scènes larmoyantes.
Roland, évidemment. Vieux cowboy solitaire, gentil salaud, obsédé par sa quête et hanté par ses démons.
Eddie... ah, Eddie... le ka-mai brillant, qui un temps va haïr Roland pour finir par l'aimer au-delà de toute considération. Il y a dans ce rapport, maître/élève, toute l'abnégation et le fol espoir que l'on peut retrouver dans certains arts martiaux traditionnels : une longue quête vers l'Eveil. Ou le Blanc. Ce qui n'est en rien synonyme de happy end.

Le rapport entre les personnages, et notamment entre les personnages du ka-tet de Roland (l'ancien puis le plus "actuel", si le temps a encore un sens dans ce monde qui change), est suffisamment complexe et teinté d'amertume pour que tout le jus acide de la tragédie puisse nous faire grimacer de dégoût autant que de plaisir.
Même certains Tahines ne sont pas que des "méchants". Et un grand nombre d'humains basculent dans le mauvais camp ou font preuve d'une lâcheté méprisable. 

Le monde lui-même, ensuite, contribue à rendre le récit unique.
King n'aura pas été aussi loin qu'un Tolkien dans la cosmogonie de son monde (encore que sa cosmogonie est différente, car liée à l'Ecriture même en tant qu'élément primordial, ou "Prim"), encore moins dans l'invention des langues et termes qui le sous-tendent. Néanmoins, le charme opère et l'on retient la plupart des étranges et si importants mots sans effort. 
Qui n'a, depuis cette lecture, jamais pensé à un groupe, peut-être ancien, en termes de ka-tet
Qui n'a jamais rêvé de parler dan-dinh ?

Enfin, certaines scènes sont aussi prévisibles que poignantes.
Si vous ne l'arrêtez pas, peu importe que vous voyiez partir le poing qui va vous décrocher la mâchoire, l'effet sera le même, sans la surprise : douleur et larmes.
La souffrance fait partie du Truc.
Un bon récit doit vous remuer, vous interroger. Une excellente histoire doit vous défoncer le bide et vous hanter.  

Alors quoi ? De bons personnages, quelques termes exotiques, un soupçon de larmes, et ce serait tout ?
J'implore votre pardon si j'ai pu vous laisser croire qu'il en serait ainsi. 
Oh, vous voyez ? Cette tournure de phrase, plus haut, est dictée par la magie restante. Cette magie que j'ai bue par mes yeux et dont je conserve encore, pour peu de temps, les effets tristes et merveilleux au bout des doigts.
Mais il y a autre chose, c'est certain. Et même si cette "autre chose" est difficile à appréhender, l'on peut aussi aller la chercher dans l'inconscient collectif et les mythes. Roland n'est-il pas fils d'Arthur ? N'enfante-t-il pas Mordred ? 

4. La Fin (ou l'arrivée au Sommet de la Tour)

Peut-être vous en êtes-vous rendu compte, mais je tente depuis le début de vous convaincre de lire une série de romans en vous parlant de la souffrance qu'elle inflige. 
Ce n'est pas par hasard.
Car le ka est une roue.

Bien des lecteurs se sont déclarés déçus de la fin de La Tour Sombre.
Peut-être parce que j'écris moi-même, j'ai du mal à me représenter un tel état d'esprit.
En tant que lecteur, l'on ne peut décider de la fin, ni même de la substance. Il faut ou renoncer ou s'abandonner, en faisant confiance ou en suivant son instinct. Quel serait l'intérêt de dicter à un Conteur la fin que l'on souhaite ?
Tout le monde a besoin d'entendre des histoires. De bonnes histoires.
Mais tout le monde n'éprouve pas le besoin d'en écrire. Et parmi la multitude des scribouilleux (des bafouilleux dirais-je), peu parviennent à saisir l'essentiel, à faire en sorte qu'une histoire soit plus qu'une suite de mots. 
King fait partie de ceux-là. 
Tous ces romans ne sont pas géniaux, mais tous sont bons et honnêtes. 
Le genre d'artisan qui ne salope pas son travail. Et à qui l'on finit par faire confiance.

Mais ok, parlons-en de cette fin.
***spoiler important---
King lui même nous donne le choix à... la fin. En rester là, avec une vue (presque) idyllique sur Central Park, ou continuer pour savoir ce qu'il y a dans la Tour, et notamment au dernier étage. Il nous le dit clairement, et cela rejoint la réflexion sur la "métahistoire" du chapitre 1 de cet article - le ka est une roue, grand merci - c'est à nous qu'il appartient de choisir. 
Rester presque heureux à Central Park, en imaginant Roland à la Tour.
Ou être déçu en croquant la Pomme, en sachant ce qu'il y a derrière la Porte, derrière toutes les portes.
Qui pourrait résister à cela ? Heureux et ignorant ou maudit mais dans le secret des Dieux ?
19 !
Bien sûr, comme vous, je me suis maudit. J'ai choisi de savoir malgré la mise en garde (dont le rôle n'est pas de nous arrêter mais de nous précipiter dans l'abîme).

Est-elle bonne cette fin ? Elle l'est, j'en jurerais, sur ma montre et mon billet. Elle boucle la boucle, l'éternelle roue du ka, elle offre au lecteur l'amertume qu'il est venu chercher (vous ne croyez plus aux contes de fées, ne soyez pas surpris si l'on ne vous en raconte pas), et donne même une chance, minime, infime, à Roland de rompre le cercle. Un détail change et tout peut être modifié. Ou rien. 
Quelle importance ? L'histoire était bonne puisque nous avons tourné les pages. Et j'avoue, j'ai pleuré pour Eddie et Ote. J'ai pleuré leur mort comme s'ils étaient réels. Et d'une certaine façon, ils l'étaient, n'est-ce pas ? Nous avons tous nos Eddie et nos Ote. Et des raisons de les abandonner. De bonnes et glaciales raisons. Et, à la toute fin, quand Roland s'avance vers la Tour en hurlant les noms de ses proches, des gens dont il a, un peu, précipité la perte, j'ai ressenti sa solitude, sa vanité, sa détermination et sa noblesse. ---fin/spoiler important***

Au final, quelles que soient les histoires, et quelles que soient leur forme (nouvelle, roman, chanson, poème, film, série TV, BD...), elles ne se divisent qu'en deux grands groupes. Celles auxquelles l'ont peut accorder du temps - et le temps est précieux dans ce monde-ci, comme vous l'intuitez - et les autres, celles que l'on peut ignorer.
La Tour Sombre fait partie de ces histoires que je suis heureux d'avoir lues. Il y a quelques années, parce que j'aimais déjà la plume (même maltraitée par les traducteurs et éditeurs français) du Maître. Aujourd'hui, parce que j'ai porté un regard moins naïf, plus acéré, mais tout aussi passionné sur ce récit. Cela m'a permis d'en découvrir de nouveaux pans mais jamais de contourner le glam essentiel de sai King. 
Même en relisant d'un œil qui se voulait froid, j'ai été touché, envouté. Encore. 
Pas seulement parce que le ka est une roue, mais parce que la magie des mots, lorsqu'elle est maîtrisée et lorsque l'on y est un peu ouvert, est une magie essentielle, à la puissance indicible.

Si l'on y réfléchit sereinement, Ote n'est rien d'autre qu'une suite de lettres, un personnage de papier, même pas humain. Et pourtant... qui connaît Ote sait qu'il est bien plus. Une forme transcendante de l'animal de compagnie. Vous pensez que c'est facile d'émouvoir avec une petite bestiole poilue ? Grand pardon sai, vous confondez deux choses très différentes : votre volonté de céder à la magie (car il est toujours bon de laisser un conte nous emporter, quitte à subir ensuite les effets de la descente) et l'habileté réelle du magicien. Lisez Chasse à Mort, de sai Dean Koontz, vous y trouverez le même glam concernant les bestioles, mais ce glam ne fonctionne que si l'on est prêt à y céder, vous intuitez ? C'est une histoire de comburant. C'est à la fois merveilleux et horriblement terre-à-terre.

Bref, la fin est douloureuse, mais sans cela, elle ne serait pas une fin. Ou plutôt, la douleur est présente parce que "ça s'arrête", non parce que le final est mauvais ou pas tout à fait celui que l'on avait espéré. 
Cette descente est horrible, mais en rien je ne la regrette, car elle provient de moments merveilleux.
Tout recommencer ne serait peut-être pas si mal si on le pouvait... parce qu'il y aura de l'eau. Sans doute.
Et un chemin. Encore...